SHARP EL-5804-5809

Deux jumelles au format « règle » millésimées 1978.

J’ai découvert la SHARP EL-5804 et son format inhabituel dans un catalogue La Redoute en 1979. Bien plus tard j’ai appris qu’elle avait une jumelle, la 5809.

Si cette dernière dispose des fonctions scientifiques classiques, la 5804 ne donne que le strict minimum. Elle comporte pourtant une touche mystérieuse dont la légende associe l’élévation à la puissance au symbole du logarithme népérien. Que se passe-t-il quand on la sollicite ?

Je ne peux y répondre qu’indirectement, mon exemplaire acquis de fraîche date refusant de fonctionner. Je l’ai pourtant ouvert et y ai diagnostiqué un câble décroché que je n’ai pas réussi à bien relier.

Heureusement je dispose du manuel, au même format allongé. On y lit que la touche peut s’utiliser de deux façons. Soit en élevant classiquement une valeur « y » à la puissance « x ». Et dans ce cas on assiste après pression à l’affichage furtif du logarithme naturel utilisé par l’algorithme, valeur qui s’escamote à l’entrée de l’exposant. Ce fait est courant sur les machines anciennes. Le résultat final s’affiche par appui sur EGAL.

Pour la seconde façon, on aurait presque envie de crier à l’imposture, à tort, mais n’anticipons pas. En effet, alors que l’affichage furtif du logarithme constitue encore en 1978 un archaïsme, bientôt gommé définitivement, voilà que SHARP bombe le torse et proclame une fonction supplémentaire. L’utilisateur veut obtenir la valeur d’un logarithme naturel ? Qu’il enfonce la touche d’élévation à la puissance et note sans aller plus loin l’artefact affiché. Il n’y a même plus besoin d’une touche dédiée sur le clavier.

N’est-ce pas un peu dangereux malgré tout ? car maintenant, une valeur « y » attend la suite de l’opération, c’est à dire une valeur « x » et l’appui final sur EGAL, seul moyen en principe de terminer le cycle de l’opération en attente qui, sinon, risque de perturber tout calcul futur.

Quel dommage de ne pouvoir vérifier machine en main.

A moins qu’il y ait une ruse…

Je vais tenter de trouver une machine de substitution possédant le même circuit de calcul, que je dois avant tout identifier. Il existe un moyen simple pour cela : consulter la table de Mike Sebastian (*), qui recense le résultat au test « Forensics » d’une grande quantité de machines, et donc la signature de leur processeur.

Je m’y rends, une fois de plus, et découvre que la EL-5804 est proche parente de la SHARP EL-5800, modèle en ma possession et en état de marche.

La 5800 n’a pas besoin de la touche à double légende car elle offre les deux types de logarithmes, naturels et décimaux. Et chose curieuse, la valeur retournée par ces touches dédiées ne dépasse jamais 7 chiffres, alors que l’appui sur celle d’élévation à la puissance en renvoie 8 pour le logarithme intermédiaire. Le résultat de l’opération réciproque « e puissance x » est d’ailleurs moins exact avec la touche dédiée au logarithme qu’avec l’artefact intermédiaire, c’est un comble.

Ce dernier, seconde curiosité, peut être utilisé tel quel, sans jamais perturber les calculs futurs. Car la touche puissance est soigneusement isolée de tout calcul en chaîne. Dès qu’une touche d’opérateur est tapée, tout repart de zéro en abandonnant sur place l’opération précédente non achevée. En conséquence, la légende double de la EL-5804 n’est pas un abus de langage, c’est bien une touche qui réalise deux opérations distinctes, une à deux termes, et une à un seul terme.

Les deux machines 5809 et 5804 semblent s’adresser à deux publics différents. La 5809 a un aspect classieux, métallique, elle prend place dans un coffret rigide et soigné. La 5804, à la livrée sombre plus simple, bénéficie d’une housse de belle facture, moins flatteuse cependant.

 

 

La SHARP EL-5800 et la signature Forensics de sa puce

 

La table des résultats du test Forensics. Merci à M. SEBASTIAN pour cet énorme travail.

https://www.rskey.org/~mwsebastian/miscprj/forensics.htm

SHARP PC-1475

La gamme 1400 de SHARP est associée aux ordinateurs de poche mixtes, à la fois bases de programmation en Basic et simples calculatrices scientifiques dans leur partie droite.

Introduit au cours de l’année 1987, le PC-1475 est une machine puissante. Son langage Basic l’est indéniablement, sa mémoire, extensible, est vaste et des environnements de calcul spécifiques (traitement des matrices, statistiques) en font un outil pointu en toutes circonstances.

Commuté en mode Basic, le 1475 est doté d’un atout rare : la double précision, qui lui permet d’afficher les valeurs numériques sur 20 chiffres ! (24 en interne). La double précision n’est pas activée par défaut, elle nécessite l’ordre – programmable au besoin – DEFDBL (et DEFSNG pour en sortir). Dans ce format les valeurs sont repérées par un croisillon (#) à la fin. Il est aussi possible, en mode de simple précision, d’ajouter son croisillon à une valeur pour la déclarer comme telle. C’est pratique et confortable. La partie calculatrice, toujours prête à la sollicitation, manipule tout aussi facilement ces longues valeurs. Tout comme les variables. Ex : A# = 12345678901234567890.

Calculer avec de tels nombres est impressionnant. Le temps de calcul est un peu pénalisé mais cela ne se remarque qu’en calcul programmé où le facteur temps est grosso modo doublé.

L’écran à deux lignes – non graphique – se prête parfaitement à ces affichages hors normes telle la factorielle de 21, énorme, d’un seul tenant, sans aucun recours à la notation scientifique.

La précision des calculs est logiquement de premier plan. Dans quelle mesure ? Cette question conserve-t-elle un sens à ce niveau de définition ? Elle est sans aucun doute « suffisante » comme on disait naguère chez Rolls-Royce quand le client venait à s’enquérir de la puissance du moteur.

Dernier détail, la double précision est bien sûr compatible avec la notation scientifique. Dans ce cas, l’exposant est précédé non plus du traditionnel « « , mais de « « .

SHARP EL-5001

La SHARP EL-5001 est couramment confondue avec un autre monstre sacré du constructeur, le SHARP PC-1201.

Un aspect assez voisin, une période de production commune, 1977, et une barre très élevée pour les décrocher sur le marché de l’occasion, voilà qui brouille les pistes quand il s’agit de bien différencier ces deux modèles très recherchés.

Des différences il y en a. A commencer par celle-ci : Ces deux machines montrent chacune un visage différent du calcul programmé.

Ainsi, alors que le PC-1201 est une vraie programmable pourvue de mémoire non volatile (qui ne s’efface pas hors tension), la SHARP EL-5001 possède une bibliothèque de programmes gravés en mémoire. Hors ce dispositif, la mémoire de la 5001 est complètement volatile.

La bibliothèque de la SHARP EL-5001 est accédée au moyen d’un dispositif original, une solide molette pilotée avec le pouce, qui sélectionne les programmes un par un, six en tout, en glissant les légendes de commandes sous les quatre ouvertures prévues à cet effet au sommet du clavier.

Les quatre touches grises juste en dessous pilotent les programmes. Un peu comme les cartes qu’on glissait sous l’écran des TI-58 pour expliciter l’usage des touches A B C D E selon le programme du module interne sélectionné.

Que font ces six programmes ? Celui qui porte le numéro 1 se nomme N comme Normal calculations & plot. Placé sur cette position, toutes les touches de la calculatrice sont opérationnelles ainsi que le sélecteur permettant d’opter pour le mode parenthèses ou le couple de mémoires additionnelles. Le programme Plot donne les différents points d’une fonction numérique. On entre pour cela la valeur de départ, celle de l’incrément, et les frappes successives sur la touche de fonction numérique choisie (log par exemple) donneront celles des points successifs qu’il suffit de reporter sur un papier avec son crayon (les calculatrices graphiques feront mieux, mais 10 ans plus tard, c’est encore bien loin).

Un coup de molette et hop ! voilà le programme n° 2 enclenché et ses légendes mobiles bien en place. Nommé Statistical calculation, il offre la panoplie classique des fonctions statistiques : sommes, moyenne, et écarts.

Le programme suivant, Calculation of quadratic equation, donne les solutions, complexes le cas échéant, de l’équation du 2d degré. A ce propos le digit le plus à gauche de l’écran de la 5001 est consacré à la production d’alertes diverses, et ce pour l’ensemble des programmes. C’est l’affichage ici des 3 segments supérieurs qui informe l’utilisateur que le résultat est complexe.

Une nouvelle impulsion sur la molette et nous voilà plongés dans l’univers des intégrales. La EL-5001 n’étant pas programmable, il peut sembler ardu de lui expliciter la fonction à intégrer. Ça n’est cependant pas nécessaire car seules les fonctions formées sur x² sont intégrées. Cela limite selon moi la portée du programme.

Voyons le suivant : le programme 5 se nomme Complex number calculation and coordinate conversion. Il permet l’arithmétique complexe, de façon simple, ainsi que les transformations de coordonnées.

Le dernier coup de molette donne accès aux vecteurs et leur manipulation, de façon aisée là aussi. Une nouvelle impulsion nous ramènerait au programme n°1, la boucle est bouclée.

A noter que selon le programme sélectionné, certaines touches de la calculatrice sont neutralisées.

Le dispositif par molette, qui peut paraître original voire incongru (implantation d’un organe mécanique au sein d’un objet électronique par essence) se révèle une réussite tant l’ergonomie rend les calculs agréables et sûrs. Le principe des touches de menus apparaît peut-être pour la première fois (mais CASIO a su faire aussi, la FX-3 (*) est sans doute plus ancienne encore) mais est promis à un très bel avenir.

La fiabilité n’appelle pas de remarques, l’organe est simple mais parfaitement conçu.

On peut déplorer malgré tout un faible choix de programmes, et un pilotage par quatre touches seulement. Mais certaines légendes sont dédoublées (accès par la touche F).

