CASIO 991 EX « Classwiz »

Nous trouvons là une présentation moderne de la CASIO FX-991, modèle scientifique de haut de gamme bien connu depuis bon nombre d’années.

La ligne Classwiz nous montre une façade d’un plastique dur particulièrement soigné. Mais aussi un afficheur d’une grande définition. Outre la possibilité d’y représenter un menu d’accueil riche et d’aspect graphique, les caractères alphanumériques présentent un dessin autrement plus sophistiqué que ceux des traditionnelles et pourtant déjà bien lisibles matrices 7 X 5 pixels.

Regardons les chiffres de cette 991 de plus près. Tentons à cet effet une photographie en mode « macro ». L’éclairage nécessaire et le talent m’ayant manqué pour réaliser de bonnes photos publiables, j’en propose une représentation à l’aide du quadrillage d’un tableur.

 

Des matrices 12 X 9 sont à l’oeuvre pour dessiner une véritable fonte, avec empattements, pleins et déliés, asymétries.

La Classwiz n’est pas la seule calculatrice actuelle à proposer une telle définition. Regardons comment se débrouille la Texas-Instruments TI-30X MathPrint Pro.

Soumise au même protocole de représentation, voici à quoi ressemblent de près les chiffres de la concurrente de la Classwiz 991.

Des matrices de 14 X 10 pour la texane, au dessin vu comme plus simple en raison du trait toujours en double épaisseur. On voit un 5 bien reconnaissable dans tous les affichages graphiques de TI, avec sa barre supérieure un peu longue. A part le chiffre 1 tous les autres utilisent les 10 pixels de largeur.

Ne lâchons pas la loupe et regardons d’autres modèles, comme le CASIO CP 400

Cette fois il s’agit de matrices 13 X 9. Seul le chiffre 4 tire parti du 9e pixel.

Passons au modèle suivant avec l’ancienne CASIO CG-10, qui partage en toute logique son afficheur avec l’actuelle GRAPH 90+E.

Avec une matrice de 19 X 15, nous trouvons là le summum de la finesse, avec des traits triples, des empattements pour tout le monde, des asymétries, des « pompons » pour le 2, le 6 le 9, la jambe du 7 présentant un galbe impeccable. Ici aussi, seul le 4 appelle le pixel le plus à droite.

Poussons encore la curiosité et regardons la TI N’spire ancienne génération et la HP Prime.

Pour cette dernière je ne sais que penser. Je n’ai pas réussi à conclure si la technologie de l’écran couleur montrait de légers artefacts ou bien, typographie ultime, si les chiffres étaient subtilement complétés de pixels en divers niveaux de gris. En tout état de cause, je reproduis ci-dessous les cinq premiers chiffres issus de pixels incontestables et les cinq autres complétés aux bons endroits des pixels fantomatiques que j’ai cru (et je veux y croire) y déceler. Il est certain qu’à la loupe, la police apparaît bien plus belle que la représentation des 5 premiers chiffres ci-dessous. A noter que deux 4 consécutifs se touchent toujours dans une Prime.

 

Enfin dernier modèle scruté, une TI NSPIRE de première génération, à écran noir & blanc.

La NSPIRE est généreuse, elle offre trois fontes différentes, celle active en ligne de saisie, une autre en mode édition, et aussi une italique, plus belle en vrai que celle d’aspect squelettique et tourmenté représentée ici.

Toutes les fontes que nous venons de passer en revue sont en chasse fixe, soit non proportionnelles, c’est-à-dire qu’un étroit 1 mobilisera, au même titre que le large 4, la matrice entière, avec la conséquence inesthétique d’un espace déséquilibré entre certains caractères. C’est aussi le cas pour la NSPIRE, mais seulement pour les chiffres. Autant que j’aie pu voir, les caractères alphabétiques sont gérés de façon proportionnelle.

Les matrices de la NSPIRE sont à 11 X 7. Ces fontes ne sont donc pas les plus riches, en particulier celle du mode édition, strictement filaire, sans empattements. Même le 7 ne comporte pas de retour vertical supérieur gauche, ce qui m’amène à une réflexion en forme de conjecture …

En effet, se pourrait-il que dans les représentations antiques à 7 segments, le trait vertical supérieur gauche parfois retranscrit mais pas toujours (ci-dessus) soit un empattement en germe ? Si des doctorants ès technologies des années 80 voulaient s’emparer de ce sujet de thèse prometteur, il me feraient très plaisir 😉

Enfin, je mets ci-dessous quelques exemples de fontes informatiques classiques. Je crois voir du « Terminal » chez TI – le 8 et la longue barre horizontale du 5 – du « Bodoni » chez CASIO, avec les « pompons » … Quant au 8 où gauche et droite sont parfois asymétriques, c’est encore une autre influence …

L’écran de la Fx-991 a volé la vedette à la sa propriétaire, dont il est finalement peu question ici.

Concernant la petite étude sur les fontes à laquelle je me livre, je termine en précisant que chaque fois que j’ai eu le choix, j’ai utilisé la plus grande des polices proposées par la calculatrice.

Dominique

 

CASIO √121-E

Un aspect sans doute banal, mais une personnalité incomparable. Cette simple additionneuse de bureau est, en ce jour de 2021, âgée de 48 ans. Elle est si robuste que son fonctionnement est demeuré intact et fiable.

Quels sont ses traits de caractère qui témoignent de son âge ? Un poids important, un afficheur souligné par une réglette mobile, montrant un ZÉRO en demi-hauteur bien peu lisible pour l’œil contemporain, un QUATRE croisé et un splendide signe MOINS constitué d’une barre rouge lumineuse. Signe des premiers temps, des zéros bien inutiles peuplent l’écran par défaut. Et pour l’anecdote une belle longueur du fil d’alimentation, générosité qui n’est plus de mise de nos jours.

La √121 est plus qu’une additionneuse. Sinon, pourquoi crânerait-elle à arborer le symbole de racine carrée dans son nom ? Elle dispose bien de la fonction, dont la mise en oeuvre est particulièrement originale. À bien regarder, sur le clavier sa légende voisine avec celle de la division, sur une touche unique. Mais comment indiquer à la machine quelle fonction on souhaite utiliser quand on l’enfonce ?

Une division agit sur deux valeurs tandis qu’une extraction de racine agit sur une seule, voilà la clef.

Si l’on entre un second nombre après avoir enfoncé la touche aux deux légendes, le résultat retourné par ÉGAL sera classiquement la division du premier par le deuxième. Si l’on tape ÉGAL sans entrer de seconde valeur, la √121-E calculera la racine carrée de la première au rythme d’une danse endiablée de chiffres intermédiaires.

Démarche inverse, si l’on appuie sur la touche de multiplication juste avant celle de division, la manœuvre décrite ci-dessus renverra systématiquement des carrés jusqu’à l’appui sur AC.

Concernant le fonctionnement de la mémoire, le stockage et l’accumulation sont assez intuitifs (M+ ou M- inscrits en gros et en gras sur leur touche). C’est moins le cas pour la  lecture du contenu mémorisé. Comment s’y prendre ? Il faut se référer aux couleurs des touches pour comprendre que T, habituellement dédiée à la totalisation de PLUS ou MOINS sur les machines de table est ici entièrement consacrée à la lecture (avec remise à zéro) de la mémoire.

Fait coutumier chez CASIO – et par conséquent déjà en 1973 – un fin film protecteur recouvre les parties métalliques de la machine. J’ai ôté ce film, qui n’avait pas vieilli, n’était ni sale ni ondulé, restituant ainsi l’aspect d’origine ultime de la machine.

Un outrage du temps qu’on ne peut soupçonner sur la photo est l’imprégnation de l’odeur de tabac dont souffrait la √121-E lorsque j’en ai fait l’acquisition voilà quelques années. Quoi de plus normal pour une machine ayant traversé les âges depuis le début des années 70 ? Après avoir abandonné la machine à l’air libre dans mon garage pendant deux semaines, l’odeur de tabac – qui n’est donc pas une fatalité – a fini par disparaître complètement et pour toujours.

 

 

 

CASIO PB-100 / 200

Année 1982, le paysage traditionnel des calculatrices est chamboulé depuis l’arrivée en 1980 du Sharp PC-1211 qui a créé un formidable effet de surprise. Avec son aspect et sa philosophie d’ordinateur de poche, une nouvelle norme apparaît. Jusqu’alors les calculatrices avaient apporté le calcul facile pour tous, les ordinateurs de poche ajoutent la programmation facile pour tous et systématisent la connexion de périphériques optionnels de sauvegarde et d’impression, ainsi que les extensions de mémoire vive.

Le premier contemporain du SHARP fut probablement le PANASONIC HHC présenté dans le magazine L’Ordinateur de poche au 3e trimestre 1981. Mais le vrai concurrent, inattendu, sera CASIO qui rendra coup pour coup dans cette période de déferlement de modèles.

La première réponse sera pour octobre 1981 avec le FX-702P, machine ne ressemblant à aucune autre, présentant un clavier alphabétique rangé précisément dans cet ordre et non au format QWERTY, ainsi qu’un langage de programmation Basic fortement personnel et un statut revendiqué en façade de « Programmable calculator« . Un an plus tard entre en scène celui qui sera son premier « Personal computer« , le PB-100.

Ce tout petit appareil assume bien ce statut. Un clavier alphabétique et un autre numérique. Pas de fonctions scientifiques apparentes, tout se tape de façon littérale. Seule une petite légende Pi perdue parmi les ordres basic évoque à juste titre le calculateur scientifique.

Comme tout ordinateur de poche le PB-100 est pourvu d’un afficheur à matrices de points, capable d’afficher des caractères alphanumériques, spéciaux, et même des lettres minuscules. L’écran est cependant de dimensions réduites. Seize caractères seulement, le PB-100 ne revendique pas il est vrai le haut de gamme, CASIO confiera bientôt ce rôle au PB-700, lancé au 2e semestre 1983.

A noter que l’écran du PB-100 est petit mais malin. Pour économiser l’espace lors de l’affichage de nombres au format scientifique, CASIO invente un symbole d’exposant – traditionnellement la lettre E – capable d’intégrer le signe MOINS qui du coup ne mobilise pas d’espace supplémentaire en cas d’exposant négatif.

L’offre PB-100 sera vite complétée d’un PB-200. La différence entre les deux ? Le premier a une toute petite mémoire de 544 octets pouvant être étendue par un module optionnel à 1568 octets. Le PB-200 offre en standard les précieux 1568 octets mais ne peut recevoir de module d’extension.

Petit appareil au design coloré et entièrement métallique, le PC-100 sera beaucoup diffusé, et deviendra la base de nombreuses versions. Une lignée est née, CASIO est prêt pour le futur.

 

Les trois premiers ordinateurs de poche de CASIO : en bas le FX-702P d’octobre 81, le PB-100 au milieu et le puissant PB-700 d’octobre 1983 en haut.

 

 

CASIO PB-1000

Un des plus puissants ordinateurs de poche, construit par CASIO.

Sorti en 1986, le PB-1000 montre une physionomie étrange, impressionnante. Certes les machines de la famille FX-790P nous avaient confrontés à la couleur sombre et au format repliable. Mais les cotes du PB-1000 sont plus élevées, qu’il s’agisse de poids, d’épaisseur, de surface de clavier. Replié, on a malgré tout affaire à une lourde machine « de poche ».

Au tout début de l’aventure Basic, le SHARP PC-1211 apportait une simplicité bienvenue, la programmation pour tous, par utilité, par plaisir, et même pour s’amuser. A mesure que les successeurs sont arrivés, l’évolution a suivi deux chemins : une simplicité d’utilisation accrue pour les uns, avec une partie calculatrice à droite du clavier pour un usage plus immédiat, tandis que d’autres allaient au bout de leur destinée d’ordinateur sous la forme de machines puissantes, riches, complexes, à ne pas mettre entre autres mains que celles du programmeur passionné.

Le PB-1000 est bien un ordinateur, proposant au besoin (et en option) la sauvegarde sur disquettes !

Dans sa partie supérieure, l’écran à 4 lignes est tactile – une nouveauté – tandis que les 13 pavés de commande sont sensitifs. La partie inférieure est consacrée aux confortables claviers alphabétique et numérique.

Trois petits défauts : le faible contraste de l’écran tactile, et l’obligation d’utiliser l’appareil ouvert à plat, les charnières ne pouvant retenir le poids de la partie supérieure, qui contient notamment les piles. La taille mémoire de base est un peu juste, c’est pourquoi il est fréquent de trouver cet appareil complété d’un module RAM optionnel RP32 de 32 kilo-octets.

C’est par une pile de prospectus en librairie que j’avais découvert le PB-1000 en 1987. Il y incarnait un haut de gamme fabuleux et inaccessible, le produit de l’essor exponentiel de l’informatique portable. On ne pouvait que désirer une telle machine.

Je viens enfin d’en acquérir un exemplaire … près de 35 ans plus tard. L’afficheur est pâle mais tout fonctionne comme si on était en 1986 ! L’exploration peut commencer …

Une fois de plus, je ne peux qu’orienter le lecteur soucieux d’approcher le PB-1000 avec plus de sérieux vers l’excellent site silicium.org.

http://silicium.org/site/index.php/24-catalogue/ordinateurs-de-poche/56-casio-pb-1000

 

Les touches les plus utilisées en Basic sont directement accessibles

 

Le prospectus de la librairie Riez de Cambrai, avec le cachet du libraire, daté de 1987. Il y a bien longtemps que la librairie Riez a cessé ses activités. On trouve à sa place désormais une implantation du géant du livre du Nord : « Le Furet du Nord« .

 

Le prospectus de 1987 dans son intégralité. On peut y déceler un optimisme un peu exagéré : le superbe contraste d’écran, qu’aucun utilisateur ne retrouvera jamais, à moins d’un éclairage particulièrement avantageux. Sur la 5e page, l’illustration montre une utilisation nomade en position debout (3e dessin). Le PC-1000 ne peut raisonnablement être utilisé que posé sur une table ou un bureau, les dimensions et l’instabilité de la position ouverte ne pouvant entraîner que des chutes à mon avis.

CASIO PB-700

Le PB-700 de CASIO fait partie de la première famille d’ordinateurs de poche, apparus au début de la décennie 80.

