TOSHIBA LC-110PV

Une calculatrice à imprimante faussement banale.

Bien sûr ses fonctions sont limitées mais son intérêt est de nous renvoyer d’un coup au début des années 80, avec son affichage jaune bien rétro.

La design de cette TOSHIBA est parfait. Une grande classe, de face comme de profil. Compacte mais lourde avec ses 4 piles AA et somme toute imposante, elle tente pourtant de nous faire oublier ses dimensions.

Ainsi son afficheur est de seulement 10 chiffres. Son rouleau prend beaucoup de place mais ses dimensions sont malgré toutes réduites.

Comme tant de calculatrices au tempérament commercial ou comptable, elle juxtapose deux logiques de calcul distinctes : le pavé de multiplication et division à gauche, et la ligne de totalisation à droite pour l’addition et la soustraction. Pour ces deux dernières opérations, le geste n’est pas inné, il doit s’apprendre. En particulier, point de touche ÉGAL.

On peut illustrer le fonctionnement typique de cette machine en jouant à extraire une racine carrée, celle de 42 par exemple.

Un petit rappel pour commencer : comment calcule-t-on une racine carrée quand aucune touche ne le fait pour vous ? Il faut tout d’abord user d’intuition et deviner au mieux une valeur approchée (par défaut on peut prendre la moitié du nombre de départ). Ensuite, en divisant le nombre de départ (ici 42) par sa racine approchée, on en trouve un second (différent à moins qu’on ait deviné la racine exacte du premier coup). L’étape suivante consiste à faire la moyenne de ces deux nombres. On jette les deux premiers nombres et on recommence à diviser 42 avec ce nouveau résultat, puis de nouveau une moyenne avec le résultat trouvé, et ainsi de suite. Très vite, les résultats vont se rapprocher pour devenir identiques, la racine carrée est trouvée, à la fois diviseur et résultat.

Pour 42, sachant que la division par 6 donne 7, la racine se situera entre l’un et l’autre. On peut donc commencer le calcul, et pour ce faire, user des deux modes permis par la machine : pavé de gauche et touche ÉGAL pour les divisions, totalisateur de droite pour la somme des deux racines intermédiaires à diviser par 2 ensuite pour en faire la moyenne. La mémoire est précieuse pour stocker et rappeler à chaque fois le résultat précédent.

La bande de frappe reproduite ci-dessous montre la séquence des appuis aboutissant à la racine carrée.

Un fait courant chez les machines commerciales, le nom fait écho aux chiffres disponibles. Ici 110 évoque dix chiffres. Je ne sais pas si une version à 12 chiffres fut produite mais dans ce cas je parie qu’elle se nommait LC-120.

Autre grand classique de ces machines, la touche double zéro, le sélecteur de décimales, avec la précieuse position “+” souvent appelée Aqui affiche toute frappe en la positionnant d’office sur deux décimales, sans qu’on ait besoin de taper la touche de virgule à chaque fois. En pratique, ce mode est vraiment efficace. Et aussi la touche “dièse” (*) pour l’impression hors prise en compte dans le calcul. Et classiques parmi les classiques, visibles sur les touches de mémoire, le traditionnel losange symbole de la lecture d’un contenu sans vider le registre, et l’étoile qui lit le contenu et vide le registre.

Quand fut produite cette belle machine exactement, et combien coûtait-elle ? Comment le savoir si longtemps après ?

J’ai la chance de détenir le bon d’achat, qui permit au premier propriétaire d’obtenir une réduction sur le prix, à condition de l’exercer avant … fin octobre 1980, c’est écrit dessus. Sans réduction, la machine coûtait donc 40 Livres Sterling, nous voilà pleinement renseignés.

(*) Mais non, ce n’est pas un dièse, c’est le croisillon, celui d’internet (#) souvent appelé “dièse” à tort. Croisillon (#) et dièse () sont deux caractères typographiques différents, en usage dans deux mondes différents.

HEWLETT-PACKARD 21

Une ancienne Hewlett-Packard de la décennie 70, voilà qui devrait être mythique.

Pourquoi au fait ? J’avoue éprouver quelque incrédulité sur l’aura princière qui drape cette marque, certes pionnière. D’où provient le bleu de son sang ? Est-ce le célèbre mode de calcul en notation polonaise ? Ou le respect dû au créateur de la toute première calculatrice de poche scientifique ? Ou encore la belle histoire du garage où œuvraient deux bonshommes charismatiques ? Vient-il des prix de vente traditionnellement élevés du catalogue ? Ou d’une qualité de construction, une solidité, une longévité à toute épreuve ? A moins que ce soit le légendaire clavier à déclics et ses touches biseautées. Ou peut-être la technique secrète d’ouverture où les patins jouent un rôle occulte connu des seuls initiés ? Ou un peu tout ça ?

Cette HP-21 photographiée ici et acquise voilà peu peine à incarner la légende. Déjà, elle ne s’allume pas. Sans doute est-ce la faute à un branchement fatal sur secteur, bloc déposé. Ou au bloc lui même, car il présente des déformations provoquées par une chaleur anormale et la fragilité de son contact expose à ce fonctionnement découplé aux conséquences tragiques. 

Le précédent propriétaire m’avait pourtant prévenu, mais tant de calculatrices ont retrouvé la vie après apposition de mes mains magiques que j’y avais cru cette fois encore. Mais là non, cette fois c’est mort, aucun moyen de la réveiller. Chez Hewlett-Packard même les pannes, c’est du sérieux. Il serait possible de redonner vie à cette machine en y insérant une carte électronique moderne de substitution élaborée par de talentueux artisans d’aujourd’hui. Mais je n’ai pas grande motivation à déployer de tels efforts – et notamment financiers – pour une machine si peu originale, avec ses chiffres rouges bien classiques et un déficit évident de personnalité (oui c’est une Hewlett-Packard et ça se voit, et alors ?).

Une petite recherche sur le net montre combien les calculatrices Hewlett-Packard ont pu fasciner : Énormément de photos, intérieur comme extérieur, de nombreux sites, un forum d’une grande richesse où s’expriment des personnages érudits, des conseils de réparation, de bricolage, “d’overclockage”, des guides, plans, schémas … Et un marché de l’occasion toujours foisonnant, des prix de vente incompréhensibles selon moi.

Je peux comprendre la fascination historique d’une HP-35 qui fut la première calculatrice scientifique de poche, sans concurrente, sans réel modèle témoin pour comparer les résultats, ou d’une HP-65 première programmable, ou encore de la surpuissante HP-41 qui illumina la décennie 80, je ne comprends pas l’attrait des machines intermédiaires, comme cette pauvre HP-21. Membre de la famille Woodstock, c’est une toute petite machine, au design général incontestablement réussi. Quoi d’autre ?

Le clavier était dur quand je l’ai réveillé. Puis des clics sourds sont revenus. Les claviers HP ont une belle réputation. Les anciennes TI s’en sortaient pourtant bien également (SR-52, SR56, SR50 et 51), d’autres aussi sans forcément cultiver l’art du clic. Les claviers Hewlett-Packard ont une bonne longévité mais le toucher “maison” peut ne pas faire l’unanimité, notamment auprès des utilisateurs aux doigts de pianistes rapides et frappeurs.

Je continue de creuser l’origine de la noblesse des anciennes calculatrices Hewlett-Packard. La notation polonaise (RPN) confère assurément une vraie personnalité. Mais au delà, je comprends qu’il est aussi question de supériorité. Les Hewlett-Packard aiment déclasser les autres, les provoquer en duel de frappes de touches. Témoin, cette gigantesque formule(*) qui ornait les manuels de quelques vieilles HP. La formule concerne le calcul du nombre de Mach et peut être traitée d’un seul tenant (c’est du moins le pari) par le mode polonais, sans recours aux mémoires ou aux parenthèses d’ailleurs non disponibles en RPN. Les machines concurrentes au mode algébrique (de marque Texas Instruments pour ne pas la nommer) n’auraient pas la bouche assez grande pour avaler d’un coup un tel bloc et imposeraient une bête décomposition de la formule. Le RPN est sans doute efficace sur ce point mais pourquoi en faire un critère prépondérant ? Combien d’entre nous sommes assez damnés pour devoir entrer sans erreur, oubli et d’un seul tenant de telles formules où s’agglutinent tant de barres de fractions et d’exposants ? Je note que la formule de Mach est gobée sans difficulté par toute calculatrice graphique depuis 1985, sans que quiconque ait songé à en tirer gloriole.

Quant à la réputation générale de longévité ou solidité des vieilles HP, à l’aune de ce qu’on peut voir aujourd’hui où des marques de jadis ô combien viles ont fait mieux ou aussi bien, elle m’apparaît bien surévaluée.

Voilà pour les éléments qui me semblent factuels, mais la subjectivité est de rigueur face à ces objets chéris des collectionneurs. Et si le prestige venait des élites ciblées ? Machines à notation polonaise inaccessibles à la main non éduquée et au portefeuille trop léger, Hewlett-Packard montre à qui lui accorde un regard qu’elle se réserve à d’autres, aux champions, à ceux censés la mériter. Un peu comme chez Rolls Royce où selon la légende les vendeurs répondaient aux clients soucieux du prix : “si vous le demandez, c’est que vous ne pouvez pas vous la payer”. Pour Hewlett-Packard le slogan serait “si vous ne parvenez pas à vous en servir, c’est que vous n’êtes pas né pour cette machine d’exception”. Si le quidam ne convoite guère les Rolls, il rêvera néanmoins devant les vitrines de ces calculatrices mystérieuses, intimidantes, qu’il finira par acheter, aujourd’hui encore sur un florissant marché de l’occasion, toujours à des prix d’élite.

Lenteur, précision moyenne, fonctions banales, fragilité, je ne suis décidément pas fan de la marque Hewlett-Packard et ses modèles. Je note tout de même une qualité de fabrication indéfectible chez les modèles Voyager, les seuls de mon point de vue qui méritent d’être payés un peu cher en occasion en raison de l’utilisation toujours pointue qui peut en être faite de nos jours, encore que mémoire disponible et vitesse de calcul reviennent d’un temps révolu.

Dans cette présentation, je suis conscient d’égratigner l’aura de machines anciennes qui bénéficient habituellement d’une belle unanimité. Cette HP-21 triste et fragile m’a décidé à me faire l’avocat du diable. Que mes arguments soient pertinents ou réfutables, l’important est  sans doute l’expression d’une voix différente pour une fois, la mienne, voix qui n’exprime que mon avis et rien d’autre.

 

(*) Le calcul du nombre de Mach, illustré par une formule intimidante qui orne en couverture plusieurs manuels Hewlett-Packard de cette époque, où les virgules se confondent avec les séparateurs de milliers et les signes de multiplications semblent jouer à cache-cache …

L’image colorée ci-dessous est une tentative de rendre la formule plus lisible et moins répulsive. Le résultat à trouver serait 0,835724535179 … Pas évident du premier coup, que ce soit avec une HP ou une TI

KINGS POINT Scientific-33

Voilà une très belle machine peu connue du constructeur Kings Point. Machine de grande dimensions, celles de la scientifique SC60.

La Scientific-33 illustre un trait commun aux calculatrices les plus anciennes, l’oubli. Nombre de modèles ne sont plus référencés aujourd’hui car leur souvenir n’a pas résisté au temps. Peut-être furent-elles peu diffusées, qu’elles rencontrèrent peu d’acheteurs, peut-être étaient-elles fragiles, ou réservées à de rares contrées du globe …

On trouve quelques traces de la 33 sur le net, mais bien peu de photographies. La voici donc.

L’aspect est original mais on ne saurait dire pourquoi au premier coup d’œil. Le modèle est-il scientifique ? Oui car on voit des touches de logarithmes, d’élévation à la puissance, celle d’exposant de dix. Mais les fonctions trigonométriques, pourtant jamais éloignées des logarithmes sont absentes du clavier de cette calculatrice scientifique.

Je connais une machine qui partagerait parfaitement ces caractéristiques : Il s’agit de la Texas instruments SR-16. On trouve d’ailleurs dans l’une et l’autre la puce TMS1001. Si on retrouve bien dans la 33 le ∑+ de la SR-16, en revanche deux fonctions sont absentes du clavier de cette dernière, les A-CLR et D-RCL. A-CLR est un effacement total, mémoire comprise. D-RCL ravive un affichage mis temporairement en sommeil pour économiser les batteries rechargeables internes.

La proximité des deux machines me permet, outre de pouvoir dater la Kings Point 33 de l’année 1974, de pallier aussi un inconvénient sérieux : la 33 ne s’allume pas. De nombreux ponts entre la carte électronique et l’afficheur se sont rompus avec le temps. Un précédent propriétaire a consciencieusement ressoudé trois d’entre eux mais d’autres sont désormais endommagés. La machine reste réparable, peut-être un jour où j’en trouverai le temps. En attendant ma TI-SR16, au fonctionnement intact, m’apprend tout ce que ma 33 ne peut plus me dire. Et le condensé de manuel imprimé au dos aide aussi !

L’inscription en façade Scientific-33 est typique du constructeur, comme on peut le voir sur une autre Kings Point, la petite Scientific-10.

 

Ci-dessous la puce de la Kings Point-33, d’origine Texas Instruments

INTERTON PC 4030

Petite calculatrice scientifique typique de 1976.

Les machines de ce constructeur ont souvent cette ligne compacte qui s’affine en allant vers le bas.

Les touches de la 4030 ont des légendes splendides et parfois inhabituelles. Qui devinerait la signification de 5ʃ8 ? ou du symbole de la  touche en dessous du F, qui pour un peu nous renverrait à l’univers d’ARISTO. Il s’agit en l’occurrence de la spécification du mode angulaire Degrés. Quant à 5ʃ8 il permet d’escamoter l’exposant de dix pour prolonger les 5 digits d’une mantisse vers les 8 digits que peut offrir l’affichage, fonction habituellement nommée CN (pour Change Notation).

Le relatif exotisme du clavier peut s’expliquer par l’origine allemande de la construction, ce que nous apprend le site Vintage Calculator Museum (*). Les productions allemandes – c’est très visible dans les anciens catalogues de vente par correspondance allemands – indiquent volontiers 0 – 1 sur les interrupteurs au lieu de ON – OFF . C’est le cas ici.

Cette INTERTON, modèle scientifique et haut de la gamme est pleine de santé, son affichage est lumineux et vif. Avec 25 touches, le “F” est beaucoup sollicité. Le clavier est cependant devenu hésitant avec le temps. Au bout de quarante ans quoi de plus normal. Et pourtant sa jumelle BROTHER 967, parfaite contemporaine dotée d’une électronique identique ne connait pas cette faiblesse.

(*) http://www.vintagecalculators.com/html/calculator_photo_library_i.html

 

CASIO PB-700

Le PB-700 de CASIO fait partie de la première famille d’ordinateurs de poche, apparus au début de la décennie 80.

Un bref retour en arrière pour situer le contexte : Deux ans auparavant, SHARP crée le PC-1211, machine capable de calcul scientifique, programmable en langage basic. Disposant d’un clavier “QWERTY“, il revendique en façade son statut d’ordinateur sous la formule “Pocket Computer” qui ornera tous les modèles de SHARP à venir.

Le PC-1211 est un pavé dans la marre des calculatrices, personne ne l’a vu venir. Les constructeurs concurrents, au pied du mur, préparent la riposte. Il leur faut avant tout cerner ce qu’est cette machine, ainsi que sa portée : Le PC-1211 est-il encore une calculatrice, une parmi d’autres, à moins qu’il ait vocation à toutes les remplacer, les abolir ? Est-il le visage portable d’une informatique flamboyante qui progresse à grands pas ?

L’offre concurrente se voit forcée d’évoluer de toutes parts, adieu les TI-59, les CASIO FX-502P, les HP-41 (*), bonjour à une machine que l’on doit programmer, interroger, qui, au delà de donner les résultat de calculs, aura l’ambition plus haute et plus générale à la fois de produire un travail en pilotant des périphériques d’impression, de sauvegarde, toutes choses que savaient pourtant faire les calculatrices programmables, mais en plus racé, plus moderne et avec enfin de la mémoire, denrée si comptée jusqu’à présent.

Parmi les premiers constructeurs à réagir, Panasonic avec son HHC plus gros et plus lourd, mais surtout CASIO, dont peu auraient parié à l’époque sur sa capacité à relever un tel défi. Voilà donc que sort fin 81 le CASIO FX-702P. Hormis sa présentation horizontale, il ne ressemble pas beaucoup au 1211. Il est programmable en Basic, dans une version “maison” assez peu universelle – c’est un comble pour ce langage – et arbore un écran tout en longueur, le 1211 ayant fixé la norme. Mais le clavier n’est pas “informatique”, les touches sont rangées dans l’ordre alphabétique et pas du tout dans un “QWERTY” de bon aloi.

Énormément de fonctions de calcul sont disponibles, ce sera le seul Pocket Computer de CASIO à se prétendre une “Programmable Calculator“. Ainsi, pour CASIO, en cette époque frémissante où la page est encore grandement blanche (**), un ordinateur de poche est bien avant tout une calculatrice. Pour combien de temps ? L’intuition est-elle la bonne ?

Arrive 1982 et le fer de lance SHARP, le fameux PC-1500. C’est contre cette machine redoutable que CASIO va diriger son PB-700 dès l’année suivante.

Et un contraste : Contrairement au FX-702P à l’orientation encore hésitante de calculatrice programmable, le 700 est, de toutes ces machines, celui qui aura de mon point de vue le plus fort caractère d’ordinateur : Pas de mode dédié à la programmation, toute entrée chiffrée comptée comme ligne de programme, faible commodité en calcul direct en raison d’une différenciation forte entre ENTER et RETOUR FLÈCHE du clavier alphabétique, SHIFT qui fonctionne comme la touche Majuscule des ordinateurs, devant être maintenu pendant l’opération, geste inconnu dans le monde des calculatrices. Et une pléthore de périphériques optionnels. Le nom “PB-700” ne montre plus le FX des calculatrices et du 702. PB (***) sera la signature des machines CASIO les moins orientées en calcul direct.

D’autres machines verront le jour au cours des années qui arrivent. Relativement peu de constructeurs participeront à cette course. Texas-Instrument et Hewlett-Packard seront peu prolifiques, avec des modèles cependant remarquables. Tous ces ordinateurs font de l’ombre aux traditionnelles calculatrices programmables qui ne disparaissent pas, et adoptent souvent le format “paysage” en vogue. Si les Pockets Computers ne sont plus des calculatrices, ils continueront d’embarquer de solides possibilités de calcul, que celles-ci soient accessibles avec touches directes ou non.

