TEXAS INSTRUMENTS TI-57 LCD

Printemps 1982, le magazine L’Ordinateur de Poche annonce dans son numéro de mai-juin la remplaçante en titre de la vénérable TI-57 à chiffres rouges de 1977.

Ce coup de jeune est attendu. La gamme 57 58 et 59 à chiffres rouges commence à manquer de souffle face à une concurrence vivace et novatrice.

La 57LCD ne vient pas seule, une TI-88 est annoncée pour le haut de gamme. Pas de chance, cette dernière ne sera finalement pas lancée. Des exemplaires circulent tout de même, testés par des rédacteurs spécialisés, des encarts fleurissent dans la presse puis plus rien.

Texas-Instruments n’a pas assumé sa prestigieuse création. Le prix de vente inévitablement élevé, une fiabilité non maîtrisée, une conception peut-être trop peu visionnaire ont eu raison de cette calculatrice dont seuls 5 à 7 exemplaires sont recensés à ce jour dans le monde (avec des numéros de série parfois élevés, suggérant qu’un entrepôt rempli de TI-88 bien emballées attend peut-être d’être découvert un jour, il est toujours permis de rêver).

A l’ère du Basic, cette TI-59 modernisée n’était pas promise à la première marche du podium. Était-ce pour autant une raison pour que Texas-Instruments laisse sa chaise vide ? Un tout puissant TI-CC40, contemporain, parlant Basic, sera créé mais sa diffusion restera confidentielle. Bien dommage tout cela.

Revenons à la TI-57LCD, qui ne sera pas un immense succès. Un écran LCD, une vraie autonomie, une mémoire permanente, voilà pour la modernité bienvenue. En revanche les spécifications techniques placent la 57LCD en retrait de l’ancêtre TI-57, c’est un comble.

Les possibilités de programmation sont toujours là. Mais la taille mémoire a fondu, avec 48 pas seulement, et en « tirant » sur les registres disponibles par dessus le marché, contrairement à la TI-57 qui ne faisait aucune concession sur ses 8 mémoires.

Désagrément supplémentaire, le clavier est raté, de mauvaise qualité : Rapidement les touches requièrent un appui de plus en plus fort, notamment les plus utilisées comme « ON« . La 57 LCD devient vite complètement inutilisable. Comparativement au clavier des TI-57 58 59 qui provoque des répétitions parasites, ici s’y ajoute la dureté croissante. Le picot interne des touches, à l’usure prématurée, peut être incriminé. L’examen visuel de l’arrière d’une touche « ON » fatiguée montre sans équivoque l’usure voire la disparition totale du picot de contact.

La TI-57 LCD n’a donc jamais vraiment remplacé l’ancêtre malgré ses ambitions. Une nouvelle 57II au meilleur clavier sera lancée en 1985 mais il faudra attendre 1986 et la TI-62 pour se sentir enfin en présence d’une vraie TI-57 qui ne dit pas son nom, moderne et sans concessions.

A signaler la disparition des légendes SUM et PROD (respectivement ajouter ou multiplier en mémoire). Les fonctions existent bien cependant, SUM devient STO+ et STOx pour le produit. Et les inverses STO- et STO/ sont disponibles. On jurerait avoir vu cela chez  … Hewlett-Packard !

Un dernier grief que la 57 LCD va partager avec beaucoup de futures TI scientifiques : la trappe à piles. Ce petit dispositif va se montrer très fragile. Il ne peut s’ouvrir qu’en force, avec un objet contondant. Comme les ergots de la trappe sont très fins et que le ressort des piles bouton appuie continûment dessus, la trappe lâche facilement et la machine devient inutilisable, les piles n’étant plus maintenues. Seule solution, laisser la calculatrice définitivement enchâssée dans son étui rigide à couvercle.

Ai-je dit que la TI-57LCD est une très mignonne machine ? Alors voilà qui est fait. 🙂

Pour aller plus loin,

http://www.silicium.org/site/index.php/24-catalogue/ordinateurs-de-poche/66-texas-instruments-ti-57-lcd

 

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