PRINZTRONIC Program

Un grand nombre de calculatrices furent commercialisées sous la marque PRINZTRONIC au cours des années 70.

Parmi elles on trouve une famille d’une dizaine de machines connues également sous le label QUALITRON. Une même grosse coque blanche pour des modèles tantôt simples, tantôt scientifiques, un convertisseur métrique, et tout en haut de la gamme, la Program dont on aura deviné que son intérêt est de permettre la programmation.

La PRINZTRONIC Program est loin d’être répandue. C’est une sorte de pièce rare, magnifique, intimidante par la puissance que dégage la richesse de son clavier.

On peut cependant être déçu par les caractéristiques globales de la Program. La période de production, 1976, porte à l’indulgence, les années 80 sont encore loin.

Mais quand même … 8 chiffres de capacité sans aucun chiffre de garde, c’est un mauvais point pour la précision. Et la notation scientifique est inconnue. Concernant la programmation, aucun test n’est disponible. Et comme il n’y a qu’une seule mémoire, le champ des programmes possibles est forcément restreint. Le système de calcul RPN n’a que trois niveaux et souffre de l’absence de fonction de descente de pile.

La programmation montre tout de même quelques points positifs. 102 pas sont disponibles, ce n’est pas rien. Cet espace peut au besoin héberger plusieurs programmes à la suite. La touche SKIP se charge de les sélectionner en sautant de l’un à l’autre. Un mode édition est prévu (commutateur N-STEP), non pour visualiser d’éventuels codes, mais pour une exécution pas à pas. Le cas échéant, un appui sur la touche DELETE supprimera l’instruction indésirable.

Sur le plan de la construction, la Program est robuste. Alors que 40 ans se sont maintenant écoulés depuis sa naissance, le fonctionnement est intact et le clavier aux doux déclics ne connait pas de défaillance, pas plus que le dispositif d’alimentation, à 4 piles AA.

Sans doute le plus beau modèle de cette famille prolifique, les reproches sur les insuffisances techniques que peut lui adresser l’utilisateur exigeant d’aujourd’hui sont bien peu de choses à côté de l’indicible plaisir de manipuler ce rare joyau de connaisseur.

 

ARISTO M75 E

Le modèle M75E n’est pas la calculatrice la plus répandue du constructeur allemand ARISTO.

J’ai appris son existence le jour où un propriétaire m’a contacté. Son Aristo 75E ne fonctionnait plus et il espérait quelques informations précieuses, que je n’avais malheureusement pas.

Bien plus tard, j’eus à mon tour l’occasion d’acquérir ce modèle peu courant, produit autour de 1975. Et de constater qu’au-delà du premier coup d’œil, l’aspect des machines n’était pas aussi semblable qu’imaginé.

Les M75 et M75E présentent des touches et légendes différemment disposées. Mais surtout, la E possède une touche d’exposant, voilà qui est nouveau car la M75 ne connait pas la notation scientifique.

Il existe un site internet consacré aux calculatrices Aristo (*). Il y est indiqué de façon très succincte que la précision de la 75E est « améliorée ».

Il s’agit bien là de sa seconde particularité. Elle concerne plus spécifiquement la fonction d’élévation à la puissance.

L’ARISTO M75E calcule avec 10 chiffres internes ce qui est bien, mais pas exceptionnel pour autant. En revanche, l’élévation à la puissance donne des résultats souvent exacts quand bon nombre de calculatrices se débattent avec les erreurs d’arrondis.

Ainsi ma M75 toute simple (sans « « ) renvoie la valeur 65535,79 pour le calcul de 2^16, au lieu de 65536, et les approximations sont visibles déjà bien avant et sont liées à l’algorithme de calcul, reposant sur les logarithmes.

La M75E donne pour sa part le résultat exact pour 2^16, mais aussi pour 2^ 17 et ceci jusque 2^26, seuil du passage en notation scientifique. Les divisions successives par 2 redonnent bien la valeur initiale, sans jamais montrer aucun chiffre de garde.

Quoique, il y a quand même une exception : dans le seul cas de 2^23, la 75E ne joue pas le jeu, et donne des chiffres de garde, ce qui selon moi disqualifierait l’hypothèse d’un algorithme reposant sur une suite de multiplications. D’ailleurs les exposants non entiers sont gérés. Il est possible que la E gère les arrondis de façon inhabituelle et particulièrement performante.

L’ARISTO M75E mérite sans aucun doute sa qualification de calculatrice précise. A noter que les calculs de trigonométrie montrent une précision standard.

Tout bien pesé, il existe une autre ARISTO présentant en tous points les caractéristiques techniques de la M75E, y compris son dessin des digits « 6 » et « 9 » à cinq segments : le modèle UNILOG, une autre pierre rare signée Aristo.

 

(*) Pour qui veut découvrir tous les modèles ARISTO, il existe ce site très intéressant et complet :

http://www.hh.schule.de/metalltechnik-didaktik/museum/taschenrechner/aristo-electronic-calculators.htm

CASIO FX-48

1975, naissance de notre carte à puce à mémoire

1978, des calculatrices, aussi fines que le permettent les piles bouton et l’afficheur, adoptent volontiers ce format, synonyme de modernité et d’une extrême portabilité.

La CASIO FX-48 est une des toutes premières à jouer les cartes à puce. Son écran jaune est minuscule. Le clavier scientifique est à la fois si riche et si ramassé qu’il faut à la petite 48 deux touches secondaires F1 et F2 pour tirer la quintessence des 20 touches restantes, dont une panoplie complète de fonctions statistiques ! Tout cela en 39 grammes …

 

 

 

LEXIBOOK GC2200

Trouver en boutique en 2017 une Lexibook GC-2200 relève presque de la farce, du moins de l’anachronisme.

J’avais parlé voilà plusieurs années de la GC2000, et m’étais étonné des traits de parenté avec la lointaine et primordiale CASIO FX-7000G de 1986.

Même constatation pour la 2200, qui est d’ailleurs une réplique exacte de la 2000, couleurs mises à part.

La GC2200, commercialisée depuis bon nombre d’années, semble avoir connu 3 visages, et même 4 si on compte le récent modèle muni du mode examen (qui ne s’appelle plus 2200 d’ailleurs, mais 3000).

Ainsi l’image en couverture du manuel, reproduite ci-dessous, montre une GC2200 munie d’icônes de menus au graphisme très simpliste. Je n’ai jamais vu ce modèle de mes yeux.

Il en existe une autre, plus répandue, qui n’est pas programmable et dont l’écran n’est graphique que pour la moitié gauche.

Le coloris sombre de la 2200 lui donne de loin un aspect de TI-83. Les couvercles se ressemblent à s’y méprendre, et sont quasi interchangeables.

Le manuel est de très bonne qualité : 60 belles pages entièrement en français ! Ma 2200 est, il est vrai, une « FR ».

Question technique, tout ce qu’on peut dire sur la GC2000 est vrai pour le GC2200. Et inversement. Machines identiques en tous points en caractéristiques et performances. Sur ce point, les compliments formulés sur la vélocité de la GC2000 de 2003 ne sauraient être renouvelés aujourd’hui pour la GC2200. Non pas parce qu’elle est plus lente, mais parce que ces dernières années ont vu éclore des machines aux processeurs réellement plus puissants.