Le chemin de l’informatique s’est rapproché de celui des calculatrices programmables au point de le croiser. Il en est surgi un concept ambitieux, étincelant, assemblage harmonieux de deux mondes, tourné vers la modernité technologique la plus frémissante. Les chemins se sont de nouveau séparés plus tard. L’informatique de poche s’est alourdie, restant portable, puis les vrais ordinateurs sont entrés dans les maisons et toujours plus dans l’entreprise, avec des logiciels, des systèmes d’exploitation, des manettes, internet …

Lorsqu’on regarde aujourd’hui ces appareils d’un autre temps, il est possible de se demander si, en dépit de leurs ambitions informatiques, ils pouvaient être autre chose finalement que de simples outils de calcul. Quand on a un écran d’une seule ligne d’une vingtaine de caractères, parfois deux lignes voire quatre maximum, que les piles légères n’autorisent guère de vitesses de travail élevées, quel autre usage peut-il advenir que celui d’une calculatrice. Calculatrice incontestablement d’un autre type. Là ou la calculette scientifique semble constituée d’autant de micro cerveaux que de touches, l’ordinateur n’en aurait qu’un seul, maître à bord, gérant tout, interlocuteur obligatoire de l’utilisateur qui s’adresse à lui au moyen d’un langage et non plus en mode pousse-bouton.

Concernant le PB-700, les prospectus de l’époque le représenteront souvent enchâssé dans la splendide unité d’impression FA-10 ou FA-11 avec sauvegarde à cassettes. Ces mêmes prospectus mettront l’accent sur ses belles qualités d’impression, son grand écran autorisant d’impressionnantes prouesses graphiques.

Le lecteur souhaitant en connaître plus sur ce formidable appareil que fut le CASIO PB-700 (et sa variante PB-770) trouvera matière à satisfaire sa soif de connaissance en visitant ces sites bien complets, celui de Silicium.org, et celui de Ledudu.

 

http://silicium.org/site/index.php/24-catalogue/ordinateurs-de-poche/55-casio-pb-700

https://casio.ledudu.com/pockets.asp?type=24

 

(*) La HP-41 connaîtra une belle et longue carrière et ne sera pas gênée par l’arrivée des Pockets Computers. HP saura pourtant être à la page avec ses fabuleux HP-75 et 71.

(**) Quand sortira le premier numéro du magazine “L’Ordinateur de Poche” (1er semestre 81), l’éditorial lancera un concours demandant aux lecteurs d’inventer un nom pour ces nouvelles machines. A l’issue de cette étonnante consultation, le néologisme “Micropoche” sera retenu, quasiment à égalité avec “Poquette“. Il est vrai que dans ce tout premier numéro, les appareils étaient désignés sous le terme “muet” xxxpoche !

(***) Qui connait la signification de “PB” ? Pas moi en tous cas. Peut-être “Personnal Basic“, ou “Pocket Basic” ou autre chose que Basic, le PB-2000C ne connaissant pas ce langage en natif. PB répond-il au PC de SHARP, sans signification particulière, cela m’étonnerait beaucoup cependant. Peut-être Personnal Base …

 

OLYMPIA LC-391

Une sublime calculatrice “dix chiffres” de 1978.

Fabriquées le plus souvent à Taiwan, vendues à prix doux, ces machines donnaient un formidable coup de jeune à l’offre du moment.

Dotées d’un afficheur LCD généreux à faible consommation au lieu des tremblotants chiffres verts ou rouges gloutons en énergie, un design léger, extra-plat et non plus épaissi par les lourdes batteries, une cohorte de  témoins d’information, on comprend le succès de ces machines vraiment de poche.

L’Olympia LC-391 en est l’archétype.

Vendue 169 Francs dans le catalogue des “3 Suisses” de cette époque et sous la marque Technico, cette fine machine offrait des fonctions pointues.

Outre les logarithmes et fonctions trigonométriques, citons les hyperboliques, les statistiques complètes, les calculs de combinaisons et permutations, les probabilités sous la courbe de Gauss, les factorielles, les conversions angulaires, les conversions polaires-rectangulaires … Plus inattendu, il est possible d’isoler les parties entière et fractionnaire d’un nombre, fonctionnalité plus commune sur les machines programmables.

Pas moins de quatre touches d’appel de fonctions secondes étaient nécessaires pour donner l’accès à la panoplie complète des fonctions : “INV“, “F” pour les fonctions repérées en rouge sur le clavier, “∑out” pour celles en vert (statistiques), et “HYP” pour la trigonométrie hyperbolique.

Quelques mois plus tard, de nouveaux modèles apporteront l’extinction automatique, la mémoire permanente, les statistiques à deux variables.

Malgré sa large diffusion à la fin des années 70, l’Olympia LC-391 est très discrète de nos jours. C’est pour moi une grande satisfaction d’avoir pu dénicher ce modèle en 2020.

Ci-dessous la page du vieux catalogue 3 Suisses, avec la Technico au milieu.

Ci-dessous deux sœurs Olympia, séparées par quelques courtes années. Les caractéristiques sont absolument identiques. L’afficheur est simplement devenu gris et ses segments et témoins montrent un dessin très légèrement différent, comme le “o” de ∑out s’affichant ∑Out.

SANTRON 300SR

Encore une belle machine de l’époque 1975/1976. La SANTRON 300SR a un aspect plutôt anonyme. Elle ne semble ni connue ni recherchée. Un modèle à oublier ?

Non bien sûr ! Que nous montre-t-elle de prime abord ? Une silhouette biseautée qui fait penser à Hewlett-Packard, un calage d’affichage à gauche, des chiffres rouges constitués de micro-segments, voilà qui évoquerait bien l’univers de Novus.

Pratiquons quelques tests de calculs poussés pour tenter de déceler la signature de l’électronique. Voilà le verdict qui tombe, nous avons affaire à un processeur de marque Rockwell, le même qui anime la Rockwel Anita 1041 (*), la Sanyo CZ-2172, et l’Olympia CD603. Du très beau monde.

La SANTRON 300SR est une calculatrice simple mais empreinte d’une classe discrète. La courroie, le galbe concave travaillé de la façade en témoignent.

Sur le plan du calcul, dix chiffres plus deux d’exposant (pas de chiffres de garde) pour des calculs scientifiques classiques. La précision est très correcte, la vitesse de calcul dans la fourchette haute. Le clavier, sans déclic, est parfait. Enfin trois piles AA alimentent l’afficheur à diodes.

Une originalité : en cas d’erreur, quatre segments s’allument tout à gauche pour dessiner le “O” de Overflow, (= dépassement de capacité).

 

 

(*) Une excellent page qui montre l’Anita.

http://anita-calculators.info/html/anita_1041.html

PRIVILEG PR56D-NC

La Privileg PR56D-NC est la jumelle technique de la SANTRON 626, présentée dans cet autre article. Elle en partage le processeur mais pas la présentation ni l’agencement des touches sur le clavier.

La PR56 est bien connue, plutôt recherchée en occasion, et même parfois payée un peu cher en raison de ses capacités de programmation, pas encore si fréquentes en 1976.

Lors de la prise en mains, le comportement rappelle la Commodore PR-100, autre programmable du moment. Ainsi à l’allumage l’affichage de la PR56 est réglé sur deux décimales par défaut, comme sur la Commodore. Les digits 6 et 9 se voient privés d’un segment, les mémoires disposent d’une arithmétique complète, jusqu’au protocole de programmation qui est le même, tout comme la taille de la mémoire programme … Les processeurs des deux machines sont en effet proches mais pas identiques, la Commodore disposant tout de même de beaucoup plus de fonctions.

A contrario, la PRIVILEG est plus efficace en programmation. Quand la Commodore réclame un pas de mémoire par appui de touche – et beaucoup de fonctions réclament deux voire trois appuis – la PRIVILEG propose un code combiné pour toutes les fonctions secondes. Par exemple, pour élever un nombre au carré, on aura besoin de taper deux touches, celle nommée ARC qui donne accès aux fonctions secondes, et celle de l’élévation au carré. Pourtant, quand on relit le programme tapé, on voit qu’un code spécifique unique a été utilisé, en l’occurrence “18”. La Commodore PR-100 ne se serait pas privée de facturer deux pas pour cette simple opération.

Par voie de conséquence il est logique de penser que la limite des 72 pas disponibles tolérera certains programmes de la PRIVILEG qu’elle refusera à la Commodore.

Avantage à relativiser cependant car la PR56 offre finalement peu de fonctions secondes. Par ailleurs les actions en mémoire (stockage ou rappel) n’ont pas bénéficié du code combiné, c’est dommage car elles sont beaucoup utilisées en programmation.

Signalons au passage une petite bizarrerie. En utilisation manuelle, l’appui sur ARC est toujours accompagné par l’activation d’un point sur l’afficheur, qui témoigne de la prise en compte de la demande. Lors de l’exécution d’un programme, le déroulement rapide de celui-ci montrera l’allumage du point chaque fois que la machine exécutera un code pourtant combiné.

La PR56 a une histoire. Elle descend d’un ancêtre, le modèle Netronics N3000X, proposé par un magazine d’électronique de mai 1976 (*) sous la forme d’un simple kit à assembler par les lecteurs. L’illustration figurant à l’intérieur du magazine montre une calculatrice scientifique programmable à la physionomie spécifique. Parions qu’il doit être très difficile de rencontrer ce modèle de nos jours.

Par la suite PRIVILEG – marque du vendeur par correspondance allemand Quelle – distribuera la PR56D-NC non pas en kit cette fois mais bien construite sur cette base. SANTRON et SANYO feront de même avec respectivement la 626 et la rarissime CZ-911PG. Une NETRONICS sera aussi visible, identique en tous points à la PR56D-NC.

La PR56D est une machine agréable à utiliser, y compris en programmation. La qualité du clavier permettant une bonne frappe, l’éditeur de programme en font un outil confortable. Bien sûr la limite de 72 pas n’est jamais loin, et l’unique test, peu pratique, n’arrange pas les choses, mais comparé à d’autres machines de cette époque, comme la PRINZTRONIC  Program par exemple, la PRIVILEG se programme volontiers.

Pour présenter mon modèle, j’ai dû me résoudre à retoucher la photo, procédé auquel j’ai peu recours habituellement. Ma PR56D est en effet zébrée de rayures, accentuées par la prise de vue (on voit les rayures sur la photo de côté ci-dessous). Comme je ne dispose que d’outils basiques (MS PAINT !), on devine sans peine que mon modèle est loin d’être neuf. Il a bien servi, ce qui ne m’étonne pas, et peut d’ailleurs poursuivre sa vie, son fonctionnement étant demeuré intact.

Voici une excellente page qui relate (en italien) l’aventure de la genèse de cette belle machine :

http://claudiolarini.altervista.org/netronics.htm

 

Texas Instruments Compact Computer 40

Le Compact Computer 40 de Texas Instruments a un statut particulier. Son positionnement semble mal défini dans le paysage de l’époque et reflète les hésitations qui ont entouré sa genèse. Il ne doit pas être vu isolément mais au sein de la fratrie TI-99, CC40 et TI-74.

Qu’est exactement le TI-CC40 ? S’agit-il d’un ordinateur de poche ? D’un ordinateur tout court ? D’un ordinateur portable ? Ces appellations ont-elles un sens précis en ce mois de mars 1983, date de lancement du CC40, quand les ordinateurs de poche SHARP et CASIO ont déjà commencé à proliférer ?

Le CC40 illustre un choc d’enjeux stratégiques qui réclament des choix rapides et inspirés en cette période de bouleversements technologiques. Alors que SHARP assume pleinement l’avènement de l’informatique de poche, et que CASIO lui emboîte le pas sans attendre, Texas Instruments hésite.

Le constructeur court en fait après trois lièvres à la fois : Il prépare la relève de son ancienne gamme de calculatrices programmables avec une prometteuse et somme toute traditionnelle TI-88, il croit plus que jamais en l’ordinateur familial avec son TI-99 apparu dès 1980, et regarde aussi du côté d’un format léger qui collerait bien à l’air du temps.

Le CC40 constitue assurément une réponse dans cette direction. On retrouve bien un boîtier autonome de format horizontal, un clavier alphabétique avec pavé numérique, l’écran ici mono-ligne, de solides capacités de calcul et bien sûr le langage Basic véritable dénominateur commun de toutes ces machines du moment.

Mais les dimensions et le poids s’écartent de la norme. Par ailleurs, on ne trouve pas de sélecteur de mode de programmation sur le CC40. Le mode est implicite et considère toute entrée chiffrée suivie d’un espace en tant que ligne de programme. Cela nous renverrait-il définitivement vers de plus gros ordinateurs ? Pas forcément, la chose n’étant pas rare chez les Pocket Basic : Les CASIO PB-700 puis plus tard FX-850P ont cette caractéristique, ainsi que le certes plus imposant CANON X-07.

La norme justement, d’où vient-elle, qui l’a fixée ? est-elle immuable ? Amusons nous à décortiquer l’expression “ordinateur de poche“, tombée dans le langage courant dès l’apparition de ces premiers appareils légers programmables en basic, à commencer par le fameux SHARP PC-1211.

SHARP prit coutume de désigner ses machines sous l’appellation “Pocket Computer“, littéralement “ordinateur de poche”. Ce terme fut aussi le titre du mythique magazine français qui leur fut dédié, le bien nommé L’Ordinateur de Poche.

Bref, nous voici dès lors à apprécier le format des machines à l’aune de la poche d’un vêtement, avec parfois des débats aimables et désespérés visant à définir le statut d’un lourd et épais PC-1500 : tient-il vraiment dans une poche ? A-t-il le droit de dépasser un peu ? faut-il distinguer la poche revolver du pantalon taille 38 de la poche intérieure du veston d’un Harlem Globe Trotter ? Epoque épique …

Tiens au fait, combien CASIO produisit-il d’ordinateurs de poche ? Au sens strict, aucun ! Ses appareils arborent en façade “Personal Computer” et jamais “Pocket”.

De son côté CANON inscrit “Hand Held” sur son (assez gros) X-07, tout comme PANASONIC pour ses plus légers RLH 1000 et 1400 ou TOSHIBA pour son IHC 8000 pas plus gros finalement qu’un SHARP PC-1500. Plus tard, Texas-Instruments fera de même et rangera son TI-74 parmi les Hand-Held Computer, soit un ordinateur pouvant être tenu dans la main.

Il n’en reste pas moins que les dimensions du CC40 sont inhabituelles. Il dépasse en longueur le CANON X-07 et pèse ses 640 grammes sur la balance. Serait-il le plus gros des Pocket, à moins qu’il soit le plus petit de portables ? Dans cette dernière famille les machines n’ont aucun complexe avec l’embonpoint, notamment l’épaisseur, à l’instar d’un TANDY Modele 100 ou AMSTRAD NC 100.

Le CC40 cultive l’ambiguïté et se veut un “Compact Computer“. Trouvons-nous là l’officialisation d’une catégorie jusqu’ici implicite, celle des grands Pocket ? On y rangerait volontiers outre le CC40, le CANON X-07, le “paquebot” HP-75C, et d’autres bêtes des âges farouches.

Cela ne rend pas pour autant le CC40 plus facile à classer, car à bien y regarder ses grandes dimensions ne s’expliquent pas bien : Peu de touches, écran généreux mais mono-ligne, pas de ports de connexion à foison. Le grand clavier est bien confortable mais n’explique pas la cote de hauteur.

Et pourtant un confort, une simplicité d’utilisation, une philosophie qui trahissent l’intention de Texas Instruments : Oui le CC40 est indéniablement un Pocket Computer.  Mais alors pourquoi cette rangée de touches numériques au sommet du clavier alphabétique, quand le pavé numérique remplit déjà cette fonction ? Un regard en coin vers l’informatique de table ?

Machine magnifique, à la présentation soignée et aux fonctionnalités de premier ordre, le CC40 va pâtir des hésitations de son constructeur qui renoncera à fiabiliser le périphérique de sauvegarde pourtant indispensable à toute machine puissante.

Voilà donc un CC40 vendu dans une très belle boîte sur laquelle un gros autocollant prévient l’acheteur que le périphérique de sauvegarde n’est pas disponible. Il est pourtant en photo au dos de la boîte, parmi une pléthore de périphériques optionnels. Quel dommage.

Si la calculatrice TI-88 est finalement abandonnée peu avant sa commercialisation, le CC40 fera mieux et sera en vitrine, mais juste quelques mois. Une carrière confidentielle et bien trop courte. Le constructeur réfléchira un temps à une solution incluant un port pour magnétophone à cassettes mais le CC40-PLUS restera à jamais à l’état de prototype.

Le troisième lièvre poursuivi par Texas Instrument, celui de l’informatique personnelle incarnée par le puissant TI-99A, aura lui aussi raison du géant de l’électronique, qui a mal géré son rendez-vous en une période si importante.

Le CC40 dont le langage Basic est fortement inspiré du TI-99, reviendra plus tard, en 1986 sous la forme du TI-74 Basicalc. Machines proches en interne, on retrouve sous un format plus compact l’excellent langage Basic, la capacité de calcul sur les grands nombres bornée à <1E128 et aussi la contraignante volatilité du contenu des variables à l’extinction. Le TI-74 est cependant une machine différente du CC40, avec sa propre personnalité.

En conclusion, le lecteur attentif aura remarqué le grand nombre de points d’interrogation qui parsèment cette présentation. Le Compact Computer 40 est décidément hors norme, il suscite le questionnement et ne livre pas tous ses secrets …

 

Pour aller plus loin, le site de Silicium :

http://www.silicium.org/site/index.php/24-catalogue/ordinateurs-de-poche/63-texas-instruments-cc-40

 

 

CASIO FX-105

Cette calculatrice a l’apparence typique d’une CASIO de la fin des années 70.

L’apparence seulement, car la FX-105 recèle quelques caractéristiques plutôt exotiques.

Son boîtier en plastique est partagé par des machines très voisines entre elles: FX-29, FX-39, FX-110, FX-120.

Les bizarreries de la 105 sont ailleurs …

L’examen du clavier montre déjà que nous ne sommes plus tout-à-fait sur la planète CASIO. Bien entendu, on y voit une signature familière: l’agencement des quatre touches d’opérateurs en carré et non en ligne.

Mais où sont les deux touches aussi voisines qu’incontournables C et AC qui les surplombent traditionnellement ? On ne voit qu’un petit C, perdu parmi les petites touches grises. A sa gauche, les fonctions MR et MC sont combinées en une touche unique MRC, symbole pas facile à trouver chez CASIO. Et en dessous, deux grosses touches de parenthèses, ça aussi c’est unique.

Voyons maintenant le comportement de la calculatrice. On actionne l’interrupteur latéral, et c’est tout à gauche que le zéro s’allume. Cela se rencontre ailleurs, mais point chez CASIO. On tape un nombre de plus de huit chiffres et voilà un exposant de dix qui gonfle tout seul, là aussi, comportement non typique de CASIO.

Sortons la loupe. Le test Forensics renvoie 9.2079408, une valeur non référencée sur la table de M. Sebastian (*). Machine ouverte en deux, l’électronique se révèle animée par une puce de marque NEC, c’est courant sur les anciennes CASIO, mais pas la référence µPD576C

Que retirer de ce constat ? Que les CASIO qui se ressemblent ne sont pas forcément aussi semblables qu’imaginé ? et qu’elles sont chacune dotées d’une personnalité propre ?

C’est sans doute vrai mais en la matière la FX-105 est une championne !

