NSC 201R

NCS201-1

La NSC 201R n’est pas une calculatrice tout-à-fait comme les autres. Elle constitue une sorte de transition entre les grosses calculatrices à chiffres verts (technologie VFD) et les extra-plates à cristaux liquides (LCD).

Cette transition s’est faite si rapidement en cette fin de décennie 70 qu’on a vu d’un seul coup surgir des machines au format extrêmement mince (8 à 10 mm), et pourvues d’une formidable autonomie procurée par la technologie des cristaux liquides (LCD).

L’autonomie justement était le point faible des afficheurs lumineux. Les machines devaient s’alimenter de grosses piles AA, souvent 4, parfois plus, qui leur donnaient une épaisseur conséquente.

Or la NSC 201R, pourtant encore pourvue de l’afficheur vert, tente ici le design extra-plat. Et elle y parvient brillamment puisque munie de ses trois fines piles AAA, elle ne mesure plus que 13 millimètres d’épaisseur ! (voir plus bas la comparaison des profils avec l’UNISONIC 796, sa jumelle sur le plan technique).

La preuve selon moi qu’une mutation est en marche : la NSC est présentée dans son carnet protecteur, le même qui équipera tous les modèles extra-plats LCD par la suite.

La NSC 201R semble avoir bénéficié d’une conception soignée. Les matériaux sont de qualité, de l’alu brossé aux touches inusables et légèrement bombées, en passant par l’afficheur aux digits affleurants, ceux-ci pouvant être lus sous des angles inhabituels.

Côté technique, la NSC est une scientifique sans grandes prétentions.

J’avoue privilégier ici la piste de la mutation d’un concept. La réalité est peut-être plus prosaïque : NSC faisant du “neuf avec du vieux” après le déferlement des premières calculatrices LCD … Comme j’ignore la date exacte de production de la NSC je ne peux décider laquelle des propositions est vraie … Mais je préfère la première ! 😉 …

Ci-dessous le NSC 201R (en haut) comparée à une VFD typique, la UNISONIC 796 (en bas).

NCS201-2

Et la présentation en étui “portefeuille”, typique des calculatrices extra-plates

NCS201-3NCS201-4NCS201-5

CASIO FX-102

CASIO_FX102-1

Magnifique grosse bête à chiffres verts produite à partir de 1976. Le nombre de touches de la Fx-102 n’est pas élevé, Casio a pourtant voulu cette machine énorme. Touches bien espacées, gros bords noirs, puis épaisse coque blanche, cette machine scientifique simple atteint 10 cm de large !

L’aspect est typique de la marque. Les fonctions sont plutôt peu nombreuses, c’est du scientifique de base, avec tout de même un afficheur à 10 chiffres. Pour certaines fonctions, seuls 9 chiffres seront utilisés. Comme sur maintes machines anciennes, la fonction puissance affiche le logarithme utilisé en cours de calcul. Les statistiques sont proposées, et fait peu courant, les données ne s’empilent pas par une touche dédiée, mais par la touche ÉGAL.

L’alimentation s’obtient par 4 piles AA. Si on peut à juste titre se réjouir de pouvoir encore alimenter ces vieilles machines de nos jours, grâce à la commercialisation jamais interrompue des piles bâtons, en revanche on est obligé de constater qu’un dispositif de 4 lourdes piles AA vieillit mal, et produit à l’usage de nombreuses coupures de contacts. Si on oublie ce caprice, rencontré sur toutes ces vieilles machines, on remarque que la CASIO Fx-102 fonctionne encore très bien, les chiffres sont lumineux, le clavier intact, et les dimensions donnent une bonne impression de robustesse, justifiée à n’en pas douter.

CASIO_FX102-3CASIO_FX102-2

ELITE 5001T

ELITE5001T

L’ELITE 5001 constitue en quelque sorte le tout premier degré dans la classification des calculatrices scientifiques.

Seulement 29 touches à légende unique, pas de mémoire, pas de changement de signe, des fonctions trigonométriques certes, mais pas la touche ARC pour le voyage de retour.

L’ELITE 5001T est, il faut le dire, une machine ancienne, produite en 1975 au plus tard. L’archaïsme le plus visible est l’affichage du zéro, sur une demi-hauteur. Ce drôle de zéro montre des nombres plutôt illisibles pour l’œil de 2014. L’afficheur est à 8 chiffres verts, sans aucun chiffre de garde. Et nous n’avons pas droit à l’exposant de 10, le plus grand nombre manipulable restant inférieur à 100.000.000.

Et encore : l’affolement désuet de tous les digits lors d’un calcul, et pas de résultat de plus de 7 chiffres pour les racines carrées, et de 6 pour les fonctions trigonométriques.

Ce qui me paraît le plus pittoresque est la fonction d’élévation à la puissance : l’exposant doit être entier et inférieur à 10. Et c’est la frappe de l’exposant qui affiche le résultat final et non pas la touche ÉGAL. Pour cette fonction le processus de calcul ne semble pas faire appel au dispositif classique : passage par les registres X et Y avec dénouement de l’opération par ÉGAL. La touche est d’ailleurs nommée a puissance n donc sans référence à X ou Y.

Sur le plan physique, l’objet est massif, carré, épais, sans design perceptible. On n’y voit pas encore le charme des futures ELITE toutes proches, plus matures à mon avis, mais déjà plus conventionnelles dans leur comportement.

SHARP COMPET PC-1100

SHARP_PC-1100-0

Une machine insolite et rare.

A ne pas confondre avec le PC-1100 tout court, ordinateur de poche programmable en Basic. “PC” signifie dans le cas présent Pocket Calculator et pas encore Pocket Computer.

La Compet 1100 est une calculatrice scientifique dont l’année de production semble remonter à 1975. Elle tire sa singularité du petit écran secondaire, de technologie LED, qui affiche l’exposant de 10 ainsi que le symbole d’occupation de la mémoire.

Deux modes d’affichage coexistent donc ici, le classique VFD à chiffres verts, et le LED rouge. Pourquoi ce procédé hybride ? Je ne sais pas. Une piste sans suite apparemment, la Compet 1100 restant sans doute la seule calculatrice de poche jamais produite sur ce principe.

Si d’un point de vue esthétique, cette solution flatte l’œil, d’un point de vue pratique la lecture des résultats ne parait pas évidente. Faut-il s’habituer ? En tous cas, l’œil oublie vite de consulter l’écran d’exposant pour se focaliser principalement sur la généreuse ligne VFD.  Et ce d’autant plus que l’exposant s’active en permanence, dès qu’on enfonce une touche d’opérateur, en affichant alors 00. Ce n’est qu’en cas de dépassement de capacité de la ligne principale que l’exposant rouge joue pleinement son rôle.

En cas de saisie d’une entrée dépassant 10 chiffres, l’exposant s’incrémente automatiquement en conséquence. A noter enfin que la ligne verte montre en permanence toutes les décimales possibles, même quand ce sont des zéros.

L’alimentation de cette calculatrice hybride est classique : 4 piles AA. Les tests d’arrondis que j’ai pu pratiquer révèlent une électronique spécifique, avec des résultats non rapprochables d’autres modèles (valeur du test forensics = 9.0276286).

La machine ne possède qu’une seule mémoire et propose des fonctions statistiques pilotables par une seule touche, procédé acrobatique et sans doute peu sûr en terme de manipulations.

Une petite piste d’ordre “archéologique” : ce modèle magnifique et en parfait état de marche me vient de Turquie.

SHARP_PC-1100-4SHARP_PC-1100-1

RADIO SHACK EC-495

RS495-1

Une belle grosse calculatrice scientifique à chiffres verts typique du paysage de la fin des années 70.
Beaucoup de fonctions, plusieurs mémoires avec arithmétique complète, et une touche HYP qui, en plus du calcul de trigonométrie hyperbolique, fait office de sélecteur de décimales à afficher. Plusieurs autres machines ici possèdent cette caractéristique.

RS495-3

TOSHIBA BC-1217

TOSHIBA1217-1

Cette belle TOSHIBA a existé sous différentes versions. La BC-1217 est parmi les plus anciennes, produite à partir de 1974.

Ce n’est pas une machine de poche, ses dimensions (1300 g) et fonctions de calcul la destinent à un usage commercial ou de bureau. Et point de compartiment à piles, juste une alimentation par secteur 220V.

La manipulation de cette machine de 1974 n’est pas évidente. Les multiplications et divisions demandent une logique classique, avec usage de la touche ÉGAL, tandis que addition et soustraction se font à la mode postfixe, la touche d’opérateur achevant un calcul. Et un commutateur K provoque l’accumulation automatique en mémoire, pour compliquer le tout.

