PRIVILEG SR-53

D’un aspect très proche de la Privileg SR-54NC, la sage Privileg SR-53 en est très éloignée sur le plan des possibilités et du comportement.

Outre le fait que la cousine 54 fonctionne en logique RPN, le nombre de fonctions mais surtout la précision de calcul différencient fortement les deux calculatrices.

La SR-53 possède un long écran LED, mais elle n’affiche les valeurs que sur huit chiffres. Au delà, les deux digits le plus à droite sont consacrés à l’affichage permanent de l’exposant de 10. Il ne semble pas y avoir moyen d’éteindre celui-ci. Tant que la valeur affichée est inférieure à 100.000.000, l’exposant de 10 reste à zéro et ne fait donc rien. Ce n’est que lorsque les valeurs entières dépassent les 8 chiffres que l’exposant se charge de les exprimer. Les valeurs comprises entre 0 et 1, bénéficient cependant de la traduction systématique en notation scientifique.

Huit chiffres de mantisse donc, six seulement pour les fonctions transcendantes (trigonométrie, logarithmes), c’est maigre.

La précision de calcul est donc pauvre. Les tests poussés sur les ultimes décimales révèlent une parenté de processeur avec la Monroe 99, qui n’est pas brillante non plus sur ce sujet.

Sur le plan de la construction, la Privileg SR-53 est une machine sérieuse à la présentation soignée. Elle fonctionne encore aujourd’hui sans la moindre anomalie. La consommation n’est pas importante, c’est rare pour un afficheur à diodes rouges.

Une bizarrerie de calcul souvent rencontrée par ailleurs : On allume la machine, on tape une valeur, on bascule celle-ci de X en Y avec la touche dédiée à la permutation de ces registres, on tape une nouvelle valeur, et la touche ÉGAL affiche la somme des deux, sans que la touche d’addition n’ait été enfoncée.

PRIVILEG PR56D-NC

La Privileg PR56D-NC est la jumelle technique de la SANTRON 626, présentée dans cet autre article. Elle en partage le processeur mais pas la présentation ni l’agencement des touches sur le clavier.

La PR56 est bien connue, plutôt recherchée en occasion, et même parfois payée un peu cher en raison de ses capacités de programmation, pas encore si fréquentes en 1976.

Lors de la prise en mains, le comportement rappelle la Commodore PR-100, autre programmable du moment. Ainsi à l’allumage l’affichage de la PR56 est réglé sur deux décimales par défaut, comme sur la Commodore. Les digits 6 et 9 se voient privés d’un segment, les mémoires disposent d’une arithmétique complète, jusqu’au protocole de programmation qui est le même, tout comme la taille de la mémoire programme … Les processeurs des deux machines sont en effet proches mais pas identiques, la Commodore disposant tout de même de beaucoup plus de fonctions.

A contrario, la PRIVILEG est plus efficace en programmation. Quand la Commodore réclame un pas de mémoire par appui de touche – et beaucoup de fonctions réclament deux voire trois appuis – la PRIVILEG propose un code combiné pour toutes les fonctions secondes. Par exemple, pour élever un nombre au carré, on aura besoin de taper deux touches, celle nommée ARC qui donne accès aux fonctions secondes, et celle de l’élévation au carré. Pourtant, quand on relit le programme tapé, on voit qu’un code spécifique unique a été utilisé, en l’occurrence « 18 ». La Commodore PR-100 ne se serait pas privée de facturer deux pas pour cette simple opération.

Par voie de conséquence il est logique de penser que la limite des 72 pas disponibles tolérera certains programmes de la PRIVILEG qu’elle refusera à la Commodore.

Avantage à relativiser cependant car la PR56 offre finalement peu de fonctions secondes. Par ailleurs les actions en mémoire (stockage ou rappel) n’ont pas bénéficié du code combiné, c’est dommage car elles sont beaucoup utilisées en programmation.