 

(*) http://www.rskey.org/~mwsebastian/miscprj/forensics.htm

 

 

 

ARISTO M 800

Le constructeur allemand ARISTO a longtemps produit des règles à calcul avant de se lancer dans la fabrication de calculatrices vers 1975. Ses machines présentaient toutes un solide air de famille. A la fin des années 70, ARISTO adopta le concept extra-plat que permettaient les modernes cristaux liquides.

Comme pour tant d’autres constructeurs, c’est une solution à base de processeur Nec D1856G qui fut adoptée pour le modèle scientifique à dix chiffres.

Techniquement identique à nombre de modèles concurrents, et en particulier à la PANASONIC JE1432U avec laquelle la M800 partage le témoin de statistiques spécifique – un symbole “S” à l’écran et non le SIGMA beaucoup plus répandu, la M800 est une ARISTO bien reconnaissable à ses couleurs vives.

Si le comportement de toutes les calculatrices à processeur Nec D1856G est rigoureusement identique, et c’est bien aussi le cas pour la M800, celle-ci présente l’originalité d’être équipée d’une variante du processeur, nommé D1855G.

Se pourrait-il que l’ARISTO M800 soit la plus ancienne de toutes ces machines, la première ? Elle est en tous cas antérieure à 1980, l’entreprise ayant été dissoute en 1979.

Ci-dessous l’image des processeurs, à gauche le 1855 de l’ARISTO, à droite le beaucoup plus connu 1856 de la PANASONIC.

CASIO FX-15

Modèle emblématique des années 70, la CASIO FX-15 est une présentation alternative et plus métallique de la CASIO FX-17.

Il ne semble pas y avoir de différence du côté technique : fonctions identiques, exposant limité à 39, un zéro en demi hauteur.

La FX-15 est une fausse “petite”, ses dimensions, son poids sont à quelques millimètres et grammes près ceux de la FX-17.

 

CANON F-62

 

La Palmtronic F-62 n’est certes pas la plus connue des calculatrices Canon.

Quels mystères peut receler ce modèle rare ? Bien peu je le crains. Il s’agit d’une scientifique 10 chiffres produite en fin des années 70. Elles est donc, comme beaucoup d’autres, mue par le processeur Nec D1856G, comme cela semble avoir été la règle à cette époque. Et par conséquent, il s’agit d’un “clone” technique de plus de ma toute première machine scientifique achetée à La Redoute en 1980.

Il exista quelques modèles scientifiques à 10 chiffres développés sur la base d’autres processeurs que le 1856.

Casio saura le faire, avec la FX-3100 par exemple. Canon aussi avec les F-63 et F-72. Mais ce constructeur prolifique se paiera le luxe de proposer en plus deux modèles à cœur NEC D1856G : la F-64 et cette F-62. Un autre géant, PANASONIC avait lui aussi proposé deux “Nec machines“, les JE-1432U et 1433.

Canon sut toutefois se démarquer. Les dispositifs d’alimentation sont originaux : La F-64 renonce au format extra-plat et reçoit deux piles AA, tandis que la F-62 fonctionne bien avec des piles plates, mais d’un type étrange et peu répandu : deux imposantes CR2430.  Pourquoi ces deux cœurs énormes dans une si petite calculatrice (11.5 cm de haut pour 7 de large), je ne connais pas la réponse.

Si l’écran de la F-62 est bien celui d’une “Nec-Machine” à processeur 1856G, la présentation est typique de Canon, notamment le clavier et ses couleurs et légendes immuables, comme RV quand les autres gravent X<>Y ou EX, les “CI“, “SM“, et toujours un “a” élevé à la puissance “x” et jamais le “y” de tant d’autres …

 

 

Texas Instruments TI SR-51

La Ti-SR51 est membre d’une très ancienne famille de calculatrices Texas-Instruments.

En 1978, je ne connaissais que deux modèles de calculatrices de cette marque : la Ti-57, qu’on voyait partout dans les grands magasins, les librairies, et jusque dans les boutiques de photographes, et la Ti-30 qu’un camarade avait apportée un jour au lycée.

Quelques années plus tard, en 1981, j’achetai enfin ma Ti-57. A cette époque, les TI-58 et 59 étaient devenues davantage visibles dans les vitrines de ma petite ville. Une TI-57 en main, une TI-58C dans mes rêves, voilà que je découvre les premiers numéros du magazine l’Ordinateur de Poche. Des choses se passent à cette période. Des modèles importants voient le jour, comme la novatrice HP-41, l’ultra moderne SHARP PC-1211, la CASIO FX-502P qui annonce la future 602P.

Dans ce contexte, les modèles Texas-Instruments, quoique puissants dans l’absolu, accusent le poids des ans : pas de possibilités alphanumériques, une mémoire volatile, un afficheur sans le moindre indicateur, un protocole de programmation désuet … Texas-Instruments prépare pourtant son entrée dans cette décennie prodigieuse, avec un modèle collant bien à l’air du temps : la TI-88. Le constructeur renoncera malheureusement in extremis à son lancement, laissant à la vieille gamme la charge difficile de concurrencer les modèles phares qui déferlent.

Pendant longtemps, je n’ai pas imaginé une seule seconde qu’une gamme plus archaïque encore ait pu exister et prospérer. Ce fut pourtant le cas. Dès 1974, une famille homogène et performante se constituait au sein du catalogue Texas-Instruments. Avec d’abord la scientifique SR-50 de 1974, puis la plus étoffée SR-51 de 1975, l’écrasante programmable à cartes magnétiques SR-52, enfin la petite SR-56 programmable et ancêtre de la Ti-57. Les magnifiques 50 et 51 connurent les déclinaisons 50A et 51A, fonctionnellement identiques mais de présentation plus classique.

Point commun paradoxal des modèles de cette gamme antédiluvienne : une belle qualité de fabrication et des claviers qui ne connaîtront pas les faiblesses des modèles à venir. Celui de la SR-51, modèle présenté ici, possède un toucher excellent, n’ayant rien à envier de mon point de vue à celui des Hewlett-Packard, réputées sur ce point.

La Ti SR-51 est un objet magnifique, d’aspect luxueux. Lancée en janvier 1975, non programmable, elle prolonge les fonctionnalités de la SR-50 dans la direction des statistiques et des probabilités, fonctions qu’on peut qualifier de poussées pour l’époque, et introduit pour la première fois dans une de ses machines le calcul de régression linéaire.

L’afficheur déploie dix chiffres auxquels s’ajoute l’exposant de 10 le cas échéant, c’est généreux. La vitesse de calcul est agréable, les valeurs des logarithmes s’affichant quasi instantanément, les calculs trigonométriques, presque aussi vite ! Le poids, 250 g en ordre de marche, renforce le sentiment global de qualité. Enfin la housse de protection est épaisse et de fabrication flatteuse.

Trois mémoires sont disponibles, en principe accessibles par les adresses 1, 2, 3. Mais ces mémoires sont manifestement redondantes avec les autres touches numériques, donnant à tort l’illusion que dix mémoires sont disponibles en tout.

En plus des fonctions présentes sur le clavier, la SR-51 exécute vingt conversions d’unités au moyen de la touche 2nd suivie d’un code de deux chiffres, à repérer sur une table imprimée au dos de la machine.

 

 

Texas-instruments TI-81

J’ai longtemps éprouvé du désintérêt pour les premières calculatrices graphiques de Texas-Instruments à qui je reprochais d’être arrivé bien tard sur une voie ouverte par Casio cinq ans auparavant.

Puis j’ai tenu en main récemment la toute première Ti-81 de 1990 et fus surpris de constater une maturité insoupçonnée.

Lancée à la même époque que la FX-7700G, le nouveau fer de lance de Casio, je n’ai pu que m’étonner de la convergence des idées sur le concept d’une calculatrice graphique de seconde génération.

Retour sur la première génération : Casio présente en 1985 la première calculatrice graphique, la mondialement célèbre FX-7000G, bientôt déclinée au sein d’une gamme de modèles plus puissants mais encore très proches.

Ces machines se définissent par : Un écran en une dalle de pixels, le tracé de courbes avec possibilité de parcourir chaque point pour en lire les coordonnées (Trace), un module Range pour définir le champ de tracé, un autre pour le grossir ou l’affiner (Factor), un processeur rapide, un langage de programmation symbolique intégrant l’aspect graphique, y compris l’allumage ponctuel de points, le tracé de lignes simples.

A l’heure d’assurer la relève après cinq ans de règne sans nuage, Casio doit désormais compter avec un concurrent. La Ti-81 de Texas-Instruments ne sera pas une simple réponse tardive à la mode graphique. Elle est mûre, prête à croiser le fer avec l’ambassadrice de la génération II de Casio.

La Ti-81 place la barre haut et présente d’une certaine façon les bases communes des futures calculatrices graphiques. La nouvelle Casio FX-7700G a le même souffle. Laquelle des deux a inspiré l’autre ? Il semble bien que la TI ait été diffusée un peu avant la Casio, ce qui n’exclut pas que les deux constructeurs et au delà – HP et Sharp seront cette fois présents – se soient attentivement observés du coin de l’œil dans leurs développements.

Qu’apporte la TI-81 dans sa vision du concept graphique ?

  • Une rangée de cinq touches de pilotage graphique surplombant le clavier. Les fonctions existaient sur la FX-7000, mais cette nouvelle disposition fera école. La Casio 7700 fait de même et apporte sa rangée de touches F1 à F6, permettant aussi la navigation au sein des menus, Casio ayant fait le choix des menus horizontaux.
  • Un pavé directionnel pleinement assumé.
  • La possibilité de différents modes de représentation graphique est introduit : courbes paramétriques pour la TI, idem pour la Casio plus un mode polaire. L’éventail des modes de représentations gonflera à l’avenir.
  • La notion de menus, avec déroulement vertical et item sélectionné d’une touche pour la TI. Casio préfère les menus horizontaux, pilotables par F1 à F6. Les menus apportent confort et puissance : moins de légendes au clavier, et plus de fonctions disponibles.
  • La variable graphique Xa désormais sa propre touche. Sur le clavier, elle partage sa légende avec son pendant paramétrique “T ” et davantage pour la 7700. Jusqu’alors, le “X ” devait être recherché parmi les caractères alphabétiques du clavier.
  • Le grand écran graphique se prête bien à la représentation des matrices. Les deux machines en permettent désormais la manipulation.
  • La notion de zoom, embryonnaire sous la 7000 (fonction Factor) est désormais aboutie, les deux machines dévoilant le module de zoom tel qu’on le connaît aujourd’hui, avec sa “box” incontournable.
  •  Un mode programmation présentant les programmes à la façon d’un répertoire vertical où il est possible de créer, modifier, supprimer les programmes. Casio, précurseur de la segmentation de la zone programme fait de même, complétant ses P0 à P9 de PA à PZ (et même un peu plus). On est dans le même esprit. La Ti-81 permet déjà de nommer alphabétiquement les programmes, ce que la 7700 ne fait pas encore.
  • Même esprit de répertoire pour les formules graphiques chez TI. La 7700 se contente à ce stade de stocker les formules pour un usage ultérieur.

Au delà de ces bases communes, les deux constructeurs resteront toujours repérables par leurs choix propres. Ainsi l’usage de menus majoritairement verticaux chez TI et horizontaux pour Casio (*). L’alimentation ensuite, aujourd’hui encore objet de choix stratégiques différents. On trouve ici des piles cylindriques AAA chez les uns – Ti-81 et ses descendantes (hors la minuscule 80) – et encore pour un moment des piles bouton CR2032 chez Casio, la 7700 se voulant encore fine et légère quand la TI assume dans son design le choix du chemin ingrat et douloureux des cartables.

Il est possible aussi de voir dans la Casio fx-7700G les prémices d’une philosophie majeure chez Casio : le panneau de menus d’accueil, autant de contextes de travail toujours plus nombreux et distincts, quand TI les présente non cloisonnés au sein du clavier.

Question programmation, on assiste avec la 81 à l’apparition du langage TI-Basic. Casio s’en tient encore au langage initial de la 7000, simple et plus limité. La 7700 est en revanche plus généreuse en mémoire programme, dépassant 4000 pas tandis que la TI plafonne à 2400.

Et si la TI-81 était une sorte de boîte de Pandore qui, une fois ouverte, force le questionnement sur la genèse de toutes ces calculatrices graphiques, leur évolution, leur statut actuel … Dans l’analyse ci-dessus, je choisis – un peu arbitrairement – d’opposer Casio et TI, faisant le pari que c’est la Ti-81 qui trace la route que vont suivre désormais les constructeurs de calculatrices graphiques. Il suffit de regarder la HP-48SX et la Sharp EL-9200, toutes deux issues des toutes premières années de la décennie 90 pour voir que les quatre constructeurs étaient, à quelques mois près, sur la même ligne de départ pour ce deuxième élan.

Je ne peux m’empêcher malgré tout de voir dans la TI-81 tout à la fois la plus ancienne de cette génération, et la plus visionnaire dans la direction qu’elle trace.

Une difficulté pour bien cerner cette période : le manque de données relatives aux dates de conception, de production, d’apparition des différents modèles dans les rayons de tel ou tel pays. Il reste forcément des zones d’obscurité.

La TI-81 représentée ici est une des toutes premières. On peut s’en convaincre à son absence de “patte” de protection sous la touche ON et aussi à son absence de pile de secours, même si son emplacement est déjà dessiné.

 

(*) Les Ti-85 et 86 auront des menus horizontaux, à plusieurs niveaux, la Casio Graph 100 les aura verticaux.

 

 

 

CANON X-07

Au petit jeu consistant à citer les marques japonaises s’écrivant en 5 lettres, dont un A, et ayant produit des ordinateurs de poche dans les années 80, il est coutume de citer SHARP, CASIO et d’en oublier un troisième (*) : CANON qui n’en produisit il est vrai qu’un seul, mais combien original.

Fin 1983, CANON entre dans l’arène et défie les SHARP PC-1500 et CASIO PB-700 avec cet objet moderne et multicolore à grand écran (4 lignes de 20 caractères), muni d’un clavier d’ordinateur et d’un pavé directionnel d’aspect indéniablement ludique. Le succès sera important et nombreux aujourd’hui sont ceux qui ne l’ont jamais oublié.

Si au fil du temps j’ai fini par me procurer un certain nombre d’ordinateurs de poche de la grande époque, je n’ai fait que croiser des années durant cet appareil sans jamais le rencontrer.

Le X-07 peut-il être assimilable d’une quelconque manière à une calculatrice ? en particulier de poche ? C’est bien entendu bien plus que cela, mais qu’en est-il concrètement sur ce point ? L’absence de pavé numérique ne plaide pas en faveur d’une pratique aisée, même si la touche NUM aide un peu, mais n’anticipons pas …

Je viens enfin de me procurer un exemplaire du X-07 et vais pouvoir me faire une idée plus précise.

De nombreuses pages de grande qualité existent sur le net sur cet appareil aux performances multiformes dont on ne peut pas faire le tour en une soirée. Je me suis intéressé ici aux possibilités de calcul, en particulier scientifiques de l’appareil.

En pratique : On commute l’interrupteur et l’écran répond, après avoir émis un bip et déroulé le message de copyright du Basic Microsoft. Le X-07 nous tend maintenant la main, c’est le moment de tenter une opération simple, ” 2 X 3 ” par exemple.

Cela commence mal, une légende d’erreur est retournée aussi sec. Pas vaincu pour autant, on cherche un symbole de racine carrée pour un autre essai, et il est introuvable.

Un peu plus tard, nous voilà maintenant convenablement documentés, c’était la moindre des choses, et nous savons que l’ordinateur X-07 doit être au préalable interrogé par le symbole “” avant tout demande de calcul manuel (le “” peut être remplacé par l’ordre PRINT).

Dans mes exemples, la syntaxe devient “2 * 3 RETURN” et “SQR(2) RETURN” (parenthèses obligatoires). Les opérateurs arithmétiques sont disponibles sur le clavier mais tantôt en saisie directe (le “– ” et le ““) tantôt en fonction seconde (“” et ““).

Ce n’est pas très encourageant tout ça. Sauf que les réponses retournées se montrent précises à 14 chiffres, et là on se dit que le X-07 est à coup sûr un as du calcul.

Comme il est doté d’un langage BASIC d’excellent niveau, on devine que les fonctions trigonométriques seront présentes. Et en effet le X-07 exécute les classiques SINUS, COSINUS, et TANGENTE. Mais uniquement dans le mode RADIANS. Quant à la fonction ARC, seul l’ARC tangente est géré. Pour changer le mode angulaire on peut passer par Pi, mais tiens, la fonction PI n’existe pas non plus sur le X-07. Et seuls les logarithmes à base e sont disponibles …

Bon, ne baissons pas les bras, on doit bien pouvoir tout calculer quand même, il va juste falloir se contorsionner un peu, et toujours jouer du SHIFT pour les parenthèses et les opérateurs, cela augure quelques menues difficultés …

Afin de tester la précision de calcul, j’ai choisi de soumettre le X-07 aux tests du cumul des sinus, et aussi au test Forensics.

Mais aïe, pour ce dernier test, en plus de devoir convertir les radians en degrés, l’ARC cosinus et l’ARC sinus sont nécessaires, pourtant tous deux absents comme remarqué plus haut. Comme je tiens à exécuter le test dans les règles de l’art il me reste à tirer la quintessence de la seule fonction ARC tangente offerte.

Après avoir bien trituré la formule classique (programme ci-dessous **), le X07 me gratifie d’un excellent résultat : 8,9999999955737.

Pour le test du cumul des sinus de 1 à 359, j’ai dû procéder en deux fois. Ce test réalisé par programme donne classiquement deux indications, celle de précision – l’écart au zéro attendu – et la vitesse de déroulement du programme effectuant 359 itérations de calcul trigonométrique.

Pour m’adapter au seul mode RADIANS disponible, chaque itération s’est vue alourdie d’une conversion en degrés, ce qui impacte forcément le temps de calcul global. Dans quelle mesure ? Pour le savoir, en plus de ce premier programme, qui a donné en l’occurrence un excellent écart à zéro de -5.096E-12 en 56 secondes, j’ai lancé une version analogue, travaillant sur une valeur d’angle arbitraire et unique, et ce sur les 359 itérations. La structure du programme est la même, le résultat ne présente pas d’intérêt, seul le temps de calcul est important. Débarrassé des conversions, le X-07 boucle cette fois en 50 secondes, ce qui n’est pas ridicule du tout (72 s. pour le SHARP PC-1500 et 56 s. pour le CASIO PB-700).

Quant aux chiffres de précision, ils ne se rencontreront sauf erreur de ma part – et hormis les modèles à double précision (***) – pas avant la décennie 90.

Le CANON X-07 est un ordinateur qui sait calculer on le voit. Mais le calcul manuel est pénible et réclame ici, plus que jamais, une parfaite symbiose entre l’objet et son utilisateur.

 

Pour aller (beaucoup) plus loin qu’ici sur le X-07:

Silicium.org

La page du Canon X-07 de Guillaume TELLO

Obsolete-tears.com

Le musée des Ordinateurs de poche

 

(*) Il y eut aussi SANYO dont le PHC-8000 semble avoir définitivement disparu des radars.

