Texas-instruments TI-81

J’ai longtemps éprouvé du désintérêt pour les premières calculatrices graphiques de Texas-Instruments à qui je reprochais d’être arrivé bien tard sur une voie ouverte par Casio cinq ans auparavant.

Puis j’ai tenu en main récemment la toute première Ti-81 de 1990 et fus surpris de constater une maturité insoupçonnée.

Lancée à la même époque que la FX-7700G, le nouveau fer de lance de Casio, je n’ai pu que m’étonner de la convergence des idées sur le concept d’une calculatrice graphique de seconde génération.

Retour sur la première génération : Casio présente en 1985 la première calculatrice graphique, la mondialement célèbre FX-7000G, bientôt déclinée au sein d’une gamme de modèles plus puissants mais encore très proches.

Ces machines se définissent par : Un écran en une dalle de pixels, le tracé de courbes avec possibilité de parcourir chaque point pour en lire les coordonnées (Trace), un module Range pour définir le champ de tracé, un autre pour le grossir ou l’affiner (Factor), un processeur rapide, un langage de programmation symbolique intégrant l’aspect graphique, y compris l’allumage ponctuel de points, le tracé de lignes simples.

A l’heure d’assurer la relève après cinq ans de règne sans nuage, Casio doit désormais compter avec un concurrent. La Ti-81 de Texas-Instruments ne sera pas une simple réponse tardive à la mode graphique. Elle est mûre, prête à croiser le fer avec l’ambassadrice de la génération II de Casio.

La Ti-81 place la barre haut et présente d’une certaine façon les bases communes des futures calculatrices graphiques. La nouvelle Casio FX-7700G a le même souffle. Laquelle des deux a inspiré l’autre ? Il semble bien que la TI ait été diffusée un peu avant la Casio, ce qui n’exclut pas que les deux constructeurs et au delà – HP et Sharp seront cette fois présents – se soient attentivement observés du coin de l’œil dans leurs développements.

Qu’apporte la TI-81 dans sa vision du concept graphique ?

  • Une rangée de cinq touches de pilotage graphique surplombant le clavier. Les fonctions existaient sur la FX-7000, mais cette nouvelle disposition fera école. La Casio 7700 fait de même et apporte sa rangée de touches F1 à F6, permettant aussi la navigation au sein des menus, Casio ayant fait le choix des menus horizontaux.
  • Un pavé directionnel pleinement assumé.
  • La possibilité de différents modes de représentation graphique est introduit : courbes paramétriques pour la TI, idem pour la Casio plus un mode polaire. L’éventail des modes de représentations gonflera à l’avenir.
  • La notion de menus, avec déroulement vertical et item sélectionné d’une touche pour la TI. Casio préfère les menus horizontaux, pilotables par F1 à F6. Les menus apportent confort et puissance : moins de légendes au clavier, et plus de fonctions disponibles.
  • La variable graphique « X  » a désormais sa propre touche. Sur le clavier, elle partage sa légende avec son pendant paramétrique « T  » et davantage pour la 7700. Jusqu’alors, le « X  » devait être recherché parmi les caractères alphabétiques du clavier.
  • Le grand écran graphique se prête bien à la représentation des matrices. Les deux machines en permettent désormais la manipulation.
  • La notion de zoom, embryonnaire sous la 7000 (fonction Factor) est désormais aboutie, les deux machines dévoilant le module de zoom tel qu’on le connaît aujourd’hui, avec sa « box » incontournable.
  •  Un mode programmation présentant les programmes à la façon d’un répertoire vertical où il est possible de créer, modifier, supprimer les programmes. Casio, précurseur de la segmentation de la zone programme fait de même, complétant ses P0 à P9 de PA à PZ (et même un peu plus). On est dans le même esprit. La Ti-81 permet déjà de nommer alphabétiquement les programmes, ce que la 7700 ne fait pas encore.
  • Même esprit de répertoire pour les formules graphiques chez TI. La 7700 se contente à ce stade de stocker les formules pour un usage ultérieur.

Au delà de ces bases communes, les deux constructeurs resteront toujours repérables par leurs choix propres. Ainsi l’usage de menus majoritairement verticaux chez TI et horizontaux pour Casio (*). L’alimentation ensuite, aujourd’hui encore objet de choix stratégiques différents. On trouve ici des piles cylindriques AAA chez les uns – Ti-81 et ses descendantes (hors la minuscule 80) – et encore pour un moment des piles bouton CR2032 chez Casio, la 7700 se voulant encore fine et légère quand la TI assume dans son design le choix du chemin ingrat et douloureux des cartables.

Il est possible aussi de voir dans la Casio fx-7700G les prémices d’une philosophie majeure chez Casio : le panneau de menus d’accueil, autant de contextes de travail toujours plus nombreux et distincts, quand TI les présente non cloisonnés au sein du clavier.

Question programmation, on assiste avec la 81 à l’apparition du langage TI-Basic. Casio s’en tient encore au langage initial de la 7000, simple et plus limité. La 7700 est en revanche plus généreuse en mémoire programme, dépassant 4000 pas tandis que la TI plafonne à 2400.

Dans cette analyse, je choisis – un peu arbitrairement – d’opposer Casio et TI, faisant le pari que c’est la Ti-81 qui trace la route que vont suivre désormais les constructeurs de calculatrices graphiques. Il suffit de regarder la HP-48SX et la Sharp EL-9200, toutes deux issues des toutes premières années de la décennie 90 pour voir que les quatre constructeurs étaient, à quelques mois près, sur la même ligne de départ pour ce deuxième élan.

Je ne peux m’empêcher malgré tout de voir dans la TI-81 tout à la fois la plus ancienne de cette génération, et la plus visionnaire dans la direction qu’elle trace. Un dernier point en faveur de cette hypothèse, l’étrange légende PRE (comme menu précédent) visible sur le clavier de la 7700 et qui ne sera plus reprise sur les modèles ultérieurs. La TI utilise déjà le définitif QUIT.

Enfin la TI-81 n’arrive pas seule, une TI-85 la suit de quelques mois et sera nettement plus puissante.

La TI-81 représentée ici est une des toutes premières. On peut s’en convaincre à son absence de « patte » de protection sous la touche ON et aussi à son absence de pile de secours, même si son emplacement est déjà dessiné.

 

(*) Les Ti-85 et 86 auront des menus horizontaux, à plusieurs niveaux, la Casio Graph 100 les aura verticaux.

 

 

 

CASIO College FX-200P

On s’attendrait à trouver dans la FX-200P une FX-180P plus puissante, avec plus de mémoire par exemple.

Eh bien non. La recette pour fabriquer une « College » FX-200P, c’est de prendre une FX-180P, de lui retirer les statistiques à deux variables, la régression linéaire, le calcul programmé d’intégrales et de renoncer à une seconde zone de programme pour n’en offrir qu’une seule, toujours de 38 petits pas de capacité !

Le seul plus apporté par la College est le calcul des racines cubiques, fonction bizarrement absente de la 180.

Le comportement en calcul est en tous points identique sur les deux machines. L’œil avisé aura remarqué le témoin ON en haut à gauche de l’écran. Ce témoin dont l’utilité pourrait légitimement poser question prend tout son sens lors de l’exécution d’un programme, où l’écran demeure vide de toute activité. « ON » informe que la machine ne dort pas, mais travaille !

La College 200 apporte une présentation plutôt unique, avec un aspect métallique très réussi.

Je ne connais pas la période de production de la College. L’inscription « auto power off » en façade ne se rencontre que sur les tout premiers modèles équipés de cette fonctionnalité. La College serait dans ce cas plus ancienne que la très répandue FX-180P … C’est une possibilité mais pas une certitude …

 

 

A titre récréatif, et pour mettre en exergue les différences entre la « College fx-200P » et la fx-180P, je me suis livré à une sorte de jeu de mahjong consistant à faire disparaître visuellement les fonctions identiques deux à deux. Ainsi ne restent à la fin que les différences. Loufoque mais radical …

Au début du jeu, toutes légendes en place :

A la fin du jeu :

Hewlett-Packard 32S

Les anciennes calculatrices de marque Hewlett-Packard demeurent très recherchées par les amateurs.

La gamme « Pioneer » apparue en  1987 ne fait pas exception. Bien qu’aucun de ses modèles ne soit aujourd’hui rare ou introuvable, les prix d’échanges pratiqués peuvent compliquer l’exercice consistant à se les procurer tous.

Le jeu en vaut-il la chandelle ? Existe-t-il une Pionner plus facultative qu’une autre, ou bien les faut-il absolument toutes ?

Que trouve-t-on au sein de cette famille ?

  • Trois financières : la toute simple 10B, la plus sympathique 14B, la puissante 17B. A noter que les modèles 10 et 17 sont restés commercialisés jusqu’à nos jours sous des versions et formes parfois différentes, tandis que la 14B n’a pas eu de suite. Elle est pourtant agréable et parmi les plus abordables financièrement.
  • des scientifiques, plus ou moins programmables : la 20S à la carrière longue elle aussi, les 21S, 22S à carrière courte, la 32S et ses variantes successives, la 42S, haut de gamme mythique,
  • une hybride, aussi à l’aise dans le monde financier que celui des sciences, la 27S, livrée avec horloge et alarmes !
  • une logique de calcul tantôt algébrique (c’est une première chez HP !) ou classique RPN,
  • des écrans mono-lignes, à segments ou à points, et des écrans à deux lignes
  • un système de programmation traditionnel pour les 20S, 21S, 32S, 42S ou plus chichement par l’intermédiaire du solveur d’équations pour les 17B, 27S, 22S. Les deux petites financières 10B et 14B ne sont pas programmables.

Je ne dispose pas de tous les modèles Pioneer. Mon idée initiale était de donner vie à petit à petit à un souvenir vieux de trente ans maintenant : la découverte fortuite dans une grande librairie de Reims de la toute première famille Pioneer, 5 ou 6 modèles tout au plus ce jour là. Comme ma recherche n’est pas très assidue, certains manquent encore à l’appel (la 20S, la 10B) tandis que d’autres se sont invités tout seuls au fil du temps, comme la 21S et la 42S.

Un modèle me tenait à cœur, la 22S que je tenais pour intermédiaire, puissante, programmable, pas courante. Échangée à des niveaux de prix substantiels, je ne l’ai acquise que récemment. Et pour moi, la 22 est une déception. S’il existe un modèle Pioneer facultatif, je vote pour la 22S. Car elle n’est pas programmable en dehors de son maigre solveur. Son (bel) écran est mono ligne et peu adapté à la logique algébrique qui l’anime, les caractères trop espacés saturant vite sa capacité et donc sa lisibilité. Autant la 32S est directe, franche dans son utilisation, autant la 22 me semble fastidieuse et limitée. C’est malgré tout une jolie machine, très similaire à la 27S dans sa présentation.

J’ai acquis la 32S tout aussi récemment. La 32S a été commercialisée longtemps, elle a connu des versions successives mais c’est bien celle de toute première génération que je voulais bien sûr, celle de mon souvenir. Et voilà bien une Pioneer incontournable ! Moins étoffée que l’illustre 42S, elle ne démérite pourtant point. L’utilisation est directe, franche, sûre, un régal.

Les Pioneer ont longtemps été synonymes de robustesse. La construction est bonne en effet, on peut pourtant, maintenant que bon nombre d’années sont passées, remarquer un signe de fatigue qui commence à se rencontrer sur plusieurs modèles : des touches qui répondent mal, voire plus du tout. Il faut alors exercer une légère pression à la base de l’écran pour que la frappe retrouve son effet. Ce problème se voit aussi au sein de la famille des HP-48.

La photo ci-dessus, montrant côte à côte deux « Pioneer« , met en évidence l’existence de deux afficheurs légèrement différents : Bien que matriciels et mono-ligne l’un et l’autre, il apparaît que deux tailles différentes ont coexisté, possiblement liées à la période de production, voire aux différents sites de fabrication du globe.

Je dois par ailleurs me rendre à l’évidence, ma 32S ici présente est sans doute déjà une évolution de la 32S primitive. En témoigne la bordure d’afficheur renforcée, comme on la rencontre sur les modèles plus tardifs. La 32S de mes souvenirs devait en toute logique présenter un afficheur analogue à celui de la 22S, avec bordure fine et digits mi-hauteur.

La quête peut continuer, mais rien ne presse !

 

SHARP EL-586

En 1986 le constructeur SHARP tente un concept étrange voire saugrenu. Il donne un habillage souple à sa EL-546.

La SHARP EL-586 n’est pas répandue. Quand fut-elle produite exactement ? pourquoi ? et à destination de quelles régions du monde ? Je n’ai pas les réponses.