Sur le plan des simples fonctions scientifiques, la SHARP EL-5001 se montre généreuse : des fonctions trigonométriques, bien sûr, mais aussi hyperboliques, les conversions sexagésimales, les combinaisons et permutations.

Une mémoire de base, auxquelles peuvent s’ajouter deux autres si on renonce aux parenthèses. Dans ce cas, un digit – celui réservé au signe de l’exposant – affichera un segment par mémoire pour en signaler l’occupation. La 5001 est sans doute la machine qui utilise le plus de segments pour signaler diverses situations. Ce qui sera habituel avec les afficheurs à cristaux liquides (LCD) et la multitudes de témoins qu’ils autorisent l’est beaucoup moins avec les affichages fluorescents verts.

La SHARP EL-5001 est une machine de belles dimensions : 164 mm X 87 mm X 26 mm. Comme toute bonne SHARP de cette époque, elle dispose de commutateurs latéraux, pour le mode angulaire et la gestion de la mémoire. Et l’interrupteur général est placé sur le côté gauche.

Mon modèle confirme le défaut des légendes de touches qui ne résistent pas bien au temps, comme je l’avais remarqué sur le PC-1201.

Un dernier mot sur l’afficheur généreux lui aussi, de 10 chiffres plus 2 pour l’exposant, qui rappelle celui de certaines Electronika russes, avec les digits obliques aux segments frêles. Mais c’est complètement fortuit.

 

(*) Source : www.ledudu.com

SHARP EL-586

En 1986 le constructeur SHARP tente un concept étrange voire saugrenu. Il donne un habillage souple à sa EL-546.

La SHARP EL-586 n’est pas répandue. Quand fut-elle produite exactement ? pourquoi ? et à destination de quelles régions du monde ? Je n’ai pas les réponses.

Il ne s’agit pas à proprement parler d’une machine « molle ». Elle conserve une certaine rigidité qu’elle doit à sa seule carte-mère. La coque de plastique souple qui constitue la 586 est d’une finesse extrême, 3.1 mm selon le manuel, on jurerait beaucoup moins.

Pour le reste, il s’agit exactement de la EL-546. Y compris la cellule solaire et la pile de secours, déchargée sur mon modèle, et à laquelle je ne sais accéder. Le manuel précise que seul un agent SHARP serait habilité à la remplacer. J’ai bien essayé pour ma part, mais je ne vois aucun moyen d’ouvrir la machine. J’ai pu découvrir la carte-mère en ôtant délicatement le clavier qui est une simple pellicule collée. Mais je n’ai rien pu désassembler, ni voir la fameuse pile.

La rigueur de la conception ne fait pas pour autant de la 586 une machine fiable. De faux contacts gâchent tout plaisir de jouer avec. Cet aspect est bien sûr renforcé par une pile de secours déchargée incapable de compenser les ruptures d’alimentation.

Je ne décèle aucune différence entre l’afficheur de la 586 et celui de la 546. Je suis étonné par la finesse du dispositif, pourtant généreux en surface et possibilités d’affichage.

Il existe un détail sympathique dans cette calculatrice hors normes : les légendes (sur les boutons de mémoire) qui font un clin d’œil à maintes SHARP historiques. Les touches aux coins arrondis se voient ainsi partagées en deux au moyen d’une barre horizontale (photo ci-dessous, avec à droite une vieille PC-1100).

Je ne connais qu’une calculatrice scientifique qui soit aussi fine : la CANON F-54 et ses 3.5 mm d’épaisseur. Question rigidité, c’est le jour et la nuit !

Dernier détail qui souligne la finesse extrême de la SHARP EL-586, sa housse, pas plus épaisse qu’un étui de carte de bus !

Ci-dessous, les jumelles techniques 546 (*) et 586.

 

Extraits du manuel (manuel en de nombreuses langues dont le français)

 

(*) la SHARP EL-546 représentée dans cet article est en fait une 506SLR. Les 546 et 506SLR sont pour autant exactement les mêmes machines, dont seul le nom diffère.

SHARP PC-1350

SHARP_1360

Je l’ai vu arriver en 1984. Je pensais avoir compris ce qu’était un PC-1211 ou un 1251 : des calculatrices programmables de nouvelle génération, ultra modernes. Mais je ne comprenais pas le PC-1350. Sans doute montrait-il la direction que prenait désormais le phénomène Ordinateur de Poche, avec une inflation galopante des caractéristiques, dont cet écran vu comme hypertrophié, surplombant un clavier chétif, purement fonctionnel, sans âme. Mais pourquoi un si grand écran ? pourquoi autant de mémoire ?

Voilà comment mes yeux tout neufs de 1984 percevaient cet objet, une sorte d’alien-Computer, une dérive inexorable à un moment où le constructeur n’a sans doute plus rien à dire mais veut encore retenir ses acheteurs.

C’était une erreur … Mon regard d’aujourd’hui est tout autre. Le PC-1350 est une vraie évolution des Pockets Computers initiaux. Evidemment qu’il n’est plus une calculatrice. Il en possède encore des fonctions mais c’est désormais bien plus que cela. Son écran graphique, sa mémoire vaste, ses nombreux périphériques le destinent à des tâches nettement plus sophistiquées et créatives.

Tenir un PC-1350 en mains aujourd’hui est un vrai plaisir. L’appareil est lourd, les lignes métalliques nettes. L’écran est confortable et 30 ans plus tard ses proportions ne me choquent plus du tout, au contraire.

SHARP PC-1201

 

Qui pourrait deviner en regardant cette image que 2 ans et demi seulement séparent ces deux machines ?

Celle de gauche est typiquement une calculatrice scientifique des années 70 : un afficheur fluorescent vert strictement numérique, des commutateurs latéraux, un interrupteur mécanique.

La machine de droite est l’ultra moderne et célèbre PC-1211 de 1980, ordinateur de poche programmable en langage structuré, pourvu d’un clavier de type ordinateur et d’un écran alphanumérique LCD à faible consommation.

Malgré ces différences qui frappent l’œil, il semble bien qu’un lien de filiation rapproche ces deux machines.

Dans leur nom tout d’abord. Ici l’acronyme PC-1201 ne signifie plus Pocket Calculator comme pour les précédentes calculatrices SHARP, mais bien pour la première fois Pocket Computer. Car le SHARP PC-1201 est lui aussi programmable. Il offre 128 pas de capacité, et gère les codes combinés, c’est-à-dire qu’un pas lui suffit pour stocker à la fois l’instruction et son adresse.

L’éditeur est confortable, on peut relire en avant, en arrière, insérer, effacer. Les instructions sont constituées de codes formés sur les numéros de ligne et de colonne. Les sauts, conditionnels ou non, les appels de sous-programmes sont disponibles ainsi qu’une batterie de 4 tests. Et détail insolite : un buzzer qui fait bip à la frappe de chaque instruction. Mais pas de bip possible en dehors de ce contexte.

Ajoutons une caractéristique importante, d’avant-garde : la mémoire continue ! L’extinction n’efface pas la mémoire. Le logement classique des 2 piles « bâton » AA comporte un petit compartiment contigu qui abrite à cet effet deux petites piles « bouton ».

On peut penser qu’en 1977, année de lancement du PC-1201, une calculatrice dotée de tel atouts était assimilable à un ordinateur, à l’instar de l’étonnante CASIO FX-201P, solide programmable de 1976. Tout comme elle, le SHARP PC-1201 fut complètement inconnu sur le marché français de cette époque.

Du côté des fonctions de calcul, le PC-1201 présente des caractéristiques plutôt classiques, des fonctions scientifiques, une touche d’accumulation statistique pour les moyennes, de bien pratiques Int et Frac (partie entière / partie décimale). Douze mémoires, dix chiffres (12 en interne). La rapidité de calcul n’est pas élevée (447 secondes pour cumuler les sinus de 0 à 360) mais pas ridicule pour l’époque.

Il se murmure çà et là sur le net que le PC-1201 permettrait l’adressage indirect, c’est à dire l’utilisation d’une adresse qui serait elle-même le contenu d’un registre. Bien qu’une mémoire soit repérée par un symbole mystérieux (s), rien n’est avéré et personne ne semble avoir pu mettre en évidence cette possibilité. Le manuel serait une bonne source d’étude mais j’avoue ne pas le détenir, et reste donc sur ma faim sur ce point.

Sur le plan esthétique, le SHARP PC-1201 est une très jolie machine. Un bémol cependant sur la sérigraphie des légendes de fonctions. Outre le fait que certaines d’entre elles ont tendance à s’effacer avec le temps, l’usage qui y est fait de minuscules et majuscules peut donner un aspect un peu étrange au clavier.

La construction est solide, le PC-1201 s’allume sans souci malgré les années et fonctionne de façon absolument normale, et la mémoire continue est un vrai atout. Deux années après le lancement de ce calculateur-ordinateur, SHARP dévoilera le PC-1211, qui n’aura plus rien à voir avec lui. L’âge d’or des années 80 vient de s’ouvrir.

sharp_pc1201

 

 

 

 

SHARP EL-531

SHARP_EL531-10

Chez SHARP, le numéro 531 fut abondamment décliné au fil des âges.

Il se pourrait bien que le modèle ci-dessus soit un des tout premiers, produit dès 1983 ou 1984.

Je me souviens bien de ces machines pour les avoir parfois utilisées à cette époque. Elles étaient généreuses : Une jolie petite machine scientifique puissante, pas chère du tout, avec un bel affichage confortable une autonomie de plusieurs milliers d’heures (10.000 pour le modèle 4 opérations – 2 piles AA tout de même). Et aussi les toutes premières touches gomme.

Pour changer les piles point de couvercle à ôter : on appuie sur la languette du haut et c’est l’ensemble de la façade arrière qui s’ouvre.

 

SHARP EL-9600

SHARP-EL9600

Réparons tout de suite une injustice : En 2003 CASIO lance son ClassPad 300. Il le présente comme la première calculatrice à écran tactile piloté par stylet. Or cette description convient comme un gant à la SHARP EL-9600 produite dès 1997, et détentrice du titre, un peu trop vite attribué au ClassPad.