La caractéristique que je trouve la plus remarquable est le grand afficheur à 12 chiffres verts. Cet afficheur contient la preuve de sa grande ancienneté : la graphie du chiffre 4, “croisée”, spécifique de cette période, où l’on passait de la représentation courbe des chiffres, à une représentation rectangulaire et schématique à sept segments, exigée par les afficheurs électroniques modernes.

Qu’on s’en souvienne, les tout premiers afficheurs électroniques (Nixie-tubes, Itron-tubes) s’efforçaient de restituer la forme courbe des chiffres. Par ailleurs les dispositifs d’impression ont toujours reproduit fidèlement les courbes. Ce n’est plus le cas avec les afficheurs à segments, ceux-là mêmes qui équipent 99 % des calculatrices non graphiques présentées dans ce blog. L’afficheur à sept segments nous est si familier qu’il nous est difficile de concevoir qu’il ait pu heurter les yeux des utilisateurs de 1974.

En particulier, c’est la transcription du 4 qui semble avoir posé le plus de problèmes de lisibilité. Car sinon, comment expliquer qu’on ait balafré chaque digit de cette TOSHIBA en son segment du milieu, coupé en deux, juste pour permettre l’apparition d’une ligne verticale supplémentaire, réclamée par le seul chiffre 4 ? (photo 1 ci-dessous)

Une autre tentative contemporaine, non plus à 10 segments mais à 8, consista à créer un micro segment destiné à prolonger le 4, lui restituant son aspect “croisé” (photo 2).

Puis rapidement la graphie moderne du 4 à 4 éléments s’imposa définitivement, et plus jamais par la suite on n’a rencontré de 4 “croisé” sur un afficheur à segments (photo 3).

Plus tard sont apparus les afficheurs à matrices de points (photo 4) et les courbes sont revenues. Le 4 a repris sa graphie croisée.

A noter qu’il n’y eut pas de problématique du 7. Ce chiffre, croisé lui aussi (en France du moins) n’eut jamais le moindre scrupule à abandonner sa barre intermédiaire (non utilisée par les anglo-saxons, ceci explique probablement cela). En marge de cette question, mentionnons que de tous temps, deux 7 différents se sont rencontrés : avec le segment supérieur gauche allumé, ou pas. Sans doute encore des détails à comprendre ici.

A noter aussi que l’afficheur à 10 segments de la TOSHIBA BC-1217 profite plus discrètement à un autre chiffre : le 1, qui emprunte du coup la longue barre verticale du 4, le positionnant ainsi à mi-chemin des digits adjacents, ce qui n’est pas le cas dans les afficheurs à 7 ou 8 segments.

Pour aller plus loin dans cette réflexion sur la problématique du 4, il faut aussi prendre en compte la composante géographique. En effet les premiers afficheurs à segments étaient construits sur des LED rouges. Et jamais on n’a vu de 4 rouge “croisé”. Or les LED rouges étaient abondamment utilisées par les américains. Ainsi on a vu les calculatrices Hewlett-Packard dotées d’afficheurs rouges jusqu’au début des années 80. Et jamais aucune HP à chiffres verts ne fut commercialisée.

Texas-instruments de son côté fit un usage très mesuré du digit vert pour ses machines de poche. Comportement contraire chez les japonais Sharp, Casio et d’autres qui introduisirent très tôt l’afficheur fluorescent vert (VFD), et très peu de machines en diodes rouges chez ces constructeurs. Les américains se passèrent donc facilement du 4 au graphisme croisé. Ce fut plus long pour les japonais … Pour quelles raisons précisément ? Je n’ai pas la réponse. A noter que les Russes (Electronika par exemple) utilisèrent aussi abondamment et pendant longtemps l’afficheur à chiffres verts.

En conclusion, la belle TOSHIBA BC-1217, sous ses airs austères et fonctionnels, est capable de nous conter une tranche d’histoire, montrant la piste éphémère que constitue l’afficheur à 10 segments, et par là même l’évolution conjointe des procédés technologiques et des esprits.

Photo 1 : afficheur à 10 segments montrant le 4 “croisé”, et le 1 à mi-chemin entre les digits adjacents (Cas de la TOSHIBA ici représentée)

Z4-1

Photo 2 : afficheur à 8 segments, montrant lui aussi un 4 “croisé” (Cas de la PANASONIC JE-885U de 1973). Le “1” n’est plus à mi-chemin des digits adjacents.

Z4-2

Photo 3 : afficheur traditionnel à 7 segments (ici une BOHN INSTANT). Le 4 a désormais sa forme définitive à 4 éléments

Z4-4

Photo 4 : afficheur à matrices de points (ici CASIO FX-602P de 1981). La matrice de points permet de restituer une physionomie naturelle des chiffres.

Z4-3

La TOSHIBA BC-1217 de profil

TOSHIBA1217-2

Ci-dessous côte à côte la BC-1217 et la non moins splendide BC-1215, variante à chiffres plus petits et de format “plat”.

TTWINS2

TTOSH3

SANYO CZ-2172

SANYO2172-5

L’originalité de la SANYO CZ-2172 tient incontestablement à son afficheur.

Ici point de chiffres fluorescents verts comme chez sa sœur CZ-0124. Ni de courantes diodes électroluminescentes LED aux fins segments rouges habituels. Non, ici, il s’agit d’un type particulier de LED, probablement ancien, avec d’épais et magnifiques grands digits rouges.

SANYO a produit plusieurs modèles sur ce schéma : la volumineuse CZ-2171 par exemple, ou encore la CZ-0111. Cette dernière présente un aspect très proche de la CZ-2172. Mais bien qu’elles soient aussi splendides l’une que l’autre, ce ne sont pas des jumelles, les circuits par exemple sont différents. Pour preuve, un affichage calé à gauche pour la 2172 Scientific 102, et calé à droite pour la 0911 Scientific 84.

SANYO2172-3

La forme des digits 6 et 9 est également différente, ainsi que le symbole d’erreur (un curieux petit carré dessiné par 4 segments à gauche pour la 2172).

SANYO2172-2

La CZ-2172 ne possède pas la mise en veille d’affichage automatique de la CZ-0911, ni sa touche de changement de mode angulaire. Elle doit donc être un peu plus ancienne, et produite vraisemblablement autour de 1976.

La différence la plus visible entre les deux machines concerne le nombre de chiffres affichables : 8 pour la 0911, et 10 pour cette 2172. Point de chiffres de garde et donc 10 chiffres réels, mais une précision somme toute excellente.

Dans l’article consacré à la SANYO CZ-0911, je m’étais interrogé sur la signification de “Scientific 84” mentionné en façade. La CZ-2172 se prétendant quant à elle une “Scientific 102” je puis désormais y voir un peu plus clair : le 8 de 84 signifie 8 chiffres, tandis que le 10 de 102 évoque les 10 chiffres affichés.

Recentrons-nous sur la CZ-2172. On peut constater que les fonctions scientifiques disponibles constituent un minimum syndical. Point de parenthèses, et même pas d’élévation au carré. C’est une 35 touches et rien de plus. Concernant la condition d’erreur (le petit carré), elle n’est pas bloquante, et ceci est plutôt inhabituel. Par exemple : calculer l’inverse de 0 (touche 1/x) placera bien la machine en situation d’erreur. Mais point besoin d’en sortir par appui sur la touche C. Il suffit juste de reprendre les calculs comme si de rien n’était. En procédant au test Forensics, qui permet de déceler en quelque sorte la “signature” des circuits, on trouve la valeur de 8,999670079. C’est exactement celle d’une autre machine fort différente d’aspect, et pourtant de parenté plus que probable : l’OLYMPIA CD603. Outre le résultat au test, l’OLYMPIA possède les mêmes fonctions, le même nombre de touches, et a la même manie de fonctionner en permanence en format scientifique, affichant toutes les décimales possibles, même s’il s’agit d’une ribambelle de zéros.

SANYO2172-4SANYO2172-1

TEXAS-INSTRUMENTS SR-50

TISR50-2

En 1974 les calculatrices de poche scientifiques sont encore toutes jeunes. Alors que Hewlett-Packard sortait deux ans plus tôt sa fameuse HP-35, suivie par la HP-45 un an après, Texas-Instruments présentait dès janvier 1974 sa riposte : la SR-50, magnifique machine dotée elle aussi des fonctions trigonométriques et des logarithmes.

Les HP ont une prédilection pour la logique de calcul postfixe, le fameux RPN. Texas-Instruments est pour sa part fidèle à la touche ÉGAL. Il enrichit même sa logique dite algébrique d’un dispositif de gestion des priorités des opérateurs, qu’il appellera AOS.

L’afficheur de la SR-50 est un généreux 10 + 2 digits à LED (13 chiffres de précision interne).

Machine robuste, la SR-50 est aussi dotée d’un clavier de qualité et de bon toucher.