La LEXIBOOK GC2200 est une calculatrice d’un autre âge. Cela peut plaire à qui s’intéresse à l’histoire des machines, mais n’explique pas pourquoi elle peut encore être parfois rencontrée dans les gondoles – poussiéreuses sans doute – de quelques supermarchés d’aujourd’hui peu « à la page ».

CASIO GRAPH 90+E

En cette année 2017, Casio lance une nouvelle calculatrice graphique, la Graph-90+E.

Positionnée à une marche du haut de gamme, la GRAPH 90 succède aux Graph 75 et 95 Noir & blanc et Fx-CG10 couleur (la fameuse Prizm), mais ne va pas jusqu’à embarquer le système mathématique de calcul formel, chasse gardée du CP-400.

Les premiers échos annonçaient un grand écran couleur, des graphes 3D, et surtout une vitesse de calcul importante, tandis que les captures glanées par ci par là montraient une machine à l’aspect agréable, sans grand caractère, rien à voir avec l’audacieuse « Prizm«  Fx-CG10 de 2010.

Depuis cet été, la GRAPH 90 est dans les rayons des supermarchés. Elle n’y est pas pour autant « visible » au sens strict du mot, son gros emballage en plastique, pourtant transparent, se voyant recouvert d’autocollants de présentation et de promotion qui cachent tout, au bas du clavier près … La voisine de gondole Ti-83 Premium CE ne parait pas mieux lotie sur ce point.

Acquéreur de la Prizm couleur voilà sept ans déjà, je décide de sauter le pas cette fois encore, en dépit des minces présages d’innovation. Ciseaux en mains, l’épais blister en plastique est sacrifié sans pitié, et une machine toute neuve en sort, libérée de sa prison obscure.

Première constatation, quelle finesse ! Un record pour une machine à piles (AAA X 4). Des lignes travaillées, un dessin élaboré avec grand soin. Une maturité du design, à des lieues d’une massive Graph 80 de 1998. L’habillage plastique est à l’avenant. Dur et brillant, il avait été inauguré pour le CASIO CP-400 – en version noire – puis sur la famille des Classwiz. Ici il est blanc, couleur du modèle français. Certaines légendes de touches imprimées en façade ressortent mal, c’est dommage.

Un effet visuel impressionnant : le gris profondément sombre de l’écran éteint. Allumé, un monde de couleurs s’éveille …

L’apport de cette nouvelle Casio Graph-90 ne serait-il qu’esthétique ? Il est clair que les fonctionnalités demeurent extrêmement proches de celles la Prizm Fx-GC10.

Qu’en est-il de la vitesse de calcul dont on dit ici et là le plus grand bien ?

Casio nous a habitués dès 2005, avec sa Graph 85, à des modèles remarquablement rapides. A cette époque, la vitesse va devenir la préoccupation des constructeurs. HP sortira sa 49G+ dont le processeur ARM clouera sur place les 48 et 49 à classique processeur Saturn. Puis va surgir la Ti N’spire, longtemps demeurée championne de la vitesse de calcul.

Arrive 2010 et une petite HP-30B financière rapide comme l’éclair. Puis on accélère très fort vers des sommets avec la HP-39GII de 2012, puis la HP-Prime un an plus tard, aux chronos inégalés.

Où se situe la nouvelle Casio Graph-90+ dans tout ça ?

En première approche quelques tracés de courbes, l’exécution d’un petit programme, le lancement de l’optimisation mémoire confirment la sensation d’un excellent tonus général.

Reste à l’évaluer aussi finement que possible. Pour ce faire, j’ai soumis la 90 et machines sus-nommées – sans oublier sa consœur Ti 83 Premium CE -, à quelques tests mêlant calculs et tracés. On se souvient des griefs portés à l’endroit de la Prizm GC10, non sur sa vitesse de calcul proprement dite, mais sur celle des tracés, notablement plus lents que sur les modèles CASIO à écran noir & blanc.

Tests pratiqués (*) :

  • Calcul en boucle. Fidèle à mes habitudes, j’ai chronométré les machines sur le programme classique de cumul des 360 sinus. Sauf que pour de tels bolides, l’étendue de 1 à 7200 s’est montrée plus adaptée.
  • Tracé en direct de 3 sinusoïdes simultanées.
  • Tracé programmé : spirale rectangulaire, une suite de « plot » et « line« .
  • Tracé programmé : une fractale.

A l’issue de ces quelques tests, les conclusions sont simples : En calcul pur et en tracé de simples courbes, la GRAPH 90 bat toutes les CASIO à la course (presque 2 fois mieux que la Prizm GC10), ainsi que la Ti 83 Premium. Elle fait tout bonnement jeu quasi égal avec la Ti N’spire. Mais échoue encore derrière les reines de l’asphalte HP, en particulier la Prime.

Les choses sont différentes en dessin programmé, point noir de la Prizm. Si le progrès réalisé par rapport à la Prizm est important, le problème de lenteur en dessin n’est pas résolu pour autant par la 90, les deux Casio couleur se voyant battues à plate couture par leur aînée Graph 85(**) de 2005 (fractale tracée en 23 s contre 41 s pour la 90, et 100 s pour la Prizm). La Ti-83 Premium CE s’en sort mieux, quoique distancée elle aussi par la vaillante 85, sur un écran de tracé par ailleurs notablement plus étroit que celui de la Graph 90.

Au chapitre des différences entre la Casio Graph-90 et son aînée Prizm FX-CG10 : Les icônes de menus sont d’un dessin léger et diffus sur cette dernière, bien rectangulaires et colorés sur la première. Au point qu’on se surprend à poser le doigt dessus. En pure perte car rien de tactile ici.

Le minuscule symbole d’occupation est différent aussi. C’est anecdotique. Ce qui ne l’est pas en revanche, c’est le positionnement revendiqué par les deux machines. La Prizm de 2010 se voulait une double rupture: la technologie couleur, et le design, ce dessin hardi qu’aucune Casio récente n’avait osé revêtir avant elle. Tout au contraire, La Graph-90 se veut rassurante, une Casio absolument « normale », bien à sa place dans le rayon du magasin, plus encore dans le panier de l’acheteur dont on sait qu’il n’aime pas beaucoup les expérimentations hasardeuses. Il s’est montré très méfiant envers « l’ovni » Prizm FX-CG10 dans le passé, du moins en France.

On continue sur le jeu des différences : les manuels comparés montrent une consommation moindre pour la nouvelle venue. C’est une bonne nouvelle, quoique l’autonomie de la Prizm ne soit pas réellement problématique. Et enfin l’odeur désagréable de composants de la Prizm, partagée par le Casio CP-400, semble éradiquée.

On fait parfois le reproche à Casio de perpétuer un environnement de travail qui n’évolue plus depuis longtemps. La Graph-90 n’est certes pas la calculatrice de l’extrême. En cette fin de décennie 2010, elle pourrait représenter une sorte de synthèse des différentes innovations de cette décennie. Et aussi des pistes prometteuses puis abandonnées : pas de contagion du calcul formel sur l’ensemble des modèles, cela reste réservé au haut de gamme, toutes marques confondues. Pas de généralisation non plus à ce jour de l’écran tactile. Casio et HP savent faire, Ti temporise, le public ne le réclame pas à cor et à cri.

Bienvenue donc à cette belle Casio indéniablement rapide. Je me demande quand même si je ne préfère pas la Prizm, porteuse d’une réelle innovation, maintenant entrée dans le rang, et dotée d’un clavier au meilleur toucher selon moi.