Machine à l’aspect austère, la 9600 n’est pas pourvue d’un écran spécialement agréable à contempler. Il est sombre, peu contrasté.

Mais son intérêt est d’offrir l’interactivité tactile. Et sur ce point, c’est une réussite. L’écran est divisé en petites zones qui rendent l’action du stylet précise et efficace. Tout peut se commander au stylet, ou au clavier, comme on préfère.

La EL-9600 est une graphique complète et propose aussi des fonctions financières, ce qui en 1997 est encore inhabituel. Les fonctionnalités mathématiques et de programmation semblent par ailleurs en deçà de ce qu’offre la concurrence, comme c’est devenu une règle chez SHARP depuis quelques années. Le prix de vente en 2000 était également un ton en dessous. Dans cette machine, hormis l’original écran tactile, obtenu au prix d’un afficheur moyennement lisible, tout semble plutôt moyen et triste.

La SHARP EL-9600 a une petite sœur, la EL-9400. L’aspect est proche, la 9400 se montrant cependant beaucoup plus petite. Ce serait même une graphique miniature si l’épaisseur n’avait pas été conservée (même alimentation par 4 piles AAA).

Tout dans la 9400 est mini : les touches, l’écran (16 caractères contre 22) … Les fonctionnalités ont fondu également : plus de solveur, plus de calcul matriciel, plus de module financier. La mémoire passe de 32 Ko à 18 Ko.

Et le dispositif d’écran tactile n’a pas été reconduit. Quand on voit combien celui de la 9600 est sombre et peu contrasté, on imagine qu’ici l’écran donnera une meilleure impression visuelle. Mais non, pas vraiment, le contraste reste faible.

L’écran nettement plus large de la 9600 autorise des affichages parfois différents. On peut noter aussi dans les fenêtres de choix une flèche de navigation d’un dessin différent. Autres bizarreries, la petite 9400 exécute un programme 20% plus vite que sa sœur aînée. Et chose curieuse, la EL-9400 semble disposer d’une petite zone de mémoire de clavier : lors du déroulement d’un programme, si l’on tape quelques caractères, ceux-ci apparaissent après l’arrêt du programme. Je n’ai rien constaté de tel dans la 9600.

La EL-9400, mignonne petite machine qui rappelle dans ses dimensions la Ti-80, est si limitée qu’on prend plaisir à redécouvrir la confortable et puissante EL-9600, machine à la carrière trop discrète, malgré son excellent dispositif tactile novateur.

 

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La carte électronique de la EL-9600

SHARP EL-9900

SHARP, flamboyant constructeur des années 70 et 80 semble s’être un peu endormi mais est resté présent malgré tout dans l’épopée des calculatrices graphiques, avec des modèles parfois originaux. On pense à la EL-9600 et son écran tactile, mais aussi à la EL-9900 munie d’un clavier réversible.

En comparaison de la EL-9600 dont elle est une simple évolution sur le plan des fonctionnalités, la 9900 réserve deux belles surprises : La première est visible à la première pression sur la touche ON : un afficheur généreux, contrasté, doux, sans reflet.

Deuxième surprise : une belle vitesse d’exécution, avec un tracé de courbes plein de tonus. La vitesse me semble comparable à celle de la sous-famille des TI-83 Silver Edition.

La 9900 est une machine moderne, simple et rassurante à utiliser, dotée de 48 Ko de mémoire. Le langage de programmation intègre maintenant différents contrôles de boucles. Aucune fonction de traitement de chaînes de caractères par contre, c’est dommage.

Examinons le dispositif de clavier réversible. Certains trouveront le dispositif intéressant, d’autres y verront une piste d’innovation abandonnée, au pire un artifice de marketing. Une face ne donne accès qu’à l’essentiel des fonctions, l’autre est enrichie. La première se destine aux débutants ou simples utilisateurs de programmes créés par d’autres, la seconde conviendra aux utilisateurs exigeants. Le dispositif agit directement sur le contenu des menus affichés à l’écran. En revanche le catalogue général des fonctions comporte le même nombre d’entrées d’un côté ou de l’autre. Il est à noter que ce catalogue général ne liste aucune fonction liée à la programmation. Comme évoqué ci-dessus, en mode clavier simple, il ne sera pas possible de programmer ou éditer, on pourra juste exécuter.

Sur le plan mécanique la conception du dispositif est bonne et le clavier se fixe facilement.

Deux petits reproches pour la 9900 : elle est exigeante sur le niveau de fraîcheur des piles. Et exit l’écran de la 9600, fin de l’expérience. Le clavier réversible en sera une autre, pour peu de temps.

Depuis 2004, deux évolutions ont vu le jour. Une minime, la EL-9900G SII vers 2012 et davantage adaptée à l’utilisation scolaire, et la EL-9950G en 2015. Celle-ci est une 9900G SII sans clavier réversible, sans écran tactile, et revêtue d’un habillage blanc nacré.

La EL-9900 présente une caractéristique très discrète et partagée avec certains modèles de marque Texas-Instrument : la fonction factorielle agit autant sur les entiers que sur les demi-entiers. Ainsi la factorielle de 12,5 est affichée mais pas celle de 12,6.

En conclusion, une machine très agréable, puissante, rapide, et munie d’un langage de programmation bien naturel et relativement complet.

Les deux faces du clavier :

La carte électronique de la EL-9900

SHARP EL-531XH

SHARP-EL531XH

Une nouvelle ligne vient de voir le jour chez SHARP.
Retour au classicisme, avec des lignes droites, après plusieurs années de courbes.
 
Mais rien de nouveau d’un point de vue technique par rapport à la gamme précédente. L’innovation ici n’est qu’esthétique, avec une façade brillante, des touches splendides, une déclinaison de coloris (ici violet / indigo).

SHARP EL-738

SHARPEL738

Machine de présentation flatteuse, la SHARP EL-738 est une calculatrice financière puissante.
 
Et comme c’est de règle aujourdhui, elle possède aussi les principales fonctions scientifiques et statistiques.
 
L’écran a des dimensions généreuses. Il est de type Entrée en matrice de points / Sortie en affichage 7 segments.
 
Le design fait « riche » et la 738 brille de mille reflets … Mais à y regarder de près, tout y est en plastique, brillant côté face, plus terne côté pile … Si on ferme les yeux sur le plastique, la 738 apparaît tout de même très jolie, en particulier sa zone afficheur.
 
Douze mémoires, 14 chiffres en précision interne.
 
Une remarque très générale concernant l’affichage dans les machines financières : beaucoup de modèles, c’est le cas de cette SHARP, n’offrent que 10 chiffres. Or s’agissant de calculs financiers, les nombres sont toujours exprimés avec 2 décimales. Et il n’en reste donc que 8 pour la partie entière, ce qui peut être parfois un peu juste. Pas pour le trésorier de l’équipe de volley locale bien sûr, mais en revanche dans l’administration ou le domaine bancaire, notamment face à des cumuls annuels, 12 chiffres (ou du moins 11), seront souvent nécessaires. HP ne produit pour sa part que des financières à 12 chiffres (sauf la célébrissime 12C, qui n’en a que 10).
 
Calculatrice de dimensions importantes pour une financière appelée à voyager dans une poche, la SHARP EL-738 est en revanche agréable à utiliser, avec un clavier d’excellente qualité. Dommage qu’elle fasse un peu toc. Je lui préfère personnellement l’ancienne, plus simple et authentique EL-735.

SHARP EL-W516

L’archétype de la calculatrice scientifique actuelle. Cette EL-516 est une machine scientifique extrêmement complète, telle qu’on les produit en 2010.

Elle possède la fonction d’affichage naturel, qui permet le rendu du résultat tel qu’on l’écrirait sur le papier.

Un design agréable, intégrant un grand panneau solaire. Une étrangeté, la base pentale : système de numération à base 5. On comprend les raisons du binaire, octal et hexadécimal mais moins du pental. Moins bizarre mais insolite quand même : le mode DRILL qui permet l’entrainement au calcul mental, à l’aide de devinettes de niveau réglable, du genre 24 X 18 = ?

 Par ailleurs, un dispositif plus pratique qu’on le penserait tout d’abord : les 4 touches de raccourcis D1 à D4. Elles servent à mémoriser une fonction, permettant ainsi la frappe en une seule touche de fonctions normalement accessibles après plusieurs appuis. C’est pratique dans le cas d’utilisations répétitives, mais aurait pu être plus ambitieux si on avait pu accoler plusieurs fonctions.

Je ne sais toujours pas s’il existe des différences entre les modèles W516, W506, W546. Ces 3 machines ont un aspect rigoureusement identique et le manuel concerne les 3 modèles sans jamais décrire de particularité pour tel ou tel. Une codification correspondant sans doute aux différents marchés mondiaux …

SHARP EL-E300

SHARP_EL-E300

Voici une machine peu connue et de conception originale.

La SHARP EL-E300 en dépit de la richesse du clavier n’est pas une calculatrice scientifique. Elle est plutôt dédiée au calcul des fractions et des statistiques. Elle dispose tout de même de la notation avec exposant de 10, ainsi que de la fonction d’élévation à la puissance. La période de production de cette machine peut raisonnablement se situer au début des années 90.

L’afficheur de la SHARP EL-E300 est une matrice de 15 X 72 points. Bien qu’une seule ligne soit disponible, les entrées se font à gauche, de façon symbolique, comme on écrirait sur le papier. Les réponses s’affichent à droite et sont soit au format décimal, soit au format fractions selon le mode commuté. La matrice de points est capable d’afficher des digits 5X7, mais aussi des symboles pouvant les englober ou les surplomber (symboles de racine carrée, de carré), des fractions, ou des messages d’information alphanumériques s’écrivant sur deux lignes.

 Le mode statistiques est original puisque chaque donnée est conservée dans une liste de cent éléments maximum. Cette liste permet la visualisation des éléments par défilement, et peut être triée du plus petit au plus grand si besoin. Cette caractéristique se retrouve sur une autre SHARP « thématique », dédiée elle exclusivement aux statistiques, la SHARP EL-780.

