Texas Instruments TI SR-51

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La Ti-SR51 est membre d’une très ancienne famille de calculatrices Texas-Instruments.

En 1978, je ne connaissais que deux modèles de calculatrices de cette marque : la Ti-57, qu’on voyait partout dans les grands magasins, les librairies, et jusque dans les boutiques de photographes, et la Ti-30 qu’un camarade avait apportée un jour au lycée.

Quelques années plus tard, en 1981, j’achetai enfin ma Ti-57. A cette époque, les TI-58 et 59 étaient devenues davantage visibles dans les vitrines de ma petite ville. Une TI-57 en main, une TI-58C dans mes rêves, voilà que je découvre les premiers numéros du magazine l’Ordinateur de Poche. Des choses se passent à cette période. Des modèles importants voient le jour, comme la novatrice HP-41, l’ultra moderne SHARP PC-1211, la CASIO FX-502P qui annonce la future 602P.

Dans ce contexte, les modèles Texas-Instruments, quoique puissants dans l’absolu, accusent le poids des ans : pas de possibilités alphanumériques, une mémoire volatile, un afficheur sans le moindre indicateur, un protocole de programmation désuet … Texas-Instruments prépare pourtant son entrée dans cette décennie prodigieuse, avec un modèle collant bien à l’air du temps : la TI-88. Le constructeur renoncera malheureusement in extremis à son lancement, laissant à la vieille gamme la charge difficile de concurrencer les modèles phares qui déferlent.

Pendant longtemps, je n’ai pas imaginé une seule seconde qu’une gamme plus archaïque encore ait pu exister et prospérer. Ce fut pourtant le cas. Dès 1974, une famille homogène et performante se constituait au sein du catalogue Texas-Instruments. Avec d’abord la scientifique SR-50 de 1974, puis la plus étoffée SR-51 de 1975, l’écrasante programmable à cartes magnétiques SR-52, enfin la petite SR-56 programmable et ancêtre de la Ti-57. Les magnifiques 50 et 51 connurent les déclinaisons 50A et 51A, fonctionnellement identiques mais de présentation plus classique.

Point commun paradoxal des modèles de cette gamme antédiluvienne : une belle qualité de fabrication et des claviers qui ne connaîtront pas les faiblesses des modèles à venir. Celui de la SR-51, modèle présenté ici, possède un toucher excellent, n’ayant rien à envier de mon point de vue à celui des Hewlett-Packard, réputées sur ce point.

La Ti SR-51 est un objet magnifique, d’aspect luxueux. Lancée en janvier 1975, non programmable, elle prolonge les fonctionnalités de la SR-50 dans la direction des statistiques et des probabilités, fonctions qu’on peut qualifier de poussées pour l’époque, et introduit pour la première fois dans une de ses machines le calcul de régression linéaire.

L’afficheur déploie dix chiffres auxquels s’ajoute l’exposant de 10 le cas échéant, c’est généreux. La vitesse de calcul est agréable, les valeurs des logarithmes s’affichant quasi instantanément, les calculs trigonométriques, presque aussi vite ! Le poids, 250 g en ordre de marche, renforce le sentiment global de qualité. Enfin la housse de protection est épaisse et de fabrication flatteuse.

Trois mémoires sont disponibles, en principe accessibles par les adresses 1, 2, 3. Mais ces mémoires sont manifestement redondantes avec les autres touches numériques, donnant à tort l’illusion que dix mémoires sont disponibles en tout.

En plus des fonctions présentes sur le clavier, la SR-51 exécute vingt conversions d’unités au moyen de la touche 2nd suivie d’un code de deux chiffres, à repérer sur une table imprimée au dos de la machine.