 

(*) Les tests pratiqués ne visent qu’à dessiner une image générale de la performance. Je ne doute pas que les programmes utilisés puissent être adaptés ou optimisés de façon à modifier quelque peu telle ou telle mesure. Par ailleurs, il semble que toutes les Ti N’spire ne soient pas identiques dans leurs résultats en calculs de vitesse. Ici la machine testée est la Ti N’spire CX non CAS, qui semble moins véloce que la Ti N’spire à écran n&B.

(**) La CASIO GRAPH 85 (Nom international 9860G) utilisée est de version 1, soit la ROM 01.00.00

CASIO FX-5500

La CASIO FX-5500 est une machine singulière. D’un format horizontal qui rappelle à coup sûr les Ordinateurs de Poche des années 80, elle en reprend le long afficheur LCD ainsi que la molette de contraste.

La 5500 n’est pas vraiment programmable, elle est pourtant davantage qu’une simple calculatrice scientifique. Ses spécialités sont la manipulation des formules : factorisation, simplification développement. Les résolutions d’équations sont aussi au rendez-vous, y compris les systèmes à 2 ou 3 inconnues. Il existe trois mémoires dédiées aux formules (I, II, III), qui peuvent au besoin s’enchaîner les unes aux autres.

Le grand écran de 24 caractères est particulièrement adapté à l’affichage des longues propositions. Les exposants sont représentés comme il se doit en écriture naturelle, grâce notamment à la touche d’entrée dédiée Xn.

Des fonctions spécialisées bien sérieuses, on le voit, pour une machine à l’aspect métallique très agréable. Des couleurs vives, un volume et un poids idéaux en mains, la CASIO FX-5500 est une calculatrice qu’on manipule avec un vrai plaisir. Un couvercle de plastique se clipse en façade sur deux fines charnières qui permettent d’ouvrir et refermer la machine à la demande.

Quand la 5500 fut-elle produite ? Quelques indices placent le curseur à proximité de l’année 1986, sans certitude absolue cependant.

Machine singulière dans sa présentation horizontale et ses spécificités, la CASIO ne me parait pas isolée pour autant dans le paysage du calcul des années 80. Je vois dans le CANON F-300 et la SHARP EL-5100, deux machines au destin voisin : nées en pleine décennie des Pockets Computer programmables en Basic, en ayant hérité l’aspect et l’écran généreux, pourtant non programmables ou presque, et simplement totalement originales.

 

SHARP EL-5001

La SHARP EL-5001 est couramment confondue avec un autre monstre sacré du constructeur, le SHARP PC-1201.

Un aspect assez voisin, une période de production commune, 1977, et une barre très élevée pour les décrocher sur le marché de l’occasion, voilà qui brouille les pistes quand il s’agit de bien différencier ces deux modèles très recherchés.

Des différences il y en a. A commencer par celle-ci : Ces deux machines montrent chacune un visage différent du calcul programmé.

Ainsi, alors que le PC-1201 est une vraie programmable pourvue de mémoire non volatile (qui ne s’efface pas hors tension), la SHARP EL-5001 possède une bibliothèque de programmes gravée en mémoire. Hors ce dispositif, la mémoire de la 5001 est complètement volatile.

La bibliothèque de la SHARP EL-5001 est accédée au moyen d’un dispositif original, une solide molette pilotée avec le pouce, qui sélectionne les programmes un par un, six en tout, en glissant les légendes de commandes sous les quatre ouvertures prévues à cet effet au sommet du clavier.

Les quatre touches grises juste en dessous pilotent les programmes. Un peu comme les cartes qu’on glissait sous l’écran des TI-58 pour expliciter l’usage des touches A B C D E selon le programme du module interne sélectionné.

Que font ces six programmes ? Celui qui porte le numéro 1 se nomme N comme Normal calculations & plot. Placé sur cette position, toutes les touches de la calculatrice sont opérationnelles ainsi que le sélecteur permettant d’opter entre le mode parenthèses ou couple de mémoires additionnelles. Le programme Plot donne les différents points d’une fonction numérique. On entre pour cela la valeur de départ, celle de l’incrément, et les frappes successives sur la touche de fonction numérique choisie (log par exemple) donneront celles des points successifs qu’il suffit de reporter sur un papier avec son crayon (les calculatrices graphiques feront mieux, mais 10 ans plus tard, c’est encore bien loin).

Un coup de molette et hop ! voilà le programme n° 2 enclenché et ses légendes mobiles bien en place. Nommé Statistical calculation, il offre la panoplie classique des fonctions statistiques : sommes, moyenne, et écarts.

Le programme suivant, Calculation of quadratic equation, donne les solutions, complexes le cas échéant, de l’équation du 2d degré. A ce propos le digit le plus à gauche de l’écran de la 5001 est consacré à la production d’alertes diverses, et ce pour l’ensemble des programmes. C’est l’affichage ici des 3 segments supérieurs qui informe l’utilisateur que le résultat est complexe.

Une nouvelle impulsion sur la molette et nous voilà plongés dans l’univers des intégrales. La EL-5001 n’étant pas programmable, il peut sembler ardu de lui expliciter la fonction à intégrer. Ça n’est cependant pas nécessaire car seules les fonctions formées sur x² sont intégrées. Cela limite selon moi la portée du programme.

Voyons le suivant : le programme 5 se nomme Complex number calculation and coordinate conversion. Il permet l’arithmétique complexe, de façon simple, ainsi que les transformations de coordonnées.

Le dernier coup de molette donne accès aux vecteurs et leur manipulation, de façon aisée là aussi. Une nouvelle impulsion nous ramènerait au programme n°1, la boucle est bouclée.

A noter que selon le programme sélectionné, certaines touches de la calculatrice sont neutralisées.

Le dispositif par molette, qui peut paraître original voire incongru (implantation d’un organe mécanique au sein d’un objet électronique par essence) se révèle une réussite tant l’ergonomie rend les calculs agréables et sûrs. Le principe des touches de menus apparaît peut-être pour la première fois (mais CASIO a su faire aussi, la FX-3 est sans doute plus ancienne encore) mais est promis à un très bel avenir.

La fiabilité n’appelle pas de remarques, l’organe est simple mais parfaitement conçu.

On peut déplorer malgré tout un faible choix de programmes, et un pilotage par quatre touches seulement. Mais certaines légendes sont dédoublées (accès par la touche F).

Sur le plan des simples fonctions scientifiques, la SHARP EL-5001 se montre généreuse : des fonctions trigonométriques, bien sûr, mais aussi hyperboliques, les conversions sexagésimales, les combinaisons et permutations.

Une mémoire de base, auxquelles peuvent s’ajouter deux autres si on renonce aux parenthèses. Dans ce cas, un digit – celui réservé au signe de l’exposant – affichera un segment par mémoire pour en signaler l’occupation. La 5001 est sans doute la machine qui utilise le plus de segments pour signaler diverses situations. Ce qui sera habituel avec les afficheurs à cristaux liquides (LCD) et la multitudes de témoins qu’ils autorisent l’est beaucoup moins avec les affichages fluorescents verts.

La SHARP EL-5001 est une machine de belles dimensions : 164 mm X 87 mm X 26 mm. Comme toute bonne SHARP de cette époque, elle dispose de commutateurs latéraux, pour le mode angulaire et la gestion de la mémoire. Et l’interrupteur général est placé sur le côté gauche.