(**) Le listing de programme présenté provient d’un Casio FX-702P

(***) A noter que le X-07 connaît les simple et double précisions. C’est cette dernière qui est active par défaut et donne les 14 chiffres de capacité. A contrario, les modèles SHARP à double précision (20 chiffres pour les PC-1475, PC-1280, PC-E500) travaillent par défaut en simple précision de 10 chiffres.

SHARP PC-1475

La gamme 1400 de SHARP est associée aux ordinateurs de poche mixtes, à la fois bases de programmation en Basic et simples calculatrices scientifiques dans leur partie droite.

Introduit au cours de l’année 1987, le PC-1475 est une machine puissante. Son langage Basic l’est indéniablement, sa mémoire, extensible, est vaste et des environnements de calcul spécifiques (traitement des matrices, statistiques) en font un outil pointu en toutes circonstances.

Commuté en mode Basic, le 1475 est doté d’un atout rare : la double précision, qui lui permet d’afficher les valeurs numériques sur 20 chiffres ! (24 en interne). La double précision n’est pas activée par défaut, elle nécessite l’ordre – programmable au besoin – DEFDBL (et DEFSNG pour en sortir). Dans ce format les valeurs sont repérées par un croisillon (#) à la fin. Il est aussi possible, en mode de simple précision, d’ajouter son croisillon à une valeur pour la déclarer comme telle. C’est pratique et confortable. La partie calculatrice, toujours prête à la sollicitation, manipule tout aussi facilement ces longues valeurs. Tout comme les variables. Ex : A# = 12345678901234567890.

Calculer avec de tels nombres est impressionnant. Le temps de calcul est un peu pénalisé mais cela ne se remarque qu’en calcul programmé où le facteur temps est grosso modo doublé.

L’écran à deux lignes – non graphique – se prête parfaitement à ces affichages hors normes telle la factorielle de 21, énorme, d’un seul tenant, sans aucun recours à la notation scientifique.

La précision des calculs est logiquement de premier plan. Dans quelle mesure ? Cette question conserve-t-elle un sens à ce niveau de définition ? Elle est sans aucun doute “suffisante” comme on disait naguère chez Rolls-Royce quand le client venait à s’enquérir de la puissance du moteur.

Dernier détail, la double précision est bien sûr compatible avec la notation scientifique. Dans ce cas, l’exposant est précédé non plus du traditionnel ““, mais de ““.

CASIO College FX-200P

On s’attendrait à trouver dans la FX-200P une FX-180P plus puissante, avec plus de mémoire par exemple.

Eh bien non. La recette pour fabriquer une “College” FX-200P, c’est de prendre une FX-180P, de lui retirer les statistiques à deux variables, la régression linéaire, le calcul programmé d’intégrales et de renoncer à une seconde zone de programme pour n’en offrir qu’une seule, toujours de 38 petits pas de capacité !

Le seul plus apporté par la College est le calcul des racines cubiques, fonction bizarrement absente de la 180.

Le comportement en calcul est en tous points identique sur les deux machines. L’œil avisé aura remarqué le témoin ON en haut à gauche de l’écran. Ce témoin dont l’utilité pourrait légitimement poser question prend tout son sens lors de l’exécution d’un programme, où l’écran demeure vide de toute activité. “ON” informe que la machine ne dort pas, mais travaille !

La College 200 apporte une présentation plutôt unique, avec un aspect métallique très réussi.

Je ne connais pas la période de production de la College. L’inscription “auto power off” en façade ne se rencontre que sur les tout premiers modèles équipés de cette fonctionnalité. La College serait dans ce cas plus ancienne que la très répandue FX-180P … C’est une possibilité mais pas une certitude …

 

D

 

 

CASIO 121MR

Nous trouvons dans la CASIO 121-MR une machine qui fut en son temps réservée à un usage professionnel.

En témoignent les sélecteurs de décimales, d’arrondi et le commutateur de cumul en mémoire. Placé sur la position “Σ”, le résultat de tout calcul arithmétique vient se cumuler en mémoire. Placé sur “N”, la mémoire redevient un registre indépendant.

De quelle époque date la 121-MR ? Bien que d’aspect plutôt moderne (années 1978-80), deux indices trahissent son grand âge : tout d’abord l’étonnant point rouge qui s’allume pour signaler une valeur négative à l’écran. Le signe MOINS à gauche n’est pas encore connu de la 121.

Autre indice, visible même machine éteinte : La mention en façade «Electronic Calculator», qui ne peut se rencontrer que sur un très vieux modèle, où il était encore nécessaire de préciser ce que nos yeux d’aujourd’hui considèrent comme une évidence. Un peu comme si l’on voyait une ancienne voiture où il serait indiqué “voiture à moteur”.

La CASIO photographiée ici – je le sais de source sûre – fut utilisée quotidiennement par un commerçant plusieurs années durant. Elle avait été achetée pour remplacer une machine de plus grandes dimensions, probablement de technologie électro-mécanique, donc pas encore électronique.

Le fait que celle machine fonctionne toujours parfaitement de nos jours, après des années d’utilisation quotidienne, démontre une réelle qualité de fabrication.

Outre ses quatre fonctions arithmétiques, la CASIO 121-MR propose une touche de racine carrée qui calcule sur les 12 chiffres disponibles, d’échange X/Y, de changement de signe (le fameux point rouge), et de pourcentage. Ce dernier n’est pas complètement intuitif. Par exemple, pour ajouter 5% à 102, la séquence sera : [102] [X] [5] [%] [+] [=]. Avec un peu d’habitude, cela devient naturel.

Machine professionnelle, très large (12 chiffres il est vrai), la CASIO 121-MR reste pourtant de dimensions compatibles avec une (solide) poche. Ce statut de mobilité est confirmé par l’autonomie d’une alimentation classique par 4 piles AA. Un branchement par secteur mural est bien sûr prévu et fut sans doute privilégié au cours de ses années d’utilisation quotidienne.

Un détail supplémentaire qui permet de situer une date de fabrication à proximité immédiate de 1975, le design typique de cette époque, que l’on peut rapprocher notamment de celui de la CASIO FX-17.

 

Un grand merci à Dominique M.

CASIO FX-101

La CASIO FX-101 n’est pas une calculatrice facile à photographier : Des lignes géométriques bien carrées qui ne cherchent guère à séduire, une couleur de façade très sombre qui met surtout en lumière les poussières et peluches.

Pourtant, en usant et abusant du chiffon et des éclairages divers, le charme de la 101 finit par s’exprimer.

Je crois avoir remarqué que les noms anglo-saxons accolés procurent une certaine impression de prestige. Harley-Davidson, Hewlett-Packard, Massey-Fergusson, Borg-Warner, pourquoi pas Briggs & Stratton, sont des marques à la sonorité qui flatte le propriétaire. La magie opère aussi pour cette calculatrice Sperry-Remington, qui donne en mains le sentiment d’être une rare machine d’exception.

C’est pourtant une bien connue CASIO FX-101. Il n’y a aucune différence entre les deux machines. Le même bug se retrouve d’ailleurs sur l’une et l’autre : lors d’une soustraction nn, c’est-à-dire quand on ôte un nombre à lui-même, au lieu d’afficher ““, la CASIO affiche un surnaturel “-0 “. Le signe MOINS est volatile et disparaît dès qu’on enfonce la moindre touche, ce qui prive les apprentis sorciers de toute expérimentation interdite …

La CASIO FX-101 date de l’époque 1975. Elle est massive et lourde (300 g avec ses 4 piles AA). La fenêtre d’affichage est particulièrement généreuse. L’écran peut être lu sous des angles d’inclinaison divers et vraiment très prononcés.

Le souci d’un champ de lecture large a longtemps préoccupé les constructeurs. Les diodes rouges par exemple étaient souvent recouvertes d’un dispositif de lentilles qui grossissaient les chiffres, mais amélioraient en même temps la lecture sous angle incliné. Plus tard avec les cristaux liquides, moins à l’aise avec la vision oblique, le principe du champ large avait vécu, sans que cela ait été perçu comme un grand préjudice autant que je sache.

La 101 est une scientifique complète, pouvant notamment afficher l’exposant de 10. Un archaïsme avec la fonction de conversions sexagésimales où l’on doit entrer successivement les degrés, les minutes et les secondes, séparés par des appuis sur la touche o ‘ “. Les machines futures sauront interpréter les valeurs en une fois.

COMMODORE LC925

Cette calculatrice aux couleurs d’automne est en quelque sorte annonciatrice d’un vent qui tourne.

En cette fin des années 70, Commodore, l’immense constructeur présent dès les premières années du phénomène calculatrices tourne les yeux vers d’autres projets, comme les ordinateurs personnels qui s’apprêtent à déferler. Ses calculatrices ne le font plus rêver. Contrairement à plusieurs de ses concurrents, il n’a pas su développer une puissante calculatrice programmable. Il tente comme par réflexe de marier ses anciennes carrosseries imposantes avec la technologie naissante des cristaux liquides.

Quelques modèles LCD extra-plats seront encore produits, mais il est possible de voir dans cette superbe petite LC925 l’illustration d’une impasse, de la fin d’une belle aventure.

La Commodore LC925 ne se rencontre pas facilement. Fabriquée à Hong-kong, il s’agit d’un modèle tardif comme en témoigne le moderne afficheur LCD.

Le boîtier contient deux grosses piles AA, qui devaient conférer à cette calculatrice peu gourmande une autonomie sans limite.

Le modèle est simple, 25 touches, de deux tailles différentes. Celles du clavier numérique sont énormes, aussi grosses que sur la 5R39 de la marque.

 

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BERKEY Keystone 2050

Le mode d’alimentation des calculatrices anciennes était souvent de nature mixte : bloc de batteries rechargeables et raccordement au secteur mural. En cause, la grande consommation des afficheurs, qui ne s’est notablement améliorée qu’à l’avènement de la technologie des cristaux liquides.

Les batteries rechargeables présentaient un défaut : la longévité limitée. Au bout d’un certain nombre de cycles de recharges, leur autonomie devenait nulle. Le propriétaire voulant continuer à utiliser sa machine se trouvait face à plusieurs options : Soit il était un peu bricoleur et se lançait dans la réfection d’un bloc d’accus, soit il n’utilisait sa machine que reliée au secteur mural, soit, en plus de l’option précédente il déposait chirurgicalement le bloc périmé de façon à alléger la machine et se prémunir des souillures liées au vieillissement du bloc (*).

De toutes les machines de cette époque qui me sont passées entre les mains, une seule avait le bloc rénové et deux avaient été allégées de leur bloc périmé.

C’est le cas de cette Keystone 2050 que je fus bien en peine de faire marcher du premier coup. Le branchement secteur ne donnait rien et aucune batterie ne se trouvait à l’intérieur. Mes amis du forum silicium.org m’ont expliqué comment préparer un bloc de deux piles AA qui, branchées au bon endroit, restaurèrent le fonctionnement de cette belle et ancienne Keystone made in USA.

Peu d’éléments sont disponibles sur internet sur cette machine. La fabrication semble antérieure à 1976. La petite éminence argentée au-dessus de la touche SIN correspond à la connexion interne du fil de masse.

L’afficheur est de type Panaplex, soit de grands chiffres couleur de feu.

La 2050 possède des fonctions scientifiques de base, mais pas la notation avec exposant de 10. Le maniement est simple et intuitif, mais si besoin, un condensé du manuel se trouve collé au dos de la machine. La loupe est obligatoire pour déchiffrer les minuscules caractères.

On y apprend tout de même l’usage de la touche unique de mémoire. M doit être suivie de “” pour stocker, de “” pour lire, de “” ou “– ” pour y ajouter ou soustraire des valeurs, et “” pour la vider. C’est simple et pratique. Ce procédé avait été rencontré dans la petite Rockwell 20R, qui incluait les touches de multiplication et de division.

Les tests de calculs d’arrondis poussés révèlent une certaine parenté de processeur avec des machines aussi diverses que la CANON F5, la ARISTO M75, la PRINZTRONIC SC3001M, la VICTOR 106. Mais aucune n’est vraiment proche de la Keystone 2050.

Machine au caractère incontestable, la BERKEY Keystone 2050 est un magnifique objet qui respire l’authenticité, la qualité et l’originalité inhérente aux modèles les plus anciens.

 

(*) à noter que certaines calculatrices étaient conçues pour fonctionner impérativement avec le bloc en place, même en cas d’usage par branchement secteur, sous peine d’instabilités voire de destruction.

 

 

 

 

 

MONROE 99

Le géant américain de la bureautique a produit très peu de calculatrices de poche. Parmi celles-ci deux machines d’aspect proche, la Monroe 98 de base et la 99, un modèle scientifique.

Produite autour de 1976, la Monroe 99 est dotée de l’afficheur fluorescent typique de cette époque, de couleur verte.

La totalité des digits disponibles s’activent dès qu’on enfonce la moindre touche de fonction. Ce sont donc huit chiffres, plus les deux dédiés à l’exposant qui surgissent à l’écran, même si la valeur entrée n’en nécessite qu’un seul.

A titre d’exemple, si je souhaite multiplier 2.3 par 6.8, dès l’appui sur la touche “X” la Monroe affichera 2.3000000 00. Et le résultat final sera 15.640000 00. Ce mode d’affichage scientifique obstiné est sans doute un archaïsme qui n’avantage guère la lisibilité. On le retrouve sur d’autres machines contemporaines il est vrai.

Sur le plan du calcul, on note le minimum vital en fonctions scientifiques. La précision est faible. C’est du 8 chiffres secs, sans chiffres de garde.

La fonction d’élévation à la puissance mérite sur ce point le qualificatif de “calamiteux”. Non seulement les résultats se montrent imprécis, mais ils sont littéralement trompeurs dans leur expression qui masque le plus souvent les décimales susceptibles de témoigner de l’imprécision d’un résultat.

Une illustration : Lors de l’élévation de 4 à la puissance 11, la Monroe renvoie 4194300 tout rond, une valeur vaguement plausible. Pourtant le résultat exact est 4194304, ce qui n’est évidemment pas la même chose. Aucun chiffre de garde ne vient ici alerter sur l’imprécision, le résultat peut être pris, à tort, pour argent comptant.

La Monroe était construite – au Japon – par l’industriel américain Litton. Le logo Litton précède d’ailleurs celui de Monroe en façade. L’expression de cette dualité est réaffirmée sur la plaque d’identification au dos.

Machine à l’esthétique et aux coloris beiges typiques de Monroe, la belle 99 est une rareté comparée à la petite 98. Si ses insuffisances appartiennent bien au passé, son charme est en revanche toujours intact !

 

MONDIMAT LC 835P

Au cours des années 70-80, le géant français de la vente par correspondance La Redoute commercialisait une partie de ses calculatrices sous la marque Mondimat.

De la simple calculette 4 opérations au modèle scientifique, c’est toute une gamme qui était couverte par la marque. J’ai appris récemment qu’il avait existé un modèle programmable, jusqu’alors complètement inconnu pour ma part.

J’ai cherché puis ai fini par rencontrer la fameuse Mondimat LC835 Programmable.

Première constatation, l’aspect tranche avec celui des machines métalliques extra-plates typiques de la marque.

Seconde constatation, la LC835, quoique très belle, n’est pas originale. Elle est connue sous d’autres noms, comme Philips SBC-1845 ou Privileg LC-814PR. Sur le plan technique, les trois machines sont d’ailleurs une présentation alternative de la Canon F-73P. Fonctions, résultats, légendes de touches, comportement, toutes ces machines ont une électronique commune.

On peut en déduire que la 835 fut probablement la plus tardive des Mondimat. C’est sans doute pour cela que je ne l’ai jamais vue dans aucun catalogue La Redoute de ma jeunesse, n’ayant eu accès qu’aux exemplaires antérieurs à 1983. Ce qui ne veut pas dire pour autant qu’elle y fut visible plus tard, mais comment diable une Mondimat aurait-elle pu ne pas figurer dans un catalogue de La Redoute ? Ce serait un comble. A confirmer un jour. (*)

Concernant le nom LC835P, je précise qu’il figure en couverture du petit manuel. Il n’est pas directement visible sur la machine qui ne reprend que l’inscription “Programmable“.

(*) Un sympathique internaute me témoigne que cette machine figurait bien au catalogue de la Redoute (Ajout du 30/04/2018).

 

Merci à Jean-Claude

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CASIO FX-850P

Cet appareil fut beaucoup diffusé à partir de 1987 et reste apprécié de nombreux utilisateurs. S’il est facile à trouver sur le marché de l’occasion, les prix pratiqués sont en revanche dissuasifs. Il faut ajouter à cet obstacle un mauvais vieillissement de la nappe d’affichage qui a tendance à escamoter des lignes entières de pixels sur de nombreux modèles.

J’ai fini par acquérir un exemplaire abordable, par curiosité, en souvenir de cet ordinateur de poche que je voyais encore dans les magasins, jouant des coudes avec le SHARP PC-1403, à l’heure où la grande mode des ordinateurs de poche venait de passer.

Mon modèle est en piètre état, bien abîmé, une touche manque et la ligne supérieure est parsemée de pixels manquants. En jouant de la molette de contraste ou en inclinant la machine, il est possible malgré tout de ne pas trop souffrir de ce défaut.

Le CASIO FX-850P me parait illustrer un jalon dans l’aventure de l’informatique portable de cette époque.

Replaçons-nous au début de l’histoire, dans les années 70, par exemple à l’arrivée des TI-57 58 et 59. La petite TI-57 propose à l’utilisateur de programmer, qu’il s’agisse de problèmes mathématiques ou bien de s’amuser à concevoir des jeux. Le manuel est pédagogique, il dédramatise, encourage, mais le ton reste professionnel, dogmatique presque, on attend de l’utilisateur qu’il programme sérieusement, avec de la structure, des sous-programmes. Ces machines n’ont pas encore un aspect grand public, elle s’adressent aux scientifiques, aux techniciens, aux étudiants. Pour autant, l’utilisateur n’est pas tenu de se débrouiller seul. Des solutions toutes faites lui sont offertes pour les modèles plus puissants : une bibliothèque de cartes magnétiques déjà programmées pour l’ancêtre TI-SR52, les fameux modules de ROM pour les TI-58 et 59. Les calculs à programmer et préprogrammés ont le même statut, il n’y aura pas de honte à ne pas tout programmer soi-même.

Puis arrive l’ordinateur de poche et son langage Basic. Cette fois, l’appareil se destine à tous, on programme par besoin autant que pour découvrir ou s’amuser, voire impressionner les amis, se sentir dans le coup. Programmer pour apprendre à programmer est une curieuse démarche, circulaire, tautologique comme disent les amateurs de mots sérieux, qui se retrouvera dans les programmes de l’enseignement où l’utilisation d’ordinateurs sera destinée à l’apprentissage de l’informatique. Comme si on avait acheté une machine à laver pour apprendre à se servir d’une machine à laver ?

Au bout d’un moment, un pavé de calcul scientifique fait son apparition sur certains modèles pour le calcul direct, décidément plus pratique qu’en tapant les mots Basic. Puis apparaît le CASIO FX-850P. Mais que voit-on ? Une solide bibliothèque de programmes y est intégrée. Une boucle est bouclée ? Comme au temps de la TI-58, aurions-nous là une définition de la plate-forme de calcul idéale : machine scientifique programmable épaulée par une large bibliothèque d’excellents programmes ?

