PHILIPS SBC-1745

PHILIPS_SBC1745

A première vue on jurerait qu’il s’agit d’une CASIO. Eh bien non, c’est une PHILIPS, construite autour d’une électronique qui évoque étrangement la CANON F-73.

Machine programmable, comme revendiqué en façade. Mais programmes (deux maximum) ne pouvant dépasser ensemble la limite de 45 petits pas. Aucune visualisation du programme entré, des contrôles de saut (GOTO) peu souples. Tout comme pour le clone CANON, il faut une bonne dose de motivation pour programmer la PHILIPS.

Les fonctions de calculs sont nombreuses : conversions d’unités, bases de numérations, statistiques à 2 variables … Il ne manque pas grand-chose. Et tout ça dans un boîtier épais de 8 mm maximum. Revers de la cure minceur, des piles bouton “taille basseLR43 peu courantes.

La PHILIPS en photo ici présente une bizarrerie : les trois touches SIN COS et TAN “plantent” systématiquement la machine. Après plantage, il est nécessaire d’ôter puis de remettre en place les piles. Le plus curieux est que les fonctions réciproques SIN-1 COS-1 TAN-1 fonctionnent très bien, elles utilisent pourtant les mêmes touches, juste précédées d’un appui de F. Idem pour le mode hexadécimal où les 3 touches sont opérantes et font bien apparaître A, B et C …

Enfin je ne parviens pas à tirer quoi que ce soit de la touche de pourcentage, totalement inopérante. A noter que sur la CANON, il s’agit d’une fonction pourcentage classique, tandis que la légende de la PHILIPS indique un Delta%, fonction différente, ce qui n’est pas très logique vu la parfaite similarité des deux modèles.

Ci-dessous côte-à-côte les sœurs Philips 1745 et Canon F-73P.

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PHILIPS SBC 157

PHILIPS157

Cette belle calculatrice scientifique des années 80 n’est importante que pour moi, je le crains. Jamais je n’aurais pensé la tenir un jour en mains.

Voici sa petite histoire.

Nous sommes au mois d’août 1980, le facteur sonne à la porte et remet à ma Mère un très gros colis en provenance de La Redoute. Parmi les chaussettes, les pulls et taies d’oreillers se cache une minuscule boîte contenant ma toute première calculatrice scientifique, une Mondimat LC5801. Cette petite merveille ne me quittera plus toute une année durant, puis tombera subitement en panne, à ma grande tristesse. Et pas question de la remplacer, la LC5801 n’est plus au catalogue.

Le temps passe. Je termine mes études. Vient le moment du service militaire, puis du premier emploi, à Cambrai, département du Nord. Nous sommes en 1984 et je loge dans un minuscule studio en ville.

Dans une des petites rues que j’emprunte chaque matin se trouve un commerce d’électronique et petit électro-ménager, à l’enseigne RADIOLA. Fers à repasser, postes de radio, petites TV, et aussi une seule calculatrice, bien mise en valeur en vitrine. Je la remarque dès le premier jour. Quelle surprise ! Quatre ans plus tard, et sous la marque Philips, voici devant moi la réplique de ma Mondimat de 1980. Les couleurs ont changé. La façade est grise, touches noires. Comme il n’y a plus d’afficheurs jaunes en 84, le LCD est gris lui-aussi. Le prix me sidère : 399 Francs. La Mondimat ne m’en avait coûté que 159. Mais était-ce bien la même machine ?

Jour après jour, année après année je verrai cette calculatrice sur mon chemin, toujours dans sa vitrine, tel le mannequin du couturier de H.G. WELLS dans “La Machine a explorer le temps“, autour duquel tout bouge en permanence alors que lui reste immuable.

J’ai eu parfois la tentation de l’acheter, le prix trop élevé m’en a toujours dissuadé. Un jour pourtant, j’ai franchi la porte du magasin. J’ai parlé au vendeur, ai demandé à manipuler cette SBC157, lui ai montré ses particularités, celle notamment d’afficher la factorielle de 73. Le Monsieur était admiratif devant une telle connaissance d’un objet si banal. J’ai finalement remis la calculette à sa place dans la vitrine, pour des années encore …

Et voilà que je viens tout récemment de mettre la main sur ce modèle fétiche. L’examen le confirme, il s’agit bien de ma Mondimat, à ceci près : Les digits, en plus d’être gris, sont d’un dessin un peu différent. Même remarque pour les symboles, finement retravaillés.

Reste une question cruciale : Se pourrait-il que, par le caprice d’un hasard, il s’agisse ici précisément de ma machine Cambrésienne ? C’est hélas bien peu probable, cet exemplaire ayant été posté d’Adelaïde, en Australie !

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