TISR50-1TISR50-3

ELITE 7001 SR

ELITE_7001-1

Belle calculatrice scientifique de 1978.
Outre son profil incliné inhabituel, on peut noter une caractéristique peu courante : si on tape une entrée de plus de 8 chiffres, l’exposant de 10 apparaîtra et s’incrémentera à mesure que les chiffres seront saisis. On retrouve cette particularité sur la Canon F-51 avec qui l’ELITE 7001 partage visiblement l’électronique.

Autre détail pittoresque, la touche DR, qui n’a rien à voir avec les degrés et les radians. DR (comme Digit Retreat ?) efface le ou les derniers caractères tapés.

ELITE_7001-3ELITE_7001-2

HEWLETT-PACKARD HP-45

HP-45

La HP-45 est une des toutes premières machines construites par ce fabuleux constructeur.

La toute première était la HP-35, première calculatrice scientifique sortie en 1972, un an avant la HP-45.

La HP-45 est compacte, austère, solide. Elle fonctionne parfaitement. Sa précision et sa rapidité ne sont pas ridicules en regard de l’époque de fabrication. Une personnalité énorme aussi. Le RPN bien sûr. Avec la grosse touche ENTER, et les touches arithmétiques à gauche. Et un point décimal qui prend toujours la place d’un caractère.

Une classique parmi les classiques …

BROTHER 967A

BROTHER967A-5

Rare petite machine scientifique toute puissante de la fin des 70e. Toutes les fonctions importantes sont présentes, ainsi que la notation avec exposant de 10. Le clavier est très bon et répond parfaitement.

La BROTHER 967 est très jolie, avec un léger défaut : Ses 3 piles AA sont placées en haut derrière l’écran, avec un centre de gravité qui la ferait parfois s’échapper des mains.

Une petite particularité technique : la touche STO qui place une entrée en mémoire … sans interrompre la saisie pour autant ! Ainsi si on tape 123 et STO on pourra poursuivre par 456 avec la valeur 123456 affichée et 123 mémorisée … Une sorte de “capture de saisie”.

BROTHER967A-6

CANON F-71

canonf71

Membre de la famille des CANON F-61 et F-51 la F-71 est la plus aboutie puisqu’elle intègre des fonctions statistiques poussées, pilotées par les touches SUM et OUT, qui renvoient les résultats dans les mémoires (5 mémoires disponibles), et accessibles par deux commutateurs dédiés.

La CANON F-71 fut produite en 1977 (made in Japan). Elle conserve des archaïsmes propre à cette époque ancienne : l’affichage vert (ou bleu c’est comme on veut), se déployant sur 10 positions, les gros commutateurs bien sûr (4 en tout). Il existe une constante automatique pour la division et multiplication uniquement. Et il est possible de demander la factorielle d’un nombre négatif non entier ! le résultat sera bien logiquement celui de la valeur absolue et entière.

La CANON F-71 est une belle machine. Le haut de la façade est d’un noir brillant qui lui donne une véritable classe. Les coloris et l’ambiance générale sont typiques de la marque. L’alimentation demande quatre lourdes piles AA. L’affichage s’anime alors et voilà la F-71 de nouveau prête à fonctionner sans le moindre souci …

Ci dessous, les sœurs F-51 et F-71

CANON_F71-2

MERLCOR SC-600

MELCOR_SC600-3

Exemplaire peu courant d’une calculatrice ancienne à logique RPN. C’est une MELCOR. L’afficheur rappelle celui des grandes sœurs SC-635 ou SC-615 par le dessin et la pâleur légèrement tremblotante des digits.

Produite selon toute vraisemblance en 1974, cette jolie scientifique utilise la logique RPN, pour les quatre opérateurs, avec une pile à 3 niveaux. L’examen des touches révèle une particularité : la séquence des fonctions trigonométriques sous la forme COSSINTAN et non SINCOSTAN comme à l’accoutumée. Idem pour la fonction X<>Y intitulée ici Y<>X.

Soumise à des tests de calculs d’arrondis, la MELCOR SC-600 montre une électronique commune avec la NSC 4510 Mathematician. Mêmes résultats, même comportement, même capacité limitée à afficher les grands nombres (pas de notation scientifique).

L’alimentation s’obtient par une pile de 9V. Sur l’exemplaire ici présent, l’affichage reste cependant faible, et seul un branchement par câble au secteur autorise un bon fonctionnement. Le clavier est également fatigué et peu réactif. Mais vu l’originalité de cette splendide petite machine scientifique, l’essentiel n’est-il pas de la voir s’allumer et s’animer ?

MELCOR_SC600-5

ADLER 108T

ADLER109T-2

Une déclinaison du prolifique modèle Triumph-Adler des années 1975-1976. Superbe afficheur à chiffres fluorescents verts. Inquiétante “carcasse” carrée et imposante. Carter coulissant en alu pour loger les 4 grosses piles AA à l’arrière. Ces dernières font tout leur possible pour rester immobiles entre les drôles de ressorts coniques bien détendus qui génèrent de joyeux faux contacts.

La 108T est une scientifique sérieuse. Elle ne manque pas de possibilités, avec une arithmétique complète en mémoire, sa fonction factorielle, les deux F se partageant les fonctions secondes et réciproques, et sa gestion de la notation avec exposant de 10.

Les légendes de touches prennent leur aise dans toute cette place offerte en façade en déployant des libellés inouïs comme ce CANCEL ou MSTORE … un régal pour les yeux des amateurs … Est-ce par fantaisie ou bien l’indice d’une parenté éloignée, le symbole inhabituellement vertical 1/X ainsi que la lettre a élevée à la puissance X, semblent surgis de l’univers CANON (exemple la F7). Avec ses dimensions hors norme (poids de 300g en ordre de marche), la ADLER 108T illustre à sa façon le concept de machine de poche tel qu’on le vivait en 1975.

CANON F-41

CANON_F41

La CANON F-41 est une paisible petite scientifique de la fin des années 70. Jolie, peu de fonctions, la F-41 connait quand même l’affichage avec exposant de 10, comme beaucoup de scientifiques, avec toutefois une rare limitation : elle ne peut atteindre un exposant de 10 supérieur à 49.

TOSHIBA SC-7500

TOSHIBA7500

Une reine du calcul non programmable de la fin des années 70 (probablement 1977).
Cette machine plutôt rare me vient de Turquie.
On y retrouve de puissantes fonctions scientifiques, un afficheur confortable à 10 chiffres et 5 mémoires.
Le design est particulièrement réussi, avec une façade métallique élégante et un air faussement “extra-plat”.
L’aspect annonce déjà les proches calculatrices LCD qui seront, elles, vraiment plates, car munies de piles boutons quand la SC-7500 réclame encore 4 grosses piles AA.

TOSHIBA7500-3TOSHIBA7500-4

SERD Stuttgart

SERD_STUTTGART

Pourquoi SERD a-t-il choisi le nom Stuttgart pour cette calculatrice ? Il est de coutume pour ce constructeur allemand de baptiser ses modèles du nom d’une ville d’Allemagne.

Il existe aussi la Bremen, Bonn, Dusseldorf, Hannover, etc.
La Stuttgart ci-contre est une belle scientifique. Sa période de production remonterait à 1975.

L’afficheur à chiffres verts est généreux, avec de grands caractères, et son clavier l’est aussi.

Toutes les fonctions scientifiques courantes sont présentes, mais pas la notation avec exposant de 10. Il manque aussi les parenthèses pour la souplesse des calculs.

La construction de cette petite machine semble des plus sérieuse et le design est agréable. Le fonctionnement est encore parfait aujourd’hui sitôt les 2 piles AA en place.

La SERD a sa soeur jumelle : la Sanyo CZ-8106.

SERD_STUTTGART2

ELITE 7004 SR

ELITE7004RS

Une façade métallique, la nuée de gros boutons aux légendes bien dessinées, un bel afficheur généreux, l’ELITE 7004 est une calculatrice de toute beauté.

Machine scientifique par excellence, munie de possibilités statistiques, cette ELITE fut une reine du calcul, aux côté des concurrentes MBO 3000, CITIZEN SRII. Une précision de 10 chiffres internes pour 8 affichés, 5 mémoires, dont une préemptée par les fonctions statistiques.

On peut regretter qu’une si puissante machine ne soit pas programmable. Il y eut d’ailleurs bien peu de calculatrices programmable à afficheur vert VFD (les mythiques SHARP PC-1001, SHARP PC-1201, CASIO FX-201P et quelques autres parfois plus mythiques encore).

Une originalité, la touche HYP qui, en plus de donner accès à la trigonométrie hyperbolique, commande la limitation des décimales affichées ! Ainsi, HYP suivi d’un chiffre passe l’afficheur en mode scientifique et spécifie le nombre de décimales au chiffre entré. Et HYP + point décimal + chiffre fait la même chose, sans passer en notation scientifique.