Mon modèle confirme le défaut des légendes de touches qui ne résistent pas bien au temps, comme je l’avais remarqué sur le PC-1201.

Un dernier mot sur l’afficheur généreux lui aussi, de 10 chiffres plus 2 pour l’exposant, qui rappelle celui de certaines Electronika russes, avec les digits obliques aux segments frêles. Mais c’est complètement fortuit.

NOKIA E72

En marge du thème général consacré ici aux calculatrices, voici un objet bien actuel puisqu’il s’agit d’un smartphone. Actuel mais déjà un peu rétro. Le clavier mécanique, l’habillage métallique, le minuscule écran désormais désuet me semblent dans le ton de beaucoup d’objets présentés ici.

A quelle occasion ce NOKIA a-t-il bien pu resurgir dans mon quotidien ? Tout a commencé par une banale et contrariante aventure de smartphone égaré. Mon 5.2 pouces dernier cri gardé en position non verrouillé dans ma serviette de travail disparaît en même temps qu’elle un soir, peu avant de rentrer chez moi.

Je la pense soit égarée, soit dérobée ou sur le point de l’être. D’un coup je mobilise mes souvenirs récents pour comprendre comment cela a pu se produire. Je tente de garder mon calme et agis au plus vite pour neutraliser la SIM de l’appareil. Pas évident dans l’improvisation.

Je repasse au bureau où tout le monde est déjà parti, rallume un PC, me connecte à l’opérateur téléphonique, suis ses instructions et échoue lamentablement à l’étape d’identification car je ne me souviens plus du mot de passe. L’opérateur propose de me le redonner, à condition que ce soit par SMS vers mon portable. Vu qu’il est perdu, cela me fait une belle jambe.

Je tente d’autres alternatives vaines et chronophages et décide, tout en m’épongeant le front, de me rendre en boutique coûte que coûte. Ouf ! le personnel agit efficacement et neutralise l’appareil vulnérable. Je sors avec une petite carte SIM de substitution qui attend de rencontrer mon prochain smartphone.

Voilà un problème résolu, mais à ce moment précis l’achat d’un remplaçant ne me semble absolument pas urgent, bien au contraire. Les émotions récentes viennent de me dégoûter de ces appareils que j’utilise bien peu finalement, et si mal. Je trouve en particulier les dispositifs tactiles bien trop sensibles pour mes doigts qui déclenchent 20 ordres intempestifs dès que je les prends en mains.

Je finis par rentrer chez moi, partagé entre l’idée de me passer de téléphone et le constat que les services qu’il me rend, notamment dans le cadre professionnel me sont désormais précieux. Existe-il aujourd’hui un smartphone puissant et différent des autres ? Cette question tourne dans ma tête toute la soirée.

Puis voilà que me revient l’idée de ce très beau téléphone que ma fille utilisait voilà quelques années. Il doit encore être dans sa chambre. Je monte voir et en effet le NOKIA est bien là et je découvre avec surprise combien aujourd’hui il est devenu rétro.

Je le branche quelques minutes et il s’allume, il répond. Du coup je déballe ma nouvelle carte SIM, et là, nouvelle surprise agréable, ma micro SIM prévue pour un smartphone de 2017 est fondue dans un cadre de taille SIM standard, ce qui permet une parfaite compatibilité descendante. Et voilà le NOKIA qui marche, envoie des SMS, en reçoit, veut aller sur internet se dégourdir les jambes !

Le lendemain, le NOKIA était avec moi au travail, autant par plaisir que par nécessité. On s’en doute, des limites apparurent vite, en particulier l’écran 2.4 pouces trop inconfortable pour qui est habitué au désormais banal 5.2 pouces. Une lenteur bien perceptible également.

Fin du conte de fées, après quelques jours, le NOKIA avait logiquement cédé sa place à un fade 5.5 pouces bien actuel, triste et horriblement cher pour un entrée de gamme.

Pas question d’oublier le NOKIA pour autant. Je sais maintenant que cet appareil n’est pas concerné pas l’obsolescence programmée, qu’il est compatible avec les supports SIM actuels et qu’il rend instantanément des services de base de qualité. Sans parler de sa physionomie originale et soignée, et … son excellent clavier mécanique.

Hewlett-Packard 32S

Les anciennes calculatrices de marque Hewlett-Packard demeurent très recherchées par les amateurs.

La gamme « Pioneer » apparue en  1987 ne fait pas exception. Bien qu’aucun de ses modèles ne soit aujourd’hui rare ou introuvable, les prix d’échanges pratiqués peuvent compliquer l’exercice consistant à se les procurer tous.

Le jeu en vaut-il la chandelle ? Existe-t-il une Pionner plus facultative qu’une autre, ou bien les faut-il absolument toutes ?

Que trouve-t-on au sein de cette famille ?

  • Trois financières : la toute simple 10B, la plus sympathique 14B, la puissante 17B. A noter que les modèles 10 et 17 sont restés commercialisés jusqu’à nos jours sous des versions et formes parfois différentes, tandis que la 14B n’a pas eu de suite. Elle est pourtant agréable et parmi les plus abordables financièrement.
  • des scientifiques, plus ou moins programmables : la 20S à la carrière longue elle aussi, les 21S, 22S à carrière courte, la 32S et ses variantes successives, la 42S, haut de gamme mythique,
  • une hybride, aussi à l’aise dans le monde financier que celui des sciences, la 27S, livrée avec horloge et alarmes !
  • une logique de calcul tantôt algébrique (c’est une première chez HP !) ou classique RPN,
  • des écrans mono-lignes, à segments ou à points, et des écrans à deux lignes
  • un système de programmation traditionnel pour les 20S, 21S, 32S, 42S ou plus chichement par l’intermédiaire du solveur d’équations pour les 17B, 27S, 22S. Les deux petites financières 10B et 14B ne sont pas programmables.

Je ne dispose pas de tous les modèles Pioneer. Mon idée initiale était de donner vie à petit à petit à un souvenir vieux de trente ans maintenant : la découverte fortuite dans une grande librairie de Reims de la toute première famille Pioneer, 5 ou 6 modèles tout au plus ce jour là. Comme ma recherche n’est pas très assidue, certains manquent encore à l’appel (la 20S, la 10B) tandis que d’autres se sont invités tout seuls au fil du temps, comme la 21S et la 42S.

Un modèle me tenait à cœur, la 22S que je tenais pour intermédiaire, puissante, programmable, pas courante. Échangée à des niveaux de prix substantiels, je ne l’ai acquise que récemment. Et pour moi, la 22 est une déception. S’il existe un modèle Pioneer facultatif, je vote pour la 22S. Car elle n’est pas programmable en dehors de son maigre solveur. Son (bel) écran est mono ligne et peu adapté à la logique algébrique qui l’anime, les caractères trop espacés saturant vite sa capacité et donc sa lisibilité. Autant la 32S est directe, franche dans son utilisation, autant la 22 me semble fastidieuse et limitée. C’est malgré tout une jolie machine, très similaire à la 27S dans sa présentation.

J’ai acquis la 32S tout aussi récemment. La 32S a été commercialisée longtemps, elle a connu des versions successives mais c’est bien celle de toute première génération que je voulais bien sûr, celle de mon souvenir. Et voilà bien une Pioneer incontournable ! Moins étoffée que l’illustre 42S, elle ne démérite pourtant point. L’utilisation est directe, franche, sûre, un régal.