Il ne s’agit pas à proprement parler d’une machine « molle ». Elle conserve une certaine rigidité qu’elle doit à sa seule carte-mère. La coque de plastique souple qui constitue la 586 est d’une finesse extrême, 3.1 mm selon le manuel, on jurerait beaucoup moins.

Pour le reste, il s’agit exactement de la EL-546. Y compris la cellule solaire et la pile de secours, déchargée sur mon modèle, et à laquelle je ne sais accéder. Le manuel précise que seul un agent SHARP serait habilité à la remplacer. J’ai bien essayé pour ma part, mais je ne vois aucun moyen d’ouvrir la machine. J’ai pu découvrir la carte-mère en ôtant délicatement le clavier qui est une simple pellicule collée. Mais je n’ai rien pu désassembler, ni voir la fameuse pile.

La rigueur de la conception ne fait pas pour autant de la 586 une machine fiable. De faux contacts gâchent tout plaisir de jouer avec. Cet aspect est bien sûr renforcé par une pile de secours déchargée incapable de compenser les ruptures d’alimentation.

Je ne décèle aucune différence entre l’afficheur de la 586 et celui de la 546. Je suis étonné par la finesse du dispositif, pourtant généreux en surface et possibilités d’affichage.

Il existe un détail sympathique dans cette calculatrice hors normes : les légendes (sur les boutons de mémoire) qui font un clin d’œil à maintes SHARP historiques. Les touches aux coins arrondis se voient ainsi partagées en deux au moyen d’une barre horizontale (photo ci-dessous, avec à droite une vieille PC-1100).

Je ne connais qu’une calculatrice scientifique qui soit aussi fine : la CANON F-54 et ses 3.5 mm d’épaisseur. Question rigidité, c’est le jour et la nuit !

Dernier détail qui souligne la finesse extrême de la SHARP EL-586, sa housse, pas plus épaisse qu’un étui de carte de bus !

Ci-dessous, les jumelles techniques 546 (*) et 586.

 

Extraits du manuel (manuel en de nombreuses langues dont le français)

 

(*) la SHARP EL-546 représentée dans cet article est en fait une 506SLR. Les 546 et 506SLR sont pour autant exactement les mêmes machines, dont seul le nom diffère.

CASIO FX-7500G

CASIO7500-1

Née du même élan créateur que la CASIO FX-7000G, la CASIO FX-7500G est une machine que j’ai tendance à oublier quand je pense à la toute première génération de calculatrices graphiques.

Il faut dire que sa présentation est originale. Ici, point de verticalité exacerbée, mais un souci de compacité, de mobilité, avec un dispositif à charnière qui permet de la replier en deux pour mieux l’emmener partout.

Les fonctionnalités et le comportement – pas la mémoire – sont en tous points ceux de l’aînée 7000 de 1986. Pour autant, la 7500G ne lui est pas exactement contemporaine. Elle daterait de l’année 1988, si j’en crois ce qui se murmure sur le net, ainsi que mon prospectus de rentrée des classes 1988 où elle est représentée avec un petit panonceau « nouveau« .

Si je devais proposer une chronologie précise au sein de la première gamme graphique Casio, je verrais bien une 7500 qui s’intercale entre les 8000 et 8500. L’ordre d’apparition des modèles serait donc  : Dans un premier temps (1985) les 7000, 6000 et 6500, puis un peu plus tard (1986 ?) la 8000, puis la 7500 en 1988, et enfin la 8500 qui clôt ce tout premier âge. A moins que la 8500 soit de quelques mois antérieure à la 7500. C’est dommage de ne pas savoir.

La CASIO FX-7500G présente quelques différences avec la 7000G d’origine : la taille mémoire d’abord, bien plus confortable, de 4000 octets. Ouf, on est enfin moins serré aux coudes. Le clavier ensuite, reprenant exactement les légendes de la 7000, mais en les dispersant sur les deux parties de la façade. L’utilisateur de 7000 se trouve face à une machine nouvelle qu’il doit ré apprivoiser.

Le clavier à effleurement n’est pas le trait le moins original. Ainsi, contrairement aux claviers classiques où les touches s’enfoncent à des degrés divers, le simple contact du doigt sur la zone de touche est ici suffisant. Le dispositif est efficace, plutôt sûr. L’absence totale de réponse mécanique déroute cependant. La sensation est très semblable à celle d’un émulateur embarqué sur notre smartphone d’aujourd’hui.

Une devinette : l’écran de ce modèle repliable est-il de mêmes dimensions que celui des cousines verticales ? Eh bien non. Il est plus petit. Deux millimètres en moins pour la largeur et presque un centimètre pour la hauteur. Les caractères sont donc assez petits et réclament de bons yeux.

Consacrons un instant à l’examen des performances de la FX-7500G, vitesse et précision, qu’on peut imaginer identiques à celle des autres modèles de la gamme, très homogène sur ce point. Je précise que je mesure toujours ces deux caractéristiques au moyen d’un programme simple(*). J’utilise en complément le test Forensics(**) qui permet de révéler la « signature » du processeur.

Et concernant la gamme des premières CASIO graphiques, ce dernier test est formel, nous avons bien affaire au même processeur, on s’en serait d’ailleurs douté. Le plus logiquement du monde, la précision montrée par mon test des sinus se révèle identique sur tous ces modèles, FX-7500G compris … sauf pour les 6000 et 6500, machines à écran 4 lignes, qui se permettent la fantaisie de donner, pour une valeur Forensics absolument identique, un résultat différent à ce test (***). Un autre article sur la CASIO FX-6000G apporte des éléments de réponse sur ce point.

La précision de la 7500G, on le voit, est bien celle de la gamme, du moins celle des écrans à 8 lignes.

Pour la vitesse, la 7500 se démarque, elle exécute le test en 18 secondes, ce qui est remarquable pour son époque, contre 25 pour l’ensemble de ses cousines verticales, qui se débrouillaient déjà bien.

En conclusion la FX-7500G est une machine originale par sa philosophie compacte, discrète, soignée. Elle ne renie pas sa filiation au sein d’une gamme davantage exubérante, colorée, toute en verticalité.

Promis, après avoir découvert la jolie et puissante Casio FX-7500G, aucune chance que je l’oublie dorénavant quand j’évoquerai les toutes premières calculatrices graphiques de l’histoire.

(*) programme calculant et cumulant chacun des sinus des valeurs entières des angles 1° à 360°. L’écart au résultat théorique (zéro, rarement atteint en pratique) permet de caractériser la précision de calcul. Par ailleurs le temps requis pour dérouler le programme permet de caractériser la vitesse de calcul.

(**) http://www.rskey.org/~mwsebastian/miscprj/forensics.htm

(***) la série 6000 retourne la valeur 1.1812E-10, les séries 7000 et 8000 retournent la valeur -4.883E-11. Les 3 séries retournent unanimement la valeur 5.90443E-07 au test Forensics.

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Merci à kweeky
 

CASIO RM-9800 RM-9850Ga

CASIO-TWINCOLOR

Depuis 2010, les calculatrices de haut de gamme ont franchi l’étape de l’écran HD couleur.

Les représentantes de cette technologie sont aujourd’hui les Casio « Prizm »Fx-CG10, Graph-90+E, Ti n’Spire CX, Ti-83 Premium CE, Casio CP-400, HP Prime

Une excellente définition d’écran au prix d’une consommation élevée, jusqu’à un watt entier pour le CP-400. Mais comment revenir aux gros pixels noir & blanc après avoir goûté ce luxe ?

On se souvient que dans les années 90, Casio avait inventé un écran à 3 couleurs. Le principe ne rencontra pas un grand succès et resta cantonné à quelques modèles. Les constructeurs concurrents restèrent à l’écart de cette innovation. Si l’utilité des trois couleurs n’était pas bien démontrée, au moins, la consommation n’était pas pénalisée.

Ce que j’ignorais jusqu’à présent, c’est que deux types d’écrans étaient concernés : celui de 16 caractères de largeur et celui de 21.

J’ai eu la chance de mettre la main tout récemment sur deux magnifiques machines équipées de ces écrans. Elles sont couleur crème, marque des modèles équipés de l’interface vidéo.

La RM9800, la plus ancienne, possède l’écran de 16 caractères, contre 21 pour la RM9850Ga. Cette dernière est une Graph 65 recarrossée, et ne se rencontre sous cette forme que munie de l’interface vidéo.

Vingt ans après, je redécouvre avec un vrai plaisir ces écrans couleur étranges et désormais complètement rétro …

 

 

CASIO FX-7000GA

CASIOFX7000GA

La CASIO FX-7000GA est très similaire à la 7000G de 1986. Elle est probablement sortie quelques mois plus tard mais je ne dispose pas d’informations précises à ce sujet.
 
Quelques différences : le coloris de la façade et des touches. Et aussi les légendes secondaires des touches × et ÷ qui de sont déplacées vers le bas sur la GA.
 
CASIOFX7000-G-GA
 
Pour le reste, les caractéristiques sont identiques. La 7000 GA est donc logiquement aussi attachante que son aînée 7000G !
 
Cette machine m’a été gentiment procurée par un collègue de retour d’une brocante.
 
 
Merci à Christophe

SHARP EL-9600

SHARP-EL9600

Réparons tout de suite une injustice : En 2003 CASIO lance son ClassPad 300. Il le présente comme la première calculatrice à écran tactile piloté par stylet. Or cette description convient comme un gant à la SHARP EL-9600 produite dès 1997, et détentrice du titre, un peu trop vite attribué au ClassPad.

Machine à l’aspect austère, la 9600 n’est pas pourvue d’un écran spécialement agréable à contempler. Il est sombre, peu contrasté.

Mais son intérêt est d’offrir l’interactivité tactile. Et sur ce point, c’est une réussite. L’écran est divisé en petites zones qui rendent l’action du stylet précise et efficace. Tout peut se commander au stylet, ou au clavier, comme on préfère.

La EL-9600 est une graphique complète et propose aussi des fonctions financières, ce qui en 1997 est encore inhabituel. Les fonctionnalités mathématiques et de programmation semblent par ailleurs en deçà de ce qu’offre la concurrence, comme c’est devenu une règle chez SHARP depuis quelques années. Le prix de vente en 2000 était également un ton en dessous. Dans cette machine, hormis l’original écran tactile, obtenu au prix d’un afficheur moyennement lisible, tout semble plutôt moyen et triste.

La SHARP EL-9600 a une petite sœur, la EL-9400. L’aspect est proche, la 9400 se montrant cependant beaucoup plus petite. Ce serait même une graphique miniature si l’épaisseur n’avait pas été conservée (même alimentation par 4 piles AAA).

Tout dans la 9400 est mini : les touches, l’écran (16 caractères contre 22) … Les fonctionnalités ont fondu également : plus de solveur, plus de calcul matriciel, plus de module financier. La mémoire passe de 32 Ko à 18 Ko.

Et le dispositif d’écran tactile n’a pas été reconduit. Quand on voit combien celui de la 9600 est sombre et peu contrasté, on imagine qu’ici l’écran donnera une meilleure impression visuelle. Mais non, pas vraiment, le contraste reste faible.

L’écran nettement plus large de la 9600 autorise des affichages parfois différents. On peut noter aussi dans les fenêtres de choix une flèche de navigation d’un dessin différent. Autres bizarreries, la petite 9400 exécute un programme 20% plus vite que sa sœur aînée. Et chose curieuse, la EL-9400 semble disposer d’une petite zone de mémoire de clavier : lors du déroulement d’un programme, si l’on tape quelques caractères, ceux-ci apparaissent après l’arrêt du programme. Je n’ai rien constaté de tel dans la 9600.

La EL-9400, mignonne petite machine qui rappelle dans ses dimensions la Ti-80, est si limitée qu’on prend plaisir à redécouvrir la confortable et puissante EL-9600, machine à la carrière trop discrète, malgré son excellent dispositif tactile novateur.

 

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La carte électronique de la EL-9600

CASIO FX-4500PA

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Parmi les grandes questions que se pose l’humanité, en voici une bien ardue : quelles sont les différences entre une CASIO FX-4500P et une FX-4500PA ?

Outre l’année et le lieu de production, 1989 made in Japan pour la première, 1998 made in China pour la seconde, les différences sont minimes. Elles existent pourtant, bien qu’anecdotiques et principalement d’ordre esthétique.

Ainsi l’écran de la PA est entouré d’une zone de couleur beige, la zone est grise chez la P. Surtout, la PA semble enfin débarrassée du défaut de sa grande sœur : les vilaines traces d’adhérence laissées en façade par un film cellophane de protection se dégradant prématurément. Ce défaut est répandu sur les 4500P. La PA règle le problème, sa façade est nette, comme il se doit.