Détail pittoresque propre à l’exemplaire photographié ci-contre : on y voit côte-à-côte au bas à droite du clavier deux touche M+ identiques. Celle de gauche est en fait le traditionnel changement de signe PLUS/MOINS

J’en déduis qu’un beau jour de 1977, il sortit des ateliers d’ELITE une 7004 équipée de deux touches PLUS/MOINS.

ELITE 5005 TM

ELITE5005TM

Cette petite calculatrice produite autour de 1975 a un air un peu étrange. Ses proportions dessinent un objet à la fois minuscule et encombrant. L’ELITE 5005TM est pourtant plus haute que large comme il est de coutume. Mais guère plus. Et ses 4 grosses piles AA lui donnent poids et épaisseur rondelette. Le profil un peu tourmenté complète ce tableau.

Mais la machine reste mignonne. C’est une scientifique. Enfin comme on l’entendait à cette époque. Donc ici, pas d’affichage avec exposant de 10, la 5005 est limitée à l’expression de nombres inférieurs à 100.000.000. Elle permet les calculs trigonométriques et logarithmiques, ainsi que les calculs de puissances.

Une touche insolite avec la fonction DR qui, contrairement aux apparences, n’a rien à voir avec les degrés et les radians. Cette touche permet la correction d’une entrée erronée en effaçant le dernier (et seulement celui-là) caractère entré. L’afficheur à chiffres verts est très confortable et présente une légère inclinaison qui améliore la lisibilité.

Cette petite ELITE fonctionne mais deux touches refusent obstinément de répondre sur mon modèle. Il s’agit de M+, remplaçable facilement par X/M, mais aussi C/CE, qui oblige à éteindre et rallumer lors de toute entrée incorrecte, au moyen de l’interrupteur situé sur le côté supérieur. Un peu gênant mais vu l’âge respectable de cette petite machine, je lui pardonne …

ELITE5005TM2

TRIUMPH 81S

TRIUMPH81S

Calculatrice typique de la production TRIUMPH, marque fusionnée peu de temps après avec ADLER. Toutes les machines de ces constructeurs ont un point commun : le bleu du PLUS, le rouge du MOINS, le jaune des touches d’EFFACEMENT.

La TRIUMPH est ancienne. Probablement de 1976 au plus tard. Déjà à chiffres verts, mais encore dans ce gros bloc de plastique noir qui lui donne un air superbement primitif.

Une plaque métallique constitue à la fois le dos et les côtés de la calculatrice. La plaque coulisse vers le haut, libérant le logement des 4 fines piles de type AAA et dévoilant à cette occasion le numéro de série.

La TRIUMPH 81S n’est pas une calculette basique. L’examen des touches carrées aux légendes magnifiques révèle la présence de Pi, l’inversion de signe, et l’échange des registres de calcul X-Y, cette dernière fonction apportant de la souplesse lors des calculs. A noter aussi la présence d’un sélecteur de décimales dans le prolongement de l’interrupteur !

La touche de pourcentage fonctionne selon le principe suivant, qui n’est pas le plus pratique selon moi : ainsi pour ajouter 23% à 87, la séquence à taper est 87 X 23 % +

Beaucoup de machines utilisent ce protocole mais pas toutes. Ainsi la vieille TI-2500 DATAMATH demanderait pour cet exemple la séquence suivante : 87 + 23 % = tout naturellement.

Mais si toutes les calculatrices étaient identiques, où serait l’intérêt ?

Mes remerciements à Gege

TRIUMPH81S3

RADOFIN 1660

RADOFIN

La RADOFIN 1660 est une minuscule et mignonne petite calculatrice produite en 1976.

Petite mais puissante car scientifique complète, supportant la notation avec exposant de 10.

La construction est solide, avec tout-de-même un poids plume. L’afficheur est un classique LED rouge, de huit chiffres de capacité. Point de chiffres de garde, la précision est d’époque !

A noter que si on soumet la 1660 à un petit test de calcul de précision, le résultat se révèle identique à celui de la SINCLAIR CAMBRIGE Scientifique. La parenté avec la prestigieuse lady est confirmée à l’examen des touches, en quantité égale, offrant exactement les mêmes fonctions, dont la rare CN (affichage des digits masqués par la notation scientifique). Et même absence de l’inversion de signe, de touche logarithme décimal.

Indice ultime, le rare symbole F s’allumant à gauche de l’écran pour confirmer l’appui sur la touche des fonctions secondes. Dispositif tout simple et pourtant pratique pour garantir la justesse de la frappe.

La RADOFIN, machine au design soigné, a aussi le bon goût d’offrir un point décimal sous la forme d’une vraie virgule ! ce qui est rare et ravit au plus haut point les gens sans doute un peu bizarres que sont les amateurs d’anciennes calculatrices !

RADOFIN (4)RADOFIN (3)

MBO ALPHA 3000

MBO3000

Encore un joyau de l’époque 1976-1978. La MBO 3000 est la grande sœur de la MBO ALPHA 2000.

Parmi les différences visibles, des fonctions statistiques, la touche F qui donne accès aux fonctions secondaires, et qui du coup libère une rangée de touches.

Et ce qu’on ne voit pas : la 3000 a une électronique différente de la 2000. Le nombre de touches, les fonctions, leur appariement, le comportement, les résultats jusque dans les ultimes décimales, la touche HYP qui sert aussi à la sélection des décimales, tous ces signes sont formels : la MBO ALPHA 3000 est le clone technique parfait de la prestigieuse CITIZEN SRII. Et aussi de la bien moins connue LOGITECH LC-60D (voir photos ci-dessous). Une preuve supplémentaire s’il en fallait : les 4 fonctions d’arithmétique directe en mémoire.

La MBO 3000 possède 4 mémoires dont la N°4, utilisée par les statistiques, est complètement volatile et s’efface d’un simple appui sur C/CE.

La MBO est un superbe engin, rare, qui a de toute évidence bénéficié de soin dans sa conception et sa fabrication. Un détail visuel qui contribue au charme de cet ancêtre : l’afficheur s’allume avec un retard d’une seconde après avoir actionné l’interrupteur …

MBOX3MBO3000-3

CANON F-7

CANONF7-1

Peut-être la plus belle des machines crées par le géant CANON.

Produite en 1974, la F-7 est incontestablement une antiquité. Elle est pourtant moderne tant par le design, déjà typiquement Canon, que par ses possibilités techniques.

Parmi ces dernières, on peut souligner :
– la gestion des priorités d’opérateurs
– une précision interne de 10 chiffres
– une fonction d’élévation à la puissance qui masque les calculs intermédiaires
– le gestion de la notation avec exposant de 10
– une touche permettant de manipuler des nombres sous forme de fraction
– des conversions d’unités …

Avec quelques traits pittoresques, comme la présence de deux mémoires travaillant chacune selon sa propre philosophie : l’une est un registre de stockage et rappel, l’autre est un registre d’accumulation, avec totalisateur affiché et vidé par le “T” bien connu des additionneuses de bureau. Et aussi une factorielle maximale de 70, bloquée cependant en erreur, avec un exposant inexact. Et aussi sur les touches, tantôt le x tantôt le a

L’afficheur est un très confortable et large LED, à 8 + 2 chiffres rouges. Les 7 segments des digits sont constitués de micro-points.

Une autre caractéristique non rendue par la photo est la taille de la F-7, absolument énorme. A titre de comparaison, elle dépasse en hauteur la corpulente TI SR-52, et égale la CASIO Graph 100, une machine graphique !

Au delà des caractéristiques, la qualité de conception et de fabrication de la CANON s’impose aux yeux. Tout y est parfait, naturel, beau, fonctionnel. C’est aussi le cas de la cassette des piles (AA X 4), dispositif qu’on ôte pour y placer les piles et qui s’enclenche avec un clic rassurant.
La CANON F-7 photographiée ici fonctionne parfaitement, comme si elle avait été fabriquée ce matin.

CANONF7-3CANONF7-2CANONF7-4

KINGSPOINT SC10

KINGSPOINTSC10

Voici venue des confins des années 1974/1975 une petite machine plutôt anonyme, mais non dénuée de personnalité.

KINGSPOINT est une des marques fécondes de cette époque. La SC10 est une scientifique déjà performante. Elle gère notamment la notation avec exposant de 10.

Afficheur par diodes rouges (LED), l’alimentation est classique par pile 9V. J’aurais aimé écrire qu’elle fonctionne toujours bien en 2015, cependant le point décimal du 2e digit ne fonctionne plus sur mon modèle. On peut aussi noter la faiblesse de luminosité de l’afficheur, qui rend imperceptibles les résultats en lumière du jour, même atténuée.

Parmi les détails qui retiennent l’attention, la fonction Exposant, appelée EEX à la façon des Hewlett-Packard, et l’archaïque ∑+, noté M+ ou SUM quelques mois plus tard.

