LLOYDS ACCUMATIC 650

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La LLOYDS E650 est une impressionnante calculatrice de 1976, tant par l’austère classicisme de sa façade métallique que par le grand nombre de fonctions disponibles.

L’afficheur, tel l’oeil d’un cyclope, surprend. Sa disposition inclinée permet indéniablement un bon confort d’utilisation.

Le poids de la machine, les assemblages donnent l’image d’une construction sérieuse, très robuste.

Les fonctions sont abondantes. Scientifiques, statistiques, et une arithmétique complète en mémoire. La LLOYDS 650 ne cache pas sa parenté technique étroite avec d’autres modèles stars de son époque : CITIZEN SRII, ELITE 7004SR, MBO ALPHA 3000, RADIO-SHACK EC-495, TOSHIBA SC-7500, et sûrement d’autres.

Ici aussi, 5 mémoires. La N° 4 est préemptée par les fonctions statistiques, et se vide d’un simple C/CE !

A l’allumage, la 650 montre toujours 4 décimales par défaut. Le pilotage des décimales et de la notation avec exposant de 10 est assuré par la touche HYP, pourtant bien dédiée par ailleurs aux calculs de trigonométrie hyperbolique.

Les touches carrées, notamment celles de couleur jaune sont typiques de la marque LLOYDS. Tout comme la désignation ACCUMATIC. Quelle peut en être l’origine sémantique ? Suggère-t-elle la présence d’accus, et donc une portabilité qui restait un luxe en 1976 ? ou bien doit-on entendre Accuracy, c’est-à-dire précision, exactitude ? Peut-être les deux …

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LLOYD’S ACCUMATIC 603

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Dans un précédent article consacré à la NSC 201R, il était question de la transition des machines volumineuses vers un design davantage miniaturisé. La LLOYD’S 603, ainsi que la NSC 201R sont extra-plates, et insérées dans leur carnet protecteur elles annoncent les fines calculatrices LCD qui vont bientôt montrer leur nez (nous sommes encore ici en 1976 ou 77).

LLOYD’S était une marque prestigieuse. Ses machines ont bien souvent un air de famille, en particulier la couleur jaune sombre de plusieurs touches. La 603 est très chic dans sa présentation.

Sur le plan technique, c’est une machine basique. La seule fonction un peu mystérieuse se nomme GPM. Que peut donc bien faire cette touche ? En retournant la machine on peut y lire un aide-mémoire qui fournit le renseignement. Les 3 lettres sont l’abréviation de Gross Product Margin. Il s’agit donc d’un calcul de marge brute, donc un type particulier de pourcentage.

Une bête calculette dépourvue du moindre intérêt la LLOYDS 603 ? Et bien non pas vraiment, car je retrouve en elle une caractéristique fort curieuse rencontrée sur mon AGILIS, ma toute première calculatrice : certaines fonctions, en principe non disponibles, peuvent être appelées en combinant deux touches ensemble. Il faut pour cela frapper de façon absolument simultanée, et ne pas tenter de maintenir une touche enfoncée tandis qu’on enfoncerait l’autre car ça ne marcherait pas dans ce cas.

Je livre les couples magiques de touches :

– Le couple (8,2) provoque l’échange des registres MÉMOIRE et AFFICHAGE

– Le couple (9,3) calcule l’INVERSE, c’est-à-dire 1/X

– Le couple (7,1) provoque l’échange des registres X et Y (c’est inutile ici puisque la touche EX sert précisément à cela)

– Le couple (6,0) provoque le changement de signe (inutile également puisque touche dédiée).

Je n’ai rien trouvé d’autre. J’ignore combien de machines font cela mais c’est la première fois que je retrouve cette caractéristique. Je remarque sans en comprendre la raison que pour chaque couple (a,b) de touches, la différence ab donne 6.

A noter que la LLOYDS 603 et l’AGILIS exécutent la racine d’un nombre négatif sans sourciller. Cette “anomalie” concerne peu de machines, et surtout des anciennes. Mais cela peut être une piste : une calculatrice ayant ce comportement facile à vérifier connaîtra peut-être elle aussi le principe de la double frappe.

Pour terminer, je dirais que la LLOYDS 603 peut sans problème être emmenée partout vu son format, et peut sans attendre entamer une deuxième vie tant son fonctionnement est encore intact et sûr …

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