Pour dénicher une autre différence, il faut chercher du côté des inscriptions au dos. On y lit que l’alimentation n’est pas la même, à base de piles CR2025 pour l’aînée, de CR2032 pour la cadette. Du coup l’autonomie de la P est annoncée pour 3000 heures tandis que la PA en revendique 5000, selon les manuels. L’examen du dos de la 4500PA montre une abondance de caractères japonais, suggérant la possibilité d’un modèle orienté vers le marché japonais (simple hypothèse).

Le mode d’alimentation semble peser sur les performances. La cadette PA à l’appétit de chameau se montrera plus lente : Soumises à un même test de vitesse, la P demandera 140 secondes, il en faudra 160 à la PA. Ces deux chiffres sont d’ailleurs plutôt mauvais, la CASIO FX-4000P de 1985 exécutant ce même test en 62 secondes.

Aucune autre différence ne se montre entre les deux modèles, en tous cas je n’en ai pas trouvé. Il aurait été intéressant de mon point de vue de faire évoluer les légendes de touches de façade, dramatiquement petites, sombres et illisibles pour un œil moyen. Et c’est qu’il y en a des légendes, la 4500 étant dotée d’un grand nombre de fonctions de toutes sortes.

La 4500 P/PA est programmable, et son originalité est d’offrir un langage de programmation spécifique, alors que tant de calculatrices CASIO contemporaines se contentent de décliner un modèle créé en 1985 pour la CASIO FX-4000P. La capacité de 1103 instructions est la même sur les deux 4500. La mémoire programme peut être allouée si besoin à des registres de stockage supplémentaires, à raison de 8 pas par registre.

La présence d’une touche « pause« , paramétrable, est une très bonne surprise. Avec la CASIO FX-602P, la 4500 est sans doute la seule CASIO à langage non basic à proposer cette fonctionnalité bien utile.

Un petit reproche sur le plan matériel : la 4500 ne semble pas pourvue d’un dispositif, mécanique ou logiciel, de réglage de contraste. Machine puissante, dotée d’une philosophie spécifique, la CASIO FX-4500P ne ressemble pas aux autres CASIO. Cette originalité contribue peut-être à son succès, cette machine se révélant recherchée sur le marché de l’occasion. Le modèle PA était d’ailleurs toujours inscrit en 2014 au catalogue de maints revendeurs professionnels.

CASIO GRAPH 80

CASIO_GR80-1

Une des quelques calculatrices à écran coloré fabriquées par CASIO au cours de la décennie 90.

Aujourd’hui, en pleine la révolution des écrans, avec les HD couleur ultra-modernes des CASIO PRIZM, TI N’SPIRE CX et HP PRIME, on a tendance à oublier que CASIO s’était déjà essayé à la couleur par le passé. La concurrence ne suivit pas cette piste qui ne concernera que quelques modèle puis s’éteindra.

Visible dans un prospectus de rentrée des classes 1998, la CASIO GRAPH 80 occupe alors la place éphémère du haut de gamme. Rôle peu assumé, le suffixe 80 semblant déjà se résigner à l’arrivée un an plus tard de la GRAPH 100, qui culminera au sommet très longtemps, on la trouve encore de nos jours en abondance dans les hypermarchés (en version 100+ il est vrai).

Cette situation rappelle le triste destin de la belle TI-86, star absolue de la gamme Texas-Instruments, avant que la puissante TI-89 à calcul formel lui ravisse le titre et l’envoie dans l’oubli quelques mois plus tard.

Le calcul formel justement, la CASIO GRAPH 80 fut la toute première CASIO à le proposer. Là encore, la GRAPH 100 la détrônera avec un éventail plus complet de fonctions formelles.

La GRAPH 80 calcule vite, elle exécute mon programme de cumul des 360 sinus en 13 secondes quand la moderne 100 en exige 16. Le système de menus est de type horizontal, tandis que la 100 développera ceux-ci de façon verticale (mais la 100 est une exception sur ce point chez CASIO).

Et les couleurs alors ? avant que la GRAPH 100 ne leur substitue définitivement un bel écran noir et blanc superbement contrasté, on profite encore une fois de cet étrange écran coloré. Les couleurs (orange, vert, bleu) sont plutôt pâles. Elles peuvent toutefois s’ajuster manuellement. L’intérêt évident est de rendre les tracés plus clairs, les différentes courbes se colorant selon le ton spécifié par l’utilisateur. Mais on sent que l’apport général de la couleur n’est pas manifeste. Pire, on aimerait parfois pouvoir revenir au N&B pour profiter de la bonne définition qu’on pressent sous ces couleurs pastel.

Cet affichage reste pourtant une vraie originalité. CASIO a osé innover, ce n’est pas la première fois, avant de renoncer, probablement face à la relative tiédeur du public, jamais vraiment emballé par le dispositif.

A noter que « Graph 80 » est le nom modernisé de « CFX-9990GT« , encore visible tout en bas de la machine. Ces deux appellations sont françaises, le nom international de la machine étant CFX-9970G. C’est tout simple.

La machine peut être connectée à un ordinateur. Et pour le reste du temps, le port de connexion dispose de son cache anti-poussière en caoutchouc. Bon point pour CASIO.

Une petite anecdote en conclusion : mon modèle est une des dernières CASIO made in Japan !

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Le profil bizarre et tourmenté de la GRAPH 80, avec sommet et base concaves ! Sans doute pas un modèle de design …

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SHARP EL-E300

SHARP_EL-E300

Voici une machine peu connue et de conception originale.

La SHARP EL-E300 en dépit de la richesse du clavier n’est pas une calculatrice scientifique. Elle est plutôt dédiée au calcul des fractions et des statistiques. Elle dispose tout de même de la notation avec exposant de 10, ainsi que de la fonction d’élévation à la puissance. La période de production de cette machine peut raisonnablement se situer au début des années 90.

L’afficheur de la SHARP EL-E300 est une matrice de 15 X 72 points. Bien qu’une seule ligne soit disponible, les entrées se font à gauche, de façon symbolique, comme on écrirait sur le papier. Les réponses s’affichent à droite et sont soit au format décimal, soit au format fractions selon le mode commuté. La matrice de points est capable d’afficher des digits 5X7, mais aussi des symboles pouvant les englober ou les surplomber (symboles de racine carrée, de carré), des fractions, ou des messages d’information alphanumériques s’écrivant sur deux lignes.

 Le mode statistiques est original puisque chaque donnée est conservée dans une liste de cent éléments maximum. Cette liste permet la visualisation des éléments par défilement, et peut être triée du plus petit au plus grand si besoin. Cette caractéristique se retrouve sur une autre SHARP « thématique », dédiée elle exclusivement aux statistiques, la SHARP EL-780.

Deux petites caractéristiques inhabituelles : en premier lieu, la constante de calcul automatique sur les 4 opérateurs (et aussi l’élévation à la puissance) telle qu’on la connaît sur les machines non symboliques. En second lieu, le rappel mémoire (mémoire unique) qui s’ajoute à la saisie d’un nombre. Exemple : si la mémoire contient le nombre 12, en tapant 4 ; RCL ; 5 on obtient l’affichage du nombre 4125 ! plutôt insolite.

La SHARP EL-E300 est jolie, d’un dessin tout de même un peu étrange. L’épaisseur (20 mm) due en partie à la présence de deux piles (de type AAA) détone un peu en regard de la finesse générale du design.

Un inconvénient partagé par d’autres SHARP de cette époque : la nappe interne qui relie le clavier à l’afficheur finit par devenir capricieuse, avec parfois des rangées de pixels qui disparaissent, ou des touches désespérément inopérantes. Il faut alors ouvrir la machine, en ôtant les 6 vis au dos et en déclipsant (mot inventé mais compréhensible je l’espère) les deux parties de la coque, puis appuyer fermement avec les doigts sur les contacts recouverts par l’extrémité de la nappe afin de restaurer au mieux les contacts.

En conclusion, une calculatrice « thématique », conçue pour un usage direct et pratique (pas de touches secondaires) du calcul des fractions, de la division euclidienne, des statistiques. Peut-être, à l’origine, une machine destinée au monde de l’éducation, en particulier au japon ?

AURORA AC-757

AURORA-1

Je me souviens avoir vu apparaître la marque AURORA en France vers 1985. Elle existait peut-être un peu avant mais c’est surtout au milieu de la décennie qu’elle est devenue bien visible. Les AURORA étaient commercialisées à prix très doux. Les modèles étaient nombreux et souvent dotés d’un design agréable.
 
La AC-757 semble plus tardive mais reste quasi impossible à dater, et ce même à dix ans près. Un numéro de série aurait donné des indices mais elle n’en montre aucun. Tout juste peut-on rapprocher les résultats de calculs d’arrondi poussés à ceux de la SANSHI SS-508, machine récente, chinoise, à faible prix, rappelant elle aussi dans ses fonctions et légendes l’univers des calculatrices SHARP.
 
L’ AURORA AC-757 est très plate. Elle est dépourvue de piles et s’en remet entièrement à sa cellule solaire, qui remplit bien son ouvrage, même sous un éclairage moyen.
Le design de l’AURORA est magnifique, métallique, avec une couleur bleu marine inédite.

SAFT RADIAN 2

SAFT

Une calculatrice française ? Une vraie ??
De son nom complet Société des Accumulateurs Fixes et de Traction, la firme SAFT évoque bien le pays aux 300 fromages. Le manuel de la Radian 2 est d’ailleurs tout en français et rien qu’en français ! Ira-t-on jusqu’à lire un made in France bleu-blanc-rouge en la retournant ? Eh bien non, l’espoir s’arrête là, la SAFT Radian est logiquement faite au pays des sushis.
 
La SAFT Radian 2 est une machine plutôt conventionnelle. L’originalité vient de la disposition de certaines touches. Ainsi un EXP placée en haut à droite, un OFF à gauche du pavé numérique, un MOINS bien loin du PLUS …
 
Alors, si elle n’est pas purement française, quelle est donc la généalogie de cette étrangeté ? Difficile de répondre. L’oeil exercé y voit du CITIZEN, voire du TOSHIBA (1). La touche DRG (Degrés Grades Radians) évoque Texas Instruments, tandis que le résultat du test Forensics (valeur médiocre) est partagé avec une CANON, une PANASONIC, une SHARP …
 
Les fonctionnalités sont celles d’une scientifique classique, avec fonctions statistiques. La précision interne est de 11 chiffres. Non pourvue de mémoire permanente mais sachant s’éteindre seule après quelques minutes de repos, cette Radian devait être fabriquée entre 1985 et 1988 (mais je peux me tromper …) (2)
 
D’un point de vue esthétique, la machine est mignonne, avec façade en alu, et un pourtour d’afficheur en relief, très réussi.
 
(1) Identification confirmée après coup : c’est bien une Toshiba : Modèle SLC-8310
(2) Oui je me suis trompé, l’excellent site www.calculators.de date la SLC-8310 de 1982
SAFT2

PANASONIC JE 611P

J’ai eu la chance d’acquérir récemment un exemplaire fort rare de cette magnifique calculatrice, munie d’un module d’impression intégré.

Bien que scientifiques, les fonctions semblent classiques à quelques exceptions près. Cette Panasonic JE-611P pourrait-elle me surprendre ?

Sans aucun doute. La 611P est une machine exceptionnelle. On le sent déjà au toucher. Les touches sont affleurantes (voir photo plus bas). Elles n’offrent quasiment pas de sensation au toucher : légères, sensibles, sans le moindre clic. Par ailleurs, fait rare, l’appui n’a aucun effet secondaire sur l’afficheur. On est en effet habitué à une réaction de l’affichage lorsqu’on actionne la moindre touche. Pas ici où l’afficheur se montre découplé du clavier et ne répond qu’au résultat final. C’est un détail, mais qui déroute cependant.

Le plus étonnant est que le clavier possède une mémoire de frappe, un « buffer ». Concrètement, on frappe une suite d’ordres, et la machine (plutôt lente par ailleurs) les exécute l’un après l’autre sans en oublier aucun.

L’examen des légendes montre une mystérieuse fonction : HIS.G. qui imprime des représentations graphiques d’histogrammes, fonctionnalité puissante et plutôt étonnante même si le rendu de l’impression reste simpliste.

L’aspect de la PANASONIC JE-611P pourrait évoquer l’univers SHARP à première vue. Mais à y regarder de plus près, cette machine n’est l’émanation d’aucune autre, elle est unique. Cela se vérifie aussi dans les tests de calculs. La valeur retournée au test Forensics, (9,000042381), ne semble pas se retrouver sur d’autres machines.