Deux petites caractéristiques inhabituelles : en premier lieu, la constante de calcul automatique sur les 4 opérateurs (et aussi l’élévation à la puissance) telle qu’on la connaît sur les machines non symboliques. En second lieu, le rappel mémoire (mémoire unique) qui s’ajoute à la saisie d’un nombre. Exemple : si la mémoire contient le nombre 12, en tapant 4 ; RCL ; 5 on obtient l’affichage du nombre 4125 ! plutôt insolite.

La SHARP EL-E300 est jolie, d’un dessin tout de même un peu étrange. L’épaisseur (20 mm) due en partie à la présence de deux piles (de type AAA) détone un peu en regard de la finesse générale du design.

Un inconvénient partagé par d’autres SHARP de cette époque : la nappe interne qui relie le clavier à l’afficheur finit par devenir capricieuse, avec parfois des rangées de pixels qui disparaissent, ou des touches désespérément inopérantes. Il faut alors ouvrir la machine, en ôtant les 6 vis au dos et en déclipsant (mot inventé mais compréhensible je l’espère) les deux parties de la coque, puis appuyer fermement avec les doigts sur les contacts recouverts par l’extrémité de la nappe afin de restaurer au mieux les contacts.

En conclusion, une calculatrice « thématique », conçue pour un usage direct et pratique (pas de touches secondaires) du calcul des fractions, de la division euclidienne, des statistiques. Peut-être, à l’origine, une machine destinée au monde de l’éducation, en particulier au japon ?

SHARP EL-531VH

SHARP531-2

Un nom qui a traversé les époques : EL-531, pour des habillages qui ont suivi bien des modes.
La 531 ici présente provient de la période blanche (2003) : des courbes naissantes qui seront amplifiées dans les évolutions suivantes. Et un coloris tout blanc.
Cette SHARP possède un profil étrange : épaisse derrière l’afficheur où sont logées les deux grosses piles AA, et extrèmement fine derrière le clavier, avec un centre de gravité qui fait facilement tomber la machine des mains.
La 531 blanche inaugurait les premiers systèmes d’écrans de type Entrée-Sortie. La qualité de l’afficheur, ainsi que sa taille généreuse rendent très lisible la ligne d’entrée et l’usage de cette machine est vraiment agréable.
Il est probable que peu d’entre nous se souviennent de ce modèle, perdu dans la colossale production sans cesse renouvelée du géant SHARP.
La 531 de 2014 existe, mais ses arètes actuelles sont droites …

SHARP EL-5020

SHARP-EL5020

Calculatrice scientifique programmable, produite en 1993.
 
Les capacités de programmation sont limitées, 40 pas seulement et une vitesse d’exécution très moyenne.
Sur le plan du calcul les fonctionnalités sont nombreuses mais polluées par un système d’entrée des données vraiment peu convaincant (analyse personnelle). Concrètement, la partie gauche de l’écran fait apparaître, de façon plutôt sophistiquée (matrice de points), le symbole de fonction utilisée, par exemple le symbole RACINE CARRÉE. Problème : Pour imiter au mieux l’écriture naturelle, ce système agit différemment selon que la fonction s’écrit traditionnellement à gauche du nombre (RACINE CARRÉE) ou bien à droite (ÉLÉVATION AU CARRÉ). A l’usage, les fonctions « à gauche » attendent la valeur ainsi que l’appui sur EGAL, tandis que les fonctions « à droite » agissent directement sur la valeur.
 
Pour être plus clair, voici la séquence de touches à taper, pour les deux exemples suivants : (A) SINUS de 2, et (B) ÉLÉVATION de 2 au carré :
(A) SIN 2 = (3 étapes, nombre entré après la fonction)
(B) 2² (2 étapes, nombre à entrer en premier)
 
Tout comme le système de CASIO nommé VPAM, ce mode d’entrée de données nécessite de bien connaître sa machine, et pénalise en pratique un usage occasionnel.
 
Alors que tout est si simple quand on traite toutes les fonctions de la même façon : valeur entrée en premier, touche de fonction enfoncée ensuite qui transforme et affiche. La volonté de traduire dans un système de calcul les conventions d’écriture naturelle me parait être un vrai problème qu’on rencontre souvent aujourdhui.
 
Une dernière particularité : un Made in Thailand exotique.

SHARP EL-9200 – SHARP EL-9300

SHARP9200SHARP9200-2

 

Pour être exact, la toute première calculatrice SHARP à possibilités graphiques fut la petite EL-5200 de la fin des années 80.

Mais la première véritable graphique à grand écran fut bien la EL-9200, produite au début des années 90, puis suivie par la 9300.

Jouons au jeu des différences pour ces machines presque jumelles :

– mémoire : 1800 pas pour la 9200, 23064 pour la 9300

– présence d’un solveur sur la 9300

– présence d’un port de connexion ordinateur sur la 9300

– la 9200 n’a pas de pile de sauvegarde (CR2032)

– la 9300 a un écran sensiblement mieux contrasté

– coloris gris clair pour 9200, gris plus sombre pour 9300

– une mention « Solver » en façade pour la 9300

– un logo « graphics » de couleur bleue sur 9200, jaune sur 9300

Pour le reste, il s’agit des mêmes machines : fonctions identiques, idem pour ce qui concerne rapidité et précision. Les deux Sharp sont agréables à utiliser, le système d’exploitation est convivial. Le design est très arrondi, unique.

Ces machines semblent exigeantes sur le niveau de fraîcheur des piles : le témoin low batt s’allume tôt, et les machines refusent de démarrer dès les premiers signes d’assèchement.

SHARP-EL9200-9300

SHARP EL-9000

SHARP_EL9000

La SHARP EL-9000 date de 1986 et succède à la EL-5200, semblable en tous points, autant que je sache …

Le double clavier fut à la mode à cette époque. Le plus illustre représentant en fut le Hewlett-Packard HP-28C/S, modèle à double charnière.

Ici la construction est plus simple, le clavier secondaire, à touches affleurantes, étant incorporé au carnet de protection. Le corps de la calculatrice ne peut-être désolidarisé du carnet et lui est fixé par le côté droit.

D’un point de vue anecdotique, la 9000 détient le record du plus grand nombre de touches pour une calculatrice ! Pas mal pour une si petite machine.

Dotée d’un grand nombre de fonctions de calcul, elle est aussi programmable, dans l’ancien langage maison de SHARP, l’AER. Deux évolutions du langage sont acceptées, l’AER I et l’AER II.

A noter que la SHARP EL-9000 proposait déjà les tracés graphiques.

Une machine magnifique, puissante, mais plutôt complexe d’utilisation, le manuel est ici indispensable.

SHARP EL-735

SHARP a une grande tradition de calculatrices financières.

La 735 est très complète, avec quelques fonctions scientifiques en prime.

Cette calculatrice est non seulement visuellement agréable, elle est aussi efficace à utiliser: le clavier a un bon toucher, les fonctions importantes sont bien accessibles, l’affichage est très lisible, et la logique de calcul est franche et simple. C’est sur ce dernier point que j’apprécie particulièrement la 735. En effet, en dépit de la présence d’une ligne supérieure d’affichage, utilisée uniquement pour les messages d’information, la logique de calcul est élémentaire : du calcul en chaîne, sans priorités de calcul. Comme autrefois. C’est direct, précis, fiable.

Je regrette l’absence des parenthèses (au moins un niveau) … Il n’y a pas non plus de touche d’exposant, mais une touche d’élévation à la puissance, ce qui revient finalement au même.

Les fonctions financières sont classiques. On dispose aussi d’un module de calculs sur les dates. Les statistiques sont complètes, à 2 variables, et la régression linéaire est disponible.

Il existe une fonction Memo, (ce qui distingue d’ailleurs essentiellement la EL-735 de la EL-733) mais je ne l’ai jamais essayée.

SHARP PC-E500

Ordinateur de poche tardif. C’est une sublimation des machines des années 80 : Excellente rapidité, mémoire vaste, double précision, avec bibliothèque d’ingénieur intégrée, cette machine est plus qu’elle ne paraît.

L’écran mérite bien ce nom, les quatre lignes et la petitesse des caractères le rendant particulièrement étendu.

Machine lancée en 1989, le E500 fut décliné en une version S six ans plus tard, offrant un couvercle de protection rabattable par charnière, un écran mieux contrasté, et quelques ordres Basic supplémentaires.

Le PCE-500 est facilement trouvable sur le marché de l’occasion, à prix pas toujours doux cependant. Son alimentation est assurée par simples piles AAA.

 

SHARP EL-780

Une rareté absolue : SHARP EL-780. Une superbe Elsimate complètement spécialisée dans les calculs statistiques.

L’afficheur est un généreux « 10DIGIT99″ (mais différent de celui de la EL-546 – voir ci-dessous, les segments ont un dessin légèrement différent).

Machine vraiment rare et peu référencée. Mais elle existe bel et bien …

 

SHARP EL-512S

Peut-être la plus belle de toutes les SHARP LCD extra-plates. La « S » n’est plus vraiment une EL-512, elle est plus facile à programmer et le langage AEL est aussi plus puissant.

Il existe une version EL-512H (ci-dessous) d’aspect différent mais de fonctionnalités identiques à la 512S.

La SHARP EL-566 (ci-dessous) est quant à elle la version japonaise, réservée au marché interne du Japon. C’est une sorte de jumelle parfaite de la 512S, aux coloris près et au relief nettement plus prononcé de l’afficheur.

Ci-dessous l’inscription au dos, en haut celle de la version 512S, en dessous celle en japonais de la 566.

SHARP EL-5120

Voilà une machine étonnante !

Calculatrice lancée vers 1993, la EL-5120 est restée quasiment inconnue en France, ce qui est dommage, car je lui trouve maintes qualités.

Elle est originale, avec ses trois lignes et sa rigolote mais très lisible police 5 X 5. Elle est programmable (1211 pas), non pas dans le langage AER maison peu intuitif, mais dans un « Sharp Basic » naturel et très simple. Aux mémoires désignées par une lettre de l’alphabet (complet ici) s’ajoutent 9 variables locales.

