TEXAS-INSTRUMENTS TI-30X PRO MathPrint

La TI-30X PRO MathPrint est une calculatrice bien actuelle, qui ne semble pas vendue en France où l’on trouve à sa place la TI-36X Pro dont elle est une version voisine.

Sortie en 2018, la MathPrint est dotée d’un afficheur spécifique à 4 lignes. La dalle LCD, continue, compte 192 X 64 points avec zones de 12 X 14 allouées à l’expression des chiffres espaces compris (image ci-dessous), ceux-ci étant exprimés en 10 X 14 points.

Une machine légère et précise, à alimentation solaire complétée par 2 piles plates CR2032.

La TI-30X présente deux discrètes particularités, qu’elle partage peut-être avec la TI-36X Pro, ce que je n’ai pas pu vérifier. La première concerne la précision de calcul, de 10 chiffres affichés, plus 3 chiffres de garde, comme l’annonce le manuel. Pourtant il semble en exister 3 de plus qui montrent parfois leur nez.

• Par exemple lors d’une entrée dont la réponse sera symbolique. Par exemple SIN(75) qui renvoie l’expression (√(6)+√(2))/4, qu’on traduira numériquement grâce à la touche ≈ qui renverra alors 0.965925826.

Les chiffres masqués, découvrables par ANS – 0.965925826 montreront 2.891E-10.

La valeur exprimée avec ses 13 chiffres significatifs sera donc 0.9659258262891.

Mais si l’on demande directement SIN(75)0.965925826, la réponse sera cette fois 2.890682E-10, avec une précision de 3 chiffres de plus pour un total de 16, soit  0.9659258262890682.

 

• L’autre particularité est la gestion interne de valeurs comprises dans l’intervalle :

1E100 ≤ valeur < 1E+128

et bien qu’un message de dépassement de capacité vienne censurer toute tentative d’afficher un résultat supérieur à 9.999999999999 E+99.

En conséquence, demander la factorielle de 84 (84! ≈ 3,314240135E+126) aboutit logiquement au message d’erreur, alors que demander la division de la factorielle de 84 par 1E+27 (84!/1E27 ≈ 3.314240135E+99) sera géré, avec affichage du résultat, compatible cette fois avec la capacité d’affichage.

Scénario différent dès 85! (85! ≈ 2,817104114E+128). L’opération échouera car c’est maintenant la capacité de gestion interne qui est atteinte.

Ce tableau schématique résume cette observation :

Les plages avec exposants de 10 négatifs sont soumis à cette même tolérance de dépassement.

 

 

 

SHARP EL-5020

On ne parle jamais beaucoup de la SHARP EL-5020. C’est pourtant une riche machine scientifique, dotée de capacités de programmation.

Bien que ces dernières soient assorties de possibilités d’édition intéressantes et que les tests conditionnels soient nombreux, les possibilités de branchement et surtout l’extrême frugalité des 40 pas de programme disponibles méritent qu’on passe rapidement à d’autres sujets.

A l’utilisation de la EL-5020, on se voit confronté à un protocole d’entrée des données se voulant naturel mais finalement peu intuitif, qui empile les termes d’une proposition en affichant ce qu’il peut au travers d’une bien étroite matrice de points tout à gauche, jusqu’au dénouement par appui sur la touche EGAL. Ce dispositif qui sera remplacé dans les machines à venir par un plus confortable écran Entrée/Sortie à deux lignes fait cependant le maximum pour rester pratique. Par exemple il est possible d’appliquer une fonction « préfixe » – comme racine carrée, cosinus, logarithme … –  à un nombre déjà affiché en la faisant suivre de EGAL, ce qui pallie l’absence de touche ANS. Il est aussi possible de désigner un membre d’une expression arithmétique en tant que constante.