Je connais trop mal cet appareil et de vrais utilisateurs en ont dit tellement plus et mieux que moi que j’arrête ici mes bavardages.

Voici en particulier un excellent article du site Les pas perdus qui cerne bien ce puissant appareil:

http://www.emmella.fr/page3836-3323-4722-5340-9435__5949-6564-1819-9072-2343.html

 

 

 

 

 

 

 

PRINZTRONIC Program

Un grand nombre de calculatrices furent commercialisées sous la marque PRINZTRONIC au cours des années 70.

Parmi elles on trouve une famille d’une dizaine de machines connues également sous le label QUALITRON. Une même grosse coque blanche pour des modèles tantôt simples, tantôt scientifiques, un convertisseur métrique, et tout en haut de la gamme, la Program dont on aura deviné que son intérêt est de permettre la programmation.

La PRINZTRONIC Program est loin d’être répandue. C’est une sorte de pièce rare, magnifique, intimidante par la puissance que dégage la richesse de son clavier.

On peut cependant être déçu par les caractéristiques globales de la Program. La période de production, 1976, porte à l’indulgence, les années 80 sont encore loin.

Mais quand même … 8 chiffres de capacité sans aucun chiffre de garde, c’est un mauvais point pour la précision. Et la notation scientifique est inconnue. Concernant la programmation, aucun test n’est disponible. Et comme il n’y a qu’une seule mémoire, le champ des programmes possibles est forcément restreint. Le système de calcul RPN n’a que trois niveaux et souffre de l’absence de fonction de descente de pile.

La programmation montre tout de même quelques points positifs. 102 pas sont disponibles, ce n’est pas rien. Cet espace peut au besoin héberger plusieurs programmes à la suite. La touche SKIP se charge de les sélectionner en sautant de l’un à l’autre. Un mode édition est prévu (commutateur N-STEP), non pour visualiser d’éventuels codes, mais pour une exécution pas à pas. Le cas échéant, un appui sur la touche DELETE supprimera l’instruction indésirable.

Sur le plan de la construction, la Program est robuste. Alors que 40 ans se sont maintenant écoulés depuis sa naissance, le fonctionnement est intact et le clavier aux doux déclics ne connait pas de défaillance, pas plus que le dispositif d’alimentation, à 4 piles AA.

Sans doute le plus beau modèle de cette famille prolifique, les reproches sur les insuffisances techniques que peut lui adresser l’utilisateur exigeant d’aujourd’hui sont bien peu de choses à côté de l’indicible plaisir de manipuler ce rare joyau de connaisseur.

 

ARISTO M75 E

Le modèle M75E n’est pas la calculatrice la plus répandue du constructeur allemand ARISTO.

J’ai appris son existence le jour où un propriétaire m’a contacté. Son Aristo 75E ne fonctionnait plus et il espérait quelques informations précieuses, que je n’avais malheureusement pas.

Bien plus tard, j’eus à mon tour l’occasion d’acquérir ce modèle peu courant, produit autour de 1975. Et de constater qu’au-delà du premier coup d’œil, l’aspect des machines n’était pas aussi semblable qu’imaginé.

Les M75 et M75E présentent des touches et légendes différemment disposées. Mais surtout, la E possède une touche d’exposant, voilà qui est nouveau car la M75 ne connait pas la notation scientifique.

Il existe un site internet consacré aux calculatrices Aristo (*). Il y est indiqué de façon très succincte que la précision de la 75E est “améliorée”.

Il s’agit bien là de sa seconde particularité. Elle concerne plus spécifiquement la fonction d’élévation à la puissance.

L’ARISTO M75E calcule avec 10 chiffres internes ce qui est bien, mais pas exceptionnel pour autant. En revanche, l’élévation à la puissance donne des résultats souvent exacts quand bon nombre de calculatrices se débattent avec les erreurs d’arrondis.

Ainsi ma M75 toute simple (sans ““) renvoie la valeur 65535,79 pour le calcul de 2^16, au lieu de 65536, et les approximations sont visibles déjà bien avant et sont liées à l’algorithme de calcul, reposant sur les logarithmes.

La M75E donne pour sa part le résultat exact pour 2^16, mais aussi pour 2^ 17 et ceci jusque 2^26, seuil du passage en notation scientifique. Les divisions successives par 2 redonnent bien la valeur initiale, sans jamais montrer aucun chiffre de garde.

Quoique, il y a quand même une exception : dans le seul cas de 2^23, la 75E ne joue pas le jeu, et donne des chiffres de garde, ce qui selon moi disqualifierait l’hypothèse d’un algorithme reposant sur une suite de multiplications. D’ailleurs les exposants non entiers sont gérés. Il est possible que la E gère les arrondis de façon inhabituelle et particulièrement performante.

L’ARISTO M75E mérite sans aucun doute sa qualification de calculatrice précise. A noter que les calculs de trigonométrie montrent une précision standard.

Tout bien pesé, il existe une autre ARISTO présentant en tous points les caractéristiques techniques de la M75E, y compris son dessin des digits “6” et “9” à cinq segments : le modèle UNILOG, une autre pierre rare signée Aristo.

 

(*) Pour qui veut découvrir tous les modèles ARISTO, il existe ce site très intéressant et complet :

http://www.hh.schule.de/metalltechnik-didaktik/museum/taschenrechner/aristo-taschenrechner.htm

CASIO FX-48

1975, naissance de notre carte à puce à mémoire

1978, des calculatrices, aussi fines que le permettent les piles bouton et l’afficheur, adoptent volontiers ce format, synonyme de modernité et d’une extrême portabilité.

La CASIO FX-48 est une des toutes premières à jouer les cartes à puce. Son écran jaune est minuscule. Le clavier scientifique est à la fois si riche et si ramassé qu’il faut à la petite 48 deux touches secondaires F1 et F2 pour tirer la quintessence des 20 touches restantes, dont une panoplie complète de fonctions statistiques ! Tout cela en 39 grammes …

 

 

 

LEXIBOOK GC2200

Trouver en boutique en 2017 une Lexibook GC-2200 relève presque désormais de l’anachronisme.

J’avais parlé voilà plusieurs années de la GC2000, et m’étais étonné des traits de parenté avec la lointaine et primordiale CASIO FX-7000G de 1986.

Même constatation pour la 2200, qui est d’ailleurs une réplique exacte de la 2000, couleurs mises à part.

La GC2200, commercialisée depuis bon nombre d’années, semble avoir connu 3 visages, et même 4 si on compte le récent modèle muni du mode examen (mais qui ne s’appelle plus 2200, mais 3000).

Ainsi l’image en couverture du manuel, reproduite ci-dessous, montre une GC2200 munie d’icônes de menus au graphisme très simpliste. Je n’ai jamais vu ce modèle de mes yeux.

Il en existe une autre, plus répandue, qui n’est pas programmable et dont l’écran n’est graphique que pour la moitié gauche.

Le coloris sombre de la 2200 lui donne de loin un aspect de TI-83. Les couvercles se ressemblent à s’y méprendre, et sont quasiment interchangeables.

Le manuel est de très bonne qualité : 60 belles pages entièrement en français ! Ma 2200 est, il est vrai, une “FR”.

Question technique, tout ce qu’on peut dire sur la GC2000 est vrai pour le GC2200. Et inversement. Machines identiques en tous points en caractéristiques et performances. Sur ce point, les compliments formulés sur la vélocité de la GC2000 de 2003 ne sauraient être renouvelés pour la GC2200. Non pas parce qu’elle est plus lente, mais parce que ces dernières années ont vu éclore des machines aux processeurs réellement plus puissants.

La LEXIBOOK GC2200 est somme toute une calculatrice d’un autre âge mais on la voit encore parfois dans les rayons – poussiéreux sans doute – de quelques supermarchés d’aujourd’hui.

CASIO GRAPH 90+E

En cette année 2017, Casio lance une nouvelle calculatrice graphique, la Graph-90+E.

Positionnée à une marche du haut de gamme, la GRAPH 90 succède aux Graph 75 et 95 Noir & blanc et Fx-CG10 couleur (la fameuse Prizm), mais ne va pas jusqu’à embarquer le système mathématique de calcul formel, chasse gardée du CP-400.

Les premiers échos annonçaient un grand écran couleur, des graphes 3D, et surtout une vitesse de calcul importante, tandis que les captures glanées par ci par là montraient une machine à l’aspect agréable, sans grand caractère, rien à voir avec l’audacieuse “Prizm Fx-CG10 de 2010.

Depuis cet été, la GRAPH 90 est dans les rayons des supermarchés. Elle n’y est pas pour autant “visible” au sens strict du mot, son gros emballage en plastique, pourtant transparent, se voyant recouvert d’autocollants de présentation et de promotion qui cachent tout, au bas du clavier près. La voisine de gondole Ti-83 Premium CE ne parait pas mieux lotie sur ce point.

Acquéreur de la Prizm couleur voilà sept ans déjà, je décide de sauter le pas cette fois encore, en dépit des minces présages d’innovation. Ciseaux en mains, l’épais blister en plastique est sacrifié sans pitié, et une machine toute neuve en sort, libérée de sa prison opaque.

Première constatation, quelle finesse ! Un record pour une machine à piles (AAA X 4). Des lignes travaillées, un dessin élaboré avec soin. Une maturité du design, à des lieues d’une massive Graph 80 de 1998 par exemple. L’habillage plastique est à l’avenant. Dur et brillant, il avait été inauguré pour le CASIO CP-400 – en version noire – puis sur la famille des Classwiz. Ici il est blanc, couleur du modèle français. Certaines légendes de touches imprimées en façade ressortent mal, c’est dommage.

Un effet visuel impressionnant : le gris profondément sombre de l’écran éteint. Allumé, un monde de couleurs s’éveille.

L’apport de cette nouvelle Casio Graph-90 ne serait-il qu’esthétique ? Il est clair que les fonctionnalités demeurent extrêmement proches de celles de la Prizm Fx-CG10.

Qu’en est-il de la vitesse de calcul dont on dit ici et là le plus grand bien ?

Casio nous a habitués dès 2005, avec sa Graph 85, à des modèles remarquablement rapides. A cette époque, la vitesse va devenir la préoccupation des constructeurs. HP sortira sa 49G+ dont le processeur ARM clouera sur place les 48 et 49 à classique processeur Saturn. Puis va surgir la Ti N’spire, longtemps demeurée championne de la vitesse de calcul.

Arrive 2010 et une petite HP-30B financière rapide comme l’éclair. Puis on accélère très fort vers des sommets avec la HP-39GII de 2012, puis la HP-Prime un an plus tard, aux chronos inégalés.

Où se situe la nouvelle Casio Graph-90+ dans tout ça ?

En première approche quelques tracés de courbes, l’exécution d’un petit programme, le lancement de l’optimisation mémoire confirment la sensation d’un excellent tonus général.

Reste à l’évaluer aussi finement que possible. Pour ce faire, j’ai soumis la 90 et machines sus-nommées – sans oublier sa consœur Ti 83 Premium CE -, à quelques tests mêlant calculs et tracés. On se souvient des griefs portés à l’endroit de la Prizm CG10, non sur sa vitesse de calcul proprement dite, mais sur celle des tracés, notablement plus lents que sur les modèles CASIO à écran noir & blanc.

Tests pratiqués (*) :

  • Le calcul en boucle. Fidèle à mes habitudes, j’ai chronométré les machines sur le programme classique de cumul des 360 sinus. Sauf que pour de tels bolides, l’étendue de 1 à 7200 s’est montrée plus adaptée.
  • Le tracé en direct de 3 sinusoïdes simultanées.
  • Un tracé programmé : spirale rectangulaire, une suite de “plot” et “line“.
  • Un tracé programmé : le dessin d’une fractale.

A l’issue de ces quelques tests, les conclusions sont simples : En calcul pur et en tracé de simples courbes, la GRAPH 90 bat toutes les CASIO à la course (presque 2 fois mieux que la Prizm CG10), ainsi que la Ti 83 Premium. Elle fait tout bonnement jeu quasi égal avec la Ti N’spire. Mais échoue encore derrière les reines de l’asphalte HP, en particulier la Prime.

Les choses sont différentes en dessin programmé, point noir de la Prizm. Si le progrès réalisé est important, le problème de lenteur en dessin n’est pas résolu pour autant par la 90, les deux Casio couleur se voyant battues à plate couture par leur aînée Graph 85(**) de 2005 (fractale tracée en 23 s contre 41 s pour la 90, et 100 s pour la Prizm). La Ti-83 Premium CE s’en sort mieux, quoique distancée elle aussi par la vaillante 85. L’écran de tracé est par ailleurs notablement plus étroit que celui de la Graph 90.

Au chapitre des différences entre la Casio Graph-90 et son aînée Prizm FX-CG10 : Les icônes de menus sont d’un dessin léger et diffus sur cette dernière, bien rectangulaires et colorés sur la première. Au point qu’on se surprend à poser le doigt dessus. En pure perte car rien de tactile ici.

Le minuscule symbole d’occupation est différent aussi. C’est anecdotique. Ce qui ne l’est pas en revanche, c’est le positionnement revendiqué par les deux machines. La Prizm de 2010 se voulait une double rupture: la technologie couleur et le design, ce dessin hardi qu’aucune Casio récente n’avait osé revêtir avant elle. Tout au contraire, La Graph-90 se veut rassurante, une Casio absolument “normale”, bien à sa place dans le rayon du magasin, plus encore dans le panier de l’acheteur dont on sait qu’il n’aime pas beaucoup les expérimentations hasardeuses. Il s’est montré très méfiant envers “l’ovni” Prizm FX-CG10 dans le passé, du moins en France.

On continue sur le jeu des différences : les manuels comparés montrent une consommation moindre pour la nouvelle venue. C’est une bonne nouvelle quoique l’autonomie de la Prizm ne soit pas réellement problématique. Et enfin l’odeur désagréable de composants de la Prizm, partagée par le Casio CP-400, semble éradiquée.

On fait parfois le reproche à Casio de perpétuer un environnement de travail qui n’évolue plus depuis longtemps. La Graph-90 n’est certes pas la calculatrice de l’extrême. En cette fin de décennie 2010, elle pourrait représenter une sorte de synthèse des différentes innovations de cette décennie. Et aussi des pistes prometteuses puis abandonnées : pas de contagion du calcul formel sur l’ensemble des modèles, cela reste réservé au haut de gamme, toutes marques confondues. Pas de généralisation non plus à ce jour de l’écran tactile. Casio et HP savent faire, Ti temporise, le public ne le réclame pas à cor et à cri.

Bienvenue donc à cette belle Casio indéniablement rapide. Je me demande quand même si je ne préfère pas la Prizm, porteuse d’une réelle innovation maintenant entrée dans le rang, et dotée d’un clavier au meilleur toucher selon moi.

 

(*) Les tests pratiqués visent à dessiner une image générale de la performance. Je ne doute pas que les programmes utilisés puissent être adaptés ou optimisés de façon à modifier quelque peu telle ou telle mesure. Par ailleurs, il semble que toutes les Ti N’spire ne soient pas identiques dans leurs résultats en calculs de vitesse. Ici la machine testée est la Ti N’spire CX non CAS, qui m’a semblée moins véloce que la Ti N’spire à écran n&B.

(**) La CASIO GRAPH 85 (Nom international 9860G) utilisée est de version 1, soit la ROM 01.00.00

CASIO FX-5500

La CASIO FX-5500 est une machine singulière. D’un format horizontal qui rappelle à coup sûr les Ordinateurs de Poche des années 80, elle en reprend le long afficheur LCD ainsi que la molette de contraste.

La 5500 n’est pas vraiment programmable, elle est pourtant davantage qu’une simple calculatrice scientifique. Ses spécialités sont la manipulation des formules : factorisation, simplification, développement. Les résolutions d’équations sont aussi au rendez-vous, y compris les systèmes à 2 ou 3 inconnues. Il existe trois mémoires dédiées aux formules (I, II, III), qui peuvent au besoin s’enchaîner les unes aux autres.

Le grand écran de 24 caractères est particulièrement adapté à l’affichage des longues propositions. Les exposants sont représentés comme il se doit en écriture naturelle, grâce notamment à la touche d’entrée dédiée Xn.

Des fonctions spécialisées bien sérieuses, on le voit, pour une machine à l’aspect métallique très agréable. Des couleurs vives, un volume et un poids idéaux en mains, la CASIO FX-5500 est une calculatrice qu’on manipule avec un vrai plaisir. Un couvercle de plastique se clipse en façade sur deux fines charnières qui permettent d’ouvrir et refermer la machine à la demande.

Quand la 5500 fut-elle produite ? Quelques indices placent le curseur à proximité de l’année 1986, sans certitude absolue cependant.

Machine singulière dans sa présentation horizontale et ses spécificités, la CASIO ne me parait pas isolée pour autant dans le paysage du calcul des années 80. Je vois dans le CANON F-300 et la SHARP EL-5100, deux machines au destin voisin : nées en pleine décennie des Pockets Computer programmables en Basic, en ayant hérité l’aspect et l’écran généreux, pourtant non programmables ou presque, et simplement totalement originales.

 

SHARP EL-5001

La SHARP EL-5001 est couramment confondue avec un autre monstre sacré du constructeur, le SHARP PC-1201.

Un aspect assez voisin, une période de production commune, 1977, et une barre très élevée pour les décrocher sur le marché de l’occasion, voilà qui brouille les pistes quand il s’agit de bien différencier ces deux modèles très recherchés.

Des différences il y en a. A commencer par celle-ci : Ces deux machines montrent chacune un visage différent du calcul programmé.

Ainsi, alors que le PC-1201 est une vraie programmable pourvue de mémoire non volatile (qui ne s’efface pas hors tension), la SHARP EL-5001 possède une bibliothèque de programmes gravés en mémoire. Hors ce dispositif, la mémoire de la 5001 est complètement volatile.

La bibliothèque de la SHARP EL-5001 est accédée au moyen d’un dispositif original, une solide molette pilotée avec le pouce, qui sélectionne les programmes un par un, six en tout, en glissant les légendes de commandes sous les quatre ouvertures prévues à cet effet au sommet du clavier.

Les quatre touches grises juste en dessous pilotent les programmes. Un peu comme les cartes qu’on glissait sous l’écran des TI-58 pour expliciter l’usage des touches A B C D E selon le programme du module interne sélectionné.

Que font ces six programmes ? Celui qui porte le numéro 1 se nomme N comme Normal calculations & plot. Placé sur cette position, toutes les touches de la calculatrice sont opérationnelles ainsi que le sélecteur permettant d’opter pour le mode parenthèses ou le couple de mémoires additionnelles. Le programme Plot donne les différents points d’une fonction numérique. On entre pour cela la valeur de départ, celle de l’incrément, et les frappes successives sur la touche de fonction numérique choisie (log par exemple) donneront celles des points successifs qu’il suffit de reporter sur un papier avec son crayon (les calculatrices graphiques feront mieux, mais 10 ans plus tard, c’est encore bien loin).