Un bref retour en arrière pour situer le contexte : Deux ans auparavant, SHARP crée le PC-1211, machine capable de calcul scientifique, programmable en langage basic. Disposant d’un clavier « QWERTY« , il revendique en façade son statut d’ordinateur sous la formule « Pocket Computer » qui ornera tous les modèles de SHARP à venir.

Le PC-1211 est un pavé dans la marre des calculatrices, personne ne l’a vu venir. Les constructeurs concurrents, au pied du mur, préparent la riposte. Il leur faut avant tout cerner ce qu’est cette machine, ainsi que sa portée : Le PC-1211 est-il encore une calculatrice, une parmi d’autres, à moins qu’il ait vocation à toutes les remplacer, les abolir ? Est-il le visage portable d’une informatique flamboyante qui progresse à grands pas ?

L’offre concurrente se voit forcée d’évoluer de toutes parts, adieu les TI-59, les CASIO FX-502P, les HP-41 (*), bonjour à une machine que l’on doit programmer, interroger, qui, au delà de donner les résultat de calculs, aura l’ambition plus haute et plus générale à la fois de produire un travail en pilotant des périphériques d’impression, de sauvegarde, toutes choses que savaient pourtant faire les calculatrices programmables, mais en plus racé, plus moderne et avec enfin de la mémoire, denrée si comptée jusqu’à présent.

Parmi les premiers constructeurs à réagir, Panasonic avec son HHC plus gros et plus lourd, mais surtout CASIO, dont peu auraient parié à l’époque sur sa capacité à relever un tel défi. Voilà donc que sort fin 81 le CASIO FX-702P. Hormis sa présentation horizontale, il ne ressemble pas beaucoup au 1211. Il est programmable en Basic, dans une version « maison » assez peu universelle – c’est un comble pour ce langage – et arbore un écran tout en longueur, le 1211 ayant fixé la norme. Mais le clavier n’est pas « informatique », les touches sont rangées dans l’ordre alphabétique et pas du tout dans un « QWERTY » de bon aloi.

Énormément de fonctions de calcul sont disponibles, ce sera le seul Pocket Computer de CASIO à se prétendre une « Programmable Calculator« . Ainsi, pour CASIO, en cette époque frémissante où la page est encore grandement blanche (**), un ordinateur de poche est bien avant tout une calculatrice. Pour combien de temps ? L’intuition est-elle la bonne ?

Arrive 1982 et le fer de lance SHARP, le fameux PC-1500. C’est contre cette machine redoutable que CASIO va diriger son PB-700 dès l’année suivante.

Et un contraste : Contrairement au FX-702P à l’orientation encore hésitante de calculatrice programmable, le 700 est, de toutes ces machines qui arrivent, celui qui aura de mon point de vue le plus fort caractère d’ordinateur : Pas de mode dédié à la programmation, toute entrée chiffrée comptée comme ligne de programme, faible commodité en calcul direct en raison d’une différenciation forte entre ENTER et RETOUR FLÈCHE du clavier alphabétique, SHIFT qui fonctionne comme la touche Majuscule des ordinateurs, devant être maintenu pendant l’opération, geste inconnu dans le monde des calculatrices. Et une pléthore de périphériques optionnels. Le nom « PB-700 » ne montre plus le FX des calculatrices et du 702. PB (***) sera la signature des machines CASIO les moins orientées en calcul direct.

D’autres machines verront le jour au cours des années qui arrivent. Relativement peu de constructeurs participeront à cette course. Texas-Instrument et Hewlett-Packard seront peu prolifiques, avec des modèles cependant remarquables. Tous ces ordinateurs font de l’ombre aux traditionnelles calculatrices programmables qui ne disparaissent pas, et adoptent souvent le format « paysage » en vogue. Si les Pockets Computers ne sont plus des calculatrices, ils continueront d’embarquer de solides possibilités de calcul, que celles-ci soient accessibles avec touches directes ou non.

Le chemin de l’informatique s’est rapproché de celui des calculatrices programmables au point de le croiser. Il en est surgi un concept ambitieux, étincelant, assemblage harmonieux de deux mondes, tourné vers la modernité technologique la plus frémissante. Les chemins se sont de nouveau séparés plus tard. L’informatique de poche s’est alourdie, restant portable, puis les vrais ordinateurs sont entrés dans les maisons et toujours plus dans l’entreprise, avec des logiciels, des systèmes d’exploitation, des manettes, internet …

Lorsqu’on regarde aujourd’hui ces appareils d’un autre temps, il est possible de se demander si, en dépit de leurs ambitions informatiques, ils pouvaient être autre chose finalement que de simples outils de calcul. Quand on a un écran d’une seule ligne d’une vingtaine de caractères, parfois deux lignes voire quatre maximum, que les piles légères n’autorisent guère de vitesses de travail élevées, quel autre usage peut-il advenir que celui d’une calculatrice. Calculatrice incontestablement d’un autre type. Là ou la calculette scientifique semble constituée d’autant de micro cerveaux que de touches, l’ordinateur n’en aurait qu’un seul, maître à bord, gérant tout, interlocuteur obligatoire de l’utilisateur qui s’adresse à lui au moyen d’un langage et non plus en mode pousse-bouton.

Concernant le PB-700, les prospectus de l’époque le représenteront souvent enchâssé dans la splendide unité d’impression à stylos 4 couleurs FA-10 ou FA-11 avec sauvegarde à cassettes. Ces mêmes prospectus mettront l’accent sur ses belles qualités d’impression, son grand écran autorisant d’impressionnantes prouesses graphiques.

Le lecteur souhaitant en connaître plus sur ce formidable appareil que fut le CASIO PB-700 (et sa variante PB-770) trouvera matière à satisfaire sa soif de connaissance en visitant ces sites bien complets, celui de Silicium.org, et celui de Ledudu.

 

http://silicium.org/site/index.php/24-catalogue/ordinateurs-de-poche/55-casio-pb-700

https://casio.ledudu.com/pockets.asp?type=24

 

(*) La HP-41 connaîtra une belle et longue carrière et ne sera pas gênée par l’arrivée des Pockets Computers. HP saura pourtant être à la page avec ses fabuleux HP-75 et 71.

(**) Quand sortira le premier numéro du magazine « L’Ordinateur de Poche » (1er semestre 81), l’éditorial lancera un concours demandant aux lecteurs d’inventer un nom pour ces nouvelles machines. A l’issue de cette étonnante consultation, le néologisme « Micropoche » sera retenu, quasiment à égalité avec « Poquette« . Il est vrai que dans ce tout premier numéro, les appareils étaient désignés sous le terme « muet » xxxpoche !

(***) Qui connait la signification de « PB » ? Pas moi en tous cas. Peut-être « Personnal Basic« , ou « Pocket Basic » ou autre chose que Basic, le PB-2000C ne connaissant pas ce langage en natif. PB répond-il au PC de SHARP, sans signification particulière, cela m’étonnerait beaucoup cependant. Peut-être Personnal Base …

 

CASIO FX-105

Cette calculatrice a l’apparence typique d’une CASIO de la fin des années 70.

L’apparence seulement, car la FX-105 recèle quelques caractéristiques plutôt exotiques.

Son boîtier en plastique est partagé par des machines très voisines entre elles: FX-29, FX-39, FX-110, FX-120.

Les bizarreries de la 105 sont ailleurs …

L’examen du clavier montre déjà que nous ne sommes plus tout-à-fait sur la planète CASIO. Bien entendu, on y voit une signature familière: l’agencement des quatre touches d’opérateurs en carré et non en ligne.

Mais où sont les deux touches aussi voisines qu’incontournables C et AC qui les surplombent traditionnellement ? On ne voit qu’un petit C, perdu parmi les petites touches grises. A sa gauche, les fonctions MR et MC sont combinées en une touche unique MRC, symbole pas facile à trouver chez CASIO. Et en dessous, deux grosses touches de parenthèses, ça aussi c’est unique.

Voyons maintenant le comportement de la calculatrice. On actionne l’interrupteur latéral, et c’est tout à gauche que le zéro s’allume. Cela se rencontre ailleurs, mais point chez CASIO. On tape un nombre de plus de huit chiffres et voilà un exposant de dix qui gonfle tout seul, là aussi, comportement non typique de CASIO.

Sortons la loupe. Le test Forensics renvoie 9.2079408, une valeur non référencée sur la table de M. Sebastian (*). Machine ouverte en deux, l’électronique se révèle animée par une puce de marque NEC, c’est courant sur les anciennes CASIO, mais pas la référence µPD576C

Que retirer de ce constat ? Que les CASIO qui se ressemblent ne sont pas forcément aussi semblables qu’imaginé ? et qu’elles sont chacune dotées d’une personnalité propre ?

C’est sans doute vrai mais en la matière la FX-105 est une championne !

 

(*) http://www.rskey.org/~mwsebastian/miscprj/forensics.htm

 

 

 

CASIO FX-15

Modèle emblématique des années 70, la CASIO FX-15 est une présentation alternative et plus métallique de la CASIO FX-17.

Il ne semble pas y avoir de différence du côté technique : fonctions identiques, exposant limité à 39, un zéro en demi hauteur.

La FX-15 est une fausse « petite », ses dimensions, son poids sont à quelques millimètres et grammes près ceux de la FX-17.

 

CASIO College FX-200P

On s’attendrait à trouver dans la FX-200P une FX-180P plus puissante, avec plus de mémoire par exemple.

Eh bien non. La recette pour fabriquer une « College » FX-200P, c’est de prendre une FX-180P, de lui retirer les statistiques à deux variables, la régression linéaire, le calcul programmé d’intégrales et de renoncer à une seconde zone de programme pour n’en offrir qu’une seule, toujours de 38 petits pas de capacité !

Le seul plus apporté par la College est le calcul des racines cubiques, fonction bizarrement absente de la 180.

Le comportement en calcul est en tous points identique sur les deux machines. L’œil avisé aura remarqué le témoin ON en haut à gauche de l’écran. Ce témoin dont l’utilité pourrait légitimement poser question prend tout son sens lors de l’exécution d’un programme, où l’écran demeure vide de toute activité. « ON » informe que la machine ne dort pas, mais travaille !

La College 200 apporte une présentation plutôt unique, avec un aspect métallique très réussi.

Je ne connais pas la période de production de la College. L’inscription « auto power off » en façade ne se rencontre que sur les tout premiers modèles équipés de cette fonctionnalité. La College serait dans ce cas plus ancienne que la très répandue FX-180P … C’est une possibilité mais pas une certitude …

 

 

A titre récréatif, et pour mettre en exergue les différences entre la « College fx-200P » et la fx-180P, je me suis livré à une sorte de jeu de mahjong consistant à faire disparaître visuellement les fonctions identiques deux à deux. Ainsi ne restent à la fin que les différences. Loufoque mais radical …

Au début du jeu, toutes légendes en place :

A la fin du jeu :

CASIO 121MR

Nous trouvons dans la CASIO 121-MR une machine qui fut en son temps réservée à un usage professionnel.

En témoignent les sélecteurs de décimales, d’arrondi et le commutateur de cumul en mémoire. Placé sur la position « Σ », le résultat de tout calcul arithmétique vient se cumuler en mémoire. Placé sur « N », la mémoire redevient un registre indépendant.

De quelle époque date la 121-MR ? Bien que d’aspect plutôt moderne (années 1978-80), deux indices trahissent son grand âge : tout d’abord l’étonnant point rouge qui s’allume pour signaler une valeur négative à l’écran. Le signe MOINS à gauche n’est pas encore connu de la 121.

Autre indice, visible même machine éteinte : La mention en façade «Electronic Calculator», qui ne peut se rencontrer que sur un très vieux modèle, où il était encore nécessaire de préciser ce que nos yeux d’aujourd’hui considèrent comme une évidence. Un peu comme si l’on voyait une ancienne voiture où il serait indiqué « voiture à moteur ».

La CASIO photographiée ici – je le sais de source sûre – fut utilisée quotidiennement par un commerçant plusieurs années durant. Elle avait été achetée pour remplacer une machine de plus grandes dimensions, probablement de technologie électro-mécanique, donc pas encore électronique.

Le fait que celle machine fonctionne toujours parfaitement de nos jours, après des années d’utilisation quotidienne, démontre une réelle qualité de fabrication.

Outre ses quatre fonctions arithmétiques, la CASIO 121-MR propose une touche de racine carrée qui calcule sur les 12 chiffres disponibles, d’échange X/Y, de changement de signe (le fameux point rouge), et de pourcentage. Ce dernier n’est pas complètement intuitif. Par exemple, pour ajouter 5% à 102, la séquence sera : [102] [X] [5] [%] [+] [=]. Avec un peu d’habitude, cela devient naturel.

Machine professionnelle, très large (12 chiffres il est vrai), la CASIO 121-MR reste pourtant de dimensions compatibles avec une (solide) poche. Ce statut de mobilité est confirmé par l’autonomie d’une alimentation classique par 4 piles AA. Un branchement par secteur mural est bien sûr prévu et fut sans doute privilégié au cours de ses années d’utilisation quotidienne.

Un détail supplémentaire qui permet de situer une date de fabrication à proximité immédiate de 1975, le design typique de cette époque, que l’on peut rapprocher notamment de celui de la CASIO FX-17.

 

Un grand merci à Dominique M.

CASIO FX-101

La CASIO FX-101 n’est pas une calculatrice facile à photographier : Des lignes géométriques bien carrées qui ne cherchent guère à séduire, une couleur de façade très sombre qui met surtout en lumière les poussières et peluches.

Pourtant, en usant et abusant du chiffon et des éclairages divers, le charme de la 101 finit par s’exprimer.

Je crois avoir remarqué que les noms anglo-saxons accolés procurent une certaine impression de prestige. Harley-Davidson, Hewlett-Packard, Massey-Fergusson, Borg-Warner, pourquoi pas Briggs & Stratton, sont des marques à la sonorité qui flatte le propriétaire. La magie opère aussi pour cette calculatrice Sperry-Remington, qui donne en mains le sentiment d’être une rare machine d’exception.

C’est pourtant une bien connue CASIO FX-101. Il n’y a aucune différence entre les deux machines. Le même bug se retrouve d’ailleurs sur l’une et l’autre : lors d’une soustraction nn, c’est-à-dire quand on ôte un nombre à lui-même, au lieu d’afficher « « , la CASIO affiche un surnaturel « -0 « . Le signe MOINS est volatile et disparaît à la moindre frappe, privant les apprentis sorciers de toute expérimentation hors des garde-fous.