La puissance est au rendez-vous avec de belles possibilités dont un solveur et un moteur de calcul d’intégrales. A ce sujet, pas question ici de laisser l’usager se débattre avec les arguments qu’il doit taper à l’aveugle entre une paire de parenthèses, manuel ouvert. Tout se saisit dans un environnement dédié.

L’écran à trois lignes est bien conçu et pleinement utilisé. Les messages et menus sont nombreux et clairs. L’énorme pavé directionnel permet de naviguer de façon bien intuitive. Quant à la police 5 X 5 qu’on pourrait penser grossière, elle ne l’est pas du tout. Jamais aucun caractère – chiffre ou lettre – n’est représenté de façon maladroite ou peu lisible, bien au contraire.

La SHARP EL-5120 est malgré tout une calculatrice déjà ancienne. Ses possibilités de programmation dénotent par l’absence de structures de boucles modernes ou l’adressage indirect. Cependant six tests conditionnels sont présents, et les sous-programmes complètent les simples GOTO/LABEL.

Sur le plan de la construction, ma EL-5120, made in china, ne connait pas pour l’instant de problèmes de lignes de pixels défaillantes comme je le constate parfois sur d’autres SHARP. Sa consommation est faible de sorte que l’autonomie est très bonne.

Voilà donc une calculatrice généreuse, parfaitement aboutie et pourtant isolée dans la production du géant SHARP. Pas de descendance, mais une sœur : la très rare EL-5130H, d’aspect et de fonctionnalités identiques mais en finition métal, et sans doute réservée à l’origine aux marchés de l’Asie.

SHARP EL-5030

Une SHARP Elsimate puissante, peu connue et désormais recherchée : la EL-5030, proche cousine d’une splendide EL-5050 très convoitée elle aussi.

Machine de 1989, programmable alphanumérique en AER, 1400 pas de programmes, ce n’est pas rien.

L’affichage est en matrice de points et l’allure générale rappelle les EL-5200 et EL-9000, mais aussi EL-5103, avec un proéminent commutateur latéral, des touches aux légendes spécifiques et mystérieuses.

Fait curieux, le clavier, ainsi que l’afficheur présentent déjà le léger décalage vers la gauche de la EL-9000 à clavier sensitif.

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SHARP PC-1403

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Le SHARP PC-1403 fut un best-seller des années durant.

Produit à partir de 1986, il montre la nouvelle piste que suivent alors les ordinateurs de poche. Initialement destinés avant tout à la programmation, ces appareils tentent maintenant de répondre au besoin d’utilisateurs demandeurs de solutions de calcul plus immédiates. Le PC-1403 est donc à la fois une bonne calculatrice scientifique et un micro-ordinateur puissant.

L’afficheur offre une capacité confortable de 24 caractères alphanumériques. Pour ceux qui jugeraient la mémoire de 6800 octets trop limitée, il a existé une version plus musclée, le 1403H, pourvu de 32000 octets.

Le SHARP PC-1403 est un très bel appareil, en particulier d’une grande finesse (9.5 mm). J’ignore combien de temps il fut produit. En tous cas, c’est le dernier ordinateur de poche, avec le CASIO FX-850P que je pus encore apercevoir dans le rayon des magasins, à une époque où beaucoup avaient déjà oublié ces fameux ordinateurs de poche, emblématiques des années 80.

Ci-dessous, le modèle « H », reconnaissable à son logo orange « 32KB« 

SHARP EL-506P

SHARP_EL506P

Une des belles SHARP scientifiques de la première moitié des 80e.

Les 506H, 506P et 506A sont toutes trois des scientifiques non programmables. Que peuvent signifier exactement les lettres H, A, P ? Je n’en ai aucune idée.

Quelles sont les différences principales entre les versions ? La 506H introduit les calculs en base hexadécimale. La 506P va plus loin avec les bases courantes et les nombres complexes. La 506A est le summum de la gamme, offrant de plus un afficheur scientifique moderne à 10 chiffres + zone d’exposant dédiée.

La 506P ici présente, modèle intermédiaire, possède un afficheur scientifique plus classique, à 8 + 2 positions, ce qui est déjà très confortable.

Machine légère, très fine, puissante, cette SHARP était un objet magnifique dans les vitrines de 1985. Je crois me souvenir que le prix était à l’avenant (entre 250 et 300 Francs si ma mémoire est bonne).

Une particularité SHARP bien visible ici : les touches grises semblent victimes d’un pincement qui en déforme la surface. Je n’en connais pas la raison mais l’ai constaté bien souvent.

Et une curiosité, l’AURODIS SC-508 qui a finalement tout d’une 506P, avec une montre en prime. Petite machine amusante munie d’un clapet pour la refermer, construite manifestement sous licence SHARP, et sur le modèle de la 506P.

SHARP EL-5805

Les SHARP EL-5805 et EL-5806 se ressemblent beaucoup.

Mais ce sont des machines différentes, dotées de leur propre caractère.

Comme on peut le voir à l’examen des touches, la SHARP EL-5805 ne connaît pas la trigonométrie hyperbolique, et va un peu moins loin que sa sœur EL-5806 dans les fonctions statistiques.

Les microprocesseurs ne sont pas les mêmes. Pour preuve un affichage calé à gauche pour la 5805, et calé à droite pour la 5806. Et des témoins LCD ici et pas là.  Idem pour l’auto shut off. Et aussi une constante automatique n’opérant pas sur + et – pour la 5805

La 5805 possède une touche mystérieuse présentant le symbole d’une double flèche horizontale. Pas de mystère : il s’agit du CN ou « Change Notation » souvent rencontré par ailleurs, qui escamote pour un instant l’exposant le temps de visualiser les chiffres masqués de la mantisse lors d’un affichage en notation scientifique. La double flèche n’est pas implémentée sur la 5806 car sa notation scientifique est différente (ses 8 digits ne se décomposent pas en 5 + 2 comme pour la 5805, mais sont complétés par une zone d’exposant, ce qui lui autorise une mantisse pleine, de 8 digits).

Au jeu des différences (photo ci-dessous), l’œil aura vite remarqué la bande grise du bas plus large sur la 5805, en raison d’un clavier plus ramassé. Les parenthèses ont disparu sur ce modèle.

Les deux sœurs sont-elles exactement contemporaines ? La 5806 fut lancée en décembre 1977. Quant à la 5805 le numéro de série de mon modèle indique qu’il fut produit dès 1978.

Je constate que mes deux modèles ont exactement le même problème d’affichage : certains segments ne sont visibles que machine inclinée.

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SHARP EL-550

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La SHARP EL-550 est une machine rare. Son concept l’est aussi. Les calculatrices de poche scientifiques munies d’une imprimante intégrée se comptent sur les doigts des deux mains : Outre la SHARP EL-550, on trouve les Canon FP-10, FP-11, Panasonic JE611, HP-19C, TI-45
Les sites spécialisés datent unanimement la 550 de l’année 1982 (août pour être précis). Cette très jolie machine pleine de fraîcheur fête donc ses 32 ans cette année !
J’apprécie tout particulièrement son afficheur, original, qu’elle partage dans l’esprit, car tout de même un peu différent, avec la SHARP EL-5806.

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SHARP EL-545H

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La SHARP El-545H est typique de la production SHARP des années 80. Si on en juge par le récent afficheur 10DIGIT99, la complétude des fonctions disponibles (dont bases numériques, nombres complexes, résolution de systèmes de 3 équations), on peut dater cette machine de la seconde moitié des 80e (1986 ?).

Bien que de dimensions semblables à la SHARP EL-546, son épaisseur est d’une finesse incroyable. Et ce, en raison de l’absence de pile, l’énergie provenant de sa seule cellule solaire.

Dans un article sur la SHARP EL-510, machine solaire également, j’avais déploré l’absence de pile de secours, l’immense panneau ayant peine à tirer suffisamment d’énergie de la lumière du jour pour lui permettre un fonctionnement en toute sécurité. Mais la EL-510 est l’aînée de 5 ans de la 545H. Entretemps les cellules solaires ont fait des progrès et la EL-545H fonctionne désormais en toute autonomie, quelles que soient les variations d’éclairage. Quand la nuit tombe, l’afficheur s’estompe mais une simple lampe d’appoint lui redonne vie. Et les données sont toujours en mémoire.

La SHARP EL-545H est une surdouée du calcul. Il est difficile de trouver une fonction qui manquerait à l’appel. Et pourtant sa sœur EL-546 fait encore mieux puisqu’elle intègre une bibliothèque de 20 constantes. D’ailleurs, avec sa pile de secours, je pense que la EL-546 fut la plus puissante et la toute dernière des Elsimate alu des 80e.

La EL-545H est tout près derrière. C’est une des plus jolies Elsimate qui fût, légère, fine, et dotée d’une technologie solaire qui lui permet de toujours briller aujourd’hui.

SHARP EL-510

Sympathique et mignonne petite calculatrice du début des années 80 (décembre 1982).

La SHARP EL-510 fonctionne à l’énergie solaire et elle seule. Le panneau de bonne taille, témoin d’une technologie à ses débuts, n’est pas épaulé par une pile de secours comme d’autres modèles plus tardifs et plus chers comme la EL-546.

L’usage est un peu difficile, l’afficheur ne daignant pas ouvrir l’œil sans un plein jour radieux, ou du moins une lampe bien à proximité. Et si cela cesse d’être le cas, la machine perd ses esprits sans crier gare et vos calculs avec.

SHARP EL-506H

SHARP-EL506H

La SHARP EL-506 a traversé les âges. Ce fut d’abord la S, puis la H, la P, la A … Et ça continue toujours aujourd’hui …

La superbe EL-506H remonte à la fin de l’année 1981.

L’afficheur est déjà celui de la EL-512, avec mantisse et exposant se partageant les 11 positions. Et aussi le point sur le coin inférieur gauche, témoin du niveau des piles.