Signalons au passage une petite bizarrerie. En utilisation manuelle, l’appui sur ARC est toujours accompagné par l’activation d’un point sur l’afficheur, qui témoigne de la prise en compte de la demande. Lors de l’exécution d’un programme, le déroulement rapide de celui-ci montrera l’allumage du point chaque fois que la machine exécutera un code pourtant combiné.

La PR56 a une histoire. Elle descend d’un ancêtre, le modèle Netronics N3000X, proposé par un magazine d’électronique de mai 1976 (*) sous la forme d’un simple kit à assembler par les lecteurs. L’illustration figurant à l’intérieur du magazine montre une calculatrice scientifique programmable à la physionomie spécifique. Parions qu’il doit être très difficile de rencontrer cet objet de nos jours.

Par la suite PRIVILEG – marque du vendeur par correspondance allemand Quelle – distribuera la PR56D-NC non pas en kit cette fois mais bien construite sur cette base. SANTRON et SANYO feront de même avec respectivement la 626 et la rarissime CZ-911PG. Une NETRONICS sera aussi visible, identique en tous points à la PR56D-NC.

La PR56D est une machine agréable à utiliser, y compris en programmation. La qualité du clavier permettant une bonne frappe et l’éditeur de programme en font un outil confortable. Bien sûr la limite de 72 pas n’est jamais loin, et l’unique test, peu pratique, n’arrange pas les choses, mais comparé à d’autres machines de cette époque, comme la PRINZTRONIC  Program par exemple, la PRIVILEG se programme volontiers.

Pour présenter mon modèle, j’ai dû me résoudre à retoucher la photo, procédé auquel j’ai peu recours habituellement. Ma PR56D est en effet zébrée de rayures, accentuées par la prise de vue (on voit les rayures sur la photo de côté ci-dessous). Comme je ne dispose que d’outils basiques (MS PAINT !), on devine sans peine que mon modèle est loin d’être neuf. Il a bien servi, ce qui ne m’étonne pas, et peut d’ailleurs poursuivre sa vie, son fonctionnement étant demeuré intact.

Voici l’excellente page qui relate (en italien) l’aventure de la genèse de cette belle machine:

http://claudiolarini.altervista.org/netronics.htm

 

PRIVILEG SR-54NC

PRIVILEG_SR54N

Marque du géant allemand de la vente par correspondance QUELLE, PRIVILEG proposait en 1975 une superbe calculatrice positionnée en concurrente de la fameuse Hewlett-Packard HP-45.

La logique de calcul est donc ici postfixe, c’est-à-dire sans touche ÉGAL. Avec son processeur Mostek, la PRIVILEG s’utilise comme une HP, la pile comportant quatre niveaux, les fonctions LastX, R Flèche bas, et bien sûr ENTER, symbole de la notation posfixe. Les fanas des HP ont une petite surprise : les doigts, cherchant le ENTER, trouvent par erreur le EE, touche de saisie d’un exposant, le vrai ENTER étant disposé à la base du clavier.

La PRIVILEG SR-54NC est une très belle machine. La sensation qu’elle procure en main est très agréable, son poids notamment est mesuré, l’alimentation étant assurée par seulement trois piles de type AA.

Disposant d’un minimum de fonctions scientifiques, plus 4 conversions anglo-saxonnes et une pincée de stats, on est surpris en revanche de trouver un afficheur généreux à 12 chffres ! tiens tiens … Et lors d’un (long) calcul de trigonométrie, les digits perdent littéralement les pédales et entrent dans un délire visuel. Tiens tiens … Ces caractéristiques rappellent étrangement au moins deux autres machines : l’OMRON 12SR, à chiffres verts et l’APF MARK 55, à chiffres rouges.

La PRIVILEG partage en effet son électronique avec plusieurs modèles. Outre les deux machines citées ci-dessus, on trouve aussi une SANYO CZ2901, et deux autres perles bien difficiles à dénicher, d’aspect proche de la PRIVILEG : la CORVUS 500 et l’EMERSON E12.

Tous ces modèles sont très prisés des collectionneurs. Les prix pratiqués sont à l’avenant, et j’estime quant à moi avoir beaucoup de chance de posséder cette superbe PRIVILEG, en parfait état de marche de surcroît.