KINGSPOINTSC10-2KINGSPOINTSC10-3

MBO ALPHA 30

MBO30-3

La MBO Alpha 30 est une magnifique machine, remontant à 1975. L’afficheur est constitué de digits rouges. Les segments ne sont pas ici de simples “barres” LED, mais des micro-segments (presque des points). Huit grands chiffres pour la mantisse, et 2 plus petits pour l’exposant de 10. Le calcul s’effectue par ailleurs en interne sur 10 positions, ce qui est un plus pour une bonne précision.

La machine est rapide, comme en témoigne le résultat de la factorielle de 69 obtenu en 1 petite seconde. On peut d’ailleurs pousser plus loin puisque la MBO est capable “d’exploser” sa capacité de <1E100, et de donner la factorielle de 99 (sous réserve de placer mentalement le chiffre “1” devant l’exposant, celui-ci ne pouvant être affiché que sur 2 positions).

La prise en main de la calculatrice est excellente. Les dimensions et poids sont parfaits. Le clavier à déclics, s’il ne procure pas le meilleur toucher du monde, reste néanmoins précis, sûr, sans rebonds. L’alimentation est obtenue par 3 piles AA. Comme les LED sont dévoreuses de kilowatts, un dispositif de veille éteint l’affichage au bout de quelques secondes d’inactivité, et ne laisse qu’un petit segment de veille à droite.

A noter un témoin spécifique, une barre oblique près du MOINS, qui indique qu’on travaille en radians et non plus en degrés. Le mode angulaire se commute à l’aide de la touche D/R, ce qui est déjà en 1975 un élément de modernité, quand on considère que nombre de modèles n’abandonneront leurs gros commutateurs manuels qu’à l’aube des années 80. En revanche pas de calculs en mode GRADES.

En résumé, il se dégage de cette jolie machine de 1975, une indéniable ambiance de qualité : fonctionnement intact aujourd’hui, afficheur haut de gamme, excellent clavier, minuscule interrupteur au basculement très doux, bonne rapidité, bonne précision, ligne étudiée et agréable … cette MBO devait sans doutes être commercialisée à un prix élevé.

MBO30MBO30-2

SANTRON 625

SANTRON625

La SANTRON 625 est une paisible calculatrice scientifique de base, sous un aspect plutôt colossal. Son épaisseur de 43 mm n’est guère dépassée que par des machines, non plus de poche mais de bureau. Côté hauteur et surtout largeur, là encore on est dans le brutal.

Heureusement le poids est de plume en comparaison : 250 g avec ses trois piles AA. Tout ça pour faire quoi ? les fonctions de base, la trigonométrie, logarithmes et réciproques et c’est à peu près tout.

L’afficheur est un “fluo vert” de 8 chiffres, qui deviennent 5+2 en notation scientifique. Petite question : les chiffres verts sont ils verts ? ou bien bleus ? il semble que nous autres humains ne soyons pas physiologiquement égaux en terme de perception de ce type de couleur, car beaucoup de personnes décrivent des chiffres bleus quand d’autres les voient franchement verts (c’est mon cas).

Côté précision, la 625 calcule avec 8 chiffres internes, et les résultats sont donc logiquement moyennement précis (avec un test Forensics qu’il vaut mieux passer sous silence, par respect pour ce vénérable ancêtre qui doit dater de 1976, à un an près).

Point intéressant, la capacité maximale de <1E100 peut être dépassée, avec apparition dans ce cas du témoin d’erreur de dépassement, en plus des chiffres de résultat, et de l’exposant auquel il convient de rajouter 100 (2 chiffres d’exposant affichés seulement).

Par ailleurs, sous un habillage différent, la SANTRON 625 pourrait bien être un clone de la PRIVILEG 585 D-E-NC, tant les fonctionnalités, caractéristiques et comportement sont semblables en tous points. La 625, noire et donc difficile à bien photographier, est malgré ses dimensions ostentatoires (ou grâce), une machine de toute beauté, ce que la photo ne montre pas assez, c’est dommage.

SANTRON624-2

PROTRONIC 535

PROTRONIC

Une calculatrice typique de la période féconde 1976-1977. PROTRONIC était alors une des très nombreuses marques de calculatrices. Il pouvait arriver que plusieurs marques se partagent des produits identiques. Comme l’Agilis 525 par exemple, qu’on retrouve ici sous sous le label Protronic, habillée de noir.

Ce sont exactement les mêmes machines. Plus précisément, il s’agit là de ma toute première calculatrice, achetée quand j’étais adolescent. Le manuel la classait parmi les calculatrices semi-scientifiques en raison du nombre de fonctions plutôt élevé par rapport à une calculatrice de base. On trouve en effet Pi, l’Inverse, le Carré, l’échange des registres X et Y, et un sélecteur mécanique de décimales.

Ce n’est pas tout. Cette PROTRONIC possède la caractéristique unique que j’avais découverte voilà bien longtemps : il est possible d’obtenir deux fonctions cachées au moyen d’une manipulation non conventionnelle des touches. Il est nécessaire pour cela de frapper de façon absolument simultanée les touches 8 et 2, ce qui provoquera l’échange des registres Mémoire et Affichage (touche appelée parfois MEX ou X-M sur d’autres modèles). De même; la frappe simultanée de 6 et 0 équivaut à la touche de changement de signe +/- absente sur ce modèle. Je me souviens avoir tenté à l’époque d’autres associations, sans résultat. Les fonctions cachées appelées de cette façon me semblent être une caractéristique pour le moins unique.

Le mystère suivant : le numéro 535, rappelé au dos du modèle. Quoique identique techniquement, mon Agilis de 1977 n’avait aucun de numéro en façade, c’était une AGILIS “tout court”. Par contre un gars de ma classe possédait bien une AGILIS 535 (n° visible en façade à la suite du logo Agilis). Et elle était sensiblement différente. Avec une touche de changement de signe, deux touches d’effacement …

Et ici le fameux numéro 535. Le mystère est entier.

Nous vivons dans une époque bien plus sage et calme que celle où les marques et les modèles étaient innombrables, jamais identiques, renouvelés de façon exubérante mois après mois …

PROTRONIC535-2PROTRONIC535

OLYMPIA CD 603

L’OLYMPIA CD 603 n’est pas une machine de poche. Sa taille, son poids, son alimentation par secteur sont bien les caractéristiques d’une calculatrice de bureau.

Sa taille est toutefois réduite, et la disposition des touches rappelle le monde de la machine de poche. Son allure générale fait aussi penser à certaines productions russes.

Cette Olympia possède de nombreuses fonctions scientifiques, ce qui est rare pour une machine de bureau. Trouvera-t-on d’autres curiosités en grattant un peu ? Et d’abord quel est son âge ? Difficile de trancher. Une séance de recherche sur le web positionne le curseur sur la période 1975-1976. Le comportement est moderne, à l’exception de l’élévation à la puissance d’un nombre négatif, qui n’est pas gérée. Fait curieux, dans ce cas la condition d’erreur se manifeste lors de l’appui sur la touche ÉGAL et non en cours d’opération comme c’est plus généralement le cas. Nous n’aurions donc pas affaire ici à un blocage interne en phase de calcul mais à une volonté préprogrammée de signaler une incohérence à l’utilisateur plutôt que de donner le résultat trouvé par la machine. C’est spéculatif malgré tout.

L’Olympia partage-t-elle son électronique avec d’autres ? Un calcul d’arrondis permet de déceler une électronique visiblement commune avec la SANYO CZ-2172, machine cette fois de poche. La SANYO a d’ailleurs en commun une autre caractéristique moyennement agréable : la notation scientifique permanente avec affichage de toutes les décimales, fussent-elles une ribambelle de zéros inutiles.

A l’usage, l’Olympia CD 603 est une très belle et agréable machine. Son maniement est le plus naturel qui soit, la seule surprise pouvant venir du clavier aux touches à la course longue et spongieuse.

OLYMPIA603-2

PANASONIC JE-885U

PANASONIC885

Un des joyaux du tout début des années 70 (1973 pour être précis). Un dessin exceptionnel (qu’on peut ne pas aimer) qui nous replace dans une ambiance art contemporain ou Musée de Beaubourg, une ergonomie “appuyée” avec la place du pouce qui se replie entre clavier et écran pour une prise en main solide.

La courroie à son tour trahit un archaïsme amusant : l’objet calculatrice de poche est encore un concept récent. La dragonne est le symbole ostentatoire de l’ultra-portabilité … pourtant toute relative si on compare les dimensions et poids bien respectables de cet objet (4 piles AA notamment) avec les calculettes d’aujourd’hui.

