PRIVILEG PR56D-NC

La Privileg PR56D-NC est la jumelle technique de la SANTRON 626, présentée dans un autre billet. Elle en partage le processeur mais pas la présentation ni l’agencement des touches sur le clavier.

La PR56 est connue, plutôt recherchée en occasion et même parfois payée un peu cher en raison de ses capacités de programmation, pas encore si fréquentes en 1976.

Lors de la prise en mains, le comportement rappelle la Commodore PR-100, autre programmable du moment. Ainsi à l’allumage l’affichage de la PR56 est réglé sur deux décimales par défaut, comme sur la Commodore. Les digits 6 et 9 se voient privés d’un segment, les mémoires disposent d’une arithmétique complète, jusqu’au protocole de programmation qui est le même, tout comme la taille de mémoire programme … Les processeurs des deux machines sont en effet proches mais pas identiques, la Commodore disposant tout de même de beaucoup plus de fonctions.

A contrario, la PRIVILEG est plus efficace en programmation. Quand la Commodore réclame un pas de mémoire par appui de touche – et beaucoup de fonctions réclament deux voire trois appuis – la PRIVILEG propose un code combiné pour toutes les fonctions secondes. Par exemple, pour élever un nombre au carré, on a besoin de taper deux touches, celle nommée ARC qui donne accès aux fonctions secondes, et celle de l’élévation au carré. Pourtant, quand on relit le programme tapé, on voit qu’un code spécifique unique a été utilisé, en l’occurrence “18”. La Commodore PR-100 ne se serait pas privée de facturer deux pas pour cette simple opération.

Par voie de conséquence il est logique de penser que la limite des 72 pas disponibles acceptera certains programmes de la PRIVILEG qu’elle refusera à la Commodore.

Avantage à relativiser cependant car la PR56 offre finalement peu de fonctions secondes. Par ailleurs les actions en mémoire (stockage ou rappel) n’ont pas bénéficié du code combiné, c’est dommage car elles sont beaucoup utilisées en programmation.

Signalons au passage une petite bizarrerie. En utilisation manuelle, l’appui sur ARC est toujours accompagné de l’activation d’un point sur l’afficheur, qui témoigne de la prise en compte de la demande. Lors de l’exécution d’un programme, le déroulement rapide de celui-ci montrera l’allumage du point chaque fois que la machine exécutera un code pourtant combiné.

La PR56 a une histoire. Elle descend d’un ancêtre, le modèle Netronics N3000X, proposé par un magazine d’électronique de mai 1976 (*) sous la forme d’un simple kit à assembler par les lecteurs. L’illustration figurant à l’intérieur du magazine montre une calculatrice scientifique programmable à la physionomie spécifique. Parions qu’il doit être très difficile de rencontrer ce modèle de nos jours.

Par la suite PRIVILEG – marque du vendeur par correspondance allemand Quelle – distribuera la PR56D-NC non pas en kit cette fois mais construite sur cette base. SANTRON et SANYO feront de même avec respectivement la 626 et la rarissime CZ-911PG. Une NETRONICS sera aussi visible, identique en tous points à la PR56D-NC.

La PR56D est une machine agréable à utiliser, y compris en programmation. La qualité du clavier permettant une bonne frappe, l’éditeur de programme en font un outil confortable. Bien sûr la limite de 72 pas n’est jamais loin, et l’unique test, peu pratique, n’arrange pas les choses, mais comparé à d’autres machines de cette époque, comme la PRINZTRONIC  Program par exemple, la PRIVILEG se programme volontiers.

Pour présenter mon modèle, j’ai dû me résoudre à retoucher la photo, procédé auquel j’ai peu recours habituellement. Ma PR56D est en effet zébrée de rayures, accentuées par la prise de vue (on voit les rayures sur la photo de côté ci-dessous). Comme je ne dispose que d’outils basiques (MS PAINT !), on devine sans peine que mon modèle est loin d’être neuf. Il a bien servi, ce qui ne m’étonne pas, et peut d’ailleurs poursuivre sa vie, son fonctionnement étant demeuré intact.

Voici une excellente page qui relate (en italien) l’aventure de la genèse de cette belle machine :

http://claudiolarini.altervista.org/netronics.htm