Un coup de molette et hop ! voilà le programme n° 2 enclenché et ses légendes mobiles bien en place. Nommé Statistical calculation, il offre la panoplie classique des fonctions statistiques : sommes, moyenne, et écarts.

Le programme suivant, Calculation of quadratic equation, donne les solutions, complexes le cas échéant, de l’équation du 2d degré. A ce propos le digit le plus à gauche de l’écran de la 5001 est consacré à la production d’alertes diverses, et ce pour l’ensemble des programmes. C’est l’affichage ici des 3 segments supérieurs qui informe l’utilisateur que le résultat est complexe.

Une nouvelle impulsion sur la molette et nous voilà plongés dans l’univers des intégrales. La EL-5001 n’étant pas programmable, il peut sembler ardu de lui expliciter la fonction à intégrer. Ça n’est cependant pas nécessaire car seules les fonctions formées sur x² sont intégrées. Cela limite selon moi la portée du programme.

Voyons le suivant : le programme 5 se nomme Complex number calculation and coordinate conversion. Il permet l’arithmétique complexe, de façon simple, ainsi que les transformations de coordonnées.

Le dernier coup de molette donne accès aux vecteurs et leur manipulation, de façon aisée là aussi. Une nouvelle impulsion nous ramènerait au programme n°1, la boucle est bouclée.

A noter que selon le programme sélectionné, certaines touches de la calculatrice sont neutralisées.

Le dispositif par molette, qui peut paraître original voire incongru (implantation d’un organe mécanique au sein d’un objet électronique par essence) se révèle une réussite tant l’ergonomie rend les calculs agréables et sûrs. Le principe des touches de menus apparaît peut-être pour la première fois (mais CASIO a su faire aussi, la FX-3 (*) est sans doute plus ancienne encore) mais est promis à un très bel avenir.

La fiabilité n’appelle pas de remarques, l’organe est simple mais parfaitement conçu.

On peut déplorer malgré tout un faible choix de programmes, et un pilotage par quatre touches seulement. Mais certaines légendes sont dédoublées (accès par la touche F).

Sur le plan des simples fonctions scientifiques, la SHARP EL-5001 se montre généreuse : des fonctions trigonométriques, bien sûr, mais aussi hyperboliques, les conversions sexagésimales, les combinaisons et permutations.

Une mémoire de base, auxquelles peuvent s’ajouter deux autres si on renonce aux parenthèses. Dans ce cas, un digit – celui réservé au signe de l’exposant – affichera un segment par mémoire pour en signaler l’occupation. La 5001 est sans doute la machine qui utilise le plus de segments pour signaler diverses situations. Ce qui sera habituel avec les afficheurs à cristaux liquides (LCD) et la multitudes de témoins qu’ils autorisent l’est beaucoup moins avec les affichages fluorescents verts.

La SHARP EL-5001 est une machine de belles dimensions : 164 mm X 87 mm X 26 mm. Comme toute bonne SHARP de cette époque, elle dispose de commutateurs latéraux, pour le mode angulaire et la gestion de la mémoire. Et l’interrupteur général est placé sur le côté gauche.

Mon modèle confirme le défaut des légendes de touches qui ne résistent pas bien au temps, comme je l’avais remarqué sur le PC-1201.

Un dernier mot sur l’afficheur généreux lui aussi, de 10 chiffres plus 2 pour l’exposant, qui rappelle celui de certaines Electronika russes, avec les digits obliques aux segments frêles. Mais c’est complètement fortuit.

 

(*) Source : www.ledudu.com

Hewlett-Packard 32S

Les anciennes calculatrices de marque Hewlett-Packard demeurent très recherchées par les amateurs.

La gamme “Pioneer” apparue en  1987 ne fait pas exception. Bien qu’aucun de ses modèles ne soit aujourd’hui rare ou introuvable, les prix d’échanges pratiqués peuvent compliquer l’exercice consistant à se les procurer tous.

Le jeu en vaut-il la chandelle ? Existe-t-il une Pionner plus facultative qu’une autre, ou bien les faut-il absolument toutes ?

Que trouve-t-on au sein de cette famille ?

  • Trois financières : la toute simple 10B, la plus sympathique 14B, la puissante 17B. A noter que les modèles 10 et 17 sont restés commercialisés jusqu’à nos jours sous des versions et formes parfois différentes, tandis que la 14B n’a pas eu de suite. Elle est pourtant agréable et parmi les plus abordables financièrement.
  • des scientifiques, plus ou moins programmables : la 20S à la carrière longue elle aussi, les 21S, 22S à carrière courte, la 32S et ses variantes successives, la 42S, haut de gamme mythique,
  • une hybride, aussi à l’aise dans le monde financier que celui des sciences, la 27S, livrée avec horloge et alarmes !
  • une logique de calcul tantôt algébrique (c’est une première chez HP !) ou classique RPN,
  • des écrans mono-lignes, à segments ou à points, et des écrans à deux lignes
  • un système de programmation traditionnel pour les 20S, 21S, 32S, 42S ou plus chichement par l’intermédiaire du solveur d’équations pour les 17B, 27S, 22S. Les deux petites financières 10B et 14B ne sont pas programmables.

Je ne dispose pas de tous les modèles Pioneer. Mon idée initiale était de donner vie à petit à petit à un souvenir vieux de trente ans maintenant : la découverte fortuite dans une grande librairie de Reims de la toute première famille Pioneer, 5 ou 6 modèles tout au plus ce jour là. Comme ma recherche n’est pas très assidue, certains manquent encore à l’appel (la 20S, la 10B) tandis que d’autres se sont invités tout seuls au fil du temps, comme la 21S et la 42S.

Un modèle me tenait à cœur, la 22S que je tenais pour intermédiaire, puissante, programmable, pas courante. Échangée à des niveaux de prix substantiels, je ne l’ai acquise que récemment. Et pour moi, la 22 est une déception. S’il existe un modèle Pioneer facultatif, je vote pour la 22S. Car elle n’est pas programmable en dehors de son maigre solveur. Son (bel) écran est mono ligne et peu adapté à la logique algébrique qui l’anime, les caractères trop espacés saturant vite sa capacité et donc sa lisibilité. Autant la 32S est directe, franche dans son utilisation, autant la 22 me semble fastidieuse et limitée. C’est malgré tout une jolie machine, très similaire à la 27S dans sa présentation.

J’ai acquis la 32S tout aussi récemment. La 32S a été commercialisée longtemps, elle a connu des versions successives mais c’est bien celle de toute première génération que je voulais bien sûr, celle de mon souvenir. Et voilà bien une Pioneer incontournable ! Moins étoffée que l’illustre 42S, elle ne démérite pourtant point. L’utilisation est directe, franche, sûre, un régal.

Les Pioneer ont longtemps été synonymes de robustesse. La construction est bonne en effet, on peut pourtant, maintenant que bon nombre d’années sont passées, remarquer un signe de fatigue qui commence à se rencontrer sur plusieurs modèles : des touches qui répondent mal, voire plus du tout. Il faut alors exercer une légère pression à la base de l’écran pour que la frappe retrouve son effet. Ce problème se voit aussi au sein de la famille des HP-48.

La photo ci-dessus, montrant côte à côte deux “Pioneer“, met en évidence l’existence de deux afficheurs légèrement différents : Bien que matriciels et mono-ligne l’un et l’autre, il apparaît que deux tailles différentes ont coexisté, possiblement liées à la période de production, voire aux différents sites de fabrication du globe.

Je dois par ailleurs me rendre à l’évidence, ma 32S ici présente est sans doute déjà une évolution de la 32S primitive. En témoigne la bordure d’afficheur renforcée, comme on la rencontre sur les modèles plus tardifs. La 32S de mes souvenirs devait en toute logique présenter un afficheur analogue à celui de la 22S, avec bordure fine et digits mi-hauteur.

La quête peut continuer, mais rien ne presse !

 

SHARP EL-586

En 1986 le constructeur SHARP tente un concept étrange voire saugrenu. Il donne un habillage souple à sa EL-546.

La SHARP EL-586 n’est pas répandue. Quand fut-elle produite exactement ? pourquoi ? et à destination de quelles régions du monde ? Je n’ai pas les réponses.

Il ne s’agit pas à proprement parler d’une machine “molle”. Elle conserve une certaine rigidité qu’elle doit à sa seule carte-mère. La coque de plastique souple qui constitue la 586 est d’une finesse extrême, 3.1 mm selon le manuel, on jurerait beaucoup moins.

Pour le reste, il s’agit exactement de la EL-546. Y compris la cellule solaire et la pile de secours, déchargée sur mon modèle, et à laquelle je ne sais accéder. Le manuel précise que seul un agent SHARP serait habilité à la remplacer. J’ai bien essayé pour ma part, mais je ne vois aucun moyen d’ouvrir la machine. J’ai pu découvrir la carte-mère en ôtant délicatement le clavier qui est une simple pellicule collée. Mais je n’ai rien pu désassembler, ni voir la fameuse pile.

La rigueur de la conception ne fait pas pour autant de la 586 une machine fiable. De faux contacts gâchent tout plaisir de jouer avec. Cet aspect est bien sûr renforcé par une pile de secours déchargée incapable de compenser les ruptures d’alimentation.

Je ne décèle aucune différence entre l’afficheur de la 586 et celui de la 546. Je suis étonné par la finesse du dispositif, pourtant généreux en surface et possibilités d’affichage.

Il existe un détail sympathique dans cette calculatrice hors normes : les légendes (sur les boutons de mémoire) qui font un clin d’œil à maintes SHARP historiques. Les touches aux coins arrondis se voient ainsi partagées en deux au moyen d’une barre horizontale (photo ci-dessous, avec à droite une vieille PC-1100).

Je ne connais qu’une calculatrice scientifique qui soit aussi fine : la CANON F-54 et ses 3.5 mm d’épaisseur. Question rigidité, c’est le jour et la nuit !

Dernier détail qui souligne la finesse extrême de la SHARP EL-586, sa housse, pas plus épaisse qu’un étui de carte de bus !

Ci-dessous, les jumelles techniques 546 (*) et 586.

 

Extraits du manuel (manuel en de nombreuses langues dont le français)

 

(*) la SHARP EL-546 représentée dans cet article est en fait une 506SLR. Les 546 et 506SLR sont pour autant exactement les mêmes machines, dont seul le nom diffère.

TECXON LC-670

Dans un article précédant je mettais en lumière une calculatrice quasi inconnue d’un constructeur qui ne l’est pas moins.

Une magnifique LC-650 venait de surgir de l’anonymat. Aujourd’hui c’est au tour de la LC-670, qui confirme à cette occasion l’existence d’un solide air de famille au sein du catalogue TECXON.

Calculatrice programmable, la LC-670 est manifestement la jumelle technique, comme tant d’autres, de la célèbre CANON F-73.

 

 

SHARP PC-1350

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Je l’ai vu arriver en 1984. Je pensais avoir compris ce qu’était un PC-1211 ou un 1251 : des calculatrices programmables de nouvelle génération, ultra modernes. Mais je ne comprenais pas le PC-1350. Sans doute montrait-il la direction que prenait désormais le phénomène Ordinateur de Poche, avec une inflation galopante des caractéristiques, dont cet écran vu comme hypertrophié, surplombant un clavier chétif, purement fonctionnel, sans âme. Mais pourquoi un si grand écran ? pourquoi autant de mémoire ?

Voilà comment mes yeux tout neufs de 1984 percevaient cet objet, une sorte d’alien-Computer, une dérive inexorable à un moment où le constructeur n’a sans doute plus rien à dire mais veut encore retenir ses acheteurs.

C’était une erreur … Mon regard d’aujourd’hui est tout autre. Le PC-1350 est une vraie évolution des Pockets Computers initiaux. Evidemment qu’il n’est plus une calculatrice. Il en possède encore des fonctions mais c’est désormais bien plus que cela. Son écran graphique, sa mémoire vaste, ses nombreux périphériques le destinent à des tâches nettement plus sophistiquées et créatives.

Tenir un PC-1350 en mains aujourd’hui est un vrai plaisir. L’appareil est lourd, les lignes métalliques nettes. L’écran est confortable et 30 ans plus tard ses proportions ne me choquent plus du tout, au contraire.

Commodore SR-4921

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L’archétype de la grosse Commodore typique des années 70, avec son afficheur à diodes rouges et ses nombreuses et magnifiques touches scientifiques.

Quoiqu’en regardant bien, on se rend compte que celle-ci n’est pas comme les autres.

Vraiment vous ne voyez pas ? Cherchez un peu du côté de la touche EGAL. Eh oui la Commodore 4921 ne possède pas cette touche, elle a, à la place, le “ENTER” (ENT ici) caractéristique de la notation polonaise inverse (RPN en anglais) .

On croit souvent à tort que Hewlett-Packard fut le seul constructeur à implémenter ce mode particulier de calcul. En fait, de nombreuses marques s’y sont essayées à un moment ou un autre, y compris Commodore, avec ce modèle, qui autant que je sache, est unique sur ce point dans le vaste catalogue de la marque.

Il est inhabituel de tenir en main une Commodore RPN, au point que le naturel veut reprendre le dessus, et qu’on se trouve vite face à une machine indomptable. Et on mesure du coup les déboires que peut rencontrer une personne non initiée à ce mode d’entrée des données : il est alors impossible de tirer quoi que ce soit de sa machine.

Comment utilise-t-on une calculatrice RPN ? comment initier la personne ci-dessus ? C’est là que cela se corse car une telle initiation commence toujours par un petit discours sur l’intimidante touche ENTER, puis sur le concept abscons de “notation polonaise inverse”, avec peut-être une tentative audacieuse de prononcer le nom compliqué du logicien polonais qui en fut le promoteur … A ce stade de l’initiation, on a face à soi une personne qui vous écoute encore poliment, mais qui a déjà compris que jamais de sa vie elle n’utilisera une calculatrice aussi inutilement compliquée. Avant qu’elle se sauve, on se dépêche d’attaquer le chapitre de la syntaxe d’entrée mais c’est trop tard, la personne est déjà loin …

Selon mon expérience, c’est tout le contraire qu’il faudrait faire. Ainsi, je fais le pari qu’en deux indications, je puis réconcilier n’importe quel public avec une machine RPN. Tout d’abord, on peut établir une comparaison entre la touche de racine carrée de n’importe quelle calculette, et les 4 touches arithmétiques de ma RPN : ça marche pareil, dans les deux cas, on entre d’abord la valeur, et ensuite on tape la touche de fonction. Ici les touches + – × ÷ ne sont plus les éléments d’une syntaxe mais de simples touches de fonctions : la fonction [SOMME de 2 nombres], la fonction [DIFFÉRENCE entre 2 nombres], la fonction [PRODUIT de 2 nombres] et la fonction [RAPPORT entre 2 nombres]. Comme ces fonctions agissent non sur une seule valeur, mais sur un couple de valeurs, le ENTER vient séparer les deux au moment de l’entrée.

La seconde indication à fournir est l’existence de niveaux sur lesquels les valeurs s’empilent jusqu’à dégringoler par au-dessus quand on dépasse le 4e … Et voilà. En évitant soigneusement les mots qui ferment, on transmet en quelques instants la base indispensable pour comprendre et apprivoiser sans appréhension les réactions de la machine ! C’est du vécu 😉

La notation polonaise inverse est appelée aussi notation postfixe. Cela consiste comme on l’a vu à entrer d’abord les valeurs, puis la touche arithmétique à la fin. Toutes les machines RPN font comme cela. En revanche l’aspect manipulation de la pile (ce que j’appelle les niveaux au paragraphe précédent) peut présenter des spécificités d’une machine à l’autre. Disons-le tout net, le spécialiste Hewlett-Packard est sans soute celui qui en a très tôt offert la version la plus aboutie : tout y est pour piloter cette pile du bout des doigts : la touche FLECHE BAS qui défile en boucle les 4 valeurs de la pile, la touche X<>Y qui permute les deux premiers niveaux, le LAST X qui rappelle la dernière valeur affichée, utile en cas de fausse manipulation. On peut aussi ajouter une duplication systématique du 3e niveau sur le 4e, à mesure que les valeurs descendent, ça n’a l’air de rien, mais quand ça manque, on le remarque.

Et c’est le cas pour la Commodore 4921. Sa pile dispose de 4 niveaux comme une HP, c’est bien car beaucoup n’en donnent que 3, mais elle ne connait pas la duplication automatique du dernier niveau. Pour les curieux qui se demandent quel processeur tourne dans la 4921, en voici la photo.

4921

Hormis la spécificité de la notation polonaise inverse, la 4921 est une Commodore très classique sur le plan des possibilités. La panoplie des fonctions scientifiques est plutôt riche mais on est tout de même en 1978 : la trigonométrie, les logarithmes et leurs réciproques, des touches statistiques bien pratiques, les conversions polaires/rectangulaires.

Trois mémoires sont disponibles, accessibles en faisant suivre la touche mémoire de 0, 1 ou 2 (tiens, ça n’est pas très RPN finalement cette façon de faire, mais ça n’est pas le propos). Le problème, c’est qu’on peut tout aussi bien taper n’importe quel chiffre de 0 à 9, ce sont toujours les trois mêmes mémoires qui seront adressées, chaque mémoire pouvant être atteinte par plusieurs adresses, voilà qui ne peut qu’embrouiller …

Un dernier point, concernant le nom exact de ce modèle. Doit-on dire SR-4921 ou bien RPN4921 ? SR est abondamment utilisé chez Commodore (=Slide Rule) . Une réponse est donnée quand on retourne la machine, la plaque est sans équivoque, on y lit RPN4921.

 Mais comme le manuel indique SR-4921, c’est finalement comme on veut. Et moi je préfère SR-4921

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Commodore LC4512

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Une calculatrice Commodore qui ne serait pas une épaisse machine à petits chiffres rouges, voilà qui serait original.

Le géant Commodore, très présent sur le marché des calculatrices tout au long des années 70 a parfois laissé de côté ses gros afficheurs à diodes rouges pour de modernes et fins dispositifs LCD. Rencontrer ces modèles discrets et peu répandus n’est pas chose facile.

Voici donc la LC-4512, une Commodore scientifique tardive (1978), légère et extra-plate, du moins pour la partie clavier.

Le moins que l’on puisse dire, c’est que ses formes ne sont pas habituelles. Est-ce en raison de la tradition maison du profil biseauté ? ou de la nécessité de caser les deux lourdes piles AA ? Toujours est-il que le profil est inédit, avec une zone clavier étonnamment mince qui se termine par un afficheur fortement incliné à 40°. L’originalité se poursuit avec de larges dentelures sur tout le pourtour.

Côté technique, la LC-4512 est une scientifique complète, non programmable, animée par un processeur Toshiba, le même sans doute que dans la Toshiba SLC-8300, sa jumelle technique. L’afficheur, jaune, typique de cette période, est à 8 positions avec zone d’exposant dédiée et un splendide témoin “Error” qui donne envie de tenter toutes les frappes interdites juste pour le plaisir de le faire surgir …

Le clavier est d’une grande qualité. Les touches sont quasiment affleurantes, leur course est très courte et pourtant un déclic souple et net accompagne dans la douceur chaque appui.