Reste l’énigme de la période de production. Le tracé d’histogramme nous ramène aux premières machines graphiques (CASIO FX-7000G – 1986). Les indices de datation sont bien minces. Le N° de série visible au dos pourrait nous en dire plus mais je ne sais malheureusement pas le décoder …

 
PANASONIC611-1PANASONIC-4

CASIO FX-135

Le constructeur CASIO ne s’en est jamais tenu à une formule. Il s’est toujours renouvelé, a exploré quantité de pistes, tel le premier écran trois couleurs, la calculatrice graphique, récemment l’écran couleur rétro éclairé à haute définition (PRIZM).

Témoin de ce tempérament pionnier, la CASIO FX-135, machine pourvue d’un afficheur électro-luminescent (ELD).

L’afficheur de la FX-135 semble se situer à mi-chemin entre les segments lumineux du VFD (les fameux chiffres verts des calculatrices des années 70), et les classiques cristaux liquides (LCD) avec leurs segments finement dessinés et la profusion d’indicateurs.

La FX-135 pourrait bien être la seule CASIO pourvue de cet affichage. Et peut-être même la seule calculatrice de ce type jamais produite. Des dispositifs de rétro éclairages, commutables, seront rencontrés bien plus tard (Casio Graph 95). Ici le rétro éclairage produit une lueur permanente, tandis que les segments lumineux évoquent des cristaux liquides en inversion.

Un port de connexion murale est prévu. Voilà qui nous renvoie aux modèles VFD. La consommation du ELD est-elle importante ?

On peut lire au dos une consommation de 0,25W. Pour les machines VFD, ce serait plutôt compris entre 0,4W et 1W. En termes d’économie d’énergie la 135 se situe donc juste avant le VFD mais bien après le LCD, sans doute en raison du rétro éclairage non commutable.

L’expérience ELD date-t-elle d’une époque charnière, juste avant de sauter le pas LCD, en fin des années 70 ? Avec sa panoplie de fonctions logiques dédiées aux bases de numération, sa carrosserie dans la ligne des FX180P de 1980, elle pourrait bien avoir précédé la CASIO FX-370 produite avant 1984.

L’écran ELD du modèle photographié ci-dessus fonctionne. Cependant la sensibilité à la fraîcheur des piles rend vite les chiffres difficiles à discerner par grand jour. Par ailleurs, l’afficheur semble attaqué sur le pourtour par un mal qui rappelle « l’huile noire » (voir Sharp PC-1211), sans évolution notable cependant.

La FX-135, hormis l’afficheur, est une CASIO conventionnelle sur le plan du dessin et des fonctions, excepté les bases de numération. Elle fonctionne à l’aide de 2 simples piles AA. Le profil de la machine est cependant inhabituel, sans doute pour loger en interne l’afficheur spécifique.

Cette belle machine est une simple piste, une tentative d’innovation technologique qui n’a pas été retenue, le LCD classique se révélant la meilleure solution du moment.

* Pour aller plus loin : Le Vintage Calculators Web Museum

Ci-dessous une vue interne du dispositif ELD

CASIO135-3
 

Une vue de la carte électronique

 

Une petite analyse amusante pour finir. Sur mon modèle, acquis d’occasion, je vois que la touche INV en haut à gauche a été délibérément assombrie au moyen d’un stylo feutre noir. Cela peut être lié au stress d’un utilisateur qui joue machinalement avec son crayon. Il faut dire que cette touche ne contient à la base aucune indication. Cela peut aussi vouloir cacher quelque chose, car le tracé est régulier et isolé quand le stress des étudiants les conduit souvent à gribouiller la machine en maints endroits. Peut-être qu’une inscription malhabile y fut un jour écrite, pour conjurer son angoissante vacuité, quoi d’autre que « INV » ? La vilaine marque aurait ensuite été proprement recouverte au stylo feutre. Au gré des inclinaisons de la calculatrice pour tenter d’appréhender au mieux la lecture de l’écran, on peut entrevoir un « X » au tracé manuel sous la couche d’encre (on le devine d’ailleurs sur la photo du haut). Ce qui peut suggérer un changement de propriétaire. Ou une remise en ordre avant une vente … On n’est pas au bout des conjectures …

Quoi qu’il en soit, j’en tire la conclusion que cette calculatrice a été utilisée alors qu’elle fut probablement très peu répandue dans le monde. Elle n’est donc pas un simple prototype, comme sa grande rareté et sa technologie singulière pourraient le faire penser.

HEWLETT-PACKARD HP-48G

Les HP-48G et GX constituent la « version II » des 48S et SX. Lancées en 90/91, les 48SX et S coûtaient très cher (3000 Francs pour la SX). Ces machines étaient une puissante réponse aux premières machines graphiques de CASIO et TI.

En 1993 arrivent les 48G et GX. La couleur est sensiblement différente, la mémoire de la GX passe de 32 Ko à 128 Ko, le processeur est plus rapide et l’afficheur est meilleur. Les nouvelles 48 intègrent la grande bibliothèque d’équations optionnelle des 48S/SX. Pour le reste, les 48S/SX et G/GX sont des machines très voisines.

Une autre différence : les prix ont incroyablement fondu entre les deux versions. J’ai ainsi pu acheter ma 48G en juillet 1998 à la FNAC de Lille au prix de 890 Francs, ce qui me semblait inouï pour un modèle si puissant. Je me souviens avoir déballé le magnifique objet, avoir placé les 3 piles AAA, et avoir été par la suite fort dérouté. Je pensais voir dans la 48 une succession de la HP-42S, car, excepté le grand écran, elle en reprenait l’allure générale.

Grosse méprise. La 48 succède directement à un autre monstre sacré : la HP-28S. Ainsi, adieu aux quatre niveaux de pile, sur la 48 c’est désormais illimité. Et bienvenue à la notion d’objets, manipulés avec leurs délimiteurs spécifiques. Inutile de chercher le mode ou la touche de programmation. La HP-48 considère un programme en tant qu’objet repéré par ses propres délimiteurs (ici << et >>) et stocké sans plus de façons dans une variable nommée de la façon qu’on voudra. Immense souplesse d’autant plus que le programme se lancera sur simple sollicitation de la variable.

Tout comme la HP-28, la HP-48 pousse jusqu’au bout la notion de RPN. Notamment dans le langage de programmation, le RPL, où la philosophie postfixe règne tel un dogme. Les utilisateurs rompus au RPL aiment et ne tarissent pas d’éloges. Ils admirent l’efficacité, la puissance, l’élégance du RPL. Les programmeurs occasionnels peuvent regretter le manque de naturel et de lisibilité. On est à des lieues ici du confort du CASIO Basic ou du TI-Basic. La lisibilité du programme est aussi pénalisée par une indentation limitée, effet renforcé par une police de caractère (magnifique 9 X 5 par ailleurs) un peu grande rapportée à la taille de l’écran.

La gestion de la mémoire est aussi un point fort de cette extraordinaire machine. L’utilisateur a toute latitude pour créer et gérer ses répertoires. La 48, qui dispose aussi des choix CUSTOM et USER, est sans doute la HP la plus souple et personnalisable qui soit. La plus puissante aussi à son époque car proposant une quantité énorme de fonctions de calculs et de programmation (officiellement 2300). Restent quelques détails agaçants, comme déjà décrits dans l’article sur la 48SX : l’inertie de l’affichage, bien souvent en retard de quelques instants sur l’appui des touches. Et aussi l’affichage du symbole d’élévation au carré (l’exposant ²) non géré, contrairement aux Casio. Ainsi, paradoxe pour une machine à la vocation RPN si poussée, quand on tape dans une expression, au lieu d’y ajouter le petit symbole d’exposant, apparaît alors un SQ(), pas du tout à sa place, car devant dans ce cas précéder la proposition.

Tout ça n’est pas bien grave et la HP-48, notamment dans ses versions tardives G et GX est un véritable monument dans l’histoire des calculatrices. Elle réalise parfaitement la synthèse des possibilités et aspirations de ses prestigieuses aînées, sans être encore une machine scolaire comme cela deviendra la règle juste après.

Ci-dessous, la HP-48G et sa mini-imprimante à liaison infra-rouge. Si ce petit périphérique est très pratique et performant, la HP-48 se connecte aussi facilement aux ordinateurs. Elle profite alors des capacités d’impression et de sauvegarde de ces derniers. Et aussi des confortables éditeurs de texte, permettant la constitution de programmes dans le confort et l’efficacité. La HP-48 est la calculatrice bénéficiant d’ailleurs de la plus colossale bibliothèque de programmes.

HPPRINTER

Ci-dessous, côte à côte : la nouvelle « série G »  et la précédente « Série S » 

 

SHARP EL-531VH

SHARP531-2

Un nom qui a traversé les époques : EL-531, pour des habillages qui ont suivi bien des modes.
La 531 ici présente provient de la période blanche (2003) : des courbes naissantes qui seront amplifiées dans les évolutions suivantes. Et un coloris tout blanc.
Cette SHARP possède un profil étrange : épaisse derrière l’afficheur où sont logées les deux grosses piles AA, et extrèmement fine derrière le clavier, avec un centre de gravité qui fait facilement tomber la machine des mains.
La 531 blanche inaugurait les premiers systèmes d’écrans de type Entrée-Sortie. La qualité de l’afficheur, ainsi que sa taille généreuse rendent très lisible la ligne d’entrée et l’usage de cette machine est vraiment agréable.
Il est probable que peu d’entre nous se souviennent de ce modèle, perdu dans la colossale production sans cesse renouvelée du géant SHARP.
La 531 de 2014 existe, mais ses arètes actuelles sont droites …

SHARP EL-5020

SHARP-EL5020

Calculatrice scientifique programmable, produite en 1993.
 
Les capacités de programmation sont limitées, 40 pas seulement et une vitesse d’exécution très moyenne.
Sur le plan du calcul les fonctionnalités sont nombreuses mais polluées par un système d’entrée des données vraiment peu convaincant (analyse personnelle). Concrètement, la partie gauche de l’écran fait apparaître, de façon plutôt sophistiquée (matrice de points), le symbole de fonction utilisée, par exemple le symbole RACINE CARRÉE. Problème : Pour imiter au mieux l’écriture naturelle, ce système agit différemment selon que la fonction s’écrit traditionnellement à gauche du nombre (RACINE CARRÉE) ou bien à droite (ÉLÉVATION AU CARRÉ). A l’usage, les fonctions « à gauche » attendent la valeur ainsi que l’appui sur EGAL, tandis que les fonctions « à droite » agissent directement sur la valeur.
 
Pour être plus clair, voici la séquence de touches à taper, pour les deux exemples suivants : (A) SINUS de 2, et (B) ÉLÉVATION de 2 au carré :
(A) SIN 2 = (3 étapes, nombre entré après la fonction)
(B) 2² (2 étapes, nombre à entrer en premier)
 
Tout comme le système de CASIO nommé VPAM, ce mode d’entrée de données nécessite de bien connaître sa machine, et pénalise en pratique un usage occasionnel.
 
Alors que tout est si simple quand on traite toutes les fonctions de la même façon : valeur entrée en premier, touche de fonction enfoncée ensuite qui transforme et affiche. La volonté de traduire dans un système de calcul les conventions d’écriture naturelle me parait être un vrai problème qu’on rencontre souvent aujourdhui.
 
Une dernière particularité : un Made in Thailand exotique.

CASIO FX-8800GC

CASIO8800

Ultime déclinaison du modèle FX-7700G de 1991, la 8800 de 1992 n’est pas très différente. 2 fois plus de mémoire utilisateur, plus 8000 octets pour la gestion de fichiers. L’afficheur semble aussi un peu mieux contrasté. La consommation est toujours élevée et les 4 piles plates CR2032 sont à la peine.

L’intérêt que me semble présenter ce modèle réside dans la technique de fabrication, qui préserve enfin la façade de l’écaillement de la peinture, véritable malédiction des machines de cette famille.

CASIO FX-180P Plus

Une des multiples versions (l’ultime ? – année 2000) de la très populaire Casio FX-180P de 1980.

Un détail peu pratique à l’usage : le grand couvercle en plastique, censé se rabattre derrière la machine lors des calculs, et qui se montre encombrant. Pour ma part j’ai vite décroché ledit couvercle en forçant légèrement au niveau de l’axe d’ancrage. Il a fini par se déboîter, ce qui n’empêche pas de le replacer à volonté.

Que dire de cette version ? Un très bel afficheur criblé de nombreux témoins LCD, une machine bien finie, agréable à utiliser.

Sur le plan technique : Pour la programmation on dispose maintenant de 300 pas et non plus des 38 de la première 180P. Le langage ne semble pas avoir évolué mais l’édition du programme en clair (nom des instructions défilant à l’écran) est maintenant disponible, ce qui procure enfin un vrai confort de travail.