Pas encore la touche flèche qui efface le dernier caractère entré. Mais des fonctions scientifiques pointues, en particulier le calcul en base hexadécimale (peut-être la raison du suffixe H ?). Et aussi le design définitif des belles SHARP : façade aluminium, afficheur légèrement projeté vers l’avant, touches scientifiques sur six colonnes. De magnifiques modèles verront le jour sous cette ligne.

Mes remerciements à kweeky

SHARP EL-5100

Calculatrice emblématique du tout début des années 80, la Sharp EL-5100 annonce le prodigieux SHARP PC-1211, premier ordinateur de Poche, programmable en Basic. La EL-5100 est programmable elle aussi, mais de façon plus sommaire.

Cette splendide calculatrice était non seulement une puissante scientifique, elle était aussi très jolie, notamment très mince. Son large afficheur, à matrices de points, constituait à lui seul une belle promesse pour l’âge d’or qui s’ouvrait.

La SHARP EL-5100 recèle une petite particularité typographique : le « O » (lettre) est identique au « 0 » (zéro). Point de ligne diagonale interne dans le zéro comme ce sera la règle ensuite. Ni même le curieux « O » en forme de pomme du tout proche PC-1211.

SHARP5100

Je dispose d’un second exemplaire qui ne fonctionne plus. Son affichage jaune est ravagé par la redoutable « huile noire ». Les SHARP PC-1211 y sont aussi très vulnérables. Ce problème se révèle depuis plusieurs années et concerne quelques modèles à afficheur LCD du tout début des années 80. Phénomène d’autant plus saisissant que les bienheureux possesseurs assistent, impuissants, à ce qui évoque une mort naturelle, inéluctable.

La cause n’est pas complètement connue. Et le remède n’existe pas à ce jour. D’ici quelques années, il est fort possible que ces tout premiers ordinateurs de poche ne soient plus que des objets inertes et froids. Le temps aura fait son ouvrage … Et c’est bien dommage.

Ajout du 22/12/2019 : Concernant l’huile noire, un espoir est apparu au cours de cette année, du moins pour le PC-1211. Une entreprise a su produire des écrans rigoureusement identiques, à la nuance je jaune près, qu’il suffit alors de remplacer. Cette manœuvre est possible et même simple pour le PC-1211. Sans doute bientôt aussi pour le PC-1251. Et qui sait, peut-être un jour pour cette EL-5100, qui le mérite !

SHARP5100

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SHARP EL-5806

La SHARP EL-5806 fut lancée à la fin de l’année 1977. Elle réalise à la fois la transition et une certaine continuité de style avec les volumineuses machines à affichage vert dotées de commutateurs latéraux, comme les EL-5000 ou EL-5800.

La SHARP EL-5806 est une des premières extra-plates LCD. Elle conserve encore quelques archaïsmes de ses aînées : le signe MOINS calé à gauche, pas de priorité des opérateurs, les gros commutateurs, la mémoire volatile … Seule la couleur de l’afficheur gris et non plus jaune crée un petit doute dans la datation.

Le modèle photographié ici souffre d’un petit problème d’afficheur sur certains digits. En inclinant un peu la machine, tout redevient lisible.

A noter qu’il existe une SHARP EL-5805, fausse jumelle de la 5806.

SHARP EL-506

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S’il existe un numéro mythique au sein des calculettes SHARP, c’est bien 506. SHARP a décliné sous ce nom de nombreux modèles extrêmement répandus (506S, 506A, 506P, 506H, etc.).

Nous avons affaire ici à la primordiale 506, produite à partir de décembre 1979. Au premier regard, on décèle vaguement un archaïsme. Quel est donc le détail qui trahit de façon subliminale l’âge de la belle ? Peut-être les quatre lignes de petites touches scientifiques, sur cinq colonnes seulement au lieu de six, comme ce sera la règle universelle par la suite.

Cette protéiforme 506 est de dimensions minuscules, et notamment d’une grande finesse (voir photo de famille ci-dessous). Son allure est déjà moderne, en dépit du petit air triste donné par le décalage des colonnes de touches scientifiques.

Sur le plan technique, le signe MOINS est flottant, les priorités d’opérateurs sont gérées, ainsi que l’arrêt automatique. Le commutateur ON-OFF, la grande lenteur et l’absence de mémoire permanente sont autant d’indices qui nous placent au tout début des années 80, voire encore avant.

Et malgré tout, toujours parfaitement opérationnelle aujourd’hui !

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SHARP EL-507

Dans l’immense production du géant SHARP, certains modèles ont davantage marqué les esprits que d’autres. Ce fut le cas de la SHARP EL-512 par exemple, calculatrice scientifique programmable répandue de 1984.

Le modèle dont il est question ici, la SHARP EL-507, montre indéniablement des traits communs avec la EL-512. Elle est moins connue, et peut-être oubliée du plus grand nombre.

De quelle année peut bien dater la EL-507 ? Est-elle une variante contemporaine de la 512, ou bien un modèle précurseur ? Jouons les enquêteurs et partons à la découverte de cette petite machine pour tenter d’y débusquer des marqueurs de temps.

Visuellement déjà, le design semble ancien, avec les 4 coins arrondis de l’afficheur qui rappellent la EL-5103 de 1980. Autre indice, le logo SHARP est en relief. A contrario, la zone de l’afficheur dépasse à peine, alors que sa proéminence est devenue un signe d’identité sur les SHARP plus modernes.

Voyons les aspects techniques. Les caractéristiques sont plus limitées sur la 507. Seulement 4 mémoires K1 à K4 (en sus de la mémoire dynamique traditionnelle) et une seule zone de programme au lieu de 4. Par ailleurs, la touche C n’allume pas la machine, il faut agir sur l’interrupteur ON/OFF spécifique.

Mais il est d’autres signes qui trahissent la désuétude : Il n’est pas encore possible d’utiliser la touche Puissance avec un nombre négatif. Et la mantisse de 8 chiffres doit céder un digit pour accueillir le signe moins. La précision (excellente) est comparable à celle de la EL-512. En revanche, la vitesse de calcul est plus faible.

A la lumière de cette petite enquête, la EL-507 apparaît antérieure à la EL-512, qu’elle préfigure donc. Mais pas de beaucoup finalement, car la 507 sait déjà appliquer les règles de priorité des opérateurs, son interrupteur n’est plus un commutateur mécanique, la mémoire est devenue permanente et la machine connaît l’arrêt automatique après quelques minutes d’inactivité (la mention « Auto shut OFF » était inscrite sur les premiers modèles qui le permettaient, et c’est bien la cas ici, signe supplémentaire d’ancienneté du modèle).

L’année 1982 correspondrait bien à cette jolie machine. Mais un doute subsiste … La 507 est en effet capable d’une performance hors de portée de la 512 ! dans une conversion en DMS (degré, minutes, secondes), elle convertit un nombre, par exemple 2.7536 sous la forme 2°45′ 13.0 quand la moderne 512 ne sait pas encore afficher autre chose que 2.4513.

Alors que penser ? Une chose est certaine, après avoir manipulé une EL-507 pendant une vingtaine de minutes, la EL-512, pourtant vénérable grand-mère, a du coup comme un air pimpant et juvénile. La preuve est faite, la SHARP EL-507 est bien l’ancêtre trop vite oublié de la SHARP EL-512.

Le relief du logo SHARP

Le dos métallique tel qu’il apparaît sur les modèles anciens. Celui de la EL-512 sera dans le plus simple plastique.

Ajout du 19 mars 2022:

Ma EL-507 est victime d’une maladie parfois rencontrée : une altération provoquée par le carnet censé la protéger ou peut-être une réaction entre la machine et la matière du carnet.

Quand on ouvre le carnet, on constate un suintement gras abondant. J’ai jeté le carnet qui était un peu ramolli, et ai nettoyé la calculatrice. Malheureusement, si le fonctionnement est intact, l’écran conserve des traces, visibles sur la photographie ci-dessous, que je n’ai pas réussi à ôter. Machines ouverte, tout est sec à l’intérieur. L’humidité est donc bien externe.

SHARP EL-556

Le modèle EL-556 n’est pas courant, moins que la EL-506A qui lui est assez très semblable, couleurs exceptées. Son millésime : 1988.

Je me suis amusé à pousser la comparaison de ces deux modèles, ce qui a révélé l’existence de processeurs distincts.

J’ai soumis pour cela les deux calculatrices à différents tests de calcul. Le premier est l’appui sur la touche de racine carrée 20 fois de suite après avoir entré « 2 ». La minuscule valeur résiduelle (soit tout de même la « racine 1048576 ième » de 2 !) subit ensuite 20 appuis sur la touche d’élévation au carré. Aussi incroyable que cela paraisse, seules les machines antiques ne supportent pas ce test et retournent au final des valeurs fort éloignées de 2. Les autres en montrent une valeur jamais exacte mais approchantes. Ici les deux SHARP renvoient une excellente approximation, rigoureusement identique jusque dans les ultimes décimales, soit 1.999959720.

Il en va autrement avec mon test fétiche, le cumul des sinus des 360 premières valeurs entières.

Nous sommes dans les deux cas proches de la valeur théorique zéro, mais il est clair que la 506A s’en approche davantage.

Troisième test, l’impitoyable test Forensics (*)

       

Cette fois, nous devrions lire la valeur théorique 9. Nous en sommes très proches (capture de gauche) mais, soustraction de 9 faite (capture de droite), nous constatons que l’écart renvoyé par la 556 est plus petit, donc meilleur. Un partout.

Nous pouvons déjà conclure que deux processeurs distincts sont à l’oeuvre. Pourquoi deux cœurs différents pour des performances aussi proches et aussi discutables puisqu’ils n’avantagent ni l’une ni l’autre ? Je n’ai pas la réponse. Je précise que les deux machines calculent à la même vitesse, que leur consommation d’énergie est la même.

Je continue la comparaison. Après tout, si deux calculatrices aussi identiques dans les fonctions proposées ne sont pas animées par le même processeur, cela doit bien se voir quelque part. Me voilà donc résolu à tester finement chaque fonction en ouvrant l’œil au maximum.