Les Pioneer ont longtemps été synonymes de robustesse. La construction est bonne en effet, on peut pourtant, maintenant que bon nombre d’années sont passées, remarquer un signe de fatigue qui commence à se rencontrer sur plusieurs modèles : des touches qui répondent mal, voire plus du tout. Il faut alors exercer une légère pression à la base de l’écran pour que la frappe retrouve son effet. Ce problème se voit aussi au sein de la famille des HP-48.

La photo ci-dessus, montrant côte à côte deux « Pioneer« , met en évidence l’existence de deux afficheurs légèrement différents : Bien que matriciels et mono-lignes l’un et l’autre, il apparait que deux tailles différentes ont coexisté.

Je dois par ailleurs me rendre à l’évidence, ma 32S ici présente est sans doute déjà une évolution de la 32S primitive. En témoigne la bordure d’afficheur renforcée, comme on la rencontre sur les modèles plus tardifs. La 32S de mes souvenirs devait en toute logique présenter un afficheur analogue à celui de la 22S, avec bordure fine et digits mi-hauteur.

La quête peut continuer, mais rien ne presse !

 

SHARP EL-586

En 1986 le constructeur SHARP tente un concept étrange voire saugrenu. Il donne un habillage souple à sa EL-546.

La SHARP EL-586 n’est pas répandue. Quand fut-elle produite exactement ? pourquoi ? et à destination de quelles régions du monde ? Je n’ai pas les réponses.

Il ne s’agit pas à proprement parler d’une machine « molle ». Elle conserve une certaine rigidité qu’elle doit à sa seule carte-mère. La coque de plastique souple qui constitue la 586 est d’une finesse extrême, 3.1 mm selon le manuel, on jurerait beaucoup moins.

Pour le reste, il s’agit exactement de la EL-546. Y compris la cellule solaire et la pile de secours, déchargée sur mon modèle, et à laquelle je ne sais accéder. Le manuel précise que seul un agent SHARP serait habilité à la remplacer. J’ai bien essayé pour ma part, mais je ne vois aucun moyen d’ouvrir la machine. J’ai pu découvrir la carte-mère en ôtant délicatement le clavier qui est une simple pellicule collée. Mais je n’ai rien pu désassembler, ni voir la fameuse pile.

La rigueur de la conception ne fait pas pour autant de la 586 une machine fiable. De faux contacts gâchent tout plaisir de jouer avec. Cet aspect est bien sûr renforcé par une pile de secours déchargée incapable de compenser les ruptures d’alimentation.

Je ne décèle aucune différence entre l’afficheur de la 586 et celui de la 546. Je suis étonné par la finesse du dispositif, pourtant généreux en surface et possibilités d’affichage.

Il existe un détail sympathique dans cette calculatrice hors normes : les légendes (sur les boutons de mémoire) qui font un clin d’œil à maintes SHARP historiques. Les touches aux coins arrondis se voient ainsi partagées en deux au moyen d’une barre horizontale (photo ci-dessous, avec à droite une vieille PC-1100).

Je ne connais qu’une calculatrice scientifique qui soit aussi fine : la CANON F-54 et ses 3.5 mm d’épaisseur. Question rigidité, c’est le jour et la nuit !

Dernier détail qui souligne la finesse extrême de la SHARP EL-586, sa housse, pas plus épaisse qu’un étui de carte de bus !

Ci-dessous, les jumelles techniques 546 (*) et 586.

 

Extraits du manuel (manuel en de nombreuses langues dont le français)

 

(*) la SHARP EL-546 représentée dans cet article est en fait une 506SLR. Les 546 et 506SLR sont pour autant exactement les mêmes machines, dont seul le nom diffère.

TECXON LC-670

Dans un article précédant je mettais en lumière une calculatrice quasi inconnue d’un constructeur qui ne l’est pas moins.

Une magnifique LC-650 venait de surgir de l’anonymat. Aujourd’hui c’est au tour de la LC-670, qui confirme à cette occasion l’existence d’un solide air de famille au sein du catalogue TECXON.

Calculatrice programmable, la LC-670 est manifestement la jumelle technique, comme tant d’autres, de la célèbre CANON F-73.

 

 

SHARP PC-1350

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Je l’ai vu arriver en 1984. Je pensais avoir compris ce qu’était un PC-1211 ou un 1251 : des calculatrices programmables de nouvelle génération, ultra modernes. Mais je ne comprenais pas le PC-1350. Sans doute montrait-il la direction que prenait désormais le phénomène Ordinateur de Poche, avec une inflation galopante des caractéristiques, dont cet écran vu comme hypertrophié, surplombant un clavier chétif, purement fonctionnel, sans âme. Mais pourquoi un si grand écran ? pourquoi autant de mémoire ?

Voilà comment mes yeux tout neufs de 1984 percevaient cet objet, une sorte d’alien-Computer, une dérive inexorable, à un moment où le constructeur n’a sans doute plus rien à dire mais veut encore retenir ses acheteurs.

Quelle erreur … Mon regard d’aujourd’hui est tout autre. Bien sûr que le PC-1350 est une vraie évolution des Pockets Computers initiaux. Evidemment qu’il n’est plus une calculatrice. Il en possède encore des fonctions mais c’est désormais bien plus que cela. Son écran graphique, sa mémoire vaste, ses nombreux périphériques le destinent à des tâches nettement plus sophistiquées et créatives.

Tenir un PC-1350 en mains aujourd’hui est un vrai plaisir. L’appareil est lourd, les lignes métalliques nettes. L’écran est confortable et 30 ans plus tard ses dimensions ne me choquent plus du tout, bien au contraire.

Commodore SR-4921

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L’archétype de la grosse Commodore typique des années 70, avec son afficheur à diodes rouges et ses nombreuses et magnifiques touches scientifiques.

Quoiqu’en regardant bien, on se rend compte que celle-ci n’est pas comme les autres.

Vraiment vous ne voyez pas ? Cherchez un peu du côté de la touche EGAL. Eh oui la Commodore 4921 ne possède pas cette touche, elle a, à la place, le « ENTER » (ENT ici) caractéristique de la notation polonaise inverse (RPN en anglais) .

On croit souvent à tort que Hewlett-Packard fut le seul constructeur à implémenter ce mode particulier de calcul. En fait, de nombreuses marques s’y sont essayées à un moment ou un autre, y compris Commodore, avec ce modèle, qui autant que je sache, est unique sur ce point dans le vaste catalogue de la marque.

Il est inhabituel de tenir en main une Commodore RPN, au point que le naturel veut reprendre le dessus, et qu’on se trouve vite face à une machine indomptable. Et on mesure du coup les déboires que peut rencontrer une personne non initiée à ce mode d’entrée des données : il est alors impossible de tirer quoi que ce soit de sa machine.