La CASIO FX-101 date de l’époque 1975. Elle est massive et lourde (300 g avec ses 4 piles AA). La fenêtre d’affichage est particulièrement généreuse. L’écran peut être lu sous des angles d’inclinaison divers et vraiment très prononcés.

Le souci d’un champ de lecture large a longtemps préoccupé les constructeurs. Les diodes rouges par exemple étaient souvent recouvertes d’un dispositif de lentilles qui grossissaient les chiffres, mais amélioraient en même temps la lecture sous angle incliné. Plus tard avec les cristaux liquides, moins à l’aise avec la vision oblique, le principe du champ large avait vécu, sans que cela ait été perçu comme un grand préjudice autant que je sache.

La 101 est une scientifique complète, pouvant notamment afficher l’exposant de 10. Un archaïsme avec la fonction de conversions sexagésimales où l’on doit entrer successivement les degrés, les minutes et les secondes, séparés par des appuis sur la touche o ‘ “. Les machines futures sauront interpréter les valeurs en une fois.

CASIO FX-850P

Cet appareil fut beaucoup diffusé à partir de 1987 et reste apprécié de nombreux utilisateurs. S’il est facile à trouver sur le marché de l’occasion, les prix pratiqués sont en revanche dissuasifs. Il faut ajouter à cet obstacle un mauvais vieillissement de la nappe d’affichage qui a tendance à escamoter des lignes entières de pixels sur de nombreux modèles.

J’ai fini par acquérir un exemplaire abordable, par curiosité, en souvenir de cet ordinateur de poche que je voyais encore dans les magasins, jouant des coudes avec le SHARP PC-1403, à l’heure où la grande mode des ordinateurs de poche finissait en France.

Mon modèle est en piètre état, bien abîmé, une touche manque et la ligne supérieure est parsemée de pixels manquants. En jouant de la molette de contraste ou en inclinant la machine, il est possible malgré tout de ne pas trop souffrir de ce défaut.

Le CASIO FX-850P me parait illustrer un jalon dans l’aventure de l’informatique portable de cette époque.

Replaçons-nous au début de l’histoire, dans les années 70, par exemple à l’arrivée des TI-57 58 et 59. La petite TI-57 propose à l’utilisateur de programmer, qu’il s’agisse de problèmes mathématiques ou bien de s’amuser à concevoir des jeux. Le manuel est pédagogique, il dédramatise, encourage, mais le ton reste professionnel, dogmatique presque, on attend de l’utilisateur qu’il programme sérieusement, avec de la structure, des sous-programmes. Ces machines n’ont pas encore un aspect grand public, elle s’adressent aux scientifiques, aux techniciens, aux étudiants. Pour autant, l’utilisateur n’est pas tenu de se débrouiller seul. Des solutions toutes faites lui sont offertes pour les modèles plus puissants : une bibliothèque de cartes magnétiques déjà programmées pour l’ancêtre TI-SR52, les fameux modules de ROM pour les TI-58 et 59. Les calculs à programmer et préprogrammés ont le même statut, il n’y aura pas de honte à ne pas tout programmer soi-même.

Puis arrive l’ordinateur de poche et son langage Basic. Cette fois, l’appareil se destine à tous, on programme par besoin autant que pour découvrir ou s’amuser, voire impressionner les amis, se sentir dans le coup. Programmer pour apprendre à programmer est une curieuse démarche, circulaire, tautologique comme disent les amateurs de mots sérieux, qui se retrouvera dans les programmes de l’enseignement où l’utilisation d’ordinateurs sera destinée à l’apprentissage de l’informatique. Comme si on avait acheté une machine à laver pour apprendre à se servir d’une machine à laver ?

Au bout d’un moment, un pavé de calcul scientifique fait son apparition sur certains modèles pour le calcul direct, décidément plus pratique qu’en tapant les mots Basic. Puis apparaît le CASIO FX-850P. Mais que voit-on ? Une solide bibliothèque de programmes y est intégrée. Une boucle est bouclée ? Comme au temps de la TI-58, aurions-nous là une définition de la plate-forme de calcul idéale : machine scientifique programmable épaulée par une large bibliothèque d’excellents programmes ?

Je connais trop mal cet appareil et de vrais utilisateurs en ont dit tellement plus et mieux que moi que j’arrête ici mes bavardages.

Voici en particulier un excellent article du site Les pas perdus qui cerne bien ce puissant appareil:

http://www.emmella.fr/page3836-3323-4722-5340-9435__5949-6564-1819-9072-2343.html

 

CASIO FX-48

1975, naissance de notre carte à puce à mémoire

1978, des calculatrices, aussi fines que le permettent les piles bouton et l’afficheur, adoptent volontiers ce format, synonyme de modernité et d’une extrême portabilité.

La CASIO FX-48 est une des toutes premières à jouer les cartes à puce. Son écran jaune est minuscule. Le clavier scientifique est à la fois si riche et si ramassé qu’il faut à la petite 48 deux touches secondaires F1 et F2 pour tirer la quintessence des 20 touches restantes, dont une panoplie complète de fonctions statistiques ! Tout cela en 39 grammes …

 

 

 

CASIO GRAPH 90+E

En cette année 2017, Casio lance une nouvelle calculatrice graphique, la Graph-90+E.

Positionnée à une marche du haut de gamme, la GRAPH 90 succède aux Graph 75 et 95 Noir & blanc et Fx-CG10 couleur (la fameuse Prizm), mais ne va pas jusqu’à embarquer le système mathématique de calcul formel, chasse gardée du CP-400.

Les premiers échos annonçaient un grand écran couleur, des graphes 3D, et surtout une vitesse de calcul importante, tandis que les captures glanées par ci par là montraient une machine à l’aspect agréable, sans grand caractère, rien à voir avec l’audacieuse « Prizm«  Fx-CG10 de 2010.

Depuis cet été, la GRAPH 90 est dans les rayons des supermarchés. Elle n’y est pas pour autant « visible » au sens strict du mot, son gros emballage en plastique, pourtant transparent, se voyant recouvert d’autocollants de présentation et de promotion qui cachent tout, au bas du clavier près. La voisine de gondole Ti-83 Premium CE ne parait pas mieux lotie sur ce point.

Acquéreur de la Prizm couleur voilà sept ans déjà, je décide de sauter le pas cette fois encore, en dépit des minces présages d’innovation. Ciseaux en mains, l’épais blister en plastique est sacrifié sans pitié, et une machine toute neuve en sort, libérée de sa prison opaque.

Première constatation, quelle finesse ! Un record pour une machine à piles (AAA X 4). Des lignes travaillées, un dessin élaboré avec soin. Une maturité du design, à des lieues d’une massive Graph 80 de 1998 par exemple. L’habillage plastique est à l’avenant. Dur et brillant, il avait été inauguré pour le CASIO CP-400 – en version noire – puis sur la famille des Classwiz. Ici il est blanc, couleur du modèle français. Certaines légendes de touches imprimées en façade ressortent mal, c’est dommage.

Un effet visuel impressionnant : le gris profondément sombre de l’écran éteint. Allumé, un monde de couleurs s’éveille.

L’apport de cette nouvelle Casio Graph-90 ne serait-il qu’esthétique ? Il est clair que les fonctionnalités demeurent extrêmement proches de celles de la Prizm Fx-CG10.

Qu’en est-il de la vitesse de calcul dont on dit ici et là le plus grand bien ?

Casio nous a habitués dès 2005, avec sa Graph 85, à des modèles remarquablement rapides. A cette époque, la vitesse va devenir la préoccupation des constructeurs. HP sortira sa 49G+ dont le processeur ARM clouera sur place les 48 et 49 à classique processeur Saturn. Puis va surgir la Ti N’spire, longtemps demeurée championne de la vitesse de calcul.

Arrive 2010 et une petite HP-30B financière rapide comme l’éclair. Puis on accélère très fort vers des sommets avec la HP-39GII de 2012, puis la HP-Prime un an plus tard, aux chronos inégalés.

Où se situe la nouvelle Casio Graph-90+ dans tout ça ?

En première approche quelques tracés de courbes, l’exécution d’un petit programme, le lancement de l’optimisation mémoire confirment la sensation d’un excellent tonus général.

Reste à l’évaluer aussi finement que possible. Pour ce faire, j’ai soumis la 90 et machines sus-nommées – sans oublier sa consœur Ti 83 Premium CE -, à quelques tests mêlant calculs et tracés. On se souvient des griefs portés à l’endroit de la Prizm CG10, non sur sa vitesse de calcul proprement dite, mais sur celle des tracés, notablement plus lents que sur les modèles CASIO à écran noir & blanc.

Tests pratiqués (*) :

  • Le calcul en boucle. Fidèle à mes habitudes, j’ai chronométré les machines sur le programme classique de cumul des 360 sinus. Sauf que pour de tels bolides, l’étendue de 1 à 7200 s’est montrée plus adaptée.
  • Le tracé en direct de 3 sinusoïdes simultanées.
  • Un tracé programmé : spirale rectangulaire, une suite de « plot » et « line« .
  • Un tracé programmé : le dessin d’une fractale.

A l’issue de ces quelques tests, les conclusions sont simples : En calcul pur et en tracé de simples courbes, la GRAPH 90 bat toutes les CASIO à la course (presque 2 fois mieux que la Prizm CG10), ainsi que la Ti 83 Premium. Elle fait tout bonnement jeu quasi égal avec la Ti N’spire. Mais échoue encore derrière les reines de l’asphalte HP, en particulier la Prime.

Les choses sont différentes en dessin programmé, point noir de la Prizm. Si le progrès réalisé est important, le problème de lenteur en dessin n’est pas résolu pour autant par la 90, les deux Casio couleur se voyant battues à plate couture par leur aînée Graph 85(**) de 2005 (fractale tracée en 23 s contre 41 s pour la 90, et 100 s pour la Prizm). La Ti-83 Premium CE s’en sort mieux, quoique distancée elle aussi par la vaillante 85. L’écran de tracé est par ailleurs notablement plus étroit que celui de la Graph 90.

Au chapitre des différences entre la Casio Graph-90 et son aînée Prizm FX-CG10 : Les icônes de menus sont d’un dessin léger et diffus sur cette dernière, bien rectangulaires et colorés sur la première. Au point qu’on se surprend à poser le doigt dessus. En pure perte car rien de tactile ici.

Le minuscule symbole d’occupation est différent aussi. C’est anecdotique. Ce qui ne l’est pas en revanche, c’est le positionnement revendiqué par les deux machines. La Prizm de 2010 se voulait une double rupture: la technologie couleur et le design, ce dessin hardi qu’aucune Casio récente n’avait osé revêtir avant elle. Tout au contraire, La Graph-90 se veut rassurante, une Casio absolument « normale », bien à sa place dans le rayon du magasin, plus encore dans le panier de l’acheteur dont on sait qu’il n’aime pas beaucoup les expérimentations hasardeuses. Il s’est montré très méfiant envers « l’ovni » Prizm FX-CG10 dans le passé, du moins en France.

On continue sur le jeu des différences : les manuels comparés montrent une consommation moindre pour la nouvelle venue. C’est une bonne nouvelle quoique l’autonomie de la Prizm ne soit pas réellement problématique. Et enfin l’odeur désagréable de composants de la Prizm, partagée par le Casio CP-400, semble éradiquée.

On fait parfois le reproche à Casio de perpétuer un environnement de travail qui n’évolue plus depuis longtemps. La Graph-90 n’est certes pas la calculatrice de l’extrême. En cette fin de décennie 2010, elle pourrait représenter une sorte de synthèse des différentes innovations de cette décennie. Et aussi des pistes prometteuses puis abandonnées : pas de contagion du calcul formel sur l’ensemble des modèles, cela reste réservé au haut de gamme, toutes marques confondues. Pas de généralisation non plus à ce jour de l’écran tactile. Casio et HP savent faire, Ti temporise, le public ne le réclame pas à cor et à cri.

Bienvenue donc à cette belle Casio indéniablement rapide. Je me demande quand même si je ne préfère pas la Prizm, porteuse d’une réelle innovation maintenant entrée dans le rang, et dotée d’un clavier au meilleur toucher selon moi.

 

(*) Les tests pratiqués visent à dessiner une image générale de la performance. Je ne doute pas que les programmes utilisés puissent être adaptés ou optimisés de façon à modifier quelque peu telle ou telle mesure. Par ailleurs, il semble que toutes les Ti N’spire ne soient pas identiques dans leurs résultats en calculs de vitesse. Ici la machine testée est la Ti N’spire CX non CAS, qui m’a semblée moins véloce que la Ti N’spire à écran n&B.

(**) La CASIO GRAPH 85 (Nom international 9860G) utilisée est de version 1, soit la ROM 01.00.00

CASIO FX-5500

La CASIO FX-5500 est une machine singulière. D’un format horizontal qui rappelle à coup sûr les Ordinateurs de Poche des années 80, elle en reprend le long afficheur LCD ainsi que la molette de contraste.

La 5500 n’est pas vraiment programmable, elle est pourtant davantage qu’une simple calculatrice scientifique. Ses spécialités sont la manipulation des formules : factorisation, simplification, développement. Les résolutions d’équations sont aussi au rendez-vous, y compris les systèmes à 2 ou 3 inconnues. Il existe trois mémoires dédiées aux formules (I, II, III), qui peuvent au besoin s’enchaîner les unes aux autres.

Le grand écran de 24 caractères est particulièrement adapté à l’affichage des longues propositions. Les exposants sont représentés comme il se doit en écriture naturelle, grâce notamment à la touche d’entrée dédiée Xn.

Des fonctions spécialisées bien sérieuses, on le voit, pour une machine à l’aspect métallique très agréable. Des couleurs vives, un volume et un poids idéaux en mains, la CASIO FX-5500 est une calculatrice qu’on manipule avec un vrai plaisir. Un couvercle de plastique se clipse en façade sur deux fines charnières qui permettent d’ouvrir et refermer la machine à la demande.

Quand la 5500 fut-elle produite ? Quelques indices placent le curseur à proximité de l’année 1986, sans certitude absolue cependant.