La rapidité de calcul se situe dans une honnête moyenne, ainsi que la précision, grâce aux 10 chiffres, internes et affichés.

En conclusion : machine moderne et agréable, qui sait préserver l’esprit de l’ancêtre 180P.

HEWLETT-PACKARD HP-27S

 

Je tentais depuis 1987 de retrouver cette machine aperçue dans une grande librairie de Reims.

Le facteur vient enfin de déposer dans ma boîte aux lettres une HP-27S d’époque, made in USA, avec sa fine bordure d’afficheur blanche.

Replaçons-nous dans le milieu des années 80 : le paysage des calculatrices est dominé par les Pocket Computers, des machines pensées comme des ordinateurs de poche, programmables en basic, et de format horizontal.

Les simples calculatrices de cette époque vont copier cette dernière caractéristique et prendre un aspect plus large que haut. Ainsi naît la gamme Voyager de HP, la ligne Galaxy de Texas Instruments.

1986 voit arriver les calculatrices graphiques, qui surgissent des cendres des Pockets Computers dont la fin a commencé. Ainsi, la CASIO FX-7000G, première graphique, est de nouveau verticale, ses touches sont innombrables et de toutes les couleurs.

En cette période de mutation et tâtonnements, Hewlett-Packard lance sa gamme Pionner que je découvre par hasard. Sept ou huit calculatrices d’aspect proche, des scientifiques, des financières. Qui ne ressemblent à rien de connu. Design sobre, touches en petit nombre (37) avec légendes en partie mystérieuses : à quoi peuvent bien servir les 6 touches en accent circonflexe …

Par ailleurs quelques machines montrent une touche EGAL, fait inouï pour une Hewlett-Packard.

Qu’est-ce qu’une HP-27S ? C’est une calculatrice scientifique, dotée aussi de fonctions financières. On peut dire que la 27S est une machine hybride, voulue tant scientifique que financière, ce qui est fort rare.

La 27S a de la mémoire (plus de 6 Ko) mais elle n’est pas vraiment programmable. Tout au plus peut elle mémoriser de grandes quantités de formules assimilables à des programmes simples. Il existe des techniques permettant d’élaborer des formules aussi complexes que des programmes.

La 27S est également dotée de fonctions de date et heure, avec gestion d’alarmes.

Pour ma part la HP-27S est aussi la machine au design le plus réussi de la gamme Pionner.

HP27S

CASIO FX-8000G – CASIO FX-8500G

 

L’ultime évolution de la CASIO FX-7000G de 1985 : Une énorme 8000G, rejointe par la 8500G ci-dessous deux à trois ans plus tard.

Un concept de verticalité poussé à l’extrême, une large place étant consacrée à l’accueil des commutateurs de contact et pilotage de l’impression optionnelle (par interface FA-80).

Hormis cette possibilité d’extension, les 8000 et 8500 diffèrent peu du modèle 7000. Plus de mémoire bien sûr, les 422 pas de la 7000 constituant un minimum. Donc 6566 octet pour la 8500 et « seulement » 1446 pour la petite sœur 8000. On peut enfin programmer.

A souligner une fonctionnalité spécifique aux deux modèles : l’éditeur de fichier, qui permet de stocker et rappeler différentes sortes de données.

Vitesse et précision sont exactement celles de la FX-7000G d’origine.

Un mot sur la vitesse : la position du commutateur de façade de gauche influe grandement sur la vitesse de traçage des courbes à l’écran. En position HD, les points calculés sont plus nombreux, de façon à restituer une image de meilleure qualité en cas d’impression. Si aucun périphérique n’est connecté, le commutateur doit donc être placé sur N, ce qui restituera une bien meilleure vitesse de tracé.

Il existe deux moyens de distinguer au premier coup d’œil les machines l’une de l’autre : le tour d’écran de la 8000 est blanc, celui de la 8500 est sombre. Le clavier de la 8000 est visuellement identique à celui de la l’aînée 7000, alors que les touches de la 8500 sont spécifiques, la couleur de DEL et AC notamment.

Dernières évolutions du tout premier âge des calculatrices graphiques CASIO.

Mais la FX-7700G arrive …

 

ELEKTRONIKA MK-71

ELECTRONIKA-MK71

Cette calculatrice russe de marque RODON est plus connue sous le label ELEKTRONIKA MK-71.

L’aspect est flatteur, mais dans la réalité, cette calculatrice est recouverte non de métal, mais d’un plastique terne et irrégulier.

L’immense panneau solaire est coiffé d’une « vitre » victime d’un jeu important qui la fait bouger d’1 mm de part et d’autre.

Malgré la taille du panneau, impossible de réveiller l’affichage dans une pièce juste normalement éclairée. Il faut du grand jour. Et aussi un peu de patience, l’éveil se faisant en douceur. Et gare aux variations d’intensité lumineuse, l’Elektronika réagissant par une plongée immédiate en léthargie … Sombre tableau … J’exagère un peu, mais je trouve cette machine russe en dessous des standards habituels.

Après recherches, elle semble dater de 1986. Sa logique est algébrique, avec gestion des priorités de calcul. Sa précision est de 8 chiffres, mais tient compte d’un 9e chiffre en interne qui arrondira le 8e selon qu’il sera supérieur à 4 ou inférieur à 5.

La MK-71 est une scientifique de base sans grande originalité technique. Son aspect slave bien marqué lui donne toutefois un charme bien exotique.

SHARP EL-9200 – SHARP EL-9300

SHARP9200SHARP9200-2

 

Pour être exact, la toute première calculatrice SHARP à possibilités graphiques fut la petite EL-5200 de la fin des années 80.

Mais la première véritable graphique à grand écran fut bien la EL-9200, produite au début des années 90, puis suivie par la 9300.

Jouons au jeu des différences pour ces machines presque jumelles :

– mémoire : 1800 pas pour la 9200, 23064 pour la 9300

– présence d’un solveur sur la 9300

– présence d’un port de connexion ordinateur sur la 9300

– la 9200 n’a pas de pile de sauvegarde (CR2032)

– la 9300 a un écran sensiblement mieux contrasté

– coloris gris clair pour 9200, gris plus sombre pour 9300

– une mention « Solver » en façade pour la 9300

– un logo « graphics » de couleur bleue sur 9200, jaune sur 9300

Pour le reste, il s’agit des mêmes machines : fonctions identiques, idem pour ce qui concerne rapidité et précision. Les deux Sharp sont agréables à utiliser, le système d’exploitation est convivial. Le design est très arrondi, unique.

Ces machines semblent exigeantes sur le niveau de fraîcheur des piles : le témoin low batt s’allume tôt, et les machines refusent de démarrer dès les premiers signes d’assèchement.

SHARP-EL9200-9300

CANON F-802P

CANON802

La CANON F-802P est un véritable couteau suisse : fonctions scientifiques, statistiques, bases de numération, conversions, programmable …
Continuons avec les détails techniques : 50 touches ! , 10 mémoires, 10 chiffres, 12 en interne, bonne précision, machine rapide …
Et en plus, très jolie. Et légère …
Ses fonctions de programmation sont suffisamment riches pour permettre des programmes un tant soit peu élaborés, à condition de ne pas se sentir trop à l’étroit avec les 128 pas disponibles. Détail pittoresque : le GOTO n’agit que sur les 10 pas de devant ou en arrière. D’où des GOTO en ricochets pour des sauts plus élancés …
Machine de la toute fin des années 80, fabriquée en chine, la 802P est l’équivalente verticale de la CANON F-800P, modèle plus diffusé me semble-t-il …

HEWLETT-PACKARD HP-17B

HP17B

Si la HP-14B contemporaine de la 17B n’a pas eu de descendance, le numéro 17 fut en revanche prolifique dans le catalogue de calculatrices financières HP.

Ainsi, la HP-17BII succéda à la 17B, sous les mêmes traits mais avec des fonctions supplémentaires ainsi qu’un mode RPN optionnel. Puis vint la HP-17BII+, puis une deuxième évolution de ce dernier numéro, lequel est toujours commercialisé à l’heure actuelle.

Qu’était la HP-17B de 1988 ? Une calculatrice financière très performante, cachant toute sa puissance sous un dispositif de menus pilotés par 6 touches dédiées. Outre des fonctions financières pointues, complétées de fonctions mathématiques, la 17 avait une horloge intégrée et pouvait gérer des plannings de rendez-vous, avec alarmes.

Elle était aussi programmable, dans un langage relativement puissant mais peu intuitif, toujours en usage dans la HP-17BII+ actuelle. En ce temps là, seule la très coûteuse HP-19B la surpassait.

Avec la HP-27S, cette HP-17B me semble incarner tous les mystères et espoirs de cette famille PIONEER, apparue soudainement après la vague des calculatrices et pockets computers horizontaux. Des machines sobres, classiques, verticales, pourvues de 6 mystérieuses touches en forme d’accent circonflexe, et d’une touche EGAL qu’on n’attendait pas d’un constructeur qui avait érigé le RPN en dogme …

Mes remerciements à joelc

HEWLETT-PACKARD HP-14B

HP14B

HEWLETT-PACKARD a toujours eu à son catalogue une gamme complète de calculatrices financières.

La HP-14B date de 1988. Ce modèle fait donc partie des PIONEER, une famille à ligne verticale, à l’aspect sobre et moderne.

Les PIONEER comptaient 3 machines financières : la basique et (relativement) bon marché HP-10B, la très pro HP-17B programmable et le modèle intermédiaire HP-14B.

Ce dernier est probablement le moins connu. Quels sont ses points faibles et forts ?

La HP-14B n’est pas programmable, ne dispose guère de fonctions scientifiques contrairement aux 17B, et possède la touche EGAL, sacrilège pour de nombreux fans de la marque longtemps vouée corps et âme au mode de calcul « polonais » RPN

La HP-14B a aussi des qualités : un afficheur confortable à matrices de points de 12 chiffres, un excellent clavier. Enfin, il est possible de dénicher une pincée de fonctions scientifiques : les logarithmes naturels et réciproques, ainsi que les factorielles, disponible par le menu MATH.

Mais la HP-14B est avant tout une puissante calculatrice financière.

Puissance, élégance, confort, solidité, longévité … la HP-14B est bien une Pionner.

A noter que la 14B ci-dessus provient d’une édition spéciale anniversaire (la pastille ronde en façade). Il est aujourd’hui beaucoup plus courant de rencontrer la 14B dans cette édition spécifique que dans sa livrée originale, beaucoup plus rare quoique identique hormis la présence de la pastille.

HEWLETT-PACKARD HP-28S

Il y eut une mode des calculatrices à double clavier à la fin des années 80.

Les HP-28C et S, ainsi que les financières HP-18C, 19B, 19BII en furent les représentantes chez Hewlett-Packard. Sharp de son côté sortit les EL-5200 et EL-9000. Il y eut aussi Canon et sûrement quelques autres.

La HP-28S était une machine innovante, puissante et chère. Elle introduisait la notion d’objet : programmes, chaînes de caractères, expressions algébriques, unités, valeurs binaires etc. étaient autant d’objets pouvant être identifiés à l’aide de délimiteurs spécifiques, manipulés et mémorisés au besoin dans des variables.

Le langage de programmation était le tout nouveau RPL, repris plus tard sur les 48, 49 et 50G.

La HP-28S fut aussi la toute première calculatrice graphique de HP. Plus exactement cette toute première version s’appelait HP-28C.

La 28S a deux grands défauts : elle n’est connectable à aucun périphérique de sauvegarde. Heureusement sa mémoire est vaste : 32 Ko. Second défaut, d’ordre matériel: les trois piles de type LR1 appuient très fort sur la trappe, de sorte qu’un jour, celle-ci se fragilise. Ce problème est commun à presque toutes les HP de ce type.

La HP-28S se referme sur elle-même. Elle n’a donc pas besoin de housse. En utilisation, le clavier alpha peut aussi être rabattu derrière le clavier principal, la machine pouvant alors être tenue dans une main.

Avec ses 4 lignes, sa logique RPN, son clavier alpha rendant la saisie confortable, et un peu d’habitude, la 28S devient vite une machine redoutablement efficace. Encore de nos jours.

HEWLETT-PACKARD HP-42S

Ma première calculatrice RPN (sans touche ÉGAL). J’ai acheté cette merveille à la FNAC de Lille en 1989.

Cet achat fut consécutif au choc ressenti lors de la découverte de la nouvelle gamme de calculatrices, dites Pioneer de Hewlett-Packard, dans une grande librairie de Reims en 1989.

Pourquoi un choc ? Parce qu’une page se tournait, celle des Pockets Computers et des calculatrices horizontales telles les Voyager de HP et Galaxy de Texas-instruments.