Ultime caractéristique qui nous plonge dans la genèse du phénomène calculatrice, le chiffre 4 est affiché avec un 8e segment minuscule, qui le prolonge sur la droite. Ceci appelle une réflexion (toute personnelle) : Lorsqu’on écrit de façon manuscrite les dix chiffres 1234567890, on constate qu’ils sont constitués de courbes et barres droites et obliques. Les dispositifs d’impression ont toujours restitué fidèlement ces formes. Idem pour les premiers afficheurs des machines de table (Nixie Tube) ou le “Itron” fluorescent tubes verts de la SHARP EL-8. Quand on est passé à l’affichage 7 segments si naturel pour nos yeux d’aujourd’hui, il est possible que les yeux de 1972 aient éprouvé des difficultés à bien interpréter des chiffres aussi stylisés et carrés. Il se peut que le chiffre 4 se soit montré particulièrement difficile à réduire sous cette forme géométrique simple. D’où sur les modèles très anciens, un segment supplémentaire venant au secours du 4 afin d’en faciliter sa lecture. Quand l’œil s’est trouvé habitué aux chiffres carrés, le 8e segment est devenu superflu. Et plus jamais par la suite on n’a vu de 4 “croisé” dans un affichage à segments, alors que les futurs LCD auraient facilement permis cet ajout.

La 885U est par ailleurs une calculatrice d’usage fort simple. Quelles sont ses particularités ? La mémoire, d’un fonctionnement qui peut paraître étrange. On l’active par appui sur M. Une diode s’allume alors, qui signifie que tout appui sur la touche ÉGAL cumulera désormais le résultat en mémoire. Concrètement, pour mémoriser une valeur, il faut d’abord activer la mémoire par appui de M, y placer la valeur ensuite par une opération arithmétique s’achevant par ÉGAL, et désactiver la mémoire par appui sur M qui éteindra la LED … Pittoresque.

Autre réjouissante bizarrerie, un dépassement de capacité affiche la valeur, assortie d’autant d’apostrophes que de décalages à opérer pour compenser les 8 chiffres de capacité. La capacité maximum de la PANASONIC 885 est donc virtuellement de <1E16.

Enfin, tout comme sa grande sœur, la PANASONIC JE-611P, les appuis de touches ne sont accompagnés d’aucune réaction de l’affichage, hormis le résultat final. Même découplage entre clavier et afficheur.

Machine à forte résonance historique, la PANASONIC 885 est incontestablement un témoin de son époque.

CONTEX D31

CONTEX-1

La CONTEX n’est pas une machine de poche. Elle n’est pas programmable, ni scientifique, juste extrêmement basique.

En quoi peut bien consister son charme ? La CONTEX est une très ancienne calculatrice. Elle est dotée d’un dispositif d’afficheur antédiluvien, d’un caractère exceptionnel, appelé Nixie Tube. La Contex est une sorte de dinosaure du calcul.

Un afficheur Nixie est une oeuvre de ferronnerie. Dans chaque ampoule se trouvent empilés dix épais filaments forgés dans la forme de chacun des dix chiffres. Les chiffres sont placés l’un derrière l’autre dans l’ampoule et s’allument quand vient leur tour. Ainsi dans la Contex (autant que j’aie pu en juger), chacune des ampoules présente les chiffres rangés suivant cet ordre : d’abord le 5 en avant plan, puis derrière, le 6 puis 2,3,9,8,0,7,4,1. Il est donc normal de déceler des décalages en profondeur d’un chiffre à l’autre. La danse des digits oranges est un effet visuel étonnant.

L’afficheur de la CONTEX est à huit positions seulement, quand bon nombre de dinosaures du calcul de ce type en proposent à 12,14 voire 16 ! Mais il ne faut pas s’y tromper. La CONTEX D31 possède en réalité une capacité de 14 chiffres. Ainsi l’afficheur à 8 positions gère en permanence 2 “paquets” de chiffres. Lorsque la capacité de 8 chiffres est dépassée, un témoin s’allume à droite, ce qui signifie que la partie invisible du résultat peut être appelée au moyen de la touche double flèche. Cette touche fait défiler successivement les deux composantes du résultat. Et si celui-ci dépasse la capacité de 14 chiffres, le témoin Overflow s’allume au milieu pour signaler l’erreur.

Quand on retourne la machine, on aperçoit un commutateur multi-tension, ainsi qu’un autre dont le rôle est de limiter les décimales à l’allumage de la machine (soit 3,2,0). Lors du fonctionnement, les décimales peuvent être limitées en combinant la touche CE + chiffre souhaité.

Malgré son âge – fabrication Danoise remontant à 1972 – la CONTEX s’utilise comme une calculette d’aujourd’hui. Tout aussi naturellement. Les caractéristiques physiques étonnent: pour des dimensions compactes de 20 X 21 X 6.5cm, la masse atteint 2 Kg ! A titre de comparaison, la HP-97, machine de taille comparable et pourvue, de surcroît, d’un dispositif d’impression ne pèse que 1,2 Kg. Autant dire que l’impression de compacité de la CONTEX est saisissante.

Un autre détail trahit l’âge de la machine : l’interrupteur, une simple molette qu’on tourne et qui fait CLIC, comme sur les vieux transistors radio …

CONTEX-3CONTEX-2CONTEX-5CONTEX-4

ARISTO M85

ARISTO85-2

Aristo est une marque allemande qui a produit de magnifiques calculatrices dans les années 70. Témoin la M85, grande sœur de la M75, machine scientifique pleine de personnalité.

Si la M75 ne dispose pas de l’affichage avec exposant, c’est chose faite pour la M85. Du coup c’est vers la gauche que les entrées sont alignées, et à droite pour la petite sœur. L’exposant est ici inhabituel. Quand il est inférieur à 10, seul le chiffre de droite est affiché, alors qu’habituellement les exposants sont exprimés par deux chiffres (ici les valeurs s’affichent sous la forme 1.2345678 – 5 au lieu de 1.2345678 -05).

Capacité de 8 chiffres, pas un de plus, et précision logiquement moyenne. Le modèle photographié ici a conservé un bel aspect. Il fonctionne mais le clavier est fatigué et les touches rebondissent parfois (111 s’affiche au lieu de 1 par ex.). Mais vu l’âge respectable de ce specimen, c’est pardonné !

AGILIS 525

AGILIS0

Cette fois c’est bien elle, voici ma toute première calculatrice !

Dans l’article sur une autre AGILIS, la 505, j’évoquais ma quête pour retrouver ma vieille machine achetée en 1977.

La marque AGILIS n’a pas eu une longue histoire. Elle a brillé quelques années, quelques mois peut-être. On trouve très peu d’anciens modèles AGILIS de nos jours.

Depuis le temps, j’ai pu remarquer que plusieurs marques ont distribué ces machines. Parmi elles PROTRONIC. Et c’est bien une PROTRONIC que j’ai croisée voilà peu. C’était en tous points ma machine, à deux exceptions près : la PROTRONIC était noire, et elle revendiquait la référence de modèle 535. Or ma machine à moi était beige, comme la 505, et elle n’avait strictement aucun numéro distinctif, elle s’appelait AGILIS tout simplement.

J’ai fait le tour de passe-passe suivant : j’ai fusionné l’AGILIS 505 de mon article précédent avec l’électronique de la PROTRONIC. Ma 505 n’existe donc plus. En revanche, j’ai retrouvé ma machine de jeunesse. C’est exactement elle. La couleur, les touches, le comportement, pas de doutes, c’est elle.

J’ai attribué de façon arbitraire le numéro 525. Je crois en effet savoir que l’AGILIS 535 possédait en plus la touche de changement de signe. Il est donc logique d’attribuer ici le numéro immédiatement inférieur (les numéros des Agilis de cette gamme semblent toujours formés de deux 5, avec entre les deux un chiffre exprimant la position du modèle). Je n’ai cependant aucune certitude sur ce nom.

BOHN INSTANT

BOHN-INSTANT-3

Beauté discrète aux confins du début des années 70 et des objets utilitaires, la BOHN Instant est une des toutes premières calculatrices de poche. Le manuel la désigne encore pour un usage mixte, à la fois bureau et machine portable.

Pourtant, la Bohn Instant a déjà les attributs d’une machine de poche : Elle peut fonctionner à piles (5 piles AA), le câble d’alimentation étant devenu facultatif et reliable à la demande. Les touches du clavier sont bien rassemblées, la machine peut être manipulée d’une main, et rentre dans une (grosse) poche.

Les fonctions sont basiques, l’unique sophistication résidant dans la distinction entre l’effacement partiel CE ou total C. Un commutateur propose la mémorisation d’une constante pour les calculs répétés.

Côté affichage, 8 énormes chiffres verts, avec écriture calée à gauche (elle est calée à droite sur la BOHN OMNITREX de 1973). Et des témoins lumineux signalent une valeur négative et le dépassement de capacité.