Comment utilise-t-on une calculatrice RPN ? comment initier la personne ci-dessus ? C’est là que cela se corse car une telle initiation commence toujours par un petit discours sur l’intimidante touche ENTER, puis sur le concept abscons de « notation polonaise inverse », avec peut-être une tentative audacieuse de prononcer le nom compliqué du logicien polonais qui en fut le promoteur … A ce stade de l’initiation, on a face à soi une personne qui vous écoute encore poliment, mais qui a déjà compris que jamais de sa vie elle n’utilisera une calculatrice aussi inutilement compliquée. Avant qu’elle se sauve, on se dépêche d’attaquer le chapitre de la syntaxe d’entrée mais c’est trop tard, la personne est déjà loin …

Selon mon expérience, c’est tout le contraire qu’il faudrait faire. Ainsi, je fais le pari qu’en deux indications, je puis réconcilier n’importe quel public avec une machine RPN. Tout d’abord, on peut établir une comparaison entre la touche de racine carrée de n’importe quelle calculette, et les 4 touches arithmétiques de ma RPN : ça marche pareil, dans les deux cas, on entre d’abord la valeur, et ensuite on tape la touche de fonction. Ici les touches + – × ÷ ne sont plus les éléments d’une syntaxe mais de simples touches de fonctions : la fonction [SOMME de 2 nombres], la fonction [DIFFÉRENCE entre 2 nombres], la fonction [PRODUIT de 2 nombres] et la fonction [RAPPORT entre 2 nombres]. Comme ces fonctions agissent non sur une seule valeur, mais sur un couple de valeurs, le ENTER vient séparer les deux au moment de l’entrée.

La seconde indication à fournir est l’existence de niveaux sur lesquels les valeurs s’empilent jusqu’à dégringoler par au-dessus quand on dépasse le 4e … Et voilà. En évitant soigneusement les mots qui ferment, on transmet en quelques instants la base indispensable pour comprendre et apprivoiser sans appréhension les réactions de la machine ! C’est du vécu 😉

La notation polonaise inverse est appelée aussi notation postfixe. Cela consiste comme on l’a vu à entrer d’abord les valeurs, puis la touche arithmétique à la fin. Toutes les machines RPN font comme cela. En revanche l’aspect manipulation de la pile (ce que j’appelle les niveaux au paragraphe précédent) peut présenter des spécificités d’une machine à l’autre. Disons-le tout net, le spécialiste Hewlett-Packard est sans soute celui qui en a très tôt offert la version la plus aboutie : tout y est pour piloter cette pile du bout des doigts : la touche FLECHE BAS qui défile en boucle les 4 valeurs de la pile, la touche X<>Y qui permute les deux premiers niveaux, le LAST X qui rappelle la dernière valeur affichée, utile en cas de fausse manipulation. On peut aussi ajouter une duplication systématique du 3e niveau sur le 4e, à mesure que les valeurs descendent, ça n’a l’air de rien, mais quand ça manque, on le remarque.

Et c’est le cas pour la Commodore 4921. Sa pile dispose de 4 niveaux comme une HP, c’est bien car beaucoup n’en donnent que 3, mais elle ne connait pas la duplication automatique du dernier niveau. Pour les curieux qui se demandent quel processeur tourne dans la 4921, en voici la photo.

4921

Hormis la spécificité de la notation polonaise inverse, la 4921 est une Commodore très classique sur le plan des possibilités. La panoplie des fonctions scientifiques est plutôt riche mais on est tout de même en 1978 : la trigonométrie, les logarithmes et leurs réciproques, des touches statistiques bien pratiques, les conversions polaires/rectangulaires.

Trois mémoires sont disponibles, accessibles en faisant suivre la touche mémoire de 0, 1 ou 2 (tiens, ça n’est pas très RPN finalement cette façon de faire, mais ça n’est pas le propos). Le problème, c’est qu’on peut tout aussi bien taper n’importe quel chiffre de 0 à 9, ce sont toujours les trois mêmes mémoires qui seront adressées, chaque mémoire pouvant être atteinte par plusieurs adresses, voilà qui ne peut qu’embrouiller …

Un dernier point, concernant le nom exact de ce modèle. Doit-on dire SR-4921 ou bien RPN4921 ? SR est abondamment utilisé chez Commodore (=Slide Rule) . Une réponse est donnée quand on retourne la machine, la plaque est sans équivoque, on y lit RPN4921.

 Mais comme le manuel indique SR-4921, c’est finalement comme on veut. Et moi je préfère SR-4921

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Commodore LC4512

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Une calculatrice Commodore qui ne serait pas une épaisse machine à petits chiffres rouges, voilà qui serait original.

Le géant Commodore, très présent sur le marché des calculatrices tout au long des années 70 a parfois laissé de côté ses gros afficheurs et ses diodes rouges pour de modernes et fins dispositifs LCD. Rencontrer ces modèles discrets et peu répandus n’est pas chose facile.

Voici donc la LC-4512, une Commodore scientifique tardive (1978), légère et extra-plate, du moins pour la partie clavier.

Le moins que l’on puisse dire, c’est que ses formes ne sont pas habituelles. Est-ce en raison de la tradition maison du profil biseauté ? ou de la nécessité de caser les deux lourdes piles AA ? Toujours est-il que le profil est inédit, avec une zone clavier étonnamment mince qui se termine par un afficheur fortement incliné à 40°. L’originalité se poursuit avec de larges dentelures sur tout le pourtour.

Côté technique, la LC-4512 est une scientifique complète, non programmable, animée par un processeur Toshiba, le même sans doute que dans la Toshiba SLC-8300, sa jumelle technique. L’afficheur, jaune, typique de cette période, est à 8 positions avec zone d’exposant dédiée et un splendide témoin « Error » qui donne envie de tenter toutes les frappes interdites juste pour le plaisir !

Le clavier est d’une grande qualité. Les touches sont affleurantes, leur course est très courte et pourtant un déclic souple et net accompagne dans la douceur chaque appui.

Avec ses touches de couleur vives, l’écran jaune, son design unique, une belle qualité de construction, la Commodore LC-4512 est une machine de caractère, qui en met plein les yeux, et qui restera sans doute et c’est dommage l’une des dernières calculatrices produites par le géant Commodore.

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SHARP PC-1201

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Qui pourrait deviner en regardant cette image que 2 ans et demi seulement séparent ces deux machines ?

Celle de gauche est typiquement une calculatrice scientifique des années 70 : un afficheur fluorescent vert strictement numérique, des commutateurs latéraux, un interrupteur mécanique.

La machine de droite est l’ultra moderne et célèbre PC-1211 de 1980, ordinateur de poche programmable en langage structuré, pourvu d’un clavier ordinateur et d’un écran alphanumérique LCD à faible consommation.

Malgré ces différences qui frappent l’oeil, il semble bien qu’un lien de filiation réel rapproche ces deux machines.

Dans leur nom tout d’abord. Ici l’acronyme PC-1201 ne signifie plus Pocket Calculator comme pour les précédentes calculatrices SHARP, mais bien pour la première fois Pocket Computer. Car le SHARP PC-1201 est programmable. Il offre 128 pas de capacité, et gère les codes combinés, c’est-à-dire qu’un pas lui suffit pour stocker à la fois l’instruction et son adresse.

L’éditeur est confortable, on peut relire en avant, en arrière, insérer, effacer. Les instructions sont représentées par des codes formés des numéros de ligne et colonne. Les sauts, conditionnels ou non, les appels de sous-programmes sont disponibles ainsi qu’une batterie de 4 tests. Et détail insolite : un buzzer qui fait bip à la frappe de chaque instruction. Mais pas de bip possible en dehors de ce contexte précis.

Ajoutons une caractéristique importante, d’avant-garde : la mémoire continue ! L’extinction n’efface pas la mémoire. Le logement classique des 2 piles « bâton » AA comporte un petit compartiment contigu qui abrite à cet effet deux petites piles « bouton ».