Ces Pioneer redevenaient verticales, dans un design sobre, très classique. Peu de touches. Et surtout, le signe tangible que des choses changeaient : certaines avaient la touche ÉGAL … du jamais vu sur HP. Un sacrilège quelques années auparavant.

Des 6 ou 7 modèles visibles ce jour là, c’est la HP-27S qui me fascine littéralement. C’est d’ailleurs elle que je viens acheter quelques mois plus tard à la FNAC de Lille. Or un autre modèle y est présent, à côté de la 27S. Le présentoir la décrit comme « compatible HP-41CV« . Elle est d’ailleurs RPN comme les HP de la génération précédente et contrairement à l’ultra moderne 27S … C’est une HP-42S, le modèle le plus cher ce jour là.

La compatibilité HP-41 m’interpelle profondément. Je réfléchis … j’hésite longuement entre les deux modèles. Ainsi cette machine me permettrait de tenir dans mes mains la mythique 41CV … Mais il me faudrait me mettre au RPN. C’est justement ce que je voulais éviter … Finalement je sortirai ce jour là du magasin avec une HP-42S.

Par la suite j’ai énormément utilisé cette machine, tant pour mon plaisir qu’à mon travail. Ses possibilités sont énormes et sa souplesse prodigieuse. Il est de mon point de vue bien plus facile d’utiliser une 42 que les futures 28S ou 48 … Les tout nouveaux menus sont très puissants. La mémoire permet de stocker toutes sortes d’objets. Les variables peuvent se renommer. Le menu custom permet de faciliter encore l’utilisation. Le clavier ALPHA est le mieux conçu qu’il m’ait été donné de manipuler (avis personnel, tout le monde ne pense pas de cette façon), enfin la programmation n’a de limite que l’imagination du programmeur.

La taille mémoire est d’environ 7000 pas. Les différents programmes peuvent cohabiter de manière indépendante et se lancer d’une simple touche.

Enfin la machine est fine, légère et tient parfaitement dans la poche.

Une caractéristique qui déroute au début : les deux lignes d’affichage repérées par un X: (la ligne du bas) et un Y: (la ligne supérieure) : Ainsi, sur les quatre niveaux de la pile, les deux premiers sont visualisés. La sûreté des calculs manuels tire assurément profit de ce dispositif.

Quels sont les défauts de la HP-42S : Une rapidité très moyenne, et sur les premiers modèles, la fragilité du liseré de peinture sur le pourtour de l’afficheur.

Mais aussi l’impossibilité de connecter un périphérique de sauvegarde, contrairement à la HP-41 (optionnel cependant pour la 41). Cette limitation ne m’a personnellement jamais gêné. En effet, la taille mémoire reste confortable et les programmes peuvent êtres isolés les uns des autres. De plus, lors d’un changement de piles, les données restent en mémoire pendant l’opération.

La HP-42S est aujourd’hui considérée par beaucoup comme une des meilleures calculatrices fabriquées par HP. Elle est très facile à trouver d’occasion, mais à condition d’y mettre le prix, le prix de vente habituel sur Ebay avoisinant au minimum les 250 $/€.

A noter que le modèle photographié ici est ma deuxième 42S, achetée récemment. J’ai en effet tenté un jour de démonter ma 42 afin de nettoyer l’écran de l’intérieur (poussières). Et je ne suis jamais parvenu à ouvrir cette machine, car, je le sais maintenant, elle est assemblée par thermo-collage. Les dégâts visuels laissés par cette tentative infructueuse sont énormes … Donc un conseil avisé : si vous possédez une machine de ce type, ne tentez pas de l’ouvrir, c’est quasiment impossible (à moins de forer deux trous à deux endroits bien précis … Il existe des pages sur le net qui expliquent la façon de faire … très peu pour moi, j’ai compris la leçon …).

HP-42S

CASIO FX-7000G

Il s’agit là de la première calculatrice graphique.

En 1985, CASIO invente ce nouveau concept, qui se révélera extrêmement fécond.

En quoi consistait la nouveauté :

– un grand écran graphique « carré »,
– un écran constitué d’une seule matrice de points,
– une excellente rapidité,
– un système de calcul « symbolique » : on entre une proposition telle qu’on l’aurait écrite sur papier, puis on « l’exécute », on l’évalue par appui sur la touche EXE.
– Mais aussi un dispositif de tracé de courbes, permettant de générer un grand nombre de tracés. Une fonction Trace permet l’affichage des coordonnées point par point, Plot permet l’activation de points à l’écran, Line le tracé de lignes entre deux points. C’est sommaire mais permet déjà beaucoup de choses.

Les fonctions statistiques à deux variables tirent profit du mode graphique. La régression linéaire prend tout son sens. Et on peut afficher des histogrammes, même si cette manipulation est un peu compliquée.

Le concept de zoom est déjà présent (Factor ici). Des exemples de tracés sont pré-enregistrés et exécutables simplement pour la plupart des fonctions scientifiques. Ainsi la frappe « GRAPH + TAN + EXE » trace la fonction tangente après avoir automatiquement placé les bornes adéquates dans RANGE. Pratique, visuel, pédagogique. On n’a pas encore l’effet de poursuite : taper flèche droite après un tracé relance celui-ci après décalage sur la gauche pour observer la suite de la courbe.

C’est donc vraiment un produit nouveau, perçu par l’acheteur de 1985 comme le haut de gamme CASIO.

La FX-7000G offre beaucoup de fonctions, y compris la programmation. Le langage est symbolique lui aussi. Il a été inauguré peu de temps avant sur la FX-4000P. Sa lisibilité ainsi que sa simplicité évoquent le Basic. La capacité mémoire est malheureusement bien mesurée : 422 pas, c’est vraiment peu. Et le langage pourrait être plus puissant : La fonction Pause n’est pas disponible et à la différence des machines Basic, la 7000 ne gère pas le traitement des chaînes de caractères. Il est heureusement possible de programmer l’apparition de messages, pour demander par exemple l’entrée de données ou pour annoncer un résultat.

La CASIO FX-7000G connaîtra un succès énorme de par le monde. Je l’ai découverte, pour ma part, un beau jour de l’année 1986, dans une librairie de Poitiers. Elle était accompagnée d’un modèle à écran moitié moins grand, la désormais rare FX-6000G. C’est cette dernière que achetai quelques mois plus tard à la FNAC de Lille. L’exceptionnelle verticalité de la 7000 me semblait encore étrange, avec cet écran « carré » qui s’apprêtait à traverser les décennies …

Je pus découvrir la 7000 chez mon frère qui venait d’en faire l’acquisition. Je pus la manipuler, et constater de minimes différences avec ma 6000 : 486 pas pour la 6000 et une fonction de scrolling de l’écran pour compenser la demi-hauteur, les fonctions hyperboliques sur la 7000.

La 7000G engendrera une famille : les 8000G et 8500G, modèles très similaires, mieux pourvus en mémoire, et conçus pour piloter l’interface FA-80.

A la suite de CASIO, TEXAS-INSTRUMENTS se lancera cinq ans après la 7000 dans la course aux calculatrices graphiques avec la TI-81. Entre-temps, SHARP aura tenté la petite EL-5200/EL-9000, tandis que HEWLETT-PACKARD sortira la toute puissante HP-28C, annonciatrice des futures HP-48.

CASIO a souvent innové au cours de son histoire, avec des succès inégaux. Le concept de calculatrice graphique est une belle réussite.

HEWLETT-PACKARD HP-48

On trouve sous ce nom cinq machines produites au cours de la première moitié des années 90.

La première fut la 48SX, une très coûteuse calculatrice, réponse attendue aux premières Casio et TI graphiques. Sur toutes les photographies de l’époque, la 48SX était représentée avec l’éditeur d’équation actif, montrant une énorme formule de calcul, avec symbole de sommation emplissant l’écran. Cette image était saisissante.

La HP-48 fut une sorte de reine des calculatrices. Au carrefour de l’ancien monde et du nouveau, pas encore purement scolaire mais incroyablement plus aboutie que les anciennes TI-59 ou HP-41 de la génération précédente.

Ainsi, la HP-48SX possède plus de 2000 fonctions. Elle est totalement programmable, en RPL ou en assembleur. Elle dispose de 32 Ko de mémoire, ainsi que de deux ports pour cartes d’extension. Elle gère parfaitement l’alphanumérique, les sons (en durée et hauteur), dispose d’un port infrarouge qui lui permet de converser avec d’autres 48, imprimer, ou faire fonction de télécommande universelle à l’occasion, sous réserve d’entrer un programme de « bidouilleur ». Elle se connecte aussi par câble aux micro-ordinateurs, ce qui signifie archivage, impression, programmation au moyen d’éditeurs de textes confortables. La logithèque de la 48 deviendra colossale en l’espace de quelques années.

La petite sœur HP-48S arrive bientôt. Elle est identique à la SX, mais sans le port d’extension. Le logo HP en haut à gauche est simplement peint sur la façade alors qu’il constitue une classieuse plaquette incorporée sur la SX.

Plus tard les HP-48G et GX arriveront. Peu de différences avec la SX/S : 128K et 32K pour les GX/G, une puissante bibliothèque de programmes divers, une rapidité accrue, des couleurs différentes, un meilleur écran.

A noter une HP-48G+, variante de la HP-48G avec 128K au lieu de 32K.

Rien n’étant parfait en ce monde, je vois dans cette gamme 48 quelques petits défauts :
– indépendamment de la vitesse de calcul qui n’est pas fulgurante, les écrans semblent se succéder avec une certaine « inertie » qui agace à la longue.
– je trouve le clavier alpha mal conçu, les touches de commandes étant inopérantes au profit des fonctions alpha.
– je ne m’habitue pas à l’affichage de SQRT( apparaissant après un nombre dont on veut connaître la racine carrée, lors de l’écriture d’une expression.
– je trouve le langage RPL bien peu naturel …
– le compartiment à 3 piles, qu’on retrouvera dans la 49G, est pénible. On doit placer la première, la maintenir de force en plaçant la deuxième, puis forcer encore pour enfoncer la troisième. Et vite refermer le compartiment tant on craint que les piles soient recrachées. Bon, j’exagère quand même un peu.
– enfin … les plastiques de la HP-48 couinent !

La HP-48, née sous la version SX/S, a évolué en GX-G, puis est devenue en 2000 la HP-49G, puis la 49G+, enfin la 50G. Ne nous trompons pas, sous l’impressionnante et très actuelle HP-50G vit toujours une SX de 1989 qui n’a cessé de s’améliorer au fil du temps, confiant à un processeur ARM moderne, dès l’étape 49G+, le soin d’émuler le fameux Nec Saturn. Aujourd’hui, la puissante HP Prime tente d’assurer la relève de cette grande famille.

SHARP EL-9000

SHARP_EL9000

La SHARP EL-9000 date de 1986 et succède à la EL-5200, semblable en tous points, autant que je sache …

Le double clavier fut à la mode à cette époque. Le plus illustre représentant en fut le Hewlett-Packard HP-28C/S, modèle à double charnière.

Ici la construction est plus simple, le clavier secondaire, à touches affleurantes, étant incorporé au carnet de protection. Le corps de la calculatrice ne peut-être désolidarisé du carnet et lui est fixé par le côté droit.

D’un point de vue anecdotique, la 9000 détient le record du plus grand nombre de touches pour une calculatrice ! Pas mal pour une si petite machine.

Dotée d’un grand nombre de fonctions de calcul, elle est aussi programmable, dans l’ancien langage maison de SHARP, l’AER. Deux évolutions du langage sont acceptées, l’AER I et l’AER II.

A noter que la SHARP EL-9000 proposait déjà les tracés graphiques.

Une machine magnifique, puissante, mais plutôt complexe d’utilisation, le manuel est ici indispensable.

SHARP EL-735

SHARP a une grande tradition de calculatrices financières.

La 735 est très complète, avec quelques fonctions scientifiques en prime.

Cette calculatrice est non seulement visuellement agréable, elle est aussi efficace à utiliser: le clavier a un bon toucher, les fonctions importantes sont bien accessibles, l’affichage est très lisible, et la logique de calcul est franche et simple. C’est sur ce dernier point que j’apprécie particulièrement la 735. En effet, en dépit de la présence d’une ligne supérieure d’affichage, utilisée uniquement pour les messages d’information, la logique de calcul est élémentaire : du calcul en chaîne, sans priorités de calcul. Comme autrefois. C’est direct, précis, fiable.

Je regrette l’absence des parenthèses (au moins un niveau) … Il n’y a pas non plus de touche d’exposant, mais une touche d’élévation à la puissance, ce qui revient finalement au même.