Cette BOHN Instant de 1972, modèle le plus ancien de ma collection, me donne le vertige. Je trouve à la fois fabuleux et intimidant que cet objet ait pu être produit, vendu, utilisé, alors que je me trouvais encore en classe de CM2. Un grand nombre d’années plus tard, alors que ces lointains souvenirs d’enfant sont évanescents, la BOHN est là, et poursuit inexorablement sa vie de calculatrice …

BOHN-INSTANT-2BOHN-INSTANT

SINCLAIR CAMBRIDGE

Les calculatrices de la marque SINCLAIR sont en quelque sorte des objets de culte. Des pages entières leur sont consacrées sur le net.

Est-ce dû à leur caractère discrètement british ? ou bien au charisme de leur “père” Clive Sinclair ? ou au design très affirmé de certains modèles, la Cambrigde par exemple ?

Ces machines datent de 1973 ou 74. La miniaturisation en oeuvre est impressionnante et tranche avec la taille imposante des premières calculatrices d’alors.

Car la Cambridge est bien une machine absolument minuscule. La photo est incapable d’en rendre compte parfaitement, même si on place à côté une CASIO actuelle de taille standard (photo ci-dessous).

La Scientific comporte pourtant toutes les fonctions dignes de ce nom. Fait rare, les logarithmes décimaux ne sont pas disponibles, en revanche ceux dits naturels sont bien présents. La fonction classique d’élévation à la puissance est elle aussi absente.

L’affichage, à reflets étrangement violets, offre 8 chiffres rouges. Il est très lisible, avec un sympathique témoin F qui apparaît à gauche pour confirmer l’appui sur la touche fonction seconde (le triangle blanc).

Au chapitre des faiblesses : la petite précision, et aussi une certaine dureté du clavier à déclics, qui reste néanmoins bien praticable en dépit des années. A noter la singularité suivante : les modes Degrés ou Radians se spécifient au moyen d’un petit commutateur niché dans le compartiment des piles !

Il existe toute une gamme de Cambridge, de la calculette 4 opérations à la scientifique programmable. Et avec à chaque fois le même design tout en hauteur, un afficheur haut perché, et loin en bas, le pavé de touches. Et l’interrupteur à basculement vertical.

L’alimentation est assurée par deux fines et classiques piles AAA.

J’ai pour ma part découvert la gamme Cambridge voilà très longtemps, vers 1984. Je venais d’obtenir mon premier emploi, dans le nord de la France. Un jour, j’ai fait un saut en Belgique voisine et ai découvert de mes yeux ce que je ne connaissais alors qu’à travers un numéro de l’éphémère et excellent magazine L’Ordinateur de Poche. Ces calculatrices, autant que je sache, n’étaient pas importées en France.

SINCLAIR-2

CITIZEN SR II

Joyau de la fin des années 70 (1976 ?). La CITIZEN SR II produit une réelle impression de qualité. Son fonctionnement demeure aujourd’hui intact. Les touches fonctionnent sans souci, les interrupteurs s’enclenchent nettement, pas de problème de contacts.

Le dessin peut paraître étrange, ceci en raison du module d’alimentation surplombant l’afficheur. Mais en mains, cette calculatrice est indéniablement superbe. Sa finesse notamment (22 mm maximum) étonne pour une machine ancienne à afficheur vert.

La CITIZEN SR II est une scientifique puissante. Dix chiffres de précision interne pour huit affichés. Cinq mémoires avec touches d’arithmétique directe. Au sujet de la mémoire, on peut noter que le registre 0 se pilote tant avec les touches Smn Rmn que les classiques M+ RM CM. Avec dans ce cas un symbole d’occupation (point décimal) affiché à droite. Par ailleurs le registre 4 (utilisé aussi lors des calculs statistiques) est totalement volatile, car remis à ZÉRO par simple appui sur CE/C.

Une grande originalité, commune à quelques modèles CITIZEN : le module d’alimentation enfichable. Il y en a deux, d’ailleurs. L’un est équipé d’un bloc d’accus rechargeables, tandis que le second reçoit des piles classiques (AA X 2). Ce dispositif, qui permet deux modes d’alimentation au choix, est non seulement original, il est aussi pratique.

La qualité perçue de cette calculatrice CITIZEN se retrouve dans le manuel, au format de poche comme c’est souvent le cas sur les machines de cette époque. Il est très complet, les pages sont nombreuses et comprennent une large collection d’exemples de calculs divers, techniques, financiers, mathématiques …

Peut-être une preuve ultime de qualité : Lorsque j’ai acquis ce modèle, il était accompagné d’une housse largement usagée, criblée de marques diverses, autant de signes d’un usage prolongé. Où sont donc ces marques sur la CITIZEN ? Il n’y en a aucune visible, même les plastiques ont conservé leur couleur d’origine.

La CITIZEN SR II est une machine qui se moque de la marche du temps.

CITIZENSR2-4CITIZENSR2-3CITIZENSR2-5CITIZENSR2-6CITIZENSR2-2

APF MARK 55

APF55

Calculatrice prestigieuse à 12 chiffres rouges, datant de l’époque 1977, la APF MARK 55 est une scientifique complète et compacte. Elle dispose de 10 mémoires et sa précision est de premier plan pour une machine aussi ancienne.

L’esthétique déroute quelque peu, on la croirait surmontée d’un drôle de chapeau noir. Cet aspect étrange tient à la difficulté de photographier la 55. Quand on la tient en main, c’est une très belle machine au design parfaitement cohérent.

D’un point de vue technique la APF MARK 55 est une des rares calculatrices à logique postfixe, qui ne soit pas une Hewlett-Packard, tout comme l’OMRON 12SR, dont elle est d’ailleurs une sorte de clone parfait du seul point de vue des fonctionnalités. Ultime raffinement, le point décimal de la 55 est une authentique virgule !

APF55-2APF55-4

BOHN OMNITREX

BOHN-OMNITREX-2

Voilà quelques années j’avais pu tenir en mains une BOHN Instant, calculatrice bleue d’aspect similaire au modèle ci-contre. Elle ne fonctionnait plus, les touches étaient très usées, mais l’ambiance rétro de cette machine m’avait impressionné.

La BOHN Omnitrex restitue bien cette ambiance. Cette machine de 1973 se situe à une époque charnière : Contrairement aux toutes premières calculatrices “de poche”, de dimensions encore énormes et de formes simplement carrées, la BOHN revendique ici un design, une personnalité, en particulier l’envoûtante forme trapézoïdale, le profil biseauté, les courbes.

Allumons la machine et remontons le temps. Au préalable, il est nécessaire de placer 5 piles AA toutes simples. On bascule l’interrupteur et … rien ne se passe. Il faut attendre une bonne seconde avant que l’énorme ZÉRO vert s’allume à droite. Les digits sont de grandes dimensions, l’afficheur est magnifique et lumineux.

Les fonctionnalités sont évidemment basiques pour cette calculatrice 4 opérations. On peut tout de même noter une particularité, partagée par d’autres ancêtres vénérables : les touches de multiplication et division fonctionnent selon le principe du calcul en chaîne, avec constante automatique et appui sur ÉGAL en fin d’opération. En revanche, addition et soustraction sont en logique posfixe, avec le PLUS ou le MOINS qui terminent l’opération.

A noter la couleur rouge de la touche MOINS, convention comptable qui a traversé les époques.

Témoin de la vocation professionnelle de la BOHN, le commutateur supérieur : en position levé, la touche VIRGULE n’est plus requise, les nombres s’écrivent en prenant en compte systématiquement deux décimales (par exemple, taper 12345 affichera 123,45). Cette fonction est souvent repérée par un A sur les sélecteurs de décimales des calculatrices professionnelles.

BOHN-OMNITREXBOHN-OMNITREX-3

SHARP EL-5000

 
La SHARP EL-5000, calculatrice scientifique de haut de gamme, présente l’aspect typique des SHARP de l’époque 1976/1977 (voir ci-dessous avec la petite sœur EL-5800). Les dimensions de cette machine sont assez impressionnantes.

Bien que pourvue d’un afficheur à grands chiffres verts, moins gourmand que les digits rouges des modèles antérieurs, elle réclame 4 grosses piles AA qui lui procurent poids (260 g) et épaisseur (30 mm). Vue de profil, la 5000 est brutale.

L’afficheur tire parti de ces dimensions généreuses et se déploie sur 10 + 2 positions (calculs sur 11 chiffres en interne). Comme la petite EL-5800, la EL-5000 annonce sur sa façade le nombre de fonctions disponibles, en l’occurrence 39. Parmi celles-ci, un inhabituel traitement des fractions (touche barre oblique au dessus du 9).