Machine singulière dans sa présentation horizontale et ses spécificités, la CASIO ne me parait pas isolée pour autant dans le paysage du calcul des années 80. Je vois dans le CANON F-300 et la SHARP EL-5100, deux machines au destin voisin : nées en pleine décennie des Pockets Computer programmables en Basic, en ayant hérité l’aspect et l’écran généreux, pourtant non programmables ou presque, et simplement totalement originales.

 

CASIO FX-201P

casio_201p

Comment expliquer que l’existence d’une telle pépite ait pu m’échapper pendant tant d’années ?

Quand je lisais l’Ordinateur de Poche au début des années 80, deux marques se partageaient l’essentiel du marché des machines programmables puissantes, en France du moins : Hewlett-Packard et Texas-Instruments. Leurs chevaux de course se nommaient HP-65, HP-67, HP-41, HP-29C, HP-34C ou TI-SR56, TI-SR52, TI-57, TI-58, TI-59 …

Des marques japonaises comme CASIO ou SHARP étaient surtout renommées pour des machines simples, à quatre opérations ou scientifiques peu originales.

Dans son grand article portant sur les machines programmables du moment, le magazine nous faisait assister à ce qui ressemblait aux débuts prometteurs des deux japonais, enfin décidés à jouer des coudes avec les constructeurs américains. SHARP, avec un PC-1211 dernier cri, qui recueillait tous les superlatifs des rédacteurs, et CASIO, qui ne montrait encore qu’une classique mais très moderne calculatrice programmable LCD, la FX-502P, dont les auteurs de l’article se montraient prudents à prophétiser l’impact.

Sauf que les deux grands japonais n’étaient pas complètement novices. Ils brillaient depuis quelques années, mais ailleurs. SHARP, avec un très intéressant PC-1201 ainsi que l’étonnant combiné (presque de poche) PC-1300, et CASIO avec une gamme d’énormes machines, la 201P ici présente, la 202P à mémoire permanente, et le PRO FX1 (*), équipé d’un lecteur de cartes magnétiques, à l’instar des reines HP-67 et TI-59.

Voilà que trente ans plus tard, je découvre la CASIO FX-201P, machine très originale, produite en 1976.

L’aspect est étonnant, les dimensions inhabituelles : 17,2 cm de haut, 10,4 de large, 3,4 d’épaisseur, 364 g en ordre de marche, 6 rangées de touches en bas, 7 en haut, c’est du hors-norme. La machine est belle, l’esthétique n’est pas brute mais soignée, avec des courbes discrètes qui en font un très bel objet.

Bien que machine de poche, la prise en main nécessite un peu d’habitude. A ce sujet, nous trouvons peut-être ici l’explication des touches absentes du clavier, fait coutumier chez CASIO. Pourquoi en effet laisser un trou en bas entre les touches EXP et =, et en haut à droite sous START ? Pourrait-il s’agir d’une aide à la préhension, le pouce d’une personne droitière trouvant tout naturellement sa place dans cet emplacement libre. Idem pour l’espace du bas qui permet d’attraper fermement la machine sans appuyer sur aucune touche. C’est spéculatif mais je parie dans ce sens.

Point paradoxal, la FX-201p ne possède pas un grand nombre de fonctions préprogrammées, contrairement à ce que suggère la profusion des touches. Nous trouvons les racines, les logs, la trigonométrie et c’est à peu près tout. Les touches aux légendes les plus mystérieuses sont réservées à la programmation de ce qui, en 1976, se classait davantage comme un ordinateur qu’une calculatrice. Témoin, la position « manuel » du sélecteur de programmation qui sous-entend que la règle est avant tout ici le calcul programmé.

La documentation est indispensable pour s’approprier le protocole de programmation. On découvre alors un système souple, puissant, et finalement simple. L’affichage n’étant pas alphabétique, les touches ont leur code, souvent un mélange de chiffres et de caractères étranges. Les codes sont gravés sous les touches correspondantes, ce qui facilite la relecture des programmes. Les données d’entrée et de sortie bénéficient de leur propre touche : ENT pour introduire les paramètres et ANS pour afficher les valeurs de sortie. A noter que deux lumières rouges à la base de l’afficheur fonctionnent de concert avec ces touches. Le test IF, très particulier, porte sur trois statuts à la fois : inférieur, égal, supérieur, et effectue les branchements en conséquence. Les sous-programmes et l’adressage indirect sont gérés.

Les défauts dont souffre la 201P sont la limitation de la mémoire de programme : 127 pas seulement, c’est peu, et elle n’est pas permanente. La vitesse de calcul n’est pas vertigineuse, on s’en serait douté pour une machine de 1976. Le test du calcul programmé de cumul des 360 sinus est exécuté en 11 minutes, soit 660 secondes. Les futures HP-41, TI-59 ou SHARP PC-1211 tourneront entre 290 et 400 secondes. Mais les suivantes, HP-15C ou TI-66 feront pire que la 201P.

Que manquait-il à ce superbe calculateur, que les machines modernes apporteraient quelques courtes années plus tard ? Une imprimante, une interface cassette ? Rien de tout cela ici. la CASIO 201P n’offre aucune connectivité, excepté le cordon mural d’alimentation 220V.

A bien regarder, il existe pourtant un compartiment mystérieux, accessible en ôtant une vis au dos, qui montre ce qui ressemble fort à un port de connexion. Mais je ne sais pas encore à quoi.

(*) Cette famille de calculatrices comprend aussi la PRO-101, absolument introuvable et connue par 2 ou 3 photographies de prospectus (japonais) d’époque.

AJOUT DU 1ER NOVEMBRE 2019 : Tout peut arriver à notre époque. Voici que la légende PRO-101 vient de prendre forme. La PRO-101 existe bien, elle a été aperçue par un collectionneur que je connais bien (ce n’est pas moi malheureusement) qui est parvenu à se la procurer. Ce modèle est maintenant chez lui et les premières photos ont été prises. Félicitations à lui !

CASIO CP-400

Il est plus facile de faire le tour d’un hameau que d’arpenter chaque rue d’une grande capitale. Quel peut être le regard d’un passionné d’anciennes calculatrices sur un sujet vaste comme le moderne CASIO CP-400 ?

Peut-être vaut-il mieux se limiter à la périphérie de la mégalopole, qu’on observera d’un œil candide du plus haut d’une tour, pour ne pas se perdre …

Un peu d’histoire.

Peu après l’an 2000, CASIO lance une calculatrice de conception entièrement nouvelle. Il s’agit du ClassPad 300, machine graphique formelle et programmable à écran piloté par stylet.

Entièrement nouvelle ? je me souviens de l’effet de surprise quand je l’ai découvert. Impossible pour moi de ne pas y voir, du moins dans la philosophie, le projet Xpander du concurrent HP : même écran tout en hauteur, même clavier réduit à sa plus simple expression, le stylet, la géométrie …

Quelle qu’ait été la source d’inspiration, le ClassPad fut bel et bien produit, ce ne sera pas le cas du Xpander, dont le projet fut abandonné.

Le ClassPad 300 ne sera pas un franc succès. Pour autant, CASIO ne renoncera pas à le pérenniser, lançant à sa suite un 300S de meilleur écran, puis un 330S, et enfin en 2013 le CP-400.

Observer du haut d’une tour permet de profiter de points de vues inhabituels. Par exemple sur la genèse de ces modèles. Quand on considère aujourd’hui les 300 et 400, la filiation, la continuité semblent aller de soi.

Pourtant mine de rien ce sont deux philosophies indépendantes qui ont sécrété ces appareils. Ainsi le 300 de 2003 colle à son temps : celui du Palm Pilot bien sûr et autres appareils à stylets qui sont alors partout. Le stylet est d’ailleurs l’argument accrocheur du prospectus ClassPad. En 2013, dix ans plus tard, une éternité s’est écoulée. Qui se souvient des Palm Pilot ? Le CP-400 surfe désormais sur la mode des écrans tactiles, celui des tablettes, des smartphones, des automates de guichets, pilotés par le mouvement d’un index d’une virtuosité inconnue en 2003.

Le CP-400 incorpore encore un stylet, mais il se commande tout aussi bien du doigt qui pointe ou qui glisse. Deux machines de conception similaire, pour deux contextes sociétaux pas tout-à-fait identiques.

Avec son grand écran couleur HD tactile le CP-400 frappe fort. La technologie retenue ne permet pas le zoom par le pouce et l’index, mais la navigation reste très confortable. Notre smartphone nous a accoutumé au basculement d’écran. On pense que le CP-400 en fera autant. La fonctionnalité est bien gérée mais pas automatique (touche dédiée) et tous les modes ne l’autorisent pas, c’est dommage.

Braquons un instant notre longue-vue sur l’appareil. Le dessin est soigné, le matériau plastique dur et brillant lui donne belle allure. L’épaisseur, le poids (4 piles AAA) restent prononcés. Un écran magnifique, immense et très coloré, du moins lors de l’invite de menus. Passée l’invite, l’environnement de travail sera dans des tons plus pastels.

L’utilisateur du ClassPad 300 n’est pas vraiment dépaysé. Il retrouve avec plaisir un système d’exploitation discret mais riche et interactif. A l’utilisation le CP-400 se montre très sérieux, voire austère tant il se presse de vous emmener dans son monde rempli d’équations mathématiques plus complexes les unes que les autres.

Le clavier virtuel est pratique. Il a progressé mais reste perfectible, la touche d’affectation de variable n’étant pas encore disponible pour tous contextes.

La programmation est bien sûr possible et puissante là aussi. A la marge, on pourrait juger les programmes peu lisibles, les caractères se montrant trop agglomérés les uns aux autres pour dessiner une structure claire. C’est anecdotique sans aucun doute, mais d’autres font mieux de mon point de vue.

Fin de cette présentation d’une machine de haut de gamme très puissante. Il existe sur le Net des pages écrites par de vrais spécialistes. Le lecteur désireux d’en apprendre plus sera bien inspiré de ne pas se contenter de cet article qui ne fait effleurer le sujet.

Une petite digression pour finir. Lors de son lancement en 2003, le premier ClassPad fut présenté par Casio comme la toute première calculatrice graphique à stylet. Or c’est faux, puisqu’une telle calculatrice a préexisté : la SHARP EL-9600.

 

D

CASIO FX-790P

CASIO_FX-790P

1985. Les tout premiers Pockets Computers sont désormais loin. La passion qu’ils avaient suscitée s’est muée petit à petit en raison.

Témoin, ce CASIO FX-790P que je découvris de mes yeux à la FNAC de l’Avenue de Ternes à Paris en 1985 ou 1986.

Je l’avais aperçu sur un prospectus CASIO et n’y avais pas prêté grande attention. Machine sombre, sérieuse, rationnelle, mature, dépassionnée.

A la FNAC, il se trouvait placé bien en valeur, et j’étais étonné de son succès. De jeunes cadres, bien sérieux eux-aussi, papillonaient autour, cherchaient à le prendre en main, le toucher, avec un sourire non contenu de convoitise.

Le FX-790P était high tech, ce qui se faisait de plus actuel en matière de pocket basic programmable. Son design fonctionnel faisait mouche. Replié en deux, il entrait dans n’importe quelle poche, pour en surgir au bon moment et estomaquer les amis.

 

 

CASIO FX-7500G

CASIO7500-1

Née du même élan créateur que la CASIO FX-7000G, la CASIO FX-7500G est une machine que j’ai tendance à oublier quand je pense à la toute première génération de calculatrices graphiques.

Il faut dire que sa présentation est très originale. Ici, point de verticalité exacerbée, mais un souci de compacité, de mobilité, avec un dispositif à charnière qui permet de la replier en deux pour mieux l’emmener partout.

Les fonctionnalités et le comportement – pas la mémoire – sont en tous points ceux de l’aînée 7000 de 1986. Pour autant, la 7500G ne lui est pas exactement contemporaine. Elle daterait de l’année 1988, si j’en crois ce qui se murmure sur le net, ainsi que mon prospectus de rentrée des classes 1988 où elle est représentée avec petit panonceau « nouveau« .

Si je devais proposer une chronologie précise au sein de la première gamme graphique Casio, je verrais bien une 7500 qui s’intercale entre les 8000 et 8500. L’ordre d’apparition des modèles serait donc  : Dans un premier temps (1985) les 7000, 6000 et 6500, puis un peu plus tard (1986 ?) la 8000, puis la 7500 en 1988, et enfin la 8500 qui clôt ce tout premier âge. A moins que la 8500 soit de quelques mois antérieure à la 7500 … C’est dommage de ne pas savoir.

La CASIO FX-7500G présente quelques différences avec la 7000G d’origine : la taille mémoire d’abord, bien plus confortable, de 4000 octets. Ouf, on est enfin moins serré aux coudes … Le clavier ensuite, reprenant exactement les légendes de la 7000, mais en les dispersant sur les deux parties de la façade. L’utilisateur de 7000 se trouve face à une machine nouvelle qu’il doit ré apprivoiser.

Le clavier à effleurement n’est pas le trait le moins original de cette machine. Ainsi, contrairement aux claviers classiques où les touches s’enfoncent à des degrés divers, le simple contact du doigt sur la zone de touche est ici suffisant. Le dispositif est efficace, plutôt sûr. L’absence totale de réponse mécanique déroute cependant. La sensation est très semblable à celle d’un émulateur embarqué sur notre smartphone d’aujourd’hui.

Une devinette : l’écran de ce modèle repliable est-il de mêmes dimensions que celui des cousines verticales ? Eh bien non. Il est plus petit. Deux millimètres en moins pour la largeur et presque un centimètre pour la hauteur. Les caractères sont donc assez petits et réclament de bons yeux.

Consacrons un instant à l’examen des performances de la FX-7500G, vitesse et précision, qu’on peut imaginer identiques à celle des autres modèles de la gamme, très homogène sur ce point. Je précise que je mesure toujours ces deux caractéristiques au moyen d’un programme simple(*). J’utilise en complément le test Forensics(**) qui permet de révéler la « signature » du processeur.

Et concernant la gamme des premières CASIO graphiques, ce dernier test est formel, nous avons bien affaire au même processeur, on s’en serait d’ailleurs douté. Le plus logiquement du monde, la précision montrée par mon test des sinus se révèle identique sur tous ces modèles, FX-7500G compris … sauf pour les 6000 et 6500, machines à écran 4 lignes, qui se permettent la fantaisie inouïe de donner, pour une valeur Forensics absolument identique, un résultat différent à ce test (***). J’ignore pourquoi.