On peut penser qu’en 1977, année de lancement du PC-1201, une calculatrice dotée de tel atouts était assimilable à un ordinateur, à l’instar de l’étonnante CASIO FX-201P, solide programmable de 1976. Tout comme elle, le SHARP PC-1201 fut complètement inconnu sur le marché français de cette époque.

Du côté des fonctions de calcul, le PC-1201 présente des caractéristiques plutôt classiques, des fonctions scientifiques, une touche d’accumulation statistique pour les moyennes, de bien pratiques Int et Frac (partie entière / partie décimale). Douze mémoires, dix chiffres (12 en interne). La rapidité de calcul n’est pas élevée (447 secondes pour cumuler les sinus de 0 à 360) mais pas ridicule pour l’époque.

Il se murmure çà et là sur le net que le PC-1201 permettrait l’adressage indirect, c’est à dire l’utilisation d’une adresse qui serait elle-même le contenu d’un registre. Bien qu’une mémoire soit repérée par un symbole mystérieux (s), rien n’est avéré et personne ne semble avoir pu mettre en évidence cette possibilité. Le manuel serait une bonne source d’étude mais j’avoue ne pas le détenir, et reste donc sur ma faim sur ce point.

Sur le plan esthétique, le SHARP PC-1201 est une très jolie machine. Un bémol cependant sur la sérigraphie des légendes de fonctions. Outre le fait que certaines d’entre elles ont tendance à s’effacer avec le temps, l’usage qui y est fait de minuscules et majuscule peut donner un aspect un peu étrange au clavier.

La construction est solide, le PC-1201 s’allume sans souci malgré les années et fonctionne de façon absolument normale, et la mémoire continue est un vrai atout. Deux années après le lancement de cette calculatrice-ordinateur, SHARP dévoilera le PC-1211, qui n’aura plus rien à voir avec lui.

L’âge d’or des années 80 vient de s’ouvrir.

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AGILIS ESR-222

 

Qui se souvient d’AGILIS ?

Toute une gamme de calculatrices furent commercialisées sous cette marque au cours des années 1976-1978, ou du moins à l’automne 1977, quand je fis l’acquisition de ma toute première calculatrice, l’AGILIS 535.

J’ai conservé cette machine un an. Au cours des années suivantes, je n’ai plus jamais vu ou entendu parler d’AGILIS

Plus récemment, internet a pu m’apporter de maigres éléments, les informations se révélant malgré tout rarissimes pour cette marque qui n’a fait que passer sans imprégner les mémoires. Comble de malchance, sur internet le nom Agilis est abondamment associé à une certaine espèce de lézard et aussi à un type de pneu d’automobile, d’où des requêtes qui empestent le caoutchouc et renvoient des tonnes de reptiles. Forcément cela n’aide pas à progresser.

Au fil du temps j’ai tout de même pu reconstituer une ébauche du catalogue AGILIS (à défaut d’avoir les modèles). D’abord les plus petites : 101111111-A121 141. Puis de plus puissantes : 505515525535545. Et un haut de gamme scientifique dont je ne connais qu’une vignette minuscule, pour ainsi dire rien : la 555. On trouve aussi la trace d’une 808, et aussi celle d’une 212.

Le catalogue comporte peut-être encore des trous. C’est même certain car qui connaît l’AGILIS ESR-222 ? Ce modèle n’est référencé dans aucune base de donnée. Pourtant il existe, puisque j’en détiens un.

Ce modèle m’a été donné par un ami de retour d’une brocante. Il ne fonctionnait pas et je n’ai pas réussi à améliorer les choses, c’est le moins que l’on puisse dire puisque maintenant des fils orphelins dont je ne sais que faire se promènent librement à l’intérieur.

C’est vraiment dommage car le modèle est scientifique, cela signifie aussi qu’il n’y a pas que la 555 qui le soit dans le catalogue AGILIS.

Et s’il existait malgré tout un bon moyen d’en savoir plus sur ce modèle mystérieux ? L’ESR-222 me parait être la jumelle technique d’une autre calculatrice qui, elle, fonctionne toujours : la KOVAK P-82. Les touches, légendes et appariements ne laissent pas la place au doute, en particulier le « F » qui possède sa propre fonction secondaire, en l’occurrence « x² ». Les commutateurs de l’AGILIS se retrouvent sur la KOVAC, en position latérale.

Ce sont les mêmes machines.

Ci-dessous les deux calculatrices, d’aspect fort différent mais de circuits identiques.

 

Un grand merci à gege 

 

CASIO FX-201P

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Comment expliquer que l’existence d’une telle pépite ait pu m’échapper pendant tant d’années ?

Quand je lisais l’Ordinateur de Poche au début des années 80, deux marques se partageaient l’essentiel du marché des machines programmables puissantes, en France du moins : Hewlett-Packard et Texas-Instruments. Leurs chevaux de course se nommaient HP-65, HP-67, HP-41, HP-29C, HP-34C ou TI-SR56, TI-SR52, TI-57, TI-58, TI-59 …

Des marques japonaises comme CASIO ou SHARP étaient surtout renommées pour des machines simples, à quatre opérations ou scientifiques peu originales.

Dans son grand article portant sur les machines programmables du moment, le magazine nous faisait assister à ce qui ressemblait aux débuts prometteurs des deux japonais, enfin décidés à jouer des coudes avec les constructeurs américains. SHARP, avec un PC-1211 dernier cri, qui recueillait tous les superlatifs des rédacteurs, et CASIO, qui ne montrait encore qu’une classique mais très moderne calculatrice programmable LCD, la FX-502P, dont les auteurs de l’article se montraient prudents à prophétiser l’impact.

Sauf que les deux grands japonais n’étaient pas complètement novices. Ils brillaient depuis quelques années, mais ailleurs. SHARP, avec un très intéressant PC-1201 ainsi que l’étonnant combiné (presque de poche) PC-1300, et CASIO avec une gamme d’énormes machines, la 201P ici présente, la 202P à mémoire permanente, et le PRO FX1 (*), équipé d’un lecteur de cartes magnétiques, à l’instar des reines HP-67 et TI-59.

Voilà que trente ans plus tard, je découvre la CASIO FX-201P, machine très originale, produite en 1976.

L’aspect est étonnant, les dimensions inhabituelles : 17,2 cm de haut, 10,4 de large, 3,4 d’épaisseur, 364 g en ordre de marche, 6 rangées de touches en bas, 7 en haut, c’est du hors-norme. La machine est belle, l’esthétique n’est pas brute mais soignée, avec des courbes discrètes qui en font un très bel objet.

Bien que machine de poche, la prise en main nécessite un peu d’habitude. A ce sujet, nous trouvons peut-être ici l’explication des touches absentes du clavier, fait coutumier chez CASIO. Pourquoi en effet laisser un trou en bas entre les touches EXP et =, et en haut à droite sous START ? Pourrait-il s’agir d’une aide à la préhension, le pouce d’une personne droitière trouvant tout naturellement sa place dans cet emplacement libre. Idem pour l’espace du bas qui permet d’attraper fermement la machine sans appuyer sur aucune touche. C’est spéculatif mais je parie dans ce sens.