Alors que les comportements se montrent tristement superposables, je finis par mettre le doigt sur la fonction qui trahit son processeur. Il s’agit de la touche Factorielle, représentée ici par son symbole, le point d’exclamation.

La fonction Factorielle se borne classiquement à renvoyer le résultat de multiplications successives. L’algorithme du micro programme implémenté est donc en principe très simple. Il en existe pourtant plusieurs variétés, décelables à leur gestion des « effets de bord ». Ainsi le micro programme doit vérifier que la valeur entrée est positive, entière, qu’elle n’excède pas la capacité de calcul (soit inférieure à 70). J’ai vu par exemple des touches Factorielle accepter des valeurs négatives avec décimales et pourtant retourner le résultat de la valeur absolue de la partie entière …

Ici à quoi assiste-t-on ? Sur la 556, la plus grande valeur acceptée est classiquement 69. Si on tape 70, le témoin d’erreur s’allume aussitôt.

A contrario la 506A accepte sans broncher la valeur 70 et lance son long calcul qui aboutit lui aussi à l’affichage du témoin d’erreur mais avec un petit délai. Que s’est-il passé ?

Le micro programme de la 556 sait repérer d’emblée une valeur trop grande, avant même d’entamer sa chaîne de multiplications. Elle vous en informe sans délai en activant le témoin d’erreur. La 506A ne fait pas cette vérification et se lance tête baissée dans les multiplications qui font « exploser » à un moment la capacité de calcul, une détresse interne qui aboutira à l’affichage du témoin d’erreur.

Pour être honnête, reconnaissons que la 506A fait bien la vérification de la valeur entrée, mais elle ne sourcille qu’à 100, lançant bien inutilement tout calcul de 70 à 99. Entrer 100 affichera le témoin sans délai, comme sur une 556.

Ce comparatif est plus un jeu qu’une étude rigoureuse. En effet, je ne sais pas si ces deux machines sont exactement contemporaines, et si non, laquelle est la plus récente. Il se pourrait bien qu’au cours de leur production, les deux processeurs se soient retrouvés sur l’une et l’autre machines.

(*) https://www.rskey.org/~mwsebastian/miscprj/forensics.htm

SHARP PC-1262

Le SHARP PC-1262 a tout pour lui.

le PC-1262 reprend l’aspect de son aîné de 4 ans, le PC-1251. Mais il affiche désormais deux lignes de 24 caractères. Il a bien plus de mémoire aussi (10Ko au lieu de 4Ko), une meilleure rapidité. Et aussi un langage Basic plus puissant et une gestion plus efficace des variables.

Objet minuscule mais très pratique d’emploi, le PC-1262 se reconnaît à la couleur orange de la zone de sélection.

SHARP EL-508A

Micro-calculatrice de 28 touches, dotée de fonctions scientifiques et statistiques !

Machine produite en 1979, c’est une 8 chiffres (9 en interne). L’afficheur est très typé début des années 80, avec ses indicateurs M, -, E rassemblés à gauche.

Minuscule concentré de technologie, cette perle de l’âge d’or made in Japan reste pleinement utilisable de nos jours, en particulier grâce à son alimentation très classique à 2 piles AA.

Je pensais la 508A jumelle de la 508S. Contemporaine, oui, jumelle non !

La 508S qui offre les mêmes fonctions que la 508A, à une près, est plus longue et son afficheur est différent. Les résultats de calculs poussés révèlent une électronique identique. L’accès aux piles se fait par trappe et non en ôtant toute la paroi arrière.

Deux très belles machines d’aspect voisin mais différent, tout comme poids, de 50g plus élevé pour la 508S, cela se sent tout de suite en mains.

Merci à kweeky !!!

SHARP PC-1500

 

Un des premiers ordinateurs de poche, le deuxième de SHARP.

Je me souviens avoir vu surgir le tout premier, le PC-1211, en 1980. Tout le concept des ordinateurs de poche était dans cette machine, d’une nouveau type.

Au cours du premier semestre 1982 apparaissait le PC-1500. Le même génie avait œuvré. Le 1500 n’était pas une déclinaison du 1211, mais une « réplique », comme disent les géologues, d’un principe fondateur initial. Le PC-1500 et le 1211 semblent tous deux émaner d’un prototype fabuleux, chimérique, portant en son génome toute une décennie de machines prodigieuses.

Le PC-1500 est une volumineuse machine qui tient difficilement dans une poche. Son langage Basic est très puissant et son afficheur graphique et non plus matriciel, mais sa mémoire est à peine plus étendue que celle du 1211. Il est possible d’enficher des modules de RAM optionnels.

Il existera une variante du 1500, appelée 1500A, de couleur plus sombre, qui offrira en standard nettement plus de mémoire.

Point pratique intéressant, la ligne de touches dédiées au Basic sous l’écran, qui rendent la saisie plus confortable et efficace.

Le PC-1500 bénéficie d’une imprimante fabuleuse, capable de piloter 4 stylos de couleurs.

Le PC-1500 n’est pas tout-à-fait une machine du passé. Il continue de nos jours d’alimenter la réflexion d’informaticiens passionnés, étudiant toujours plus profondément les tréfonds de sa mémoire, développant des utilitaires toujours plus transcendants … Que nous préparent-ils ?

SHARP PC-1251

Mon premier ordinateur de poche : le SHARP PC-1251. Acheté en grande surface en septembre 1983. Je n’oublierai jamais l’étonnement de l’hôtesse qui me vendit le minuscule appareil, quand elle vit l’énorme manuel qui l’accompagnait. Sa collègue la rassura : « si si, c’est normal » … La jeune personne n’avait visiblement aucune idée de ce que pouvait être un Pocket Computer.

Détail amusant : l’achat était motivé par le souvenir du déjà vieux SHARP PC-1211, qui m’avait produit une impression considérable deux ans auparavant. Pas assez fortuné pour en acquérir un à l’époque … Deux ans après, le PC-1211 était déjà regardé, et avec respect, comme un ancêtre complètement dépassé.

Ayant maintenant un premier emploi, je pouvais me financer son modernissime successeur, le PC-1251, rapide, au langage puissant, une taille mémoire large, des instructions PEEK/POKE … et un dessin irrésistible. J’ai adoré cet appareil que j’ai pourtant revendu après quelques mois. Pourquoi ? Il faut se souvenir qu’à l’époque, il régnait encore une certaine méfiance à l’égard des petits appareils électroniques, regardés à tort (on le constate maintenant), comme des objets nécessairement fragiles. Ainsi, j’étais vraiment dubitatif au sujet du commutateur général, constamment sollicité, que je pensais être un point faible, une véritable erreur de conception.

Erreur totale de jugement, les PC-1251 fonctionnent toujours très bien près de 40 ans plus tard, même s’ils montrent désormais une vulnérabilité au mal de « l’huile noire », tout comme l’aîné PC-1211.

Note au 28 avril 2021 : Il existe aujourd’hui des artisans capables de produire des écrans de remplacement tout-à-fait identiques à l’original.

SHARP PC-1211

Le tout premier ordinateur de poche Basic.

Tout a été dit sur le PC-1211. Sharp a réussi un pari inattendu et incroyable avec un modèle qui a lancé une nouvelle génération de calculatrices-ordinateurs ayant perduré tout au long des années 80 et plus, grâce à l’émulation suscitée au sein des constructeurs concurrents.

En quoi consistait ce pari ? : « nous sommes en 1980, tournons la page des calculatrices qui peuvent se programmer, et passons aux ordinateurs qui peuvent aussi calculer ». Quel était le concept ? Des machines au format horizontal, un écran LCD alphanumérique à faible consommation, se déployant sur toute la largeur offerte, un langage de programmation évolué, puissant, conversationnel, ouvert à tous. Et un design à la fois travaillé et dépouillé, ne laissant apparaître que les claviers alpha et numérique. Réussite totale. De cette recette surgiront des dizaines de machines aux possibilités toujours accrues.

A noter que le Sharp PC-1211 me semble avoir un statut spécial. Contrairement à ses successeurs, il n’est pas un « ordinateur de poche », ce terme désignant juste après lui cette nouvelle génération d’appareils. Le Sharp PC-1211 est un « ordinateur », tout simplement. C’est comme cela qu’il était vécu, comme l’ultime incarnation d’une informatique en pleine effervescence, devenue portable, aussi puissant qu’un gros ordinateur de l’année passée, et enfin accessible au grand public.

Mon tout premier contact avec le SHARP PC-1211 : Des catalogues de composants électroniques que mon frère consultait régulièrement. Dans certains encarts minuscules, on distinguait le PC-1211. Les petites descriptions évoquaient l’univers du calcul et de la programmation (notamment le terme non équivoque 1424 pas). Bref, cet appareil m’intriguait, mais je ne disposais d’aucune information.

Mais voilà qu’un jour, au lycée, le professeur principal entre dans la salle de cours en tenant un petit objet mystérieux au creux de ses mains. D’un air solennel il nous annonce que ce minuscule objet a 10 fois plus de capacité que tout le matériel informatique qu’on pourrait trouver dans cette école (notamment l’Olivetti P203 de la classe de comptabilité). S’ensuit une présentation de l’objet, du programme de jeu que le professeur a entré en mémoire. Puis l’appareil passe de mains en mains … moment inoubliable … qui ne répond pas encore à mes interrogations sur la nature de cet appareil, ses possibilités, sa raison d’être … Le précieux magazine « L’Ordinateur de Poche » apportera les réponses.

C’est bien plus tard, en mai 2006, que j’aurai enfin mon PC-1211 à moi. A cette occasion, une petite frayeur, étant convaincu d’un défaut de l’affichage. Le « O » ressemblait en effet à une pomme, avec une queue qui dépasse en haut. Pas de quoi avoir peur cependant, le « O » en forme de pomme, c’est normal, juste une bizarrerie de sa Majesté le PC-1211. D’ailleurs le zéro est lui aussi spécifique. Il est rectangulaire et ne comporte pas encore la barre diagonale qui se généralisera par la suite pour différencier les « O » des Ø.