La précision de la 7500G, on le voit, est bien celle de la gamme, du moins celle des écrans à 8 lignes.

Pour la vitesse, la 7500 se démarque, elle exécute le test en 18 secondes, ce qui est remarquable pour son époque, contre 25 pour l’ensemble de ses cousines verticales, qui se débrouillaient déjà bien.

En conclusion la FX-7500G est une machine originale par sa philosophie compacte, discrète, soignée. Elle ne renie pas sa filiation au sein d’une gamme davantage exubérante, colorée, toute en verticalité.

Promis, après avoir découvert la jolie et puissante Casio FX-7500G, aucune chance que je l’oublie dorénavant quand j’évoquerai les toutes premières calculatrices graphiques de l’histoire.

(*) programme calculant et cumulant chacun des sinus des angles 1° à 360°. L’écart au résultat théorique (zéro, rarement atteint en pratique) permet de caractériser la précision de calcul. Par ailleurs le temps requis pour dérouler le programme permet de caractériser la vitesse de calcul.

(**) http://www.rskey.org/~mwsebastian/miscprj/forensics.htm

(***) la série 6000 retourne la valeur 1.1812E-10, les séries 7000 et 8000 retournent la valeur -4.883E-11. Les 3 séries retournent unanimement la valeur 5.90443E-07 au test Forensics.

CASIO7500-2
CASIO7500-3
CASIO7500-4

 
Merci à kweeky
 

CASIO RM-9800 RM-9850Ga

CASIO-TWINCOLOR

Depuis 2010, les calculatrices de haut de gamme ont franchi l’étape de l’écran HD couleur.

Les représentantes de cette technologie sont aujourd’hui les Casio « Prizm »Fx-CG10, Graph-90+E, Ti n’Spire CX, Ti-83 Premium CE, Casio CP-400, HP Prime

Une excellente définition d’écran au prix d’une consommation élevée, jusqu’à un watt entier pour le CP-400. Mais comment revenir aux gros pixels noir & blanc après avoir goûté ce luxe ?

On se souvient que dans les années 90, Casio avait inventé un écran à 3 couleurs. Le principe ne rencontra pas un grand succès et resta cantonné à quelques modèles. Les constructeurs concurrents restèrent à l’écart de cette innovation. Si l’utilité des trois couleurs n’était pas bien démontrée, au moins, la consommation n’était pas pénalisée.

Ce que j’ignorais jusqu’à présent, c’est que deux types d’écrans étaient concernés : celui de 16 caractères de largeur et celui de 21.

J’ai eu la chance de mettre la main tout récemment sur deux magnifiques machines équipées de ces écrans. Elles sont couleur crème, marque des modèles équipés de l’interface vidéo.

La RM9800, la plus ancienne, possède l’écran de 16 caractères, contre 21 pour la RM9850Ga. Cette dernière est une Graph 65 recarrossée, et ne se rencontre sous cette forme que munie de l’interface vidéo.

Vingt ans après, je redécouvre avec un vrai plaisir ces écrans couleur étranges et désormais complètement rétro …

 

 

CASIO FX-8000

CASIOFX8000
 

Tout à la fois calculatrice scientifique, chronomètre et gestionnaire d’alarmes la CASIO FX-8000 reste typique de la production de la fin des années 70 : extra-plate, afficheur LCD jaune, et façade métallique.

Mon modèle est dans un état moyen. Le grand commutateur en particulier est devenu trop instable pour une utilisation confortable des différents chronomètres.

L’aspect calculatrice est très classique. Une particularité d’affichage cependant : sachant que la mantisse d’une valeur ne peut avoir qu’au plus 6 chiffres sur cette machine, mais que rien ne bloque une saisie de 7 ou 8 chiffres, au moment de l’appui sur la touche d’exposant la mantisse se verra tronquée à 6 chiffres, tandis que le point décimal restera affiché à sa position préalable.

Par exemple, si je veux taper la valeur 78945612. E 26, l’écran affichera dans un premier temps 78945612. (la position du point est normalement à droite par défaut), puis à l’appui de EXP, il passera à 789456  0.0 soit en conservant la position initiale du point décimal sur l’afficheur, puis 789456  2.6 après l’entrée de l’exposant de 10. Une pression sur EGAL restituera la valeur dûment mise en forme 7.89456  33.

Le point décimal au sein de la zone d’exposant ne se rencontre qu’à l’entrée de la valeur, jamais à l’affichage d’un résultat.

Grâce à ma CASIO FX-8000, je peux enfin mesurer la rapidité de mes machines programmables avec un chronomètre de grande valeur !

 

CASIO FX-7000GA

CASIOFX7000GA

La CASIO FX-7000GA est très similaire à la 7000G de 1986. Elle est probablement sortie quelques mois plus tard mais je ne dispose pas d’informations précises à ce sujet.
 
Quelques différences : le coloris de la façade et des touches. Et aussi les légendes secondaires des touches × et ÷ qui de sont déplacées vers le bas sur la GA.
 
CASIOFX7000-G-GA
 
Pour le reste, les caractéristiques sont identiques. La 7000 GA est donc logiquement aussi attachante que son aînée 7000G !
 
Cette machine m’a été gentiment procurée par un collègue de retour d’une brocante.
 
 
Merci à Christophe

CASIO GRAPH 100

CASIO_GRAPH1008

Cette calculatrice de haut de gamme CASIO me paraît importante, entre autres raisons, pour sa réussite esthétique. Et ceci n’engage que moi bien évidemment.

Il me semble qu’avec cette machine est atteint un aboutissement du concept de calculatrice graphique, apparu en 1986, avec la Casio FX-7000G.

Souvenons-nous que la FX-7000G tournait la page de l’ère « basic » en proposant des calculatrices à possibilités graphiques : afficher le tracé et l’analyse des courbes. L’aspect de la FX-7000G était étrange : un retour brutal à la verticalité, avec une hauteur impressionnante, quasi dérangeante, un écran très carré, et beaucoup de touches multicolores. Une gamme s’était rapidement constituée, avec la FX-8500G pour évolution ultime.

Puis arriva la FX-7700G qui présentait la première mutation esthétique importante, démontrant qu’une machine graphique pouvait être belle : cette fois le design incorporait naturellement l’écran (toujours bien carré) dans le prolongement du clavier.

Avec la GRAPH 100, le concept initial de la FX-7000 est abouti : ainsi la coque, d’un seul bloc, intégre de façon harmonieuse l’écran graphique qui semble enfin devenu rectangulaire, donc plus agréable à l’œil que le carré d’origine. On constate que la Graph100 possède un dessin pur et travaillé, avec des galbes discrets, quasi sensuels. Quel que soit l’angle sous lequel on regarde, l’œil est flatté. A titre de comparaison, la toute proche GRAPH 80 a un aspect autrement plus fruste et lourd.

Enfin, l’afficheur monochrome est de grande qualité : superbement fin, magnifiquement contrasté, et sans le moindre reflet.

 
CASIO_GRAPH100

CASIO GRAPH 25+ PRO

CASIO25

Cette machine toute bleue constitue l’entrée de gamme graphique chez CASIO, juste avant la Graph 35+.

Elle reprend nombre de caractéristiques de celle-ci, dont la rapidité et l’excellente précision.

L’afficheur est plus petit ce qui est dommage mais le contraste reste très agréable. Et là aussi, parmi les fonctionnalités de programmation, on retrouve la gestion des chaînes de caractères.

Une belle machine au maniement agréable, mais pas autant selon moi que la 35+ plus généreuse.

CASIO FX-JUNIOR – CASIO FX-220

CASIO-JUNIOR-2

Plusieurs articles ici évoquent une classe de calculatrices qui furent répandues dans les 70e : les semi-scientifiques.

Ces machines s’intercalaient entre la calculette 4 opérations de base et la calculatrice scientifique, dotée de fonctions trigonométriques et logarithmiques.

Les fonctions communes aux semi-scientifiques : la racine carrée bien sûr, l’élévation au carré, l’inverse, PI, parfois les parenthèses, l’échange des registres X-Y, le changement de signe …

Si on en croit la mention apposée sur sa boîte, la CASIO FX-junior serait une calculette destinée aux écoliers de classes de CM2. Je propose de regarder aussi la Junior comme la digne représentante des vaillantes semi-scientifiques d’antan.

Car la FX-Junior est bien une machine extrêmement pratique pour un usage quotidien, et pas seulement celui d’un écolier ! légère, minuscule et bien plus puissante qu’une calculette 4 opérations.

Outre les fonctions énumérées plus haut, la Junior traite les Puissances, la division euclidienne, les fractions, et elle dispose même de 2 touches programmables, permettant l’enregistrement et l’exécution à la demande d’une séquence de touches.

Et non contente d’offrir le confort d’un afficheur à 10 positions, la notation avec exposant est gérée !

La FX-junior est une calculatrice à avoir toujours sur soi …

Plus bas, la grande sœur de la Junior, la FX-220, sous le nom ici de SCIENTIFIC 08, dénomination du magasin AUCHAN. Sous un aspect identique à la Junior, débarrassée de la discutable couleur vert grenouille, la FX-220 est une scientifique complète et minuscule, sans rien de très pittoresque, exceptée la grande précision due à ses 15 chiffres internes.

CASIO-JUNIOR

CASIO FX-992S

Une calculatrice CASIO scientifique à 12 chiffres, ce n’est vraiment pas courant.

La CASIO FX-992S est une machine jolie, regorgeant de fonctions scientifiques, mais affublée d’un système d’entrée des données, appelé VPAM, peu convaincant de mon point de vue, en raison de son caractère hybride. Le VPAM se rapproche du maniement d’une machine graphique, avec des réactions qui rappellent une calculatrice classique à calcul en chaîne.

L’idée est de permettre à l’utilisateur de taper une fonction, et même une proposition comme on la lirait sur le papier. L’ennui, c’est que les fonctions se notent par convention soit devant, soit derrière la valeur. Ainsi, les symboles d’élévation au carré, de factorielle, d’inverse sont derrière, ceux de racine carrée, de sinus, de logarithme sont devant. Celles derrière lancent le calcul à la pression, celles devant, ne pouvant deviner la taille du nombre à entrer, ont besoin d’un ÉGAL final. Cela fait brouillon et demande une bonne habitude pour taper sans s’agacer. Les concurrents tentés par ce mode « naturel » n’ont pas fait mieux.

A noter que la CASIO rappelle de façon alphanumérique, en haut à gauche de l’afficheur, le nom de la dernière fonction sollicitée et seulement celle-ci. Si l’on tape une proposition plus longue, celle-ci ne sera pas visualisée dans son intégralité et se limitera à la dernière touche tapée. Le résultat final sera pourtant celui de l’exécution de la proposition demandée. Concrètement, si je tape √√√65536, le seul dernier tapé sera affiché, le résultat correct 4 sera affiché après ÉGAL.

Le CASIO FX-992S est une très bonne machine, précise (14 chiffres de précision interne), puissante (statistiques à deux variables, régression linéaire, mode complexe, travail sur les bases de numération. Quant à son mode d’alimentation, il est constitué d’une cellule solaire couplé à une pile interne, pour une longévité « éternelle ».

CASIO FX-5800P

CASIOFX5800P

Une CASIO actuelle sans la moindre vocation scolaire, voilà qui est original.

Qu’a-t-elle de spécial cette 5800 ? Contrairement aux apparences, elle ne dispose d’aucune fonction de tracé graphique. Son couvercle intégré la destine à la poche d’une veste. Mais de quel professionnel ? Pas un financier, plutôt un ingénieur …

La CASIO FX-5800P est une scientifique pointue, intégrant une large bibliothèque de formules physiques interactives, avec affichage naturel des formules.

Elle offre aussi le calcul sur les bases de numération, les nombres complexes.

La programmation est un point fort de cette calculatrice. 28 Ko de mémoire pour y loger des programmes écrits dans la pure tradition du langage Casio, né en 1985 avec la FX-4000P. Pas de gestion de chaînes de caractères, c’est dommage, mais des structures de boucles inusitées sur l’aînée 4000P.

Très élégante calculatrice dans son design général, l’afficheur est en revanche peu défini, les pixels sont assez grossiers. On peut aussi mentionner la qualité de construction dont semble avoir bénéficié ce modèle, notamment le clavier à l’excellent toucher.

Concernant l’afficheur : je lui trouve une étrange parenté avec celui de la HP SmartCalc 300 S, et aussi la Citizen SR-270 College. HP et CASIO s’abreuvant à la même fontaine ?

Machine aussi rapide et précise que la CASIO FX-7000G de … 1986. Mais un appétit d’oiseau : une seule pile AAA pour animer la bête !

Conclusion : design réussi, vocation professionnelle, usage scientifique, programmable de grande capacité, afficheur généreux, performances banales, prix élevé. Une CASIO pas ordinaire.

CASIO FX-50 PLUS

CASIOFX50

Les calculatrices programmables munies d’un dispositif solaire sont rares.

On peut en conclure que la technologie solaire n’est implantée que sur les machines à « sollicitation légère ». Les programmables, et surtout les calculatrices graphiques en sont généralement dépourvues.

Les cellules ont pourtant fait des progrès. Elles savent depuis longtemps se contenter d’une surface réduite, comme c’est le cas ici. Et personnellement je n’ai jamais constaté le moindre dysfonctionnement d’une alimentation solaire. Technologie très fiable.

La CASIO FX-50+ est donc programmable. La capacité de 680 octets n’est pas énorme, en regard du gigaoctet tous azimuts de notre époque, mais pas négligeable loin de là. D’autant que la mémoire est divisée en 4 zones indépendantes.

Les fonctionnalités de programme sont les grands classiques d’aujourd’hui : des boucles de toutes sortes, mais pas de gestion des caractères (le Basic est loin).

Doit-on regretter les calculatrices programmables toutes puissantes d’antan ? les Casio FX-602P, les HP-42S … A moins de considérer que la programmabilité des calculatrices a évolué et mûri au cours du temps.

Ainsi l’ancienne TI-59 était pensée comme un véritable ordinateur individuel. Son langage de programmation était purement informatique, le manuel parlait de façon dogmatique des sauts conditionnels, des sous-programmes, de l’adressage indirect.