Les constructeurs dénombrent les fonctions au moyen de recettes largement hermétiques et pourquoi pas, possiblement optimistes. Ainsi, une moderne SHARP EL-531 de 2010, positionnée sur le même segment revendique 335 fonctions. Bien difficile de recompter pour vérifier. On peut s’interroger sur les motivations d’un constructeur à annoncer un tel chiffre, obtenu du moins en partie, de façon probablement empirique. Est-ce à des fins purement commerciales ? Cela semble discutable dans la mesure où tous les constructeurs ne communiquent pas systématiquement cet élément de comparaison. Ainsi, alors que HP s’attribue 2300 fonctions pour sa HP-49G, son concurrent direct Texas-Instruments ne donne aucun chiffre pour la TI-89.

Il est possible que l’annonce du nombre de fonctions permette tout simplement à l’acheteur de mieux situer un produit au sein de la gamme du constructeur. Ainsi, ici c’est le logo 39 fonctions qui, rapproché des 20 fonctions de la EL-5800, suggère le positionnement supérieur du modèle. Par ailleurs, chez SHARP, il est un fait que le n° du modèle (ici le 5000 de EL-5000) ne traduit quasiment jamais le positionnement réel.

La photo du haut rend compte de l’existence de deux versions du même modèle : celui avec touches imprimées et un autre avec touches grises et doubles légendes en façade.

Les 2 modèles sont fonctionnellement identiques.

SHARP-EL5000-3SHARP-EL5000-2

TEXAS-INSTRUMENTS TI Business Analyst I

TI-BA-2

Un des différents modèles financiers de la gamme Majestic de Texas-Instruments. La BA I est une copie conforme de la Ti-31, avec ici les légendes peintes sur les touches et non en façade.

On retrouve la couleur “OR”, véritable lieu commun du calcul financier, qui orne souvent les machines orientées Business, notamment chez Hewlett-Packard.

La BA I est une machine simple, offrant le minimum en la matière : le solveur Time Value of Money, ainsi que la régression linéaire. La notation scientifique est gérée, ce qui peut pourtant sembler peu crucial pour un modèle à vocation financière.

En marge de cet article sur la Ti-31, je profite de cet article portant sur une machine de la famille Majestic pour dire tout le mal que je pense du logement de la pile 9V de ces modèles.

Outre le fait que l’afficheur LED glouton rend obligatoire une bonne alimentation, en l’occurrence une pile 9V toujours malaisée à relier à ses bornes, la trappe ne peut s’ouvrir qu’à l’aide d’un outil, genre ciseaux, lame, lime à ongles rigide, etc.

Ces ustensiles ne sont jamais disponibles au moment et à l’endroit où la Ti tombe en panne sèche. Pourtant sans cela, impossible d’ouvrir la trappe.

Et lorsque la pile est en place, refermer la trappe nécessite de bien viser pour placer la pile (mobile à l’intérieur du logement), bien en face des reliefs internes de la trappe …

BROTHER 725SR

BROTHER725

C’est la sœur aînée de la BROTHER 712SR. Époque de fabrication : 1976, selon toutes vraisemblances.

La machine photographiée ici se présente dans un état peu glorieux : elle est complètement HS. Ainsi, elle est désassemblée et s’ouvre en deux à la moindre sollicitation, la trappe à piles est cassée, le compartiment des piles ne possède plus aucun contact, un zéro faiblard s’allume quand on branche au secteur tandis qu’aucune touche ne répond plus, le circuit imprimé est atteint par le vert-de-gris, et la vitre d’afficheur n’est plus fixée … J’ajoute que le plastique est jauni par endroits et qu’une épaisse couche de crasse et quelques taches d’encre recouvraient la vénérable calculatrice quand j’en ai pris possession.

Cette BROTHER illustre l’émerveillement que je ressens, aujourd’hui, à voir fonctionner la plupart des antiquités dont je parle ici. Beaucoup sont contemporaines de cette BROTHER et s’animent pourtant comme au premier jour, et ont parfois conservé un aspect quasi neuf.

La BROTHER 725SR nous rappelle à la réalité. Il est finalement bien logique qu’une machine âgée de 40 ans soit dans cet état. C’est le contraire qui est juste miraculeux.

KESSEL MWP3

KESSEL

Minuscule machine produite en 1976 ou 1977, à l’affichage VFD vert également minuscule, la KESSEL est sans doute un clin d’œil aux mythiques SINCLAIR Cambridge, ainsi qu’en témoignent les photos tout en bas.

Les fonctions de la KESSEL sont basiques, et peu d’originalité dans les caractéristiques, hormis l’alerte d’erreur, qui affiche des choses du genre 3.5.2.4.2.0.6.4.

Quatre piles AAA lui donnent un peu d’embonpoint, mais la KESSEL est incontestablement un très bel objet.

KESSEL2KESSEL4KESSEL5

PRINZTRONIC SC3001M

PRINZTRONIC SC3001-3

Proche d’aspect de la SC4001M, la 3001M est de technologie plus ancienne encore et offre un afficheur à chiffres rouges LED. Période de production proche de 1975.

C’est une vraie scientifique, avec fonctions trigonométriques et réciproques, les logarithmes, une touche de conversion angulaire. Mais petit bémol, elle ne gère pas la notation avec exposant. Le clavier offre un bon toucher et la prise en main est excellente grâce à sa forme compacte et arrondie, typique de cette famille de machines.

Une scientifique banale et sans histoires ? Eh bien non ! Car la 4001 recèle une particularité peu commune : le commutateur C.

A priori, on penserait que C permet de mémoriser une constante pour des calculs répétés. Ce n’est pas le cas, les 4 opérateurs bénéficiant de la constante automatique.

Alors à quoi sert C ? Sous réserve que mon modèle ne soit pas défectueux, il semble que C visualise une suite de calculs continus avec constante, et ce de façon automatique.

Concrètement, on frappe par exemple l’opération 10 + 5 =, on commute sur C, et voilà la Prinztronic qui affiche toute seule et à grande vitesse (10 incrémentations par seconde) les ajouts successifs de 5. L’utilité du dispositif ne semble pas évidente mais une chose est sûre : c’est spectaculaire …

NOVUS 3500

NOVUS-3500-3

Une NOVUS rare et très belle. La NOVUS 3500, millésime 1974, made in USA, est une scientifique à logique RPN.

Une originalité commune aux calculatrices de cette marque prestigieuse, le bouillonnement des digits lors des calculs ou lors de l’entrée de simples nombres.

Un dispositif d’économie d’énergie éclipse les digits au profit de points, après une minute d’inactivité.

Les fonctions scientifiques sont complètes, avec les logarithmes, la trigonométries (et leurs réciproques), l’élévation à la puissance, Pi … Dommage qu’elle ne connaisse pas encore la notation scientifique avec exposant.

Machine en excellent état visuel, elle fonctionne aussi parfaitement en autonome, grâce à une classique alimentation par pile 9V.

Mes remerciements à gege

ROCKWELL 20R

ROCKWELL20R

Fabriquée en Grande Bretagne en 1974, la 20R est typique de la production ROCKWELL.

Des machines bien construites et arborant un dessin plein de classe. Un clavier d’excellente facture, avec des touches qui basculent selon un axe horizontal interne au niveau de la base des touches. L’effet produit est surprenant et amusant.

Comme souvent sur ces anciennes machines, l’afficheur est de type LED, à petits chiffres rouges. L’alimentation est assurée par pile 9V.

Les caractéristiques de calcul sont basiques, mais l’utilisation est naturelle et très agréable. Outre les 4 opérations et le pourcentage, on dispose d’une touche de mémoire, bien plus puissante qu’il n’y parait. Ainsi, la touche M doit être suivie d’un opérateur, qui va modifier le contenu de la mémoire en conséquence.

Par exemple : si la mémoire contient 10, l’appui de 5 M + rappellera 15 lors de l’appui sur MR. De la même façon, 2 M X multipliera la valeur en mémoire par 2. Même chose pour diviser ou soustraire en mémoire. Et pour vider la mémoire, M suivi de C, tout naturellement.

Cette petite machine devait être bien pratique à utiliser en 1974 !

VICTOR 106

VICTOR106

VICTOR106-2

VICTOR est un constructeur bien connu dans le domaine des machines de table. Quelques modèles de poche existent aussi, dont cet étonnant modèle 106.

En quoi est-il étonnant ce modèle 106  ? Comme on le voit sur une des images, deux couvercles la referment complètement. L’un referme le clavier et l’afficheur, tandis que l’autre masque le logement des 4 piles AA. Cette assez volumineuse calculatrice de 1976 est moyennement puissante. Scientifique, certes, mais ne connaissant point l’affichage avec exposant, ce qui limite sérieusement le domaine d’investigation. Huit chiffres (verts), tant affichés qu’en interne, pour une précision logiquement médiocre.

Mais parler de performances n’est pas obligatoire pour une aussi vénérable machine, seul le caractère compte dans la note : marque prestigieuse, forte identité (les touches caramel), notes métalliques en façade et deux splendides commutateurs “chromés” qui en mettent plein la vue !

VICTOR106-4VICTOR106-3

1 2 3 4