PRIVILEG_SR54N-2

PRIVILEG SR57D-NC

Quand j’ai acquis cette calculatrice elle ne s’allumait pas. J’ai donc cherché à remplacer les piles, et là, problème, pas de piles usagées à l’intérieur, et même pas d’emplacement.

Quel est donc ce mystère …

A cette époque, je ne disposais pas d’un adaptateur universel susceptible d’exploiter le prise latérale.

La Privileg est donc restée inanimée quelques mois, puis oubliée.

Un jour, muni de l’adaptateur adéquat, j’ai branché. Et elle marchait. J’ai découvert une machine à forte personnalité, pouvant afficher des nombres très grands, notamment la factorielle de 99 !

Dans ce cas le résultat affiché s’accompagne du témoin de dépassement de capacité. Il faut alors comprendre qu’on doit ajouter mentalement le chiffre 1 à gauche de l’exposant (seuls deux digits sont consacrés à l’ expression de l’exposant).

Cette aptitude à gérer les nombres supérieurs à 1E100 a déjà été rencontrée pour d’autres modèles, notamment la SANYO CZ-0111.

Autre bizarrerie : les 6 et 9 privés d’un segment, et un dispositif d’économiseur d’énergie (affichage réduit à un seul segment) qui permet à l’afficheur de moins consommer. Pourquoi au fait, puisque la Privileg ne semble pas conçue pour fonctionner autrement que branchée au secteur ?

Il est temps de résoudre ce mystère et d’ouvrir un seconde fois la machine. En regardant de très près cette fois, je comprends que mon modèle comprenait à l’origine un dispositif d’alimentation, sans doute à base de batteries, qui a été pour une raison inconnue soigneusement détaché (photos du bas).

D’un point de vue esthétique, la Privileg fait penser à un clin d’œil aux Panasonic 850 ou 885, modèles très typés art moderne des années 70.

PRIVILEG 585 D-E-NC

PRIVILEG fut une marque prolifique des années 75-80. Les calculatrices vendues par correspondance sur le catalogue allemand QUELLE étaient souvent de marque PRIVILEG.

Parmi elles cette très sympathique 585. Scientifique typique de cette époque, vraisemblablement 1978, toutes les fonctions – peu nombreuses il est vrai – sont accessibles d’une seule touche. Un confort appréciable.

La 585 semble fragile. Son clavier, de type à déclic, procure un toucher peu agréable. La frappe est cependant fiable. Les filets de peinture de la façade s’effacent facilement. Les maniaques du chiffon doivent faire preuve de douceur. Dernier grief, la précision est faible (8 chiffres de précision interne).

L’examen du clavier montre une touche peu habituelle : CN. l’appui de cette touche montre l’intégralité des chiffres lors d’un affichage scientifique, en escamotant l’exposant.

La mémoire a son témoin : un segment du 1er digit. Idem pour la fonction parenthèse qui allume un autre segment. Petit détail désuet : quand on enfonce la touche Puissance, le logarithme décimal utilisé s’affiche. Dans les modèles plus tardifs, cette opération intermédiaire sera masquée.

Il semble par ailleurs que, habillage excepté, la PRIVILEG soit un clone parfait de la SANTRON 625 du point de vue des fonctionnalités.

PRIVILEG 583D-E

PRIVILEG fut une marque allemande prolifique à la fin des années 70, parfois nourrie de productions externes habillées du logo PRIVILEG. Avec une conséquence : il est difficile de déceler des signes d’appartenance familiale dans la profusion des modèles.

La 583D-E ci-contre est une scientifique typique de la production de l’époque 1976-1978.

D’un point de vue technique, les fonctions sont basiques (pas de touche de changement de signe !). L’affichage est de 8 chiffres, le calcul interne aussi, et la précision est donc médiocre.

A noter un témoin d’occupation : le segment central du premier digit clignote lors d’un calcul.

Le clavier est agréable et sûr. Sur ce modèle les fonctions trigonométriques réciproques sont accessibles par 3 touches dédiées … Attention aux erreurs de frappe …