A cette époque l’informatique familiale prenait forme et les ordinateurs faisaient encore route commune avec les calculatrices. Le point culminant fut l’avènement du Basic, langage commun aux machines de tables et de poche.

Puis les calculatrices (du moins de classe moyenne) s’éloignèrent progressivement de la sphère informatique.

Aujourd’hui, une calculatrice comme la Casio FX-50+ (ou encore la Sharp EL-5250) dispose d’un module de programmation dont l’objet est plus l’aide à la résolution de problèmes répétitifs simples que d’empiéter sur le terrain des ordinateurs. Ce qui n’empêche pas les grosses calculatrices graphiques de proposer encore des langages très puissants (HP-50G, TI Titanium HP Prime … ) quoique la toute première génération des Ti N’Spire ait montré la volonté de penser la programmation autrement, voire de la supprimer purement et simplement (c’était le cas dans les tout premiers modèle de n’Spire, les suivants ayant par la suite intégré un module de programmation restant cependant à l’écart du domaine graphique).

Recentrons-nous sur la CASIO FX-50+, scientifique ultra complète comme on les aime en 2010. Elle dispose de vastes bibliothèques de constantes et d’équations pré-programmées faciles à mettre en oeuvre.

L’afficheur est généreux et bien contrasté. Il est de type Entrée/Sortie, avec une belle ligne supérieure très lisible.

Un petit reproche : on ne peut mettre en marche par la touche AC. Il faut aller chercher le ON tout en haut à droite. Pourtant le OFF est bien sur AC, alors pourquoi pas le ON ?

On l’aura deviné : rien de grave.

CASIO PRIZM FX-CG10

PRIZM-2

La Prizm de Casio est la première calculatrice à écran couleur haute définition.

Casio avait déjà conçu voilà quelques années des écrans 3 couleurs pour certaines de ses machines. Initiative originale non suivie par la concurrence, et abandonnée par Casio après quelques années.

L’œil de 2010 est largement habitué aux écrans fins et colorés, ceux des GPS, des smartphones … Il était temps de tenter aussi la HD couleur pour les calculatrices.

Jusqu’à présent la contrainte de portabilité, donc l’autonomie, n’encourageait pas un tel dispositif, réputé dévoreur d’énergie, d’autant qu’il pouvait sembler peu crucial, s’agissant d’afficher des nombres ou des courbes simples.

Et à l’usage en effet, l’utilité de la couleur de la Prizm ne semble pas providentielle, même si l’agrément d’utilisation est bien présent.

En revanche la haute définition apporte un confort et une modernité incomparables. Dorénavant, les menus ne sont plus grossièrement pixelisés, de nouveaux témoins font même leur apparition.

Le tracé d’une courbe est extraordinairement fin et précis. Quelques minutes passées en compagnie d’une PRIZM suffisent à démoder méchamment une simple Casio Graph 35+ à écran traditionnel.

Et une bonne nouvelle, la consommation, et donc l’autonomie de la PRIZM se révèlent bien maîtrisées. Et ce malgré le rétroéclairage quasi permanent.

Les performances de vitesse et précision de calcul sont identiques aux toutes dernières CASIO (excepté l’affichage de points qui se montre lent). Les fonctionnalités sont traditionnelles, la PRIZM n’est donc pas une calculatrice aussi puissante que les Ti-89 ou HP-50G. En contrepartie l’utilisateur ne sera pas déconcerté par le maniement de cette machine, au design par ailleurs novateur.

En conclusion : La Prizm me parait être une réussite : un afficheur couleur HD sublime, un design travaillé et inédit, un bon toucher de clavier, une machine simple et rassurante à utiliser.

Une page vient de se tourner et cette fois la concurrence emboîte le pas. Texas-Instruments a en effet sorti récemment une réplique, la Ti N’spire CX, avec écran HD couleur. Le progrès est moins brutal car la N’Spire bénéficiait déjà d’un écran très défini, mais noir & blanc.

Espérons que d’autres modèles vont maintenant surgir …

Ajout du 13.09.2017. Quelques années après la rédaction de cet article, la remplaçante 90+ de la Prizm vient d’entrer dans les rayons. Texas-instruments a produit entretemps la Ti-84C, remplacée elle aussi depuis par la fine Ti-83 Premium CE, tandis que HP sortait la Prime. La piste de la couleur n’a pas été abandonnée, elle est désormais dans les rayons ! 

Comme on le voit ci-dessous, l’expression « écriture naturelle » est bien à prendre ici au pied de la lettre.

PRIZM-8
PRIZM-1

Un tableau périodique des éléments de premier ordre
PRIZM4
PRIZM-3

 

CASIO FX-9750 II

 

CASIOFX9750
Vendue en France sous l’appellation Graph 35+, cette CASIO d’aujourd’hui est d’une utilisation très agréable.
 
A noter que CASIO semble avoir renoncé à la couleur vert grenouille pour ses modèles français. La 35+ est immaculée, ce qui fait ressortir son écran superbement contrasté et sans reflets.
 
Tout comme la Graph 85, calculatrice rapide comme l’éclair, la 9750 II est incroyablement véloce. Mais une nouveauté est à signaler. Elle concerne le langage de programmation. Celui-ci avait peu évolué depuis la CASIO FX-4000P de 1985. Langage agréable, simple, puissant mais dépourvu du traitement des chaînes de caractères, contrairement aux machines Basic, ou HP et TI concurrentes. C’est désormais du passé car, outre de nombreuses fonctionnalités de gesion des chaînes, on peut maintenant aussi stocker des chaînes (plutôt longues) dans des variables. Ces dernières sont cependant spécifiques et ne peuvent être renommées. C’est un peu dommage, mais on peut enfin programmer des choses très intéressantes sur cette machine.
 
D’une façon générale, la 9750 II est très ergonomique et c’est un véritable plaisir que de l’utiliser. Les menus horizontaux en particuliers sont très agréables. La CASIO FX-9750 II regorge de fonctions mathématiques, statistiques, financières … Mais pas de CAS (calcul formel) pour ce modèle de milieu de gamme.
 
Ajout du 23/07/2015
La 35+ est cette année commercialisée avec une fonctionnalité « examen ».  

CASIO FX-4500PA

CASIO_FX45000-2

Parmi les grandes questions que se pose l’humanité, en voici une bien ardue : quelles sont les différences entre une CASIO FX-4500P et une FX-4500PA ?

Outre l’année et le lieu de production, 1989 made in Japan pour la première, 1998 made in China pour la seconde, les différences sont minimes. Elles existent pourtant, bien qu’anecdotiques et principalement d’ordre esthétique.

Ainsi l’écran de la PA est entouré d’une zone de couleur beige, la zone est grise chez la P. Surtout, la PA semble enfin débarrassée du défaut de sa grande sœur : les vilaines traces d’adhérence laissées en façade par un film cellophane de protection se dégradant prématurément. Ce défaut est répandu sur les 4500P. La PA règle le problème, sa façade est nette, comme il se doit.

Pour dénicher une autre différence, il faut chercher du côté des inscriptions au dos. On y lit que l’alimentation n’est pas la même, à base de piles CR2025 pour l’aînée, de CR2032 pour la cadette. Du coup l’autonomie de la P est annoncée pour 3000 heures tandis que la PA en revendique 5000, selon les manuels. L’examen du dos de la 4500PA montre une abondance de caractères japonais, suggérant la possibilité d’un modèle orienté vers le marché japonais (simple hypothèse).

Le mode d’alimentation semble peser sur les performances. La cadette PA à l’appétit de chameau se montrera plus lente : Soumises à un même test de vitesse, la P demandera 140 secondes, il en faudra 160 à la PA. Ces deux chiffres sont d’ailleurs plutôt mauvais, la CASIO FX-4000P de 1985 exécutant ce même test en 62 secondes.

Aucune autre différence ne se montre entre les deux modèles, en tous cas je n’en ai pas trouvé. Il aurait été intéressant de mon point de vue de faire évoluer les légendes de touches de façade, dramatiquement petites, sombres et illisibles pour un œil moyen. Et c’est qu’il y en a des légendes, la 4500 étant dotée d’un grand nombre de fonctions de toutes sortes.

La 4500 P/PA est programmable, et son originalité est d’offrir un langage de programmation spécifique, alors que tant de calculatrices CASIO contemporaines se contentent de décliner un modèle créé en 1985 pour la CASIO FX-4000P. La capacité de 1103 instructions est la même sur les deux 4500. La mémoire programme peut être allouée si besoin à des registres de stockage supplémentaires, à raison de 8 pas par registre.

La présence d’une touche « pause« , paramétrable, est une très bonne surprise. Avec la CASIO FX-602P, la 4500 est sans doute la seule CASIO à langage non basic à proposer cette fonctionnalité bien utile.

Un petit reproche sur le plan matériel : la 4500 ne semble pas pourvue d’un dispositif, mécanique ou logiciel, de réglage de contraste. Machine puissante, dotée d’une philosophie spécifique, la CASIO FX-4500P ne ressemble pas aux autres CASIO. Cette originalité contribue peut-être à son succès, cette machine se révélant recherchée sur le marché de l’occasion. Le modèle PA était d’ailleurs toujours inscrit en 2014 au catalogue de maints revendeurs professionnels.

CASIO GRAPH 80

CASIO_GR80-1

Une des quelques calculatrices à écran coloré fabriquées par CASIO au cours de la décennie 90.

Aujourd’hui, en pleine la révolution des écrans, avec les HD couleur ultra-modernes des CASIO PRIZM, TI N’SPIRE CX et HP PRIME, on a tendance à oublier que CASIO s’était déjà essayé à la couleur par le passé. La concurrence ne suivit pas cette piste qui ne concernera que quelques modèle puis s’éteindra.

Visible dans un prospectus de rentrée des classes 1998, la CASIO GRAPH 80 occupe alors la place éphémère du haut de gamme. Rôle peu assumé, le suffixe 80 semblant déjà se résigner à l’arrivée un an plus tard de la GRAPH 100, qui culminera au sommet très longtemps, on la trouve encore de nos jours en abondance dans les hypermarchés (en version 100+ il est vrai).

Cette situation rappelle le triste destin de la belle TI-86, star absolue de la gamme Texas-Instruments, avant que la puissante TI-89 à calcul formel lui ravisse le titre et l’envoie dans l’oubli quelques mois plus tard.

Le calcul formel justement, la CASIO GRAPH 80 fut la toute première CASIO à le proposer. Là encore, la GRAPH 100 la détrônera avec un éventail plus complet de fonctions formelles.

La GRAPH 80 calcule vite, elle exécute mon programme de cumul des 360 sinus en 13 secondes quand la moderne 100 en exige 16. Le système de menus est de type horizontal, tandis que la 100 développera ceux-ci de façon verticale (mais la 100 est une exception sur ce point chez CASIO).

Et les couleurs alors ? avant que la GRAPH 100 ne leur substitue définitivement un bel écran noir et blanc superbement contrasté, on profite encore une fois de cet étrange écran coloré. Les couleurs (orange, vert, bleu) sont plutôt pâles. Elles peuvent toutefois s’ajuster manuellement. L’intérêt évident est de rendre les tracés plus clairs, les différentes courbes se colorant selon le ton spécifié par l’utilisateur. Mais on sent que l’apport général de la couleur n’est pas manifeste. Pire, on aimerait parfois pouvoir revenir au N&B pour profiter de la bonne définition qu’on pressent sous ces couleurs pastel.

Cet affichage reste pourtant une vraie originalité. CASIO a osé innover, ce n’est pas la première fois, avant de renoncer, probablement face à la relative tiédeur du public, jamais vraiment emballé par le dispositif.

A noter que « Graph 80 » est le nom modernisé de « CFX-9990GT« , encore visible tout en bas de la machine. Ces deux appellations sont françaises, le nom international de la machine étant CFX-9970G. C’est tout simple.

La machine peut être connectée à un ordinateur. Et pour le reste du temps, le port de connexion dispose de son cache anti-poussière en caoutchouc. Bon point pour CASIO.

Une petite anecdote en conclusion : mon modèle est une des dernières CASIO made in Japan !

CASIO_GR80-3

Le profil bizarre et tourmenté de la GRAPH 80, avec sommet et base concaves ! Sans doute pas un modèle de design …

CASIO_GR80-4CASIO_GR80-5CASIO_GR80-2

CASIO FX-135

CASIO135

Le constructeur CASIO ne s’en est jamais tenu à une formule. Il a toujours voulu se renouveler, explorer des pistes, tel le premier écran 3 couleurs, la calculatrice graphique, récemment l’écran couleur rétro-éclairé à haute définition (PRIZM).

Témoin de ce tempérament pionnier, la CASIO FX-135, machine pourvue d’un afficheur électro-luminescent (ELD).

L’afficheur de la FX-135 semble se situer à mi-chemin entre les segments lumineux du VFD (les fameux chiffres verts des calculatrices des années 70), et les classiques cristaux liquides (LCD) avec leurs segments finement dessinés et la profusion des indicateurs.

En consultant les sites spécialisés*, on apprend que l’intérêt du ELD réside dans la robustesse (chocs, vibrations, températures, humidité) ainsi que dans la rapidité des temps de réponse. On pourrait ajouter la visibilité sous une faible lumière, aucune calculatrice LCD n’ayant jamais eu, à l’image des montres LCD digitales, de dispositif d’éclairage ponctuel.

La FX-135 pourrait bien être la seule CASIO pourvue de cet affichage. Et peut-être même la seule calculatrice de ce type jamais produite. Il est difficile de dater le modèle, vraisemblablement produit au tout début des années 1990.

Le ELD du modèle photographié ci-dessus fonctionne, mais les chiffres sont devenus d’une grande pâleur, donc difficiles à discerner par grand jour. Par ailleurs, l’afficheur semble attaqué sur le pourtour par un mal qui rappelle « l’huile noire » (voir Sharp PC-1211).

La FX-135 hormis l’afficheur est une CASIO très conventionnelle sur le plan des fonctions ou du design. Elle fonctionne à l’aide de 2 simples piles AA. Le profil de la machine est cependant inhabituel, sans doute pour loger en interne l’afficheur spécifique.

Cette belle machine, qui tente de corriger les défauts des classiques cristaux liquides, en définitive peu gênants à l’échelle d’une calculatrice, est une simple piste, une tentative d’innovation technologique qui n’a pas été retenue, le LCD se révélant la meilleure solution du moment. Mais CASIO nous surprendra sans doute encore.