Les fonctions financières sont classiques. On dispose aussi d’un module de calculs sur les dates. Les statistiques sont complètes, à 2 variables, et la régression linéaire est disponible.

Il existe une fonction Memo, (ce qui distingue d’ailleurs essentiellement la EL-735 de la EL-733) mais je ne l’ai jamais essayée.

HEWLETT-PACKARD HP-38G

HP38G

Sortie en 1995, la HP 38 travaille désormais uniquement en notation graphique et non plus RPN, une première chez HP. La forme est très carrée, design brut et simpliste. Mais la construction est sérieuse, la machine solide, monolithique, le clavier vraiment excellent, la sérigraphie de qualité, et l’afficheur, superbement contrasté et débarrassé de tout reflet (rien à voir avec la future 49G).
Voyons à l’usage : lenteur tout d’abord. Les écrans se succèdent avec une inertie pénible … Pas mieux pour l’exécution de programmes. La programmation est étrange,  structurée mais pas du tout intuitive. Et comme le manuel est bâclé et ne donne que de maigres exemples de programmes, on est vite bloqué et découragé …
Comparée aux HP-48, la 38 donne une impression de machine délibérément bridée.
Bilan contrasté donc : Première HP à logique purement graphique, bonne qualité matérielle. Mais fonctionnalités limitées, langage de programmation confus, lenteur et documentation indigente.
Il existera une succession avec les 39G, 40G, et la toute récente HP-39GII, première à révéler toute la puissance de ce langage qui connaît actuellement son apogée avec la HP Prime.

CASIO FX-6500G

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Depuis 1986, je ne connaissais cette machine que par la photo de couverture du manuel de ma FX-6000G.

Une vraie surprise, la photo du manuel ne permet pas de soupçonner le profil différent : l’écran de la 6500 n’est pas incliné, la machine est plate.

Ceci mis à part, ce sont presque les mêmes machines, à l’exception des fonctions hyperboliques, que la 6000G n’a pas.

Là où la 6500G se démarque, et pas seulement de la 6000 mais de toute cette première famille, c’est par un habillage métallique qui donne à cette Casio une allure réellement superbe et classieuse. Une intention confirmée par une douceur et un contraste d’écran qui me semblent  supérieurs aux 6000G et 7000G

Il est plausible que la 6500G ait été vendue plus chère que la 6000G. Mais près de quarante ans plus tard, comment savoir …

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CASIO FX-7700G

Quand sort la FX-7700G en 1991, six ans se sont écoulés depuis l’arrivée de la toute première calculatrice graphique la CASIO FX-7000G de 1985. Le règne de la 7000G et de sa petite famille de modèles déclinés, les 60006500750080008500 s’est déroulé sans nuages, sans concurrence.

Les choses changent au début des années 90, les autres constructeurs sont ou arrivent sur la ligne de départ. Ils se nomment SHARP avec sa 9200, HEWLETT-PACKARD et sa redoutable HP-48SX, mais surtout TEXAS-INSTRUMENTS qui entend peser massivement sur le marché avec sa prometteuse TI-81.

C’est aussi ce moment que choisit CASIO pour renouveler sa gamme. La ligne de sa nouvelle 7700G est inédite. Toujours verticale, intégrant l’écran de façon plus agréable et naturelle. Le métal n’est plus de mise excepté la courte plaque arrière recouvrant les 3+1 piles CR2032.

Parmi les nouveautés les plus visibles, nous trouvons six touches F1 à F6 pilotant les fonctions graphiques, un vrai pavé directionnel et une touche dédiée pour la variable graphique.

Une nouveauté importante qui va permettre d’aérer le clavier est l’accès à des menus aux contenus visualisés à la base de l’écran et pilotables par les touches F1 à F6.

Et aussi une fonction de poursuite : juste après avoir affiché un tracé, une action sur le pavé directionnel poursuivra le tracé dans la direction souhaitée en modifiant automatiquement les paramètres d’échelle « Range« . Avec la famille précédente, les touches directionnelles rappelaient simplement l’équation initiale. Ici on tapera AC pour quitter la poursuite puis flèche avant ou arrière pour revenir à l’équation.

La toute nouvelle CASIO gère les matrices, le traçage de courbes polaires ou paramétrées, et montre un impressionnant calcul/affichage d’intégrales.

La mémoire est désormais confortable, avec plus de 4000 pas. Vitesse et langage de programmation sont ceux de la famille 7000G. La notion de zoom, embryonnaire sous la 7000G (factor), est maintenant plus élaborée et peut focaliser sur la zone choisie au moyen du sympathique outil graphique « box ».

Au passif de cette belle et puissante machine : une consommation élevée qui oblige à changer les piles plus souvent qu’espéré. Les concurrents auront systématiquement recours à des piles AAA. CASIO aussi mais attend encore un peu. Autre point faible, l’écran est moyennement contrasté. Enfin, un problème de construction : la peinture s’écaille inexorablement, surtout en bas de façade. Le couvercle à glissière n’arrange pas les choses.

J’ai acheté ma CASIO FX-7700G au moment de Noël 1991, à la FNAC des Halles à Paris. Après six ans de FX-6000G, l’effet de nouveauté me parut extraordinaire, avec notamment le menu d’accueil graphique, aujourd’hui bien simpliste mais impressionnant en 1991.

Ma 7700 a mal vieilli. Outre la peinture écaillée sur le bas, l’écran s’est fortement assombri voilà deux ans et des cloques y sont apparues. N’ayant pu résoudre le problème, j’ai finalement jeté cette machine irrécupérable et en morceaux. Comme elle me manquait, j’ai pu retrouver un modèle en parfait état.

Époque magique où il est tellement facile d’acquérir des modèles du passé.

CASIO FX-6000G

C’est lors d’une balade dans les rues de Poitiers en 1986 que je découvre par hasard une gamme inédite de calculatrices CASIO. Sur le présentoir de la librairie sont rangées côte à côte des machines multicolores et remplies de touches « gomme ». L’une d’elles a un grand écran carré. C’est visiblement la plus puissante. Mais c’est la plus petite que je remarque, avec son superbe écran incliné. Quelques mois plus tard, je signe le chèque (660 Francs) à la FNAC de Lille.

A la mise sous tension, je contemple pour la première fois un afficheur graphique, de 4 lignes, tout en matrice de points. La 6000 est rapide, une vraie fusée. La ligne 69!+69!+69! est exécutée en un instant, c’est du jamais vu. Et le traçage de courbes se révèle un champ d’exploration captivant.

D’un point de vue calcul, la 6000 offre beaucoup de fonctions. J’apprécie beaucoup le nouveau mode d’entrée des données, commun depuis à (presque) toutes les calculatrices graphiques.

Ce mode est innovant. On a affaire ici à un évaluateur dans lequel on écrit de façon naturelle une proposition, au besoin très compliquée, qui sera évaluée numériquement par la pression sur la touche EXE. Autre intérêt du système : l’affichage du résultat ne remplace pas les données d’entrée, les deux sont à l’écran.

Ainsi, si je tape 1337,28 – 242,60, ces données de départ seront encore présentes après apparition du résultat. Cette vision persistante des données entrées pallie un défaut des calculatrices classiques, à savoir la substitution du résultat aux opérandes, et donc le doute qui peut toujours subsister sur la justesse de la frappe initiale. Ici, le résultat peut toujours être rapproché pour contrôle des opérandes visibles, et modifiables si besoin.

La fonction ANS, qui renvoie le dernier résultat, est pratique et souvent utilisée dans ce mode. Et ici, on a la chance d’avoir une touche ANS dédiée. Ce sera loin d’être toujours le cas dans l’avenir où beaucoup de machines graphiques placeront la touche ANS en fonction secondaire. N’oublions pas que dans ce mode d’entrée « naturel », le symbole de racine carrée ou « log » se placent devant la valeur, comme sur le papier. En conséquence pour utiliser la valeur précédente, ANS est incontournable.

Une petite déception concernant la programmation : 486 pas seulement, c’est devenu bien peu. Le langage, inauguré avec la 4000P est de nature symbolique. On peut regretter une absence d’une fonction Pause mais ce langage a tout de même l’avantage d’une grande clarté. Il permet l’affichage de messages lors des entrées et sorties, ce qui manqua pendant longtemps aux calculatrices programmables non alphanumériques. Les fonctions graphiques sont elles aussi programmables.

Une illustration de la modernité du langage de programmation : si je veux programmer le calcul du discriminant réduit de l’équation quadratique d = b²-4ac cher à mes professeurs de lycée, la ligne de programme pourra sans problème être B²-4AC⇒D. Quoi de plus naturel me direz-vous ? Pourtant avec l’aînée FX-602P c’était une autre paire de manches: MR02 x² – 4 X MR01 X MR03 = Min 04

Trente-cinq ans plus tard, cette magnifique calculatrice fonctionne comme au premier jour, sans problème d’écran, de nappes ou de clavier. A noter que l’autonomie est correcte, bien que reposant sur une alimentation à piles bouton (CR2032 x 3). En comparaison, la future 7700G videra ses quatre piles bien plus vite.

A noter que la FX-6000G ne se trouve pas facilement d’occasion. Ce qui ne signifie pas pour autant qu’elle soit vendue chère. C’est un fait que le public, contrairement à moi, lui a toujours préféré la grande sœur, à écran carré, la FX-7000G, bien plus diffusée dans le monde.

Membre de la toute première famille de calculatrices graphiques, la 6000 présente une spécificité bien peu discernable. Soumise à des tests de calculs poussés elle montre des résultats numériques étonnamment différents des sœurs à grand écran.

Ainsi, alors que le test Forensics(*) se conclut de façon rigoureusement identique pour toute cette nouvelle famille, celui du cumul des sinus de 1° à 360° n’en fait qu’à sa tête et retourne une valeur différente – et un peu moins précise – pour les 6000 et 6500 (**). Que se passe-t-il donc ?

L’examen comparé du sinus de chaque valeur, avec loupe placée niveau des trois derniers chiffres de garde, montre assez souvent une différence d’une machine à l’autre sur le treizième et parfois le douzième chiffre, différence qui ne semble pas liée à une gestion différente de l’arrondi.

Laquelle montre les valeurs les plus justes ? L’ordinateur SHARP PC-1475, commuté en la circonstance en double précision – et redoutablement juste dans ce mode – vient arbitrer ce comparatif. Le verdict est sans appel, en cas de différence, les valeurs de la FX-6000G sont toujours les moins justes, ce qui explique qu’elles aboutissent, cumulées, à une valeur finale aussi différente.

Mais alors pourquoi le résultat du test Forensics, qui repose lui aussi sur les fonctions trigonométriques, est-il identique pour les deux modèles ?

Ce test est bâti traditionnellement sur la valeur source 9. Or, il se trouve que pour cette valeur, les résultats des deux machines se montrent identiques. Mais si on décide de changer cette valeur, et même de réaliser le test sur, par exemple, chacune des valeurs 1 à 89 on constatera que la plupart du temps, le test aboutit à des résultats différents.

Le tableau ci-dessous liste ces valeurs. Celles de couleur verte sont identiques pour les deux machines. On peut s’étonner de la quasi absence de valeurs négatives retournées par la 8000. Et aussi du lien mystérieux liant dans la 6000 les valeurs positives à la couleur verte. Avec une exception pour le nombre source 59 qui donne une valeur, négative elle aussi, égale à l’unique valeur négative de la 8000. Et six valeurs positives qui se suivent pour les nombres source 43 à 48 (6000) …

La Casio FX-6000G est donc dotée d’un processeur spécifique, le NEC D1007G-003 (tout comme la 6500G en toute probabilité). Les FX-7000G8000G et 8500G reçoivent quant à elles le NEC D1007G-008.

Ci-dessous, des captures montrent la partie la plus à droite des valeurs des sinus de 1° à 6° (et seulement 4° à 6° pour la 6000 à écran réduit), se terminant par les 3 chiffres de garde. Le sinus de 5° affiché par le SHARP PC-1475 sur 20 chiffres confirme la meilleure valeur affichée par la FX-8000G (avant dernière ligne). On y retrouve bien 4274766, avec un 13e chiffre correctement arrondi. La FX-6000G fait moins bien avec 4274773.

J’arrête ici cette plongée dans les tréfonds des algorithmes de précision, dont je ne sais percer tous les secrets.

Que l’on se rassure, la FX-6000G est une calculatrice précise car, dans tous ces exercices, les 10 chiffres affichés sont toujours justes. Les chiffres de garde, masqués, sont  là pour y travailler dans la discrétion, et n’ont en principe pas vocation à être révélés. Et pourtant lors d’un cumul, il peut se passer bien des choses …

Un dernier mot, sur le manuel : la couverture montre le couple FX-6000G et FX-6500G. J’ai mis des années avant d’en savoir plus sur cette dernière, qui est une vraie rareté. La présence des deux modèles sur la couverture du manuel commun parle en faveur d’une même année de naissance.