Point paradoxal, la FX-201p ne possède pas un grand nombre de fonctions préprogrammées, contrairement à ce que suggère la profusion des touches. Nous trouvons les racines, les logs, la trigonométrie et c’est à peu près tout. Les touches aux légendes les plus mystérieuses sont réservées à la programmation de ce qui, en 1976, se classait davantage comme un ordinateur qu’une calculatrice. Témoin, la position « manuel » du sélecteur de programmation qui sous-entend que la règle est avant tout ici le calcul programmé.

La documentation est indispensable pour s’approprier le protocole de programmation. On découvre alors un système souple, puissant, et finalement simple. L’affichage n’étant pas alphabétique, les touches ont leur code, souvent un mélange de chiffres et de caractères étranges. Les codes sont gravés sous les touches correspondantes, ce qui facilite la relecture des programmes. Les données d’entrée et de sortie bénéficient de leur propre touche : ENT pour introduire les paramètres et ANS pour afficher les valeurs de sortie. A noter que deux lumières rouges à la base de l’afficheur fonctionnent de concert avec ces touches. Le test IF, très particulier, porte sur trois statuts à la fois : inférieur, égal, supérieur, et effectue les branchements en conséquence. Les sous-programmes et l’adressage indirect sont gérés.

Les défauts dont souffre la 201P sont la limitation de la mémoire de programme : 127 pas seulement, c’est peu, et elle n’est pas permanente. La vitesse de calcul n’est pas vertigineuse, on s’en serait douté pour une machine de 1976. Le test du calcul programmé de cumul des 360 sinus est exécuté en 11 minutes, soit 660 secondes. Les futures HP-41, TI-59 ou SHARP PC-1211 tourneront entre 290 et 400 secondes. Mais les suivantes, HP-15C ou TI-66 feront pire que la 201P.

Que manquait-il à ce superbe calculateur, que les machines modernes apporteraient quelques courtes années plus tard ? Une imprimante, une interface cassette ? Rien de tout cela ici. la CASIO 201P n’offre aucune connectivité, excepté le cordon mural d’alimentation 220V.

A bien regarder, il existe pourtant un compartiment mystérieux, accessible en ôtant une vis au dos, qui montre ce qui ressemble fort à un port de connexion. Mais je ne sais pas encore à quoi.

(*) Cette famille de calculatrices comprend aussi la PRO-101, absolument introuvable et connue par 2 ou 3 photographies de prospectus (japonais) d’époque.

SHARP EL-531

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Chez SHARP, le numéro 531 fut abondamment décliné au fil des âges.

Il se pourrait bien que le modèle ci-dessus soit le tout premier, produit dès 1983 ou 1984.

Je me souviens bien de ces machines pour les avoir parfois utilisées à cette époque. Elles étaient généreuses : Une jolie petite machine scientifique puissante, pas chère du tout, avec un bel affichage confortable une autonomie de plusieurs milliers d’heures (10.000 pour le modèle 4 opérations – 2 piles AA tout de même). Et aussi les toutes premières touches gomme.

Pour changer les piles point de couvercle à ôter : on appuie sur la languette du haut et c’est l’ensemble de la façade arrière qui s’ouvre.

 

CASIO CP-400

Il est plus facile de faire le tour d’un hameau que d’arpenter toutes les rues d’une grande capitale. Quel peut être le regard d’un passionné d’anciennes calculatrices sur un sujet aussi vaste que le puissant et moderne CASIO CP-400 ?

Peut-être vaut-il mieux se limiter à la périphérie de la mégalopole, qu’on prendra soin d’observer d’un œil candide du plus haut d’une tour, pour ne pas se perdre …

Un peu d’histoire.

Peu après l’an 2000, CASIO lance une calculatrice de conception entièrement nouvelle. Il s’agit du ClassPad 300, machine graphique formelle et programmable à écran piloté par stylet.

Entièrement nouvelle ? je me souviens de la surprise ressentie quand je l’ai découvert. Impossible pour moi de ne pas y voir, du moins dans la philosophie, le projet Xpander du concurrent HP : même écran tout en hauteur, même clavier réduit à sa plus simple expression, le stylet …

Quelle qu’en ait été la source d’inspiration, le ClassPad fut bel et bien produit, ce ne sera jamais le cas du Xpander, dont le projet fut abandonné.

Le ClassPad 300 ne sera pas un franc succès. Pour autant, CASIO ne renoncera pas à le pérenniser, lançant un 300S de meilleur écran, puis un 330S, et enfin en 2013 le CP-400.

Observer du haut d’une tour permet de profiter de points de vues inhabituels. Par exemple sur la genèse de ces modèles. Quand on considère aujourd’hui les 300 et 400, la filiation, la continuité semblent aller de soi.

Pourtant mine de rien ce sont deux philosophies indépendantes qui ont engendré ces appareils. Ainsi le 300 de 2003 colle à son temps : celui du Palm Pilot bien sûr et autres appareils à stylets qui sont alors partout. Le stylet est d’ailleurs l’argument commercial accrocheur du prospectus ClassPad. En 2013, dix ans plus tard, une éternité s’est écoulée. Qui se souvient des Palm Pilot ? Le CP-400 surfe désormais sur la mode des écrans tactiles, celui des tablettes, des smartphones, des automates de guichets, pilotés par le mouvement d’un index d’une virtuosité inconnue en 2003.

Le CP-400 incorpore encore un stylet, mais il se commande tout aussi bien du doigt qui pointe ou qui glisse. Deux machines de conception similaire, pour deux contextes sociologiques différents.

Avec son grand écran couleur HD tactile le CP-400 frappe fort. La technologie retenue ne permet pas le zoom par pouce et index, mais la navigation reste très confortable. Notre smartphone nous a accoutumé au basculement d’écran. On pense que le CP-400 en fera autant. La fonctionnalité est bien gérée mais pas automatique (touche dédiée) et tous les modes ne l’autorisent pas.

Braquons un instant la longue-vue de notre tour sur l’appareil. Le dessin est soigné, le matériau plastique dur et brillant lui donne belle allure. L’épaisseur, le poids (4 piles AAA) restent prononcés. Un écran magnifique, immense et très coloré, du moins lors de l’invite de menus. Passé l’invite, l’environnement de travail sera dans des tons plus pastels.

L’utilisateur du ClassPad 300 n’est pas vraiment dépaysé. Il retrouve avec plaisir un système d’exploitation discret mais riche et interactif. A l’utilisation le CP-400 se montre très sérieux, voire austère tant il se presse de vous emmener dans son monde rempli d’équations mathématiques plus complexes les unes que les autres.

Le clavier virtuel est pratique. Il a progressé mais reste perfectible, la touche d’affectation de variable n’étant pas encore disponible pour tous contextes.

La programmation est bien sûr possible et puissante là aussi. A la marge, on pourrait juger les programmes peu lisibles, les caractères se montrant trop agglomérés les uns aux autres pour dessiner une structure claire. C’est anecdotique sans aucun doute, mais d’autres font mieux de mon point de vue.

Fin de cette présentation d’une machine de haut de gamme très puissante. Il existe sur le Net des pages écrites par de vrais spécialistes. Le lecteur désireux d’en apprendre plus sera bien inspiré de ne pas se contenter de cet article qui ne fait effleurer le sujet.

Une petite digression pour finir. Lors de son lancement en 2003, le premier ClassPad fut présenté par Casio comme la toute première calculatrice graphique à stylet. Or c’est faux, puisqu’une telle calculatrice a préexisté : la SHARP EL-9600.

 

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