Avec ses touches de couleur vives, l’écran jaune, son design unique, une belle qualité de construction, la Commodore LC-4512 est une machine de caractère, qui en met plein les yeux, et restera sans doute et c’est dommage l’une des dernières calculatrices produites par le géant Commodore.

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SHARP PC-1201

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Qui pourrait deviner en regardant cette image que 2 ans et demi seulement séparent ces deux machines ?

Celle de gauche est typiquement une calculatrice scientifique des années 70 : un afficheur fluorescent vert strictement numérique, des commutateurs latéraux, un interrupteur mécanique.

La machine de droite est l’ultra moderne et célèbre PC-1211 de 1980, ordinateur de poche programmable en langage structuré, pourvu d’un clavier de type ordinateur et d’un écran alphanumérique LCD à faible consommation.

Malgré ces différences qui frappent l’oeil, il semble bien qu’un lien de filiation rapproche ces deux machines.

Dans leur nom tout d’abord. Ici l’acronyme PC-1201 ne signifie plus Pocket Calculator comme pour les précédentes calculatrices SHARP, mais bien pour la première fois Pocket Computer. Car le SHARP PC-1201 est lui aussi programmable. Il offre 128 pas de capacité, et gère les codes combinés, c’est-à-dire qu’un pas lui suffit pour stocker à la fois l’instruction et son adresse.

L’éditeur est confortable, on peut relire en avant, en arrière, insérer, effacer. Les instructions sont constituées de codes formés sur les numéros de ligne et de colonne. Les sauts, conditionnels ou non, les appels de sous-programmes sont disponibles ainsi qu’une batterie de 4 tests. Et détail insolite : un buzzer qui fait bip à la frappe de chaque instruction. Mais pas de bip possible en dehors de ce contexte.

Ajoutons une caractéristique importante, d’avant-garde : la mémoire continue ! L’extinction n’efface pas la mémoire. Le logement classique des 2 piles “bâton” AA comporte un petit compartiment contigu qui abrite à cet effet deux petites piles “bouton”.

On peut penser qu’en 1977, année de lancement du PC-1201, une calculatrice dotée de tel atouts était assimilable à un ordinateur, à l’instar de l’étonnante CASIO FX-201P, solide programmable de 1976. Tout comme elle, le SHARP PC-1201 fut complètement inconnu sur le marché français de cette époque.

Du côté des fonctions de calcul, le PC-1201 présente des caractéristiques plutôt classiques, des fonctions scientifiques, une touche d’accumulation statistique pour les moyennes, de bien pratiques Int et Frac (partie entière / partie décimale). Douze mémoires, dix chiffres (12 en interne). La rapidité de calcul n’est pas élevée (447 secondes pour cumuler les sinus de 0 à 360) mais pas ridicule pour l’époque.

Il se murmure çà et là sur le net que le PC-1201 permettrait l’adressage indirect, c’est à dire l’utilisation d’une adresse qui serait elle-même le contenu d’un registre. Bien qu’une mémoire soit repérée par un symbole mystérieux (s), rien n’est avéré et personne ne semble avoir pu mettre en évidence cette possibilité. Le manuel serait une bonne source d’étude mais j’avoue ne pas le détenir, et reste donc sur ma faim sur ce point.

Sur le plan esthétique, le SHARP PC-1201 est une très jolie machine. Un bémol cependant sur la sérigraphie des légendes de fonctions. Outre le fait que certaines d’entre elles ont tendance à s’effacer avec le temps, l’usage qui y est fait de minuscules et majuscules peut donner un aspect un peu étrange au clavier.

La construction est solide, le PC-1201 s’allume sans souci malgré les années et fonctionne de façon absolument normale, et la mémoire continue est un vrai atout. Deux années après le lancement de ce calculateur-ordinateur, SHARP dévoilera le PC-1211, qui n’aura plus rien à voir avec lui. L’âge d’or des années 80 vient de s’ouvrir.

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AGILIS ESR-222

 

Qui se souvient d’AGILIS ?

Toute une gamme de calculatrices furent commercialisées sous cette marque au cours des années 1976-1978, ou du moins à l’automne 1977, quand je fis l’acquisition de ma toute première calculatrice, l’AGILIS 535.

J’ai conservé cette machine un an. Au cours des années suivantes, je n’ai plus jamais vu ou entendu parler d’AGILIS

Plus récemment, internet a pu m’apporter de maigres éléments, les informations se révélant malgré tout rarissimes pour cette marque qui n’a fait que passer sans imprégner les mémoires. Comble de malchance, sur internet le nom Agilis est abondamment associé à une certaine espèce de lézard et aussi à un type de pneu d’automobile, d’où des requêtes qui empestent le caoutchouc et renvoient des tonnes de reptiles. Forcément cela n’aide pas à progresser.

Au fil du temps j’ai tout de même pu reconstituer une ébauche du catalogue AGILIS (à défaut d’avoir les modèles). D’abord les plus petites : 101111111-A121 141. Puis de plus puissantes : 505515525535545. Et un haut de gamme scientifique dont je ne connais qu’une vignette minuscule, pour ainsi dire rien : la 555. On trouve aussi la trace d’une 808, et aussi celle d’une 212.

Le catalogue comporte peut-être encore des trous. C’est même certain car qui connaît l’AGILIS ESR-222 ? Ce modèle n’est référencé par aucune base de données. Pourtant il existe, puisque j’en détiens un.

Ce modèle m’a été donné par un ami de retour d’une brocante. Il ne fonctionnait pas et je n’ai pas réussi à améliorer les choses, c’est le moins que l’on puisse dire puisque maintenant des fils orphelins dont je ne sais que faire se promènent librement à l’intérieur.

C’est vraiment dommage car le modèle est scientifique, cela signifie aussi qu’il n’y a pas que la 555 qui le soit dans le catalogue AGILIS.

Et s’il existait malgré tout un bon moyen d’en savoir plus sur ce modèle mystérieux ? L’ESR-222 me parait être la jumelle technique d’une autre calculatrice qui, elle, fonctionne toujours : la KOVAK P-82. Les touches, légendes et appariements ne laissent pas la place au doute, en particulier le “F” qui possède sa propre fonction secondaire, en l’occurrence “x²”. Les commutateurs de l’AGILIS se retrouvent sur la KOVAC, en position latérale.

Ce sont les mêmes machines.

Ci-dessous les deux calculatrices, d’aspect fort différent mais de circuits identiques.

 

Un grand merci à gege 

 

CASIO FX-201P

casio_201p

Comment expliquer que l’existence d’une telle pépite ait pu m’échapper pendant tant d’années ?

Quand je lisais l’Ordinateur de Poche au début des années 80, deux marques se partageaient l’essentiel du marché des machines programmables puissantes, en France du moins : Hewlett-Packard et Texas-Instruments. Leurs chevaux de course se nommaient HP-65, HP-67, HP-41, HP-29C, HP-34C ou TI-SR56, TI-SR52, TI-57, TI-58, TI-59 …

Des marques japonaises comme CASIO ou SHARP étaient surtout renommées pour des machines simples, à quatre opérations ou scientifiques peu originales.

Dans son grand article portant sur les machines programmables du moment, le magazine nous faisait assister à ce qui ressemblait aux débuts prometteurs des deux japonais, enfin décidés à jouer des coudes avec les constructeurs américains. SHARP, avec un PC-1211 dernier cri, qui recueillait tous les superlatifs des rédacteurs, et CASIO, qui ne montrait encore qu’une classique mais très moderne calculatrice programmable LCD, la FX-502P, dont les auteurs de l’article se montraient prudents à prophétiser l’impact.

Sauf que les deux grands japonais n’étaient pas complètement novices. Ils brillaient depuis quelques années, mais ailleurs. SHARP, avec un très intéressant PC-1201 ainsi que l’étonnant combiné (presque de poche) PC-1300, et CASIO avec une gamme d’énormes machines, la 201P ici présente, la 202P à mémoire permanente, et le PRO FX1 (*), équipé d’un lecteur de cartes magnétiques, à l’instar des reines HP-67 et TI-59.

Voilà que trente ans plus tard, je découvre la CASIO FX-201P, machine très originale, produite en 1976.

L’aspect est étonnant, les dimensions inhabituelles : 17,2 cm de haut, 10,4 de large, 3,4 d’épaisseur, 364 g en ordre de marche, 6 rangées de touches en bas, 7 en haut, c’est du hors-norme. La machine est belle, l’esthétique n’est pas brute mais soignée, avec des courbes discrètes qui en font un très bel objet.

Bien que machine de poche, la prise en main nécessite un peu d’habitude. A ce sujet, nous trouvons peut-être ici l’explication des touches absentes du clavier, fait coutumier chez CASIO. Pourquoi en effet laisser un trou en bas entre les touches EXP et =, et en haut à droite sous START ? Pourrait-il s’agir d’une aide à la préhension, le pouce d’une personne droitière trouvant tout naturellement sa place dans cet emplacement libre. Idem pour l’espace du bas qui permet d’attraper fermement la machine sans appuyer sur aucune touche. C’est spéculatif mais je parie dans ce sens.

Point paradoxal, la FX-201p ne possède pas un grand nombre de fonctions préprogrammées, contrairement à ce que suggère la profusion des touches. Nous trouvons les racines, les logs, la trigonométrie et c’est à peu près tout. Les touches aux légendes les plus mystérieuses sont réservées à la programmation de ce qui, en 1976, se classait davantage comme un ordinateur qu’une calculatrice. Témoin, la position “manuel” du sélecteur de programmation qui sous-entend que la règle est avant tout ici le calcul programmé.

La documentation est indispensable pour s’approprier le protocole de programmation. On découvre alors un système souple, puissant, et finalement simple. L’affichage n’étant pas alphabétique, les touches ont leur code, souvent un mélange de chiffres et de caractères étranges. Les codes sont gravés sous les touches correspondantes, ce qui facilite la relecture des programmes. Les données d’entrée et de sortie bénéficient de leur propre touche : ENT pour introduire les paramètres et ANS pour afficher les valeurs de sortie. A noter que deux lumières rouges à la base de l’afficheur fonctionnent de concert avec ces touches. Le test IF, très particulier, porte sur trois statuts à la fois : inférieur, égal, supérieur, et effectue les branchements en conséquence. Les sous-programmes et l’adressage indirect sont gérés.

Les défauts dont souffre la 201P sont la limitation de la mémoire de programme : 127 pas seulement, c’est peu, et elle n’est pas permanente. La vitesse de calcul n’est pas vertigineuse, on s’en serait douté pour une machine de 1976. Le test du calcul programmé de cumul des 360 sinus est exécuté en 11 minutes, soit 660 secondes. Les futures HP-41, TI-59 ou SHARP PC-1211 tourneront entre 290 et 400 secondes. Mais les suivantes, HP-15C ou TI-66 feront pire que la 201P.

Que manquait-il à ce superbe calculateur, que les machines modernes apporteraient quelques courtes années plus tard ? Une imprimante, une interface cassette ? Rien de tout cela ici. la CASIO 201P n’offre aucune connectivité, excepté le cordon mural d’alimentation 220V.

A bien regarder, il existe pourtant un compartiment mystérieux, accessible en ôtant une vis au dos, qui montre ce qui ressemble fort à un port de connexion. Mais je ne sais pas encore à quoi.

(*) Cette famille de calculatrices comprend aussi la PRO-101, absolument introuvable et connue par 2 ou 3 photographies de prospectus (japonais) d’époque.

AJOUT DU 1ER NOVEMBRE 2019 : Tout peut arriver à notre époque. Voici que la légende PRO-101 vient de prendre forme. La PRO-101 existe bien, elle a été aperçue par un collectionneur que je connais bien (ce n’est pas moi malheureusement) qui est parvenu à se la procurer. Ce modèle est maintenant chez lui et les premières photos ont été prises. Félicitations à lui !

SHARP EL-531

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Chez SHARP, le numéro 531 fut abondamment décliné au fil des âges.

Il se pourrait bien que le modèle ci-dessus soit le tout premier, produit dès 1983 ou 1984.

Je me souviens bien de ces machines pour les avoir parfois utilisées à cette époque. Elles étaient généreuses : Une jolie petite machine scientifique puissante, pas chère du tout, avec un bel affichage confortable une autonomie de plusieurs milliers d’heures (10.000 pour le modèle 4 opérations – 2 piles AA tout de même). Et aussi les toutes premières touches gomme.

Pour changer les piles point de couvercle à ôter : on appuie sur la languette du haut et c’est l’ensemble de la façade arrière qui s’ouvre.

 

CASIO CP-400

Il est plus facile de faire le tour d’un hameau que d’arpenter chaque rue d’une grande capitale. Quel peut être le regard d’un passionné d’anciennes calculatrices sur un sujet vaste comme le moderne CASIO CP-400 ?

Peut-être vaut-il mieux se limiter à la périphérie de la mégalopole, qu’on observera d’un œil candide du plus haut d’une tour, pour ne pas se perdre …

Un peu d’histoire.

Peu après l’an 2000, CASIO lance une calculatrice de conception entièrement nouvelle. Il s’agit du ClassPad 300, machine graphique formelle et programmable à écran piloté par stylet.

Entièrement nouvelle ? je me souviens de l’effet de surprise quand je l’ai découvert. Impossible pour moi de ne pas y voir, du moins dans la philosophie, le projet Xpander du concurrent HP : même écran tout en hauteur, même clavier réduit à sa plus simple expression, le stylet, la géométrie …

Quelle qu’ait été la source d’inspiration, le ClassPad fut bel et bien produit, ce ne sera pas le cas du Xpander, dont le projet fut abandonné.

Le ClassPad 300 ne sera pas un franc succès. Pour autant, CASIO ne renoncera pas à le pérenniser, lançant à sa suite un 300S de meilleur écran, puis un 330S, et enfin en 2013 le CP-400.

Observer du haut d’une tour permet de profiter de points de vues inhabituels. Par exemple sur la genèse de ces modèles. Quand on considère aujourd’hui les 300 et 400, la filiation, la continuité semblent aller de soi.

Pourtant mine de rien ce sont deux philosophies indépendantes qui ont sécrété ces appareils. Ainsi le 300 de 2003 colle à son temps : celui du Palm Pilot bien sûr et autres appareils à stylets qui sont alors partout. Le stylet est d’ailleurs l’argument accrocheur du prospectus ClassPad. En 2013, dix ans plus tard, une éternité s’est écoulée. Qui se souvient des Palm Pilot ? Le CP-400 surfe désormais sur la mode des écrans tactiles, celui des tablettes, des smartphones, des automates de guichets, pilotés par le mouvement d’un index d’une virtuosité inconnue en 2003.

Le CP-400 incorpore encore un stylet, mais il se commande tout aussi bien du doigt qui pointe ou qui glisse. Deux machines de conception similaire, pour deux contextes sociétaux pas tout-à-fait identiques.

Avec son grand écran couleur HD tactile le CP-400 frappe fort. La technologie retenue ne permet pas le zoom par le pouce et l’index, mais la navigation reste très confortable. Notre smartphone nous a accoutumé au basculement d’écran. On pense que le CP-400 en fera autant. La fonctionnalité est bien gérée mais pas automatique (touche dédiée) et tous les modes ne l’autorisent pas, c’est dommage.

Braquons un instant notre longue-vue sur l’appareil. Le dessin est soigné, le matériau plastique dur et brillant lui donne belle allure. L’épaisseur, le poids (4 piles AAA) restent prononcés. Un écran magnifique, immense et très coloré, du moins lors de l’invite de menus. Passée l’invite, l’environnement de travail sera dans des tons plus pastels.

L’utilisateur du ClassPad 300 n’est pas vraiment dépaysé. Il retrouve avec plaisir un système d’exploitation discret mais riche et interactif. A l’utilisation le CP-400 se montre très sérieux, voire austère tant il se presse de vous emmener dans son monde rempli d’équations mathématiques plus complexes les unes que les autres.

Le clavier virtuel est pratique. Il a progressé mais reste perfectible, la touche d’affectation de variable n’étant pas encore disponible pour tous contextes.

La programmation est bien sûr possible et puissante là aussi. A la marge, on pourrait juger les programmes peu lisibles, les caractères se montrant trop agglomérés les uns aux autres pour dessiner une structure claire. C’est anecdotique sans aucun doute, mais d’autres font mieux de mon point de vue.

Fin de cette présentation d’une machine de haut de gamme très puissante. Il existe sur le Net des pages écrites par de vrais spécialistes. Le lecteur désireux d’en apprendre plus sera bien inspiré de ne pas se contenter de cet article qui ne fait effleurer le sujet.

Une petite digression pour finir. Lors de son lancement en 2003, le premier ClassPad fut présenté par Casio comme la toute première calculatrice graphique à stylet. Or c’est faux, puisqu’une telle calculatrice a préexisté : la SHARP EL-9600.

 

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NTC-1003

NTC1

C’est sans doute injuste mais les faits sont là, le prof de français vient de me flanquer une punition : Décrire en 60 lignes une calculatrice extraordinairement banale, tellement impersonnelle qu’on a le sentiment qu’on aura fini avant même de commencer …

Je me livre donc à cet exercice aride dont je sais qu’il ne sortira rien de miraculeux, de la banalité ne surgira aucune pépite cachée.

A première vue, la NTC-1003 serait une sorte de Casio. La position de l’afficheur, ainsi que l’allure générale, le dos, la trappe à piles rappellent la Casio Fx-80 par exemple. Pourtant après vérification, le dos est une imitation. La Fx-80 possède un dos similaire mais pas rigoureusement identique dans ses proportions. La trappe de cette dernière s’ouvre d’ailleurs par un mouvement latéral et non du bas vers le haut. La partie qui surplombe l’afficheur, avec sa dizaine de stries horizontales, témoigne d’une solide volonté de ressembler à une CASIO coûte que coûte.

Le détail ultime qui montre que ce n’est pas une CASIO : les quatre touches arithmétiques ne sont pas disposées en carré mais en ligne.

Nous avons donc très vraisemblablement affaire à une machine construite sous licence SHARP. L’examen des légendes de touches montre une grande familiarité avec la gamme de calculatrices scientifiques SHARP. Le test Forensics donne d’ailleurs le même résultat que pour la SHARP EL-531, et beaucoup d’autres machines issues de cette sphère prolifique.

Avec une particularité quand même, la fonction CN (Change Notation) capable de traduire un affichage avec exposant, en affichage avec tous les chiffres possible. Cette fonction n’est pas répandue chez les SHARP. On la trouve sur une EL-5805, figurée par deux flèches opposées disposées horizontalement, et aussi la EL-531. Plus inattendu, le CANON F-300P, de signature Forensics quasi identique présente une touche CN lui aussi.

D’autres particularités apparaissent quand on observe de près le clavier. Si le témoin LCD “2ndF” existe, il est en revanche activé par une touche “F” inhabituelle chez SHARP. Idem pour la commutation en mode statistiques repérée par un “σSET” inédit.