CASIO6000MANUEL
 

(*) http://www.rskey.org/~mwsebastian/miscprj/forensics.htm

(**) la série 6000 retourne la valeur 1.1812E-10, les séries 7000 et 8000 retournent la valeur -4.883E-11. Les 3 séries retournent unanimement la valeur 5.90443E-07 au test Forensics.

TEXAS-INSTRUMENTS TI-86

Héritière de la TI-85, la TI-86 fut un haut de gamme absolu et éphémère chez Texas-Instruments, avant que la TI-89 ne lui ravisse le titre dès 1998.

La TI-86 a une mine austère : du noir partout, un afficheur purement fonctionnel, sans le plus petit témoin LCD. Mais elle est très puissante. Douze chiffres affichés, parfois 14, un champ de calcul culminant à <1E 1000, une fonction factorielle qui opère au delà des entiers, des fonctions pointues, une programmation complète incluant le traitement des chaînes de caractères, une gestion des variables puissante.

Le système de menus horizontaux repris de la 85 apporte une réelle puissance d’utilisation.

Machine de 1997, outre l’absence de calcul formel, la vitesse de calcul trahit aujourd’hui l’âge de cette machine à ne jamais oublier.

Quand on parle d’innovation et de dynamisme, il est de coutume de citer le constructeur CASIO qui avait su en son temps relever le défi des ordinateurs de poche, inventer le concept de calculatrice graphique, créer plus tard l’écran 3 couleurs, alors que TEXAS-INSTRUMENTS avait connu un parcours plus hésitant. Pourtant lorsque CASIO décide de renouveler sa gamme graphique, c’est le géant texan qui relève le défi. Il proposera au cours de la décennie 90 les TI-81 et 82 puis 83, avec processeur compatible Z80, la puissante et très différente TI-85, bientôt la TI-86, une toute menue TI-80 à processeur Toshiba et piles plates, les surpuissantes TI-92, 89 et Titanium à processeur Motorola. L’élan novateur va se poursuivre après l’an 2000 avec la saga des nspire et avec elles le concept toujours plus affirmé de terminal scolaire d’éducation mathématique. On peut aimer ou pas cette vision, c’est une autre histoire.

SHARP PC-E500

Ordinateur de poche tardif. C’est une sublimation des machines des années 80 : Excellente rapidité, mémoire vaste, double précision, avec bibliothèque d’ingénieur intégrée, cette machine est plus qu’elle ne paraît.

L’écran mérite bien ce nom, les quatre lignes et la petitesse des caractères le rendant particulièrement étendu.

Machine lancée en 1989, le E500 fut décliné en une version S six ans plus tard, offrant un couvercle de protection rabattable par charnière, un écran mieux contrasté, et quelques ordres Basic supplémentaires.

Le PCE-500 est facilement trouvable sur le marché de l’occasion, à prix pas toujours doux cependant. Son alimentation est assurée par simples piles AAA.

 

SHARP EL-780

Une rareté absolue : SHARP EL-780. Une superbe Elsimate complètement spécialisée dans les calculs statistiques.

L’afficheur est un généreux « 10DIGIT99″ (mais différent de celui de la EL-546 – voir ci-dessous, les segments ont un dessin légèrement différent).

Machine vraiment rare et peu référencée. Mais elle existe bel et bien …

 

SHARP EL-512S

Peut-être la plus belle de toutes les SHARP LCD extra-plates. La « S » n’est plus vraiment une EL-512, elle est plus facile à programmer et le langage AEL est aussi plus puissant.

Il existe une version EL-512H (ci-dessous) d’aspect différent mais de fonctionnalités identiques à la 512S.

La SHARP EL-566 (ci-dessous) est quant à elle la version japonaise, réservée au marché interne du Japon. C’est une sorte de jumelle parfaite de la 512S, aux coloris près et au relief nettement plus prononcé de l’afficheur.

Ci-dessous l’inscription au dos, en haut celle de la version 512S, en dessous celle en japonais de la 566.

SHARP EL-5120

Voilà une machine étonnante !

Calculatrice lancée vers 1993, la EL-5120 est restée quasiment inconnue en France, ce qui est dommage, car je lui trouve maintes qualités.

Elle est originale, avec ses trois lignes et sa rigolote mais très lisible police 5 X 5. Elle est programmable (1211 pas), non pas dans le langage AER maison peu intuitif, mais dans un « Sharp Basic » naturel et très simple. Aux mémoires désignées par une lettre de l’alphabet (complet ici) s’ajoutent 9 variables locales.

La puissance est au rendez-vous avec de belles possibilités dont un solveur et un moteur de calcul d’intégrales. A ce sujet, pas question ici de laisser l’usager se débattre avec les arguments qu’il doit taper à l’aveugle entre une paire de parenthèses, manuel ouvert. Tout se saisit dans un environnement dédié.

L’écran à trois lignes est bien conçu et pleinement utilisé. Les messages et menus sont nombreux et clairs. L’énorme pavé directionnel permet de naviguer de façon bien intuitive. Quant à la police 5 X 5 qu’on pourrait penser grossière, elle ne l’est pas du tout. Jamais aucun caractère – chiffre ou lettre – n’est représenté de façon maladroite ou peu lisible, bien au contraire.

La SHARP EL-5120 est malgré tout une calculatrice déjà ancienne. Ses possibilités de programmation dénotent par l’absence de structures de boucles modernes ou l’adressage indirect. Cependant six tests conditionnels sont présents, et les sous-programmes complètent les simples GOTO/LABEL.

Sur le plan de la construction, ma EL-5120, made in china, ne connait pas pour l’instant de problèmes de lignes de pixels défaillantes comme je le constate parfois sur d’autres SHARP. Sa consommation est faible de sorte que l’autonomie est très bonne.

Voilà donc une calculatrice généreuse, parfaitement aboutie et pourtant isolée dans la production du géant SHARP. Pas de descendance, mais une sœur : la très rare EL-5130H, d’aspect et de fonctionnalités identiques mais en finition métal, et sans doute réservée à l’origine aux marchés de l’Asie.

SHARP EL-5030

Une SHARP Elsimate puissante, peu connue et désormais recherchée : la EL-5030, proche cousine d’une splendide EL-5050 très convoitée elle aussi.

Machine de 1989, programmable alphanumérique en AER, 1400 pas de programmes, ce n’est pas rien.

L’affichage est en matrice de points et l’allure générale rappelle les EL-5200 et EL-9000, mais aussi EL-5103, avec un proéminent commutateur latéral, des touches aux légendes spécifiques et mystérieuses.

Fait curieux, le clavier, ainsi que l’afficheur présentent déjà le léger décalage vers la gauche de la EL-9000 à clavier sensitif.

SHARP5030-3

CASIO FX-4000P

La CASIO FX-4000P a succédé, du moins chronologiquement, (1985) à une géniale FX-602P sans descendance immédiate (il y aura bien une FX-603P mais ce sera pour la décennie 90).

Le langage de programmation est nouveau, il sera repris sur toutes les calculatrices graphiques CASIO qui arrivent, et il y en aura beaucoup. Un langage très visuel, simple, naturel, facile à relire, pouvant sembler incomplet (pas de fonction « pause » par exemple) mais qui s’enrichira à l’avenir. Ce langage manipule directement les variables sans plus passer par les nombreux rappels mémoire de la génération précédente, toutes marques confondues.

La FX-4000P est en quelque sorte une machine charnière qui annonce une ère dédiée aux tracés, aux écrans « carrés », aux cartables.

 
Mes remerciements à badaze

PSION 5

PSION5

Que fait donc ici cet étrange appareil ? Ce n’est pourtant pas une calculatrice …

Sorte d’ancêtre éloigné du smartphone, le PSION fut en 1997 le compagnon high-tech des cadres supérieurs fortunés et chefs d’entreprises.

Le PSION était un ordinateur de voyage, doté d’un système d’exploitation multitâche et de bons logiciels bureautiques, une mémoire de masse auxiliaire par carte Compact-Flash, ainsi qu’un clavier mécanique d’une grande qualité et efficacité.

Le PSION était aussi doté de fonctions de calcul, et c’est bien sûr la raison de sa présence ici. Il dispose d’un émulateur de calculatrice scientifique, mais est aussi pleinement programmable dans un langage agréable et ultra puissant.

J’ai fait subir au PSION de 1997 mes tests de calculs habituels et en voici les résultats :

Comme on peut le constater le PSION est bien une véritable calculatrice scientifique performante : 12 chiffres affichés pour 15 de précision interne.

Par ailleurs une excellente précision : valeur résiduelle après cumul des 360 premiers sinus : -1,58484336765E-14, soit le meilleur classement de mon parc, juste devant la moderne CASIO FX-9750GII; et deuxième au test Forensics, juste après la CANON F-720i, machine de 24 chiffres internes.

Rapidité : 4 secondes pour exécuter le test des sinus, soit 1 sec. de plus que la puissante CASIO FX-9750GII, et à 2 secondes seulement de la HP-30B, machine la plus véloce en 2010, soit un chiffre excellent (TI-89 TITANIUM : 16 sec.).

Le plus grand nombre exprimable par le PSION est <1E309.

En conclusion le PSION 5 mérite incontestablement le respect sur le plan du calcul : puissance (toutes fonctions scientifiques), rapidité incroyable (pas seulement en regard de son âge), précision de premier plan.

J’ajoute que le PSION est alimenté par deux simples piles AA, que son écran est tactile (stylet ou doigts) et que sa définition d’écran est d’un extrême finesse.

Si beaucoup de smartphones proposent aujourd’hui des fonctions de calcul, le PSION a un statut à part, notamment en raison de ses belles capacités de programmation, de sa parfaite autonomie aujourd’hui (les Palm contemporains à batterie spécifique ont depuis longtemps disparu), en un mot de la pertinence de son concept. En ce sens, il se rapproche selon moi des Ordinateurs de Poche Basic des années 80.

Machine de rêve en 1997, son prix d’environ 6000 Francs (+/- 1000 Euros) la réservait aux VIP fortunés … Heureusement on peut encore se procurer le PSION de nos jours en occasion pour un prix intéressant (+/-100 €). J’ai lu mais n’ai point vérifié que le modèle 5 MX offre un meilleur contraste d’écran. Le mien en tous casn’est vraiment utilisable qu’avec le rétro-éclairage.

Le 5/5MX a un point faible : la nappe interne qui finit par se dégrader au gré des ouvertures/fermetures.

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CASIO GRAPH 65

En 2002, CASIO tenta une nouvelle carrosserie pour ses calculatrices graphiques (bien gondolée façon Ferrari 250TR, pour les spécialistes).

Ici point d’arête vive, tout est courbes dans cette GRAPH 65. Peut-être un peu trop, d’ailleurs, cette forme n’ayant que peu perduré.

Sur le plan des fonctions, c’est une très classique CASIO, avec cependant, une dernière fois, le superbe écran à trois couleurs.

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PSION 3A

Au cours de la décennie 80 se déroula un phénomène appelé « ordinateurs de poche ». Ces appareils prenaient la suite des calculatrices programmables, dont le concept semblait devenu obsolète.

Les Ordinateurs de Poche permettaient le calcul, y compris scientifique, mais surtout se programmaient. Leur langage BASIC était moderne, puissant, alphanumérique comme leur clavier qui évoquait celui d’un ordinateur.

En 1993, alors que la mode des Ordinateurs de Poche était éteinte, le constructeur PSION sortit un appareil d’une toute autre philosophie.

Il s’agissait d’un assistant personnel, permettant le gestion de fiches ou d’agendas, mais aussi le travail bureautique sous des applications dédiées.

Un environnement de calcul était disponible, mais aussi de programmation, en OLP3.

Avec le recul, je pense possible de regarder cet appareil complètement autonome (alimenté par 2 piles AA) et doté d’un puissant langage apparenté au BASIC, comme un successeur des légendaires Ordinateurs de Poche des années 80.

Psion3A

Une petite astuce : comment casser à coup sûr et définitivement les deux fines charnières d’ouverture.

On accède au logement des piles en basculant la porte arrondie. Cette action, ainsi que l’extraction des piles et l’insertion de nouvelles est simple mais exige des gestes assez fermes. Si par malheur ces opérations sont réalisées le PSION ouvert, les forces vont se répercuter en direction des charnières, situées juste derrière, et leur fragilité vous fera entendre un très léger bruit de cassure, le PSION est bon pour la poubelle. En conclusion, tout accès au logement des piles doit se faire appareil bien refermé.