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Le PC-1211 est particulièrement vulnérable au mal de « l’huile noire ». On voit ici l’écran dont le noircissement a déjà commencé sur le pourtour. Cette altération affecte la lisibilité mais reste heureusement sans effet sur le fonctionnement de l’appareil.

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Peu de 1211 demeurent intacts aujourd’hui, mais tout n’est pas perdu : il a existé une version tardive du PC-1211, à écran gris et nommée PC-1212.

Le PC-1212, machine non rare, pour l’instant à l’abri de l’huile noire, permet de retrouver toute la magie du 1211. Pas complètement cependant car l’écran jaune fait partie de mon point de vue de la personnalité du PC-1211. En gris ce n’est plus tout-à-fait pareil.

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SHARP EL-546

SHARP546

Peu de gens ont vu cette SHARP EL-546. La production du constructeur japonais est si colossale que nombre de modèles passent souvent inaperçu.

J’ai acheté la mienne en octobre 1987. De toutes mes machines, la 546 est une des rares que j’aie utilisée au quotidien durant quelques années. Eh oui je ne suis vraiment pas soigneux comme on peut en juger sur la photo.

Cette calculatrice est pourtant une petite merveille : solaire, je n’ai jamais remplacé la pile de secours. Deux mémoires, des fonctions préprogrammées de résolution de 3 équations simultanées, les complexes, les bases de numération, les constantes physiques, les probabilités … un powerful calculator comme on dit de l’autre côté. Et aussi le magnifique afficheur 10DIGIT99.

Autant j’ai utilisé avec méfiance l’ancêtre EL-512, autant la 546 est la calculatrice à avoir toujours sur soi. Je cherche depuis des années à rénover quelque peu l’aspect de cette machine. Mais pas question de jouer les Docteur Frankenstein : c’est une machine si rare qu’on n’en voit jamais passer sur le Net.

SUITE – ÉTÉ 2014 – Plus de 4 ans après la rédaction de cet article, j’ai pu enfin trouver le modèle de remplacement cherché depuis si longtemps. A ceci près : la nouvelle ne s’appelle pas 546, référence définitivement hyper rare, sans doute purement européenne, mais 506SLR, et là il est possible d’en voir depuis peu qui montrent le bout de leur nez sur le net. La 546 et la 506SLR sont absolument les mêmes machines, et c’est la bonne nouvelle. Cependant je n’ai pas pu rajeunir la 546 par fusion des deux comme souhaité. Je me suis en fait trouvé incapable de démonter ces machines, car trop solidement assemblées.

En conclusion, me voilà avec deux 546. Et c’est aussi une bonne nouvelle …

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SHARP EL-512

Un beau jour de 1984, j’ai craqué pour cette belle petite machine, vendue dans l’hypermarché « RADAR Géant » de Cambrai. Ces petites Sharp m’étaient familières car assez répandues dans les vitrines, mais, de mémoire, elles étaient plutôt chères.

La SHARP EL-512, produite à partir d’octobre 1981, disposait d’une fonctionnalité très moderne et pratique : la flèche à droite (sous la touche rouge C-CE). Jusqu’alors, en cas d’erreur de frappe, il fallait taper CE puis retaper entièrement la valeur. Avec la flèche, les caractères étaient effacés l’un après l’autre.

Je n’ai pas conservé longtemps la EL-512. Je trouvais ses possibilités de programmation faibles (de simples enregistrements de touches, sans possibilités d’édition) et le fonctionnement des mémoires auxiliaires Kn me déplaisait (produit implicite avec le registre d’affichage). Une bizarrerie que j’avais dénichée : en tapant un nombre, puis la double flèche (inversion des registres de calcul X et Y), puis un second nombre, l’appui sur la touche = retournait la somme des deux sans qu’aucune touche d’opération n’ait été enfoncée …

A noter le point pâle affiché tout à gauche, qui renseigne sur la vigueur des 2 piles.

SHARP COMPET PC-1100

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Une machine insolite et rare.

A ne pas confondre avec le PC-1100 tout court, ordinateur de poche programmable en Basic. « PC » signifie dans le cas présent Pocket Calculator et pas encore Pocket Computer.

La Compet 1100 est une calculatrice scientifique dont l’année de production semble remonter à 1975. Elle tire sa singularité du petit écran secondaire, de technologie LED, qui affiche l’exposant de 10 ainsi que le symbole d’occupation de la mémoire.

Deux modes d’affichage coexistent donc ici, le classique VFD à chiffres verts, et le LED rouge. Pourquoi ce procédé hybride ? Je ne sais pas. Une piste sans suite apparemment, la Compet 1100 restant sans doute la seule calculatrice de poche jamais produite sur ce principe.

Si d’un point de vue esthétique, cette solution flatte l’œil, d’un point de vue pratique la lecture des résultats n »est pas évidente. Faut-il s’habituer ? En tous cas, l’œil oublie vite de consulter l’écran d’exposant pour se focaliser principalement sur la généreuse ligne VFD.  Et ce d’autant plus que l’exposant s’active en permanence, dès qu’on enfonce une touche d’opérateur, en affichant alors 00. Ce n’est qu’en cas de dépassement de capacité de la ligne principale que l’exposant rouge joue pleinement son rôle.

En cas de saisie d’une entrée dépassant 10 chiffres, l’exposant s’incrémente automatiquement en conséquence. A noter enfin que la ligne verte montre en permanence toutes les décimales possibles, même quand ce sont des zéros.

L’alimentation de cette calculatrice hybride est classique : 4 piles AA. Les tests d’arrondis que j’ai pu pratiquer révèlent une électronique spécifique, avec des résultats non rapprochables d’autres modèles (valeur du test forensics = 9.0276286).

La machine ne possède qu’une seule mémoire et propose des fonctions statistiques pilotables par une seule touche, procédé acrobatique et sans doute peu sûr en terme de manipulations.

Une petite piste d’ordre « archéologique » : ce modèle magnifique et en parfait état de marche me vient de Turquie.

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SHARP EL-5000

 
La SHARP EL-5000, calculatrice scientifique de haut de gamme, présente l’aspect typique des SHARP de l’époque 1976/1977 (voir ci-dessous avec la petite sœur EL-5800). Les dimensions de cette machine sont assez impressionnantes.

Bien que pourvue d’un afficheur à grands chiffres verts, moins gourmand que les digits rouges des modèles antérieurs, elle réclame 4 grosses piles AA qui lui procurent poids (260 g) et épaisseur (30 mm). Vue de profil, la 5000 est brutale.

L’afficheur tire parti de ces dimensions généreuses et se déploie sur 10 + 2 positions (calculs sur 11 chiffres en interne). Comme la petite EL-5800, la EL-5000 annonce sur sa façade le nombre de fonctions disponibles, en l’occurrence 39. Parmi celles-ci, un inhabituel traitement des fractions (touche barre oblique au dessus du 9).

Les constructeurs dénombrent les fonctions au moyen de recettes largement hermétiques et pourquoi pas, possiblement optimistes. Ainsi, une moderne SHARP EL-531 de 2010, positionnée sur le même segment revendique 335 fonctions. Bien difficile de recompter pour vérifier. On peut s’interroger sur les motivations d’un constructeur à annoncer un tel chiffre, obtenu du moins en partie, de façon probablement empirique. Est-ce à des fins purement commerciales ? Cela semble discutable dans la mesure où tous les constructeurs ne communiquent pas systématiquement cet élément de comparaison. Ainsi, alors que HP s’attribue 2300 fonctions pour sa HP-49G, son concurrent direct Texas-Instruments ne donne aucun chiffre pour la TI-89.

Il est possible que l’annonce du nombre de fonctions permette tout simplement à l’acheteur de mieux situer un produit au sein de la gamme du constructeur. Ainsi, ici c’est le logo 39 fonctions qui, rapproché des 20 fonctions de la EL-5800, suggère le positionnement supérieur du modèle. Par ailleurs, chez SHARP, il est un fait que le n° du modèle (ici le 5000 de EL-5000) ne traduit quasiment jamais le positionnement réel.

La photo du haut rend compte de l’existence de deux versions du même modèle : celui avec touches imprimées et un autre avec touches grises et doubles légendes en façade.

Les 2 modèles sont fonctionnellement identiques.

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SHARP EL-5800

Un design partagé par plusieurs machines de ce grand constructeur : Façade métallique et fins interrupteurs latéraux.

Pas de grandes prétentions technique pour cette petite scientifique de 1976, qui affiche un bien sage logo « 20 fonctions« . Quelques années plus tard, des modèles positionnés à peine plus haut en revendiqueront volontiers plusieurs centaines. Mais comment s’y prendre pour recompter ?

 Sitôt les deux piles AA en place, la petite 5800 s’anime et s’apprête à vous suivre partout.

SHARP EL-506A

Encore un membre de la prolifique famille des 506.

La 506A est une des plus récentes des superbes Elsimate à façade alu (1985 ?). Elle arbore un afficheur moderne, dénommé 10DIGIT99.

Sur le plan des fonctionnalités, la 506A est une surdouée. Elle traite les bases de numération (2 – 8 – 16), les opérateurs booléens, les nombres complexes, un solveur sophistiqué de 3 équations à 3 inconnues, les probabilités sous la courbe en cloche. Et elle a deux mémoires distinctes.

Le tout sous un format minuscule, extra-plat. L’avantage de ce format a son revers : les 2 piles LR44 difficilement accessibles. En ces années 80, où l’on avait connu les grosses calculatrices à affichages lumineux dévoreurs d’énergie, et où l’on découvrait l’incroyable autonomie des nouveaux LCD, les concepteurs pensaient probablement qu’on pouvait désormais enfermer définitivement les petites piles à l’intérieur de la machine.

Grave erreur, il faut bien les changer de temps en temps, ne serait-ce que toutes les 2000 heures. Et là, problème : on ôte facilement deux petites vis, mais la machine n’accepte de s’ouvrir qu’après avoir libéré des clips bien dissimulés et fragiles. Conséquence, beaucoup de ces magnifiques machines portent les traces permanentes de l’acharnement passé des propriétaires à accéder au compartiment des piles …