D’où peut donc bien provenir cette machine ? Quel constructeur l’a produite ? Quand ? Mon prof de français est décidément machiavélique, pour ne pas dire plus, car rien, aucune inscription ne peut m’aider dans cette recherche.

En particulier, cette calculatrice ne montre pas de marque commerciale apparente. Elle s’appelle juste NTC-1003. NTC n’est pas une marque, c’est plutôt un simple préfixe dont le “C” signifierait sans doute “calculatrice” ou quelque chose comme ça. NTC est de toute façon un acronyme inconnu dans le monde des calculatrices. Pas d’inscription non plus au dos, rien de rien. Pas de numéro de série non plus, bien qu’un emplacement soit prévu sur la coque.

Alors, ouvrons la machine et regardons ce que les circuits peuvent nous apprendre. L’ouverture ne présente pas de difficultés. Deux vis à ôter, la coque à déclipser avec un objet style carte bancaire ou analogue. Et là encore, un désert informatif. La puce est carrée, noire, totalement muette. Le PCB (la carte mère) ne souhaite pas en dire plus, le seul indice visible est une minuscule et laconique inscription perdue au milieu des circuits, en quelques lettres et chiffres, dont je ne sais tirer quoi que ce soit.

J’ôte les 5 ou 6 vis qui relient le PCB à la face avant. J’ai maintenant accès à la nappe caoutchouc, en un seul morceau, chargée d’établir la liaison entre les doigts et les circuits. Je note un inhabituel relief, les touches ont en effet une course longue, avec un toucher un peu dur et imprécis. Avant de remonter l’ensemble, j’en profite pour passer un coup de chiffon sur la face interne de l’afficheur, quelque peu poussiéreux.

Faisons un point à ce stade sur la progression de cette méchante punition. A peine 30 lignes écrites, qui ne font guère avancer l’étude. Je pourrais changer la taille de la police de l’article, de façon à arriver plus vite aux 60 lignes. Mais si l’artifice était découvert en fin de compte, et qu’il conduise à 60 lignes supplémentaires, je m’en mordrais les doigts … Donc décrivons encore.

Allumons la calculatrice. Pas de problème, tout fonctionne malgré l’âge perceptible de la machine. Quel âge au fait ? Une nappe caoutchouc en un morceau, un afficheur gris, une mention “Auto power off” en façade permettent de placer le curseur sur une période de production allant de 1980 à 1985. Avant 80, les machines n’avaient pas encore l’arrêt automatique, après 85, c’était devenu si naturel qu’il n’y avait plus lieu de le rappeler en façade. La nappe caoutchouc fait office de touches “gomme”, pas si anciennes que ça non plus. Et l’afficheur gris colle avec la datation lui aussi. Et on peut ajouter l’interrupteur, logiciel et non plus mécanique, et la boucle est bouclée.

Dix chiffres s’offrent à l’utilisateur. C’est toujours appréciable. Ce qui l’est moins, c’est l’extrême finesse du point décimal, quasi invisible pour qui n’a pas un oeil de lynx. Quant aux témoins LCD ils sont, sans surprise, ceux de nombreuses SHARP.

Ce clone technique de SHARP et visuel de CASIO, comme il en existe tant, fut-il construit en Europe de l’Est ? En Allemagne ? En Argentine ? En Australie ?

Ce modèle a été déniché dans un dépôt de l’association Emmaüs du Nord de la France. C’est donc sans doute en France que fut achetée cette machine à l’origine. Et longuement utilisée, car les patins sont très usés. La calculatrice était par ailleurs couverte de poussière quand elle a quitté le dépôt.

Sachant qu’un clone est forcément vendu moins cher qu’une machine de marque, j’en déduis que la NTC 1003 était une calculatrice de faible prix. Ce point est corroboré par les légendes de touches dont certaines semblent littéralement avoir été gravées à main levée !

J’arrive au terme de cette sévère punition, mon éditeur de textes me montre 54 lignes, et je dois en produire 60. Je n’ai plus rien à dire … Je n’ai donc pas le choix, je dois rendre mon article tel quel, en espérant que le prof comprendra finalement qu’il est impossible de tirer plus d’eau en pressant du sable …

Mais miracle !  au moment où j’appuie sur “publier mon article”, celui-ci se voit proprement et automatiquement reformaté en un texte de … 68 lignes … Ouf

Merci au lecteur de m’avoir accompagné durant cette triste présentation. Bon OK, je n’ai pas de professeur, et ceci depuis plus de 30 ans maintenant, mais des punitions comme celle-là, et même pire que celle-là, leur souvenir m’accompagne encore parfois. Le caractère remarquablement sobre de la NTC-1003 les a fait ressurgir une fois encore, mais juste pour rire cette fois.

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Texas Instruments n’Spire CX

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L’exemplaire photographié ici est un modèle tardif : n-Spire à batteries et écran couleur.

Quelle drôle de machine que la Ti n’Spire. Rien que son nom est déjà une curiosité. Parions que personne n’est certain de savoir bien l’écrire. Faut-il une apostrophe ? une majuscule ? à quel endroit …

La Ti n’Spire est apparue vers 2007 sous la forme d’une machine de grandes dimensions, évoquant l’univers professionnel de la technique. Cette calculatrice graphique de haut de gamme innovait dans quatre directions :

  • Un écran remarquablement défini : dans les rayons des magasins, l’écran était systématiquement recouvert d’un film cellophane figurant un affichage type. On devinait une définition inouïe, somptueuse, presque incompréhensible. Le film cellophane était-il un tantinet optimiste ? Machine en mains, les pixels étaient bien perceptibles quoique minuscules, l’écran étant incontestablement défini, et tout en niveaux de gris.
  • Une vitesse de calcul alors inconnue dans le calcul de poche. La n’Spire sera la calculatrice la plus rapide des années durant.
  • Un système d’exploitation de type ordinateur bureautique : On peut aimer cet environnement bureautique très organisé ou bien au contraire trouver de la lourdeur dans cette logique de type ordinateur familial.
  • Un arrêt pur et simple de l’offre de programmation. Les tout premiers modèles ne sont tout bonnement pas programmables, c’est une première pour une calculatrice de haut de gamme. Doit-on y voir une conception inachevée ? Ou bien un choix délibéré de tourner une page, le pari d’une programmation qui n’intéresse plus, qui n’est plus requise ? Quelles qu’en soient les raisons, les évolutions ultérieures intégreront un module de programmation, qui ne gérera jamais l’aspect graphique cependant, la n’Spire assumant du coup difficilement son rôle de haut de gamme face à une Ti-89 Titanium de conception plus ancienne, mais nettement plus brillante sur ce point, et indéfectiblement appréciée de son public.

Plusieurs évolutions de n’Spire se succéderont au fil du temps. Alors que la toute première disposait d’un clavier alphabétique composé de petites touches parsemées sur toute la surface du clavier, le modèle suivant dédiera la zone inférieure de la machine au clavier alphabétique. Puis l’écran couleur fera son apparition sur la n’Spire CX, modèle à batterie à la physionomie fine et légère. A ce jour, aucune n’Spire n’offre la technologie tactile. Pourtant, le touchpad, dispositif pilotant le pointeur par l’index, à la manière d’une souris, semble la légitimer depuis longtemps.

De tous temps, deux offres de n’Spire furent disponibles : Avec système mathématique CAS, ou pas. Une version à clavier interchangeable exista au tout début. Elle permettait de transformer sa n’Spire non CAS en Ti-84.

Machine hors-normes, la Ti n’Spire ne peut pas être résumée ni même approchée dans le cadre de cet article élémentaire. Pour qui souhaiterait aller plus loin, le Net compte heureusement nombre de solides pages sur ce sujet de spécialistes.

 

TI-83 PREMIUM CE

TI-84CE2

La TI-83 PREMIUM CE est la version actuelle de la prolifique TI-83, lancée en 1996. Les fonctions de calcul sont aujourd’hui plus nombreuses, mais la philosophie générale est restée similaire, la vraie nouveauté étant ici l’afficheur lumineux, en couleurs, HD, une merveille. Depuis la CASIO Prizm (2010 déjà), quelques écrans couleur ont vu le jour ici et là, sans jamais inquiéter le moins du monde le classique LCD gris à gros pixels, un peu moins cher, plus pratique avec ses piles classiques, davantage passe-partout aussi, car c’est un fait que le marché des calculatrices se montre frileux à l’égard des innovations depuis plusieurs années.

Exceptée la toute dernière : le mode examen. La PREMIUM en est affublée, tout comme les récentes CASIO. Pour l’explorateur de calculatrices, ce n’est pas une bonne nouvelle. En quoi consiste le mode ? L’étudiant en salle d’examen est tenu de commuter sa machine en mode examen. Dès lors, la mémoire interne susceptible de contenir de supposées antisèches n’est plus accessible. Une diode rouge montrera à l’examinateur que le mode est bien actif. Et impossible pour un tricheur de sortir du mode à sa guise : on ne sort du mode examen qu’en se branchant par câble à une autre TI analogue. C’est d’ailleurs là que les ennuis commencent pour qui commute par erreur sa machine …

Cela dit et ce n’est que mon avis, d’un point de vue scolaire, il semble sain de neutraliser la tricherie, et de préserver les étudiants de la tentation de tricher, ce qui était si facile avec les machines précédentes. Toutes les fois qu’il m’est arrivé de parler calculatrices avec mes collègues, j’ai entendu les mêmes choses sur les antisèches, systématiquement utilisées par toutes et tous, bons élèves et cancres confondus. Ce ne pouvait être satisfaisant. Naturellement, on n’empêchera pas un as du bricolage électronique d’ajouter une diode fictive, mais au moins on n’est pas plus dans la tricherie institutionnalisée.

Et puis après tout, les calculatrices de poche ne sont pas faites aujourd’hui pour les nostalgiques de la grande époque, mais bien majoritairement pour la sphère scolaire.

Ce ne fut pas toujours le cas. Un glissement s’est opéré, plus ou moins naturellement. Tentons de nous remémorer comment les choses sont arrivées, quand et pourquoi. Retraçons de façon simplifiée les grands épisodes du phénomène calculatrice :

La calculatrice de poche apparait au tout début des années 70. L’objet est alors réservé aux utilisateurs fortunés, aux entreprises. Les premiers modèles scientifiques arrivent vite (HP-35), puis les programmables. Puis en 1976, le phénomène explose, les prix baissent, la calculatrice est l’objet magique que tout un chacun veut avoir, pour des besoins sans doute surévalués. Ainsi les calculatrices s’invitent au supermarché où le client contrôle en temps réel le montant du caddy, dans la voiture pour la consommation d’essence, dans le meuble secrétaire pour le suivi du relevé bancaire ou des impôts …

Les calculatrices programmables seront volontiers assimilées à des ordinateurs, parlant le même langage informatique et réservées aux techniciens, informaticiens, ingénieurs … Les machines programmables, puissantes, hors de prix, subiront une mutation importante au cours de la première moitié des années 80, avec l’arrivée des ordinateurs de poche qui en bouleverseront le concept.

Mais la mode s’essouffle, l’utilisateur lambda s’est lassé de programmer. Quant à la calculatrice, elle est devenue au fil des mois une calculette, outil banal qui a également cessé d’étonner. Au milieu d’un creux de vague, Casio innove et sort la calculatrice graphique, capable de traduire en tracés toutes sortes de fonctions mathématiques. Les autres suivent, une mode est lancée. Elle va comme un gant à la sphère étudiante. Les calculatrices ne séduisent plus, faisons-en des amis de l’étudiant. Calquons les fonctionnalités des machines sur les différents programmes scolaires, lançons des modèles adaptés aux classes, aux filières, organisons des formations d’enseignants, des partenariats commerciaux, rendons-nous incontournable dans l’acquisition du savoir mathématique …

Pari réussi. Depuis trente ans maintenant, les calculatrices sont dans les cartables. Les rayons des supermarchés ont leur “mur” de calculatrices, avec des dizaines de références pour un usage en grande partie scolaire. Une offre pléthorique, des constructeurs prospères. On peut juste rester perplexe sur cette survie miraculeuse, qui ressemble fort à un tour de passe-passe commercial, d’autant qu’elle est obtenue au prix d’un renoncement à toute innovation ou originalité qui feraient monter les prix, donc gréver le budget toujours serré des fournitures de rentrée scolaire.

On peut imaginer qu’ailleurs, sur d’autres planètes par exemple, dans d’autres univers parallèles, des scénarios différents ont pu apparaître :

Embarquons dans notre astronef et allons voir … Alors que sur la majorité des planètes survolées, les calculatrices de poche évoluées ont quasiment disparu sitôt la grande mode passée, sur la planète Tritonia, on trouve un GPS qui a connu le destin des calculatrices terriennes : D’abord petit appareil de navigation qu’on fixe au pare-brise de la voiture, avec son fil qui se tortille joyeusement et vendu par 2 ou 3 sociétés innovantes, le GPS s’est rapidement trouvé fondu dans l’équipement de série des véhicules. Les constructeurs de GPS portables ont décidé de ne pas mourir et, moyennant l’ajout de cartes géographiques et de bases de données encyclopédiques, se sont invités dans les cartables en tant qu’ami indispensable de l’étudiant en géographie.

Histoire équivalente sur l’astéroïde habité Zébulus, où ce sont les appareils traducteurs nomades qui sont devenus le conseiller spécial en langues étrangères du lycéen, quand les traducteurs en ligne les ont dépouillés de leur utilité.

Et pour continuer notre voyage spatial, jetons un œil au hublot sur un univers quasi perpendiculaire où les étudiants comblés disposent d’un assistant personnel surpuissant combinant géographie, langues, sciences, économie … tous les modules de l’enseignement …

Sur Terre où ce combi providentiel n’a pas vu le jour, les élèves n’ont que leur obligatoire ami mathématique, qui ne peut désormais plus rien faire pour eux en cas de panne de mémoire en salle d’examen.

Pour nous recentrer sur la TI-83 PREMIUM, saluons tout d’abord un bel objet, recouvert d’un plastique nacré de qualité, au design aussi fin et léger que sa batterie rechargeable le permet, celle-ci montrant une bonne tenue, même après plusieurs semaines d’extinction.

Le clavier de la 83 possède de mon point de vue un excellent toucher. On peut y noter la disparition de la classique séquence “sin cos tan“. Les fonctions trigonométriques sont regroupées sous une unique touche “trig” appelant un menu bien complet. Cela existait aussi sous l’ancienne HP-28S.

Affichage couleur et définition d’écran sont splendides. Toutefois, les tracés se déroulent à l’intérieur d’une sous-fenêtre nettement plus réduite que l’écran principal, c’est dommage. Et ils ne sont pas des plus rapides. De même, la vitesse de calcul ne restera pas la meilleure de son époque. A contrario les dessins programmés ne souffrent d’aucune lenteur excessive.

La programmation de cette TI typique est vraiment aisée. Et la relecture des programmes est rendue confortable par une excellente lisibilité du code. Programmer est un vrai plaisir avec cette belle TI 83.

MBO ALPHA 4000

MBO_4000

On jurerait l’avoir déjà vue quelque part.

La MBO A 4000 est le type même de calculatrice extra-plate de la fin des 70e. La 4000 est la petite soeur de la 5001, membre de la grande famille des machines à processeur NEC-1856G.

La 4000 est plus simple, plus ancienne aussi. Elle est d’ailleurs la parfaite jumelle technique de l’archaïque SEARS LC-87.

Les deux MBO, 4000 et 5001 présentent un aspect quasi identique. Il y bien longtemps, en 1980, j’avais vu dans un magasin de matériel de bureau de Soissons une calculatrice qui ressemblait beaucoup à cette 4000. Elle était vendue très chère (399 Francs), sous la marque SANYO. Quand j’ai trouvé bien plus tard la MBO 5001, j’avais cru la reconnaître. Mais du coup avec cette 4000 que je découvre, je ne sais plus laquelle des deux est la SANYO de mes souvenirs. Et je ne le saurai jamais.

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LLOYDS ACCUMATIC 650

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La LLOYDS E650 est une impressionnante calculatrice de 1976, tant par l’austère classicisme de sa façade métallique que par le grand nombre de fonctions disponibles.

L’afficheur, tel l’oeil d’un cyclope, surprend. Sa disposition inclinée permet indéniablement un bon confort d’utilisation.

Le poids de la machine, les assemblages donnent l’image d’une construction sérieuse, très robuste.

Les fonctions sont abondantes. Scientifiques, statistiques, et une arithmétique complète en mémoire. La LLOYDS 650 ne cache pas sa parenté technique étroite avec d’autres modèles stars de son époque : CITIZEN SRII, ELITE 7004SR, MBO ALPHA 3000, RADIO-SHACK EC-495, TOSHIBA SC-7500, et sûrement d’autres.

Ici aussi, 5 mémoires. La N° 4 est préemptée par les fonctions statistiques, et se vide d’un simple C/CE !

A l’allumage, la 650 montre toujours 4 décimales par défaut. Le pilotage des décimales et de la notation avec exposant de 10 est assuré par la touche HYP, pourtant bien dédiée par ailleurs aux calculs de trigonométrie hyperbolique.

Les touches carrées, notamment celles de couleur jaune sont typiques de la marque LLOYDS. Tout comme la désignation ACCUMATIC. Quelle peut en être l’origine sémantique ? Suggère-t-elle la présence d’accus, et donc une portabilité qui restait un luxe en 1976 ? ou bien doit-on entendre Accuracy, c’est-à-dire précision, exactitude ? Peut-être les deux …

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TI-30 Galaxy

TI-30-GALAXY

Un emblème de la tendance Galaxy, cette gamme de calculatrices de format horizontal lancée par Texas-Instruments au début des années 80.

La TI-30 fut décidément un modèle de toutes les époques, énormément diffusé, décliné sous toutes formes et couleurs. La toute première fut une grosse calculatrice à chiffres rouges. Des milliers d’exemplaires plus tard, la TI-30 poursuivait sa carrière avec un afficheur moderne à cristaux liquides. Plus tard encore, la TI-30 prenait une disposition horizontale, en pleine mode des Pockets Computers. Hewlett-Packard faisait de même avec ses modèles “Voyager“.

La TI-30 Galaxy n’a pas été ma TI-30 préférée. Son allure me heurtait : une disposition horizontale dont je ne voyais pas l’utilité, un petit afficheur standard perdu dans les quinze centimètres disponibles, de grosses touches carrées pleines de points antidérapants … Cela me faisait l’effet d’un gros jouet en plastique.

Mon petit frère en son temps eut sa TI-30 Galaxy, qu’il a bien usée. Aujourd’hui je constate que cette version reste très appréciée, recherchée en occasion, elle a bien marqué les esprits.

En cherchant sur le net, j’ai appris qu’il avait existé deux TI-30 Galaxy distinctes, l’une produite en 1984 au Japon (c’est la mienne), une autre en 1987 en Italie. Bien que d’aspect identique, elles n’ont pas les mêmes circuits, et pas le même nombre de piles.

Question fonctions, la TI-30 Galaxy est très banale, mais guère plus finalement que la TI-30 ECO RS, la déclinaison 2016 de l’immortel numéro 30.

Pour aller plus loin, le Datamath Museum

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