* Pour aller plus loin : Le Vintage Calculators Web Museum

Ci-dessous une vue interne de l’afficheur ELD

CASIO135-3

CASIO FX-8800GC

CASIO8800

Ultime déclinaison du modèle FX-7700G de 1991, la 8800 de 1992 n’est pas très différente. 2 fois plus de mémoire utilisateur, plus 8000 octets pour la gestion de fichiers. L’afficheur semble aussi un peu mieux contrasté. La consommation est toujours élevée et les 4 piles plates CR2032 sont à la peine.

L’intérêt que me semble présenter ce modèle réside dans la technique de fabrication, qui préserve enfin la façade de l’écaillement de la peinture, véritable malédiction des machines de cette famille.

CASIO FX-180P Plus

Une des multiples versions (l’ultime ? – année 2000) de la très populaire Casio FX-180P de 1980.

Un détail peu pratique à l’usage : le grand couvercle en plastique, censé se rabattre derrière la machine lors des calculs, et qui se montre encombrant. Pour ma part j’ai vite décroché ledit couvercle en forçant légèrement au niveau de l’axe d’ancrage. Il a fini par se déboîter, ce qui n’empêche pas de le replacer à volonté.

Que dire de cette version ? Un très bel afficheur criblé de nombreux témoins LCD, une machine bien finie, agréable à utiliser.

Sur le plan technique : Pour la programmation on dispose maintenant de 300 pas et non plus des 38 de la première 180P. Le langage ne semble pas avoir évolué mais l’édition du programme en clair (nom des instructions défilant à l’écran) est maintenant disponible, ce qui procure enfin un vrai confort de travail.

La rapidité de calcul se situe dans une honnête moyenne, ainsi que la précision, grâce aux 10 chiffres, internes et affichés.

En conclusion : machine moderne et agréable, qui sait préserver l’esprit de l’ancêtre 180P.

CASIO FX-8000G – CASIO FX-8500G

 

L’ultime évolution de la CASIO FX-7000G de 1985 : Une énorme 8000G, rejointe par la 8500G ci-dessous deux à trois ans plus tard.

Un concept de verticalité poussé à l’extrême, une large place étant consacrée à l’accueil des commutateurs de contact et pilotage de l’impression optionnelle (par interface FA-80).

Hormis cette possibilité d’extension, les 8000 et 8500 diffèrent peu du modèle 7000. Plus de mémoire bien sûr, les 422 pas de la 7000 constituant un minimum. Donc 6566 octet pour la 8500 et « seulement » 1446 pour la petite sœur 8000. On peut enfin programmer.

A souligner une fonctionnalité spécifique aux deux modèles : l’éditeur de fichier, qui permet de stocker et rappeler différentes sortes de données.

Vitesse et précision sont exactement celles de la FX-7000G d’origine.

Un mot sur la vitesse : la position du commutateur de façade de gauche influe grandement sur la vitesse de traçage des courbes à l’écran. En position HD, les points calculés sont plus nombreux, de façon à restituer une image de meilleure qualité en cas d’impression. Si aucun périphérique n’est connecté, le commutateur doit donc être placé sur N, ce qui restituera une bien meilleure vitesse de tracé.

Il existe deux moyens de distinguer au premier coup d’œil les machines l’une de l’autre : le tour d’écran de la 8000 est blanc, celui de la 8500 est sombre. Le clavier de la 8000 est visuellement identique à celui de la l’aînée 7000, alors que les touches de la 8500 sont spécifiques, la couleur de DEL et AC notamment.

Dernières évolutions du tout premier âge des calculatrices graphiques CASIO.

Mais la FX-7700G arrive …

 

CASIO FX-7000G

Il s’agit là de la première calculatrice graphique.

En 1985, CASIO invente ce nouveau concept, qui se révélera extrêmement fécond.

En quoi consistait la nouveauté :

– un grand écran graphique « carré »,
– un écran constitué d’une seule matrice de points,
– une excellente rapidité,
– un système de calcul « symbolique » : on entre une proposition telle qu’on l’aurait écrite sur papier, puis on « l’exécute », on l’évalue par appui sur la touche EXE.
– Mais aussi un dispositif de tracé de courbes, permettant de générer un grand nombre de tracés. Une fonction Trace permet l’affichage des coordonnées point par point, Plot permet l’activation de points à l’écran, Line le tracé de lignes entre deux points. C’est sommaire mais permet déjà beaucoup de choses.

Les fonctions statistiques à deux variables tirent profit du mode graphique. La régression linéaire prend tout son sens. Et on peut afficher des histogrammes, même si cette manipulation est un peu compliquée.

Le concept de zoom est déjà présent (Factor ici). Des exemples de tracés sont pré-enregistrés et exécutables simplement pour la plupart des fonctions scientifiques. Ainsi la frappe « GRAPH + TAN + EXE » trace la fonction tangente après avoir automatiquement placé les bornes adéquates dans RANGE. Pratique, visuel, pédagogique. On n’a pas encore l’effet de poursuite : taper flèche droite après un tracé relance celui-ci après décalage sur la gauche pour observer la suite de la courbe.

C’est donc vraiment un produit nouveau, perçu par l’acheteur de 1985 comme le haut de gamme CASIO.

La FX-7000G offre beaucoup de fonctions, y compris la programmation. Le langage est symbolique lui aussi. Il a été inauguré peu de temps avant sur la FX-4000P. Sa lisibilité ainsi que sa simplicité évoquent le Basic. La capacité mémoire est malheureusement bien mesurée : 422 pas, c’est vraiment peu. Et le langage pourrait être plus puissant : La fonction Pause n’est pas disponible et à la différence des machines Basic, la 7000 ne gère pas le traitement des chaînes de caractères. Il est heureusement possible de programmer l’apparition de messages, pour demander par exemple l’entrée de données ou pour annoncer un résultat.

La CASIO FX-7000G connaîtra un succès énorme de par le monde. Je l’ai découverte, pour ma part, un beau jour de l’année 1986, dans une librairie de Poitiers. Elle était accompagnée d’un modèle à écran moitié moins grand, la désormais rare FX-6000G. C’est cette dernière que achetai quelques mois plus tard à la FNAC de Lille. L’exceptionnelle verticalité de la 7000 me semblait encore étrange, avec cet écran « carré » qui s’apprêtait à traverser les décennies …

Je pus découvrir la 7000 chez mon frère qui venait d’en faire l’acquisition. Je pus la manipuler, et constater de minimes différences avec ma 6000 : 486 pas pour la 6000 et une fonction de scrolling de l’écran pour compenser la demi-hauteur, les fonctions hyperboliques sur la 7000.

La 7000G engendrera une famille : les 8000G et 8500G, modèles très similaires, mieux pourvus en mémoire, et conçus pour piloter l’interface FA-80.

A la suite de CASIO, TEXAS-INSTRUMENTS se lancera cinq ans après la 7000 dans la course aux calculatrices graphiques avec la TI-81. Entre-temps, SHARP aura tenté la petite EL-5200/EL-9000, tandis que HEWLETT-PACKARD sortira la toute puissante HP-28C, annonciatrice des futures HP-48.

CASIO a souvent innové au cours de son histoire, avec des succès inégaux. Le concept de calculatrice graphique est une belle réussite.

CASIO FX-6500G

CASIO6500-2

Depuis 1986, je ne connaissais cette machine que par la photo de couverture du manuel de ma FX-6000G.

Une vraie surprise, la photo du manuel ne permet pas de soupçonner le profil différent : l’écran de la 6500 n’est pas incliné, la machine est plate.

Ceci mis à part, ce sont presque les mêmes machines, à l’exception des fonctions hyperboliques, que la 6000G n’a pas.

Là où la 6500G se démarque, et pas seulement de la 6000 mais de toute cette première famille, c’est par un habillage métallique qui donne à cette Casio une allure réellement superbe et classieuse. Une intention confirmée par une douceur et un contraste d’écran qui me semblent  supérieurs aux 6000G et 7000G

Il est plausible que la 6500G ait été vendue plus chère que la 6000G. Mais près de quarante ans plus tard, comment savoir …

CASIO6000MANUEL

CASIO6500-4

CASIO6500-2 (2)CASIO6500-3

CASIO FX-7700G

Quand sort la FX-7700G en 1991, six ans se sont écoulés depuis l’arrivée de la toute première calculatrice graphique la CASIO FX-7000G de 1985. Le règne de la 7000G et de sa petite famille de modèles déclinés, les 60006500750080008500 s’est déroulé sans nuages, sans concurrence.

Les choses changent au début des années 90, les autres constructeurs sont ou arrivent sur la ligne de départ. Ils se nomment SHARP avec sa 9200, HEWLETT-PACKARD et sa redoutable HP-48SX, mais surtout TEXAS-INSTRUMENTS qui entend peser massivement sur le marché avec sa prometteuse TI-81.

C’est aussi ce moment que choisit CASIO pour renouveler sa gamme. La ligne de sa nouvelle 7700G est inédite. Toujours verticale, intégrant l’écran de façon plus agréable et naturelle. Le métal n’est plus de mise excepté la courte plaque arrière recouvrant les 3+1 piles CR2032.

Parmi les nouveautés les plus visibles, nous trouvons six touches F1 à F6 pilotant les fonctions graphiques, un vrai pavé directionnel et une touche dédiée pour la variable graphique.

Une nouveauté importante qui va permettre d’aérer le clavier est l’accès à des menus aux contenus visualisés à la base de l’écran et pilotables par les touches F1 à F6.

Et aussi une fonction de poursuite : juste après avoir affiché un tracé, une action sur le pavé directionnel poursuivra le tracé dans la direction souhaitée en modifiant automatiquement les paramètres d’échelle « Range« . Avec la famille précédente, les touches directionnelles rappelaient simplement l’équation initiale. Ici on tapera AC pour quitter la poursuite puis flèche avant ou arrière pour revenir à l’équation.

La toute nouvelle CASIO gère les matrices, le traçage de courbes polaires ou paramétrées, et montre un impressionnant calcul/affichage d’intégrales.

La mémoire est désormais confortable, avec plus de 4000 pas. Vitesse et langage de programmation sont ceux de la famille 7000G. La notion de zoom, embryonnaire sous la 7000G (factor), est maintenant plus élaborée et peut focaliser sur la zone choisie au moyen du sympathique outil graphique « box ».

Au passif de cette belle et puissante machine : une consommation élevée qui oblige à changer les piles plus souvent qu’espéré. Les concurrents auront systématiquement recours à des piles AAA. CASIO aussi mais attend encore un peu. Autre point faible, l’écran est moyennement contrasté. Enfin, un problème de construction : la peinture s’écaille inexorablement, surtout en bas de façade. Le couvercle à glissière n’arrange pas les choses.

J’ai acheté ma CASIO FX-7700G au moment de Noël 1991, à la FNAC des Halles à Paris. Après six ans de FX-6000G, l’effet de nouveauté me parut extraordinaire, avec notamment le menu d’accueil graphique, aujourd’hui bien simpliste mais impressionnant en 1991.

Ma 7700 a mal vieilli. Outre la peinture écaillée sur le bas, l’écran s’est fortement assombri voilà deux ans et des cloques y sont apparues. N’ayant pu résoudre le problème, j’ai finalement jeté cette machine irrécupérable et en morceaux. Comme elle me manquait, j’ai pu retrouver un modèle en parfait état.

Époque magique où il est tellement facile d’acquérir des modèles du passé.

CASIO FX-6000G

C’est lors d’une balade dans les rues de Poitiers en 1986 que je découvre par hasard une gamme inédite de calculatrices CASIO.

Sur le présentoir de la librairie sont rangées côte à côte des machines multicolores et remplies de touches « gomme ». L’une d’elles a un grand écran carré. C’est visiblement la plus puissante. Mais c’est la plus petite que je remarque, avec son superbe écran incliné. Quelques mois plus tard, je signe le chèque (660 Francs) à la FNAC de Lille.

A la mise sous tension, je contemple pour la première fois un afficheur graphique, de 4 lignes, tout en matrice de points. La 6000 est rapide, une vraie fusée. La ligne 69!+69!+69! est exécutée en un instant, c’est du jamais vu. Et le traçage de courbes se révèle un champ d’exploration captivant.

D’un point de vue calcul, la 6000 offre beaucoup de fonctions. J’apprécie beaucoup le nouveau mode d’entrée des données, commun depuis à (presque) toutes les calculatrices graphiques.

Ce mode est innovant. On a affaire ici à un évaluateur dans lequel on écrit de façon naturelle une proposition, au besoin très compliquée, qui sera évaluée numériquement après pression sur la touche EXE. Autre intérêt du système : l’affichage du résultat ne remplace pas les données d’entrée, les deux sont à l’écran.

Ainsi, si je tape 1337,28 – 242,60, ces données de départ seront encore affichées après apparition du résultat. Cette vision persistante des données entrées pallie un défaut des calculatrices classiques, à savoir la substitution des opérandes par le résultat, et donc le doute qui peut toujours subsister sur la justesse de la frappe initiale. Ici, le résultat peut toujours être rapproché pour contrôle des opérandes visibles, et modifiables si besoin.

La fonction ANS, qui renvoie le dernier résultat, est pratique et souvent utilisée dans ce mode. Et ici, on a la chance d’avoir une touche ANS dédiée. Ce sera loin d’être toujours le cas dans l’avenir où beaucoup de machines graphiques placeront la touche ANS en fonction secondaire. N’oublions pas que dans ce mode d’entrée « naturel », le symbole de racine carrée ou « log » se placent devant la valeur, comme sur le papier. En conséquence pour utiliser la valeur précédente, ANS est obligatoire.

Une petite déception concernant la programmation : 486 pas seulement, c’est devenu bien peu. Le langage, inauguré avec la 4000P est symbolique. On peut regretter l’absence d’une fonction Pause mais ce langage a tout de même l’avantage d’une grande clarté. Il permet l’affichage de messages lors des entrées et sorties, ce qui manqua pendant longtemps aux calculatrices programmables non alphanumériques. Les fonctions graphiques sont elles aussi programmables.