La EL-5020 revendique sur sa boîte 202 fonctions, pas une de moins. SHARP a souvent communiqué sur le nombre de fonctions de ses machines. Certaines comme la EL-5000 ou EL-5800 le revendiquent en façade (39 fonctions pour la 5000). A première vue il semble bien difficile de recompter pour vérifier – et tomber juste surtout. Pourtant SHARP persiste et signe et publie sur certains de ses manuels un tableau qui dresse l’inventaire exact des fonctions – et accessoirement renseigne sur le raisonnement retenu par SHARP pour définir sa notion de fonction. C’est le cas dans les toutes dernières pages du manuel de la 5020. On retrouve de tels tableaux dans les manuels des EL-5120, EL-512S, EL-9200, pourtant riche machine programmable et graphique, et sûrement d’autres manuels SHARP.

Ci-dessous l’image de la boîte de la EL-5020 et de la page du manuel dressant l’inventaire des fonctions : il y en a bien 202!

La SHARP EL-5020, made in Thailand, peut être datée du début des années 90. Je ne sais malheureusement pas interpréter le numéro de série 1C02X, le 2 pouvant signifier 1992 ?

Les afficheurs LCD des SHARP modernes vieillissent parfois mal, les segments LCD ayant tendance à s’escamoter. Ici aucune trace de vieillissement n’est perceptible.

L’afficheur avec ses (4 ?) petites matrices de points surmontées de témoins spécifiques. Le nombre des points de chaque matrice peut aller de 5X5 (affichage de légendes en minuscules) à 5X7 points (Légendes avec majuscules). Ci-dessous la fenêtre affichée lorsqu’on demande un arc cosinus hyperbolique.

Ci-dessous la carte électronique de la SHARP EL-5020

 

Commodore 776M

Dans une autre présentation, celle de la Sperry-Remington 663, je découvrais l’existence d’un afficheur limité à 6 positions. Je n’imaginais pas qu’il pût exister des modèles à 7 chiffres !

La Commodore 776M, calculatrice basique s’il en est, ne peut gérer de nombres supérieurs à 9.999.999, quand l’immense majorité des machines offrirent très tôt les 8 chiffres « réglementaires », rouges, verts ou oranges, voire 10, pour les modèles scientifiques.

Le boîtier de la 776M est identique à celui de la SR7919, qui, elle, déroule sans difficultés son ruban de 8 chiffres.

Je parie que le « 7 » du milieu de « 776 » traduit cette caractéristique.

La 776M, en dépit de ses 19 touches, n’est pas si dépourvue que cela. En particulier sa touche de pourcentage est pratique et intuitive, c’est loin d’être toujours le cas. Par exemple, pour ajouter 9% à 102, il suffira de taper le plus simplement du monde : 102 + 9 % =. Pour retrancher, le principe est le même, et la multiplication affichera le pourcentage d’une valeur.

La touche de mémoire s’utilise de façon franche elle aussi. Pour stocker, on tape M et pour rappeler … on tape le même M. Bien que la touche soit unique, la Commodore sait toujours ce que vous souhaitez faire, et pour cause : Le M qui stocke doit être utilisé pour un résultat, donc après pression sur la touche EGAL. Hormis ce cas, M retournera le contenu de la mémoire.

L’excellent état de fonctionnement de ma 776M m’étonne, vu son âge et sa technologie d’affichage par chiffres rouges gros consommateurs d’énergie. Elle s’alimente avec une simple pile de 9 Volt. Or brancher ce type de pile est toujours délicat : l’extrémité des câbles sortant de la machine est conçue pour mordre solidement les deux ports de la pile. Pour les déconnecter, il faut souvent user de fermeté, tandis que la préhension des câbles entre deux doigts est malaisée. Dans ces machines anciennes, il n’est pas rare de voir ces câbles fragilisés, voire hors service, quand ils n’ont pas tout simplement disparu. Les changements de piles étant rendus fréquents par l’afficheur glouton, je suis tenté de conjecturer que les machines en état de fonctionnement aujourd’hui ne furent que peu utilisées au cours de leur vie. Tant mieux pour les amateurs !

Merci à kweeky

CASIO 991 EX « Classwiz »

Nous trouvons là une présentation moderne de la CASIO FX-991, modèle scientifique de haut de gamme bien connu depuis bon nombre d’années.

La ligne Classwiz nous montre une façade d’un plastique dur particulièrement soigné. Mais aussi un afficheur d’une grande définition. Outre la possibilité d’y représenter un menu d’accueil riche et d’aspect graphique, les caractères alphanumériques présentent un dessin autrement plus sophistiqué que ceux des traditionnelles et pourtant déjà bien lisibles matrices 7 X 5 pixels. Il est vrai que les afficheurs modernes se doivent aujourd’hui d’être capables de restituer non seulement des caractères européens fidèles mais aussi japonais voire chinois, un gros défi.

Regardons les chiffres de la 991 EX de plus près. Tentons à cet effet une photographie en mode « macro ». L’éclairage nécessaire et le talent m’ayant manqué pour réaliser de bonnes photos publiables, j’en propose une représentation à l’aide du quadrillage d’un tableur.

 

Des matrices 12 X 9 sont à l’oeuvre pour dessiner une véritable fonte, avec empattements, pleins et déliés, asymétries.

La Classwiz n’est pas la seule calculatrice actuelle à proposer une telle définition. Regardons comment se débrouille la Texas-Instruments TI-30X MathPrint Pro.

Soumise au même protocole de représentation, voici à quoi ressemblent de près les chiffres de la concurrente de la Classwiz 991.

Des matrices de 14 X 10 pour la texane, au dessin vu comme plus simple en raison du trait toujours en double épaisseur. On voit un 5 bien reconnaissable dans tous les affichages graphiques de TI, avec sa barre supérieure un peu longue. A part le chiffre 1 tous les autres utilisent les 10 pixels de largeur.

Ne lâchons pas la loupe et regardons d’autres modèles, comme le CASIO CP 400

Cette fois il s’agit de matrices 13 X 9. Seul le chiffre 4 tire parti du 9e pixel.

Passons au modèle suivant avec l’ancienne CASIO CG-10 « Prizm » :

Avec une matrice de 19 X 15, nous trouvons là le summum de la finesse, avec des traits triples, des empattements pour tout le monde, des asymétries, des « pompons » pour le 2, le 3, le 5, le 6 le 9, la jambe du 7 présentant un galbe impeccable. Ici aussi, seul le 4 appelle le pixel le plus à droite.

Poussons encore la curiosité et regardons la TI N’spire ancienne génération et la HP Prime.

Pour cette dernière je ne sais que penser. Je n’ai pas réussi à conclure si la technologie de l’écran couleur montrait de légers artefacts ou bien si, typographie ultime, les chiffres étaient subtilement complétés de pixels en divers niveaux de gris. En tout état de cause, je reproduis ci-dessous les cinq premiers chiffres issus de pixels incontestables et les cinq autres complétés aux bons endroits des pixels fantomatiques que j’ai cru (et je voudrais y croire) y déceler. Il est certain qu’à la loupe, la police apparaît plus belle que la représentation des 5 premiers chiffres ci-dessous. A noter que deux 4 consécutifs se touchent toujours dans une Prime.

 

Enfin dernier modèle scruté, une TI NSPIRE de première génération, à écran noir & blanc.

La NSPIRE est généreuse, elle offre trois fontes différentes, celle active en ligne de saisie, une autre en mode édition, et aussi une italique, plus belle en vrai que celle d’aspect squelettique et tourmenté représentée ici.

Toutes les fontes que nous venons de passer en revue sont en chasse fixe, soit non proportionnelles, c’est-à-dire qu’un étroit 1 mobilisera, au même titre que le large 4, la matrice entière, avec la conséquence inesthétique d’un espace déséquilibré entre certains caractères. C’est aussi le cas pour la NSPIRE, mais seulement pour les chiffres, les caractères alphabétiques sont gérés de façon proportionnelle (17 « W » à la suite saturent la largeur de l’écran, contre 51 « I », 21 « A » ou 26 « E »).

Les matrices numériques de la NSPIRE sont de type 11 X 7. Ces fontes ne sont donc pas les plus riches, en particulier celle du mode édition, strictement filaire, sans empattements. Même le 7 ne comporte pas de retour vertical supérieur gauche, ce qui m’amène à une réflexion en forme de conjecture …

En effet, se pourrait-il que dans les représentations antiques par matrices de 7 segments, le trait vertical supérieur gauche du 7 parfois retranscrit mais pas toujours (ci-dessus) corresponde à un empattement en germe ? je n’ai pas la réponse.

Enfin, je mets ci-dessous quelques exemples de fontes informatiques classiques. Je crois voir du « Terminal » chez TI – le 8 et la longue barre horizontale du 5 – du « Bodoni » chez CASIO, avec les « pompons » … Quant au 8 où gauche et droite sont parfois asymétriques, c’est encore une autre influence …

Dans cette présentation, l’écran de la FX-991 vole la vedette à sa propriétaire, dont il est finalement peu question ici. La FX-991 sera regardée de plus près dans un prochain article qui devrait la comparer aux TI-30X MathPrint Pro, CANON X MARK I PRO et SHARP EL-516, soit des calculatrices scientifiques de gamme supérieure modernes.

Concernant la petite étude sur les fontes à laquelle je me livre, je termine en précisant que chaque fois que j’ai eu le choix, j’ai utilisé la plus grande des polices proposées par la calculatrice.

Dominique

 

SHARP EL-5804-5809

Deux jumelles au format « règle » millésimées 1978.

J’ai découvert la SHARP EL-5804 et son format inhabituel dans un catalogue La Redoute en 1979. Bien plus tard j’ai appris qu’elle avait une jumelle, la 5809.

Si cette dernière dispose des fonctions scientifiques classiques, la 5804 ne donne que le strict minimum. Elle comporte pourtant une touche mystérieuse dont la légende associe l’élévation à la puissance au symbole du logarithme népérien. Que se passe-t-il quand on la sollicite ?

Je ne peux y répondre qu’indirectement, mon exemplaire acquis de fraîche date refusant de fonctionner. Je l’ai pourtant ouvert et y ai diagnostiqué un câble décroché que je n’ai pas réussi à bien relier.

Heureusement je dispose du manuel, au même format allongé. On y lit que la touche peut s’utiliser de deux façons. Soit en élevant classiquement une valeur « y » à la puissance « x ».

Et dans ce cas on assiste après pression à l’affichage furtif du logarithme naturel utilisé par l’algorithme, valeur qui s’escamote à l’entrée de l’exposant. Ce fait est courant sur les machines anciennes. Le résultat final s’affiche par appui sur EGAL.

Pour la seconde façon, on aurait presque envie de crier à l’imposture, à tort mais n’anticipons pas. En effet, alors que l’affichage furtif du logarithme constitue encore un archaïsme en 1978, bientôt gommé définitivement, voilà que SHARP bombe le torse et proclame une fonction supplémentaire. L’utilisateur veut obtenir la valeur d’un logarithme naturel ? Qu’il enfonce la touche d’élévation à la puissance et note sans aller plus loin l’artefact affiché. Il n’y a même plus besoin d’une touche dédiée sur le clavier.

N’est-ce pas un peu dangereux malgré tout ? car maintenant, une valeur « y » attend la suite de l’opération, c’est à dire une valeur « x » et l’appui final sur EGAL, seul moyen en principe de terminer le cycle de l’opération en cours qui sinon risque de perturber tout calcul futur.

Quel dommage de ne pouvoir vérifier machine en main.

A moins qu’il y ait une ruse…

Je vais tenter de trouver une machine de substitution possédant le même circuit de calcul, que je dois avant tout identifier. Il existe un moyen simple pour cela : consulter la table de Mike Sebastian (*), qui recense le résultat au test « Forensics » d’une grande quantité de machines, et donc la signature de leur processeur.

Je découvre en consultant la table que la EL-5804 est proche parente de la SHARP EL-5800, modèle en ma possession et en état de marche.

La 5800 n’a pas besoin de la touche à double légende car elle offre sur son clavier les deux types de logarithmes, naturels et décimaux. Et chose curieuse, la valeur retournée par ces touches dédiées ne dépasse jamais 7 chiffres, alors que l’appui sur celle d’élévation à la puissance en renvoie 8 pour le logarithme intermédiaire. Le résultat de l’opération réciproque « e puissance x » est d’ailleurs moins exact avec la touche dédiée au logarithme qu’avec l’artefact intermédiaire, c’est un comble.

Ce dernier, seconde curiosité, peut être utilisé tel quel, sans jamais perturber les calculs futurs. Car la touche puissance est soigneusement isolée de tout calcul en chaîne. Dès qu’une touche d’opérateur est tapée, tout repart de zéro en abandonnant sur place l’opération précédente non achevée. En conséquence, la légende double de la EL-5804 n’est pas un abus de langage, c’est bien une touche qui réalise deux opérations distinctes, une à deux termes, et une à un seul terme.

Les deux machines 5809 et 5804 semblent s’adresser à deux publics différents. La 5809 a un aspect classieux, métallique, elle prend place dans un coffret rigide et soigné. La 5804, à la livrée sombre plus simple, bénéficie d’une housse de belle facture, moins flatteuse cependant.

 

 

La SHARP EL-5800 et la signature Forensics de sa puce

 

La table des résultats du test Forensics. Merci à M. SEBASTIAN pour cet énorme travail.

https://www.rskey.org/~mwsebastian/miscprj/forensics.htm

HANIMEX MCM 1266

Mais qui était HANIMEX  ?

On croisait souvent des calculatrices de cette marque dans les années 70. Mais internet m’apprend que ce constructeur d’origine australienne était spécialisé de longue date dans les appareils de photographie (*).

La calculatrice de table ici présente se rencontre sous d’autres marques. La MCM 1266 est une machine « moderne », bien éloignée d’une illustre Casio 121-E par exemple. Elle fut produite à proximité de l’année 1980. La notion de totalisateur, lu et vidé par les traditionnelles fonctions S◊ et T∗ en vigueur dans le monde des machines de table n’a plus cours ici. La touche ÉGAL est sollicitée tant pour les divisions et multiplications que pour l’addition et la soustraction.

Le clavier possède un toucher mécanique et fiable.

Le manuel, qu’on dirait tapé à la machine à écrire montre en couverture le logo d’HANIMEX : un globe dans un « H » (**).

Les douze chiffres à 7 segments verts sont accompagnés de trois petits témoins : le point pour l’occupation mémoire, une barre verticale pour la condition d’erreur, tout cela en queue de mantisse, y compris le signe MOINS.

Les couleurs de la calculatrice sont vives et harmonieuses. Qui a dit que les travaux comptables doivent être mornes et tristes ?

 

 

(*) https://en.wikipedia.org/wiki/Hanimex

(**) Le logo de la marque

 

CASIO √121-E

Un aspect sans doute banal, mais une personnalité incomparable. Cette simple additionneuse de bureau est, en ce jour de 2021, âgée de 48 ans. Elle est si robuste que son fonctionnement est demeuré intact et fiable.

Quels sont les traits de caractère qui témoignent de son âge ? Un poids important, un afficheur souligné par une réglette mobile, montrant un ZÉRO en demi-hauteur bien peu lisible pour l’œil contemporain, un QUATRE croisé et un splendide signe MOINS constitué d’une barre rouge lumineuse. Signe des premiers temps, des zéros bien inutiles peuplent la gauche de l’écran par défaut. Et pour l’anecdote une belle longueur du fil d’alimentation, générosité qui n’est plus de mise de nos jours.

La √121 est plus qu’une additionneuse. Sinon, pourquoi crânerait-elle à arborer le symbole de racine carrée dans son nom ? Elle dispose bien de la fonction, dont la mise en oeuvre est particulièrement originale. À bien regarder, sur le clavier sa légende voisine avec celle de la division, sur une touche unique. Mais comment indiquer à la machine quelle fonction on souhaite utiliser quand on l’enfonce ?

Une division agit sur deux valeurs tandis qu’une extraction de racine agit sur une seule, voilà la clef.

Si l’on entre un second nombre après avoir enfoncé la touche aux deux légendes, le résultat retourné par ÉGAL sera classiquement celui de la division du premier par le deuxième. Si l’on tape ÉGAL sans entrer de seconde valeur, la √121-E calculera la racine carrée de la première au rythme d’une danse endiablée de