SHARP EL-507

Dans l’immense production du géant SHARP, certains modèles ont davantage marqué les esprits que d’autres. Ce fut le cas de la SHARP EL-512 par exemple, calculatrice scientifique programmable répandue de 1984.

Le modèle dont il est question ici, la SHARP EL-507, montre indéniablement des traits communs avec la EL-512. Elle est moins connue, et peut-être oubliée du plus grand nombre.

De quelle année peut bien dater la EL-507 ? Est-elle une variante contemporaine de la 512, ou bien un modèle précurseur ? Jouons les enquêteurs et partons à la découverte de cette petite machine pour tenter d’y débusquer des marqueurs de temps.

Visuellement déjà, le design semble ancien, avec les 4 coins arrondis de l’afficheur qui rappellent la EL-5103 de 1980. Autre indice, le logo SHARP est en relief. A contrario, la zone de l’afficheur dépasse à peine, alors que sa proéminence est devenue un signe d’identité sur les SHARP plus modernes.

Voyons les aspects techniques. Les caractéristiques sont plus limitées sur la 507. Seulement 4 mémoires K1 à K4 (en sus de la mémoire dynamique traditionnelle) et une seule zone de programme au lieu de 4. Par ailleurs, la touche C n’allume pas la machine, il faut agir sur l’interrupteur ON/OFF spécifique.

Mais il est d’autres signes qui trahissent la désuétude : Il n’est pas encore possible d’utiliser la touche Puissance avec un nombre négatif. Et la mantisse de 8 chiffres doit céder un digit pour accueillir le signe moins. La précision (excellente) est comparable à celle de la EL-512. En revanche, la vitesse de calcul est plus faible.

A la lumière de cette petite enquête, la EL-507 apparaît antérieure à la EL-512, qu’elle préfigure donc. Mais pas de beaucoup finalement, car la 507 sait déjà appliquer les règles de priorité des opérateurs, son interrupteur n’est plus un commutateur mécanique, la mémoire est devenue permanente et la machine connaît l’arrêt automatique après quelques minutes d’inactivité (la mention « Auto shut OFF » était inscrite sur les premiers modèles qui le permettaient, et c’est bien la cas ici, signe supplémentaire d’ancienneté du modèle).

L’année 1982 correspondrait bien à cette jolie machine. Mais un doute subsiste … La 507 est en effet capable d’une performance hors de portée de la 512 ! dans une conversion en DMS (degré, minutes, secondes), elle convertit un nombre, par exemple 2.7536 sous la forme 2°45′ 13.0 quand la moderne 512 ne sait pas encore afficher autre chose que 2.4513.

Alors que penser ? Une chose est certaine, après avoir manipulé une EL-507 pendant une vingtaine de minutes, la EL-512, pourtant vénérable grand-mère, a du coup comme un air pimpant et juvénile. La preuve est faite, la SHARP EL-507 est bien l’ancêtre trop vite oublié de la SHARP EL-512.

Le relief du logo SHARP

Le dos métallique tel qu’il apparaît sur les modèles anciens. Celui de la EL-512 sera dans le plus simple plastique.

Ajout du 19 mars 2022:

Ma EL-507 est victime d’une maladie parfois rencontrée : une altération provoquée par le carnet censé la protéger ou peut-être une réaction entre la machine et la matière du carnet.

Quand on ouvre le carnet, on constate un suintement gras abondant. J’ai jeté le carnet qui était un peu ramolli, et ai nettoyé la calculatrice. Malheureusement, si le fonctionnement est intact, l’écran conserve des traces, visibles sur la photographie ci-dessous, que je n’ai pas réussi à ôter. Machines ouverte, tout est sec à l’intérieur. L’humidité est donc bien externe.

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