Une illustration de la modernité du langage de programmation : si je veux programmer le calcul du fameux discriminant réduit de l’équation quadratique d = b²-4ac cher à mes professeurs de lycée, la ligne de programme pourra sans problème être B²-4AC⇒D. Quoi de plus naturel me direz-vous ? Pourtant avec l’aînée FX-602P c’était une autre paire de manches : MR02 x² – 4 X MR01 X MR03 = Min 04

Trente-cinq ans plus tard, cette magnifique calculatrice fonctionne comme au premier jour, sans problème d’écran, de nappes ou de clavier. A noter que l’autonomie est correcte, bien que reposant sur une alimentation à piles bouton (CR2032 x 3). En comparaison, la future 7700G videra ses quatre piles plates plus vite.

A noter que la FX-6000G ne se trouve pas facilement d’occasion. Ce qui ne signifie pas pour autant qu’elle soit vendue chère. C’est un fait que le public, contrairement à moi, lui a toujours préféré la grande sœur, à écran carré, la FX-7000G, bien plus diffusée dans le monde.

Un mot sur le manuel : la couverture montre le couple FX-6000G et FX-6500G. J’ai mis des années avant d’en savoir plus sur cette dernière, qui est une vraie rareté. La présence des deux modèles sur la couverture du manuel commun parle en faveur d’une même année de naissance.

CASIO6000MANUEL

CASIO FX-4000P

La CASIO FX-4000P a succédé, du moins chronologiquement, (1985) à une géniale FX-602P sans descendance immédiate (il y aura bien une FX-603P mais ce sera pour la décennie 90).

Le langage de programmation est nouveau, il sera repris sur toutes les calculatrices graphiques CASIO qui arrivent, et il y en aura beaucoup. Un langage très visuel, simple, naturel, facile à relire, pouvant sembler incomplet (pas de fonction « pause » par exemple) mais qui s’enrichira à l’avenir. Ce langage manipule directement les variables sans plus passer par les nombreux rappels mémoire de la génération précédente, toutes marques confondues.

La FX-4000P est en quelque sorte une machine charnière qui annonce une ère dédiée aux tracés, aux écrans « carrés », aux cartables.

 
Mes remerciements à badaze

CASIO FX-502P

On connaît bien la CASIO FX-602P, calculatrice moderne sortie lors de la grande période d’effervescence du début des années 80. Ce qu’on sait moins, c’est que la 602 succédait à un modèle plus discret, parfois oublié, et pourtant abouti, la FX-502P.

La CASIO FX-502P est née dans un paysage dominé par les grosses calculatrices Texas-instruments ou Hewlett-Packard, machines à petits chiffres rouges, épaisses et équipées de volumineuses batteries.

Avec la cette 502P, plus rien de tel : Extra-plate, afficheur LCD généreux à 10 + 2 positions et mémoire permanente, (256 pas). Par ailleurs des fonctions de programmation puissantes : l’adressage indirect, les sous-programmes, et des possibilités optionnelles de sauvegarde par interface magnétophone et aussi d’impression avec la petite imprimante FP-10. Et une rapidité deux fois plus élevée qu’une TI-58.

La FX-502P ne connut pas un succès retentissant. Le public découvrait CASIO sur un créneau encore inhabituel. On connaissait bien ses petites calculettes, parfois scientifiques, mais le constructeur japonais avait-il l’étoffe nécessaire pour se frotter aux géants américains, et bientôt à SHARP qui s’apprêtait à sortir ses premiers ordinateurs de poche révolutionnaires ?

Oui, CASIO était prêt. Dans sa confrontation avec SHARP, il rendra coup pour coup, en présentant des modèles maintenant entrés dans la légende, comme le FX-702P, tout premier CASIO à langage Basic à entrer en scène, puis le PB-100, le PB-700.

Ces premiers ordinateurs de poche Basic vont donner un coup fatal à la FX-502P. Cette calculatrice, pas encore alphanumérique, est vue comme un dernier témoin du passé en dépit de sa rupture avec les vénérables américaines. Le public est désormais passé à autre chose. CASIO sortira pourtant à cette époque sa 602P, remplaçante d’aspect indéniablement voisin, mais alphanumérique cette fois.

Aujourd’hui, longtemps après la vogue du Basic, le couple 502 et 602 continue de fasciner les amateurs qui n’ont pas oublié ces deux belles machines de l’âge d’or. Avec le recul, il est possible de voir une 502 annonciatrice de ce que le public allait bientôt demander : la puissance, mais aussi la légèreté, l’autonomie, le confort.

J’ai vu de mes yeux cette calculatrice il y a bien longtemps dans une librairie de la rue de Saint-Quentin à Soissons, en 1980. Je ne l’ai plus jamais vue nulle part par la suite. Il me semble qu’elle coûtait 600 Francs, peut-être 400, bien trop pour moi en tous cas. J’étais ébahi par la générosité de cet afficheur moderne capable de dévoiler l’intégralité des dix chiffres en notation scientifique, quand les T.I. devaient en escamoter deux pour afficher l’exposant de dix. Et c’était la première fois que je voyais une programmable LCD. J’avais sous les yeux une réelle nouveauté porteuse de promesses.

Entre cette image fugitive au travers d’une vitrine et la rencontre avec le modèle photographié ici, 30 ans se sont écoulés. Magie d’internet …

Il n’est pas toujours facile de programmer une calculatrice non alphanumérique. Les instructions n’apparaissent pas en clair mais sous forme de codes chiffrés. Si ceux d’une TI-57 sont limpides à la relecture (formés par le couple n° de colonne/n° de rangée de touche), ceux de la 502P restent sévèrement hermétiques.

La photo ci-dessous montre le clavier recouvert de sa pellicule transparente amovible visualisant les fameux codes. Des codes bizarres qui en rappellent d’autres : ceux de l’énorme FX-201P de 1976. Voilà qui pose la question d’une filiation entre ces deux modèles. Le langage de programmation de la 201P est toutefois très différent.

Pour l’anecdote, la CASIO FX-502P se veut aussi une calculatrice musicale. Le manuel explique comment faire : des programmes particuliers, transférés sur cassette et lus par un magnétophone restituent des mélodies au son très électronique. La 502P a d’ailleurs été utilisée lors de l’enregistrement d’un titre célèbre du groupe de rock Kraftwerk. La musique étant un sujet sérieux pour la 502P, une seconde pellicule amovible est disponible, pour la correspondance entre touches et notes !

 

CASIO FX-730P

CASIO730

Petite machine produite en 1986 très agréable à utiliser.

C’est un des multiples Ordinateurs de poche apparus au cours de la décennie 80. Programmable en Basic donc. Et pourtant aussi calculatrice puissante car possédant nombre de fonctions scientifiques.

La mémoire de 16 Ko est confortable. La vitesse est intéressante : 54 secondes pour exécuter mon test de rapidité, quand le SHARP PC-1262, son contemporain, en demande 84. (L’ancien PC-1500 exécute le test en 72s, et 65s pour le CASIO PB-700).

La manipulation est agréable, l’appareil est léger, le clavier excellent. Des légendes de touches parfois minuscules cependant. L’écran quant à lui est généreux avec ses nombreux témoins et ses 24 caractères affichés.

CASIO730 (2)

CASIO FX-550 CASIO FX-570

TANDY-EC499

Sur l’image du haut, ma vieille TANDY EC-499, en fait une CASIO FX-550.

Achetée le 1er octobre 1983 dans une boutique d’électronique de CAMBRAI au prix de 299 Francs. Scientifique 10 chiffres sans surprises, je l’ai beaucoup utilisée … Ce qui peut expliquer son état. La EC-499 fonctionne mais son interrupteur est devenu capricieux.

A noter une mémoire permanente seulement en cas d’extinction automatique. Si extinction par interrupteur, les données sont perdues.

J’ai toujours su que ma TANDY était une CASIO mais j’ai mis beaucoup de temps à en découvrir la référence précise. J’ai pu acquérir récemment, en souvenir de la Tandy, la CASIO FX-570 ci-dessous, en bien meilleur état et pleinement fonctionnelle.

Ce sont les mêmes machines, la 570 proposant des conversions et les opérateurs booléens.

Deux belles machines très classiques. On décèle dans celle du dessous les prémices de l’esthétique générale de la future petite bombe CASIO : la FX-4000P

CASIOFX-570

CASIO FX-702P

Un des quatre ordinateurs de poche fondamentaux, selon moi. Le CASIO FX-702P est la réponse de Casio au mythique SHARP PC-1211, premier né de tous les ordinateurs de poche. La capacité de Casio à relever le défi fut une excellente et prometteuse surprise.

Esthétiquement, le 702 est différent : les touches du clavier alphabétique sont rangées de A à Z. On trouve beaucoup de fonctions scientifiques. Et les ordres Basic sont inscrits en clair au dessus des touches.

D’un point de vue technique, les caractéristiques sont assez calquées sur le PC-1211 : 1680 pas (contre 1424), 20 caractères affichés (contre 24). Presque trois fois plus rapide quand même.

Le langage de programmation est le Basic bien sûr. Les principales commandes sont directement accessibles (touches du haut), ce qui est une vraie bonne idée.

Un regret : le 702 est conçu pour recevoir un module enfichable de mémoire supplémentaire. Cependant celui-ci n’a jamais été fabriqué. Heureusement le 702, à l’image de la calculatrice FX-602P, peut se connecter à la petite imprimante FP-10.

Premier ordinateur de poche de Casio, le FX-702P sera suivi de dizaines de modèles au cours des années 80. Beaucoup seront plus conventionnels, mais pas tous !

CASIO PB-80

CASIOPB80

Ce magnifique appareil, il me le fallait ! Le design exceptionnel témoigne de la maturité du concept de Pocket Computer, calculatrices/ordinateurs de poche programmables en BASIC qui ont déferlé de toutes parts dans les années 80.

Pocket un peu à part, très recherché, le PB-80 n’est pas un gadget. Il est notamment plus riche en fonctionnalités que le PB-100, best-seller bien plus classique en tous points.

L’écran est minuscule : 12 caractères tout au plus. Pour en tirer le maximum, on découvre un symbole d’exposant étonnant. L’espace qui lui est consacré, d’un seul digit, intègre le signe « moins » quand nécessaire. C’est ingénieux et inconnu par ailleurs.

CASIO FX-602P

Machine mythique pour qui s’intéresse à la période des années 80.

En 1981, dans un comparatif publié par le magazine « L’ORDINATEUR DE POCHE« , les testeurs saluaient les qualités de la discrète et prometteuse FX-502P, tout en s’interrogeant sur le potentiel réel et la pérennité des ambitions de Casio sur ce marché.

L’avenir tout proche va montrer que Casio allait tenir la dragée haute à son concurrent Sharp tout au long de la décennie, produisant des ordinateurs de poche de tout premier plan.

Mieux, en plein séisme de la révolution Basic, Casio n’oublie pas les calculatrices et sort, comme pour la plaisir, la FX-602P, succession de la 502P.

La 602P offrait 512 pas de mémoire programme (deux fois plus que la 502) de mémoire, mais surtout elle était devenue alphanumérique. Un confort incroyable pour la programmation. La machine pouvait aussi afficher des messages de façon très efficace.

Elle disposait de l’adressage indirect, gérait la partition programme/variables, et pouvait se connecter à un périphérique de sauvegarde ainsi qu’à la petite imprimante FP-10 (tout comme la 502 et le 702). Ce sera une machine incomparablement confortable et efficace à utiliser, sans autre contrainte que la taille mémoire, un peu chiche dans un paysage où le kilo-octet devient l’unité de base.

Le langage de programmation est tout simple et d’ancienne génération à la fois. Les variables ne sont pas encore manipulées de façon symbolique – la FX-4000P est proche – mais en peuplant le listing de mnémoniques de rappels mémoire (MRxx).

De nos jours la CASIO FX-602P se trouve plutôt facilement sur le marché de l’occasion, mais c’est une machine appréciée, que les connaisseurs repèrent de loin et se disputent à coups d’enchères meurtrières.

J’achetai la mienne à l’automne 1984. Au travail, un collègue fort sympathique s’occupant du comité d’entreprise disposait d’une quantité impressionnante de toutes sortes de catalogues. Je passai commande auprès de lui, mais une suite de péripéties logistiques m’empêchèrent de la recevoir avant 4 mois.

J’ai beaucoup apprécié cette machine, qui me fit cependant le caprice de tomber en panne un beau jour. Plus rien, encéphalogramme plat. J’ouvris le capot … pour commettre l’irréparable. En quelques minutes, j’avais réussi à endommager sérieusement la carte-mère. Je ne sais toujours pas comment j’ai pu faire. Bref, la 602 fut refermée et dormit de longues années enfermée dans son carnet.

Bien plus tard, grâce à Internet il me fut permis d’acquérir un modèle de substitution, en piteux état, mais fonctionnant pleinement. La carte électronique fut remplacée et ma 602 rouvrit les yeux.

CASIO FX-80

Un Collectionneur est toujours en quête de trésors personnels. Cette banale FX-80 en fut un. La machine d’un copain, tenue une fois dans mes mains en mai 1979.

Un autre gars avait une TI-30. Moi je n’avais que des rêves (de TI-57 pour être précis … mais il me faudrait attendre encore un peu).

Que dire de la Casio FX-80 ? Une Casio typique, comme il s’en est vendu des millions. L’intérêt ici, l’afficheur jaune, signe certain d’ancienneté du modèle.

Heureusement la banalité n’est pas synonyme de fadeur. Cette calculatrice est très jolie, bien colorée, très authentique dans son dépouillement : les 4 touches d’opérateurs en carré, la touche AC, les touches scientifiques grises surplombées d’une double légende.

L’archétype Casio scientifique …

CASIO FX-180P

La Casio FX-180P fut un best-seller, visible des années durant dans les rayons des commerçants. Elle se rencontre en plusieurs versions. L’exemplaire ci-contre me paraît  représenter la 180P typique.

Cette machine est programmable, dans un langage peu performant et inconfortable.

La capacité de mémoire-programme plafonne à 38 pas, c’est vraiment peu, surtout en regard des bonnes possibilités (tests conditionnels).

L’affichage de la 180P est généreux, à 10 chiffres, plus une nuée de témoins LCD.

Lors de l’affichage d’un nombre de 10 chiffres, il ne reste plus de place pour un signe MOINS, et donc décalage obligatoire de l’affichage d’une position vers la droite si nécessaire.

1 2