PANASONIC JE-885U

PANASONIC885

Un des joyaux du tout début des années 70 (1973 pour être précis). Un dessin exceptionnel (qu’on peut ne pas aimer) qui nous replace dans une ambiance art contemporain ou Musée de Beaubourg, une ergonomie “appuyée” avec la place du pouce qui se replie entre clavier et écran pour une prise en main solide.

La courroie à son tour trahit un archaïsme amusant : l’objet calculatrice de poche est encore un concept récent. La dragonne est le symbole ostentatoire de l’ultra-portabilité … pourtant toute relative si on compare les dimensions et poids bien respectables de cet objet (4 piles AA notamment) avec les calculettes d’aujourd’hui.

Ultime caractéristique qui nous plonge dans la genèse du phénomène calculatrice, le chiffre 4 est affiché avec un 8e segment minuscule, qui le prolonge sur la droite. Ceci appelle une réflexion (toute personnelle) : Lorsqu’on écrit de façon manuscrite les dix chiffres 1234567890, on constate qu’ils sont constitués de courbes et barres droites et obliques. Les dispositifs d’impression ont toujours restitué fidèlement ces formes. Idem pour les premiers afficheurs des machines de table (Nixie Tube) ou le “Itron” fluorescent tubes verts de la SHARP EL-8. Quand on est passé à l’affichage 7 segments si naturel pour nos yeux d’aujourd’hui, il est possible que les yeux de 1972 aient éprouvé des difficultés à bien interpréter des chiffres aussi stylisés et carrés. Il se peut que le chiffre 4 se soit montré particulièrement difficile à réduire sous cette forme géométrique simple. D’où sur les modèles très anciens, un segment supplémentaire venant au secours du 4 afin d’en faciliter sa lecture. Quand l’œil s’est trouvé habitué aux chiffres carrés, le 8e segment est devenu superflu. Et plus jamais par la suite on n’a vu de 4 “croisé” dans un affichage à segments, alors que les futurs LCD auraient facilement permis cet ajout.

La 885U est par ailleurs une calculatrice d’usage fort simple. Quelles sont ses particularités ? La mémoire, d’un fonctionnement qui peut paraître étrange. On l’active par appui sur M. Une diode s’allume alors, qui signifie que tout appui sur la touche ÉGAL cumulera désormais le résultat en mémoire. Concrètement, pour mémoriser une valeur, il faut d’abord activer la mémoire par appui de M, y placer la valeur ensuite par une opération arithmétique s’achevant par ÉGAL, et désactiver la mémoire par appui sur M qui éteindra la LED … Pittoresque.

Autre réjouissante bizarrerie, un dépassement de capacité affiche la valeur, assortie d’autant d’apostrophes que de décalages à opérer pour compenser les 8 chiffres de capacité. La capacité maximum de la PANASONIC 885 est donc virtuellement de <1E16.

Enfin, tout comme sa grande sœur, la PANASONIC JE-611P, les appuis de touches ne sont accompagnés d’aucune réaction de l’affichage, hormis le résultat final. Même découplage entre clavier et afficheur.

Machine à forte résonance historique, la PANASONIC 885 est incontestablement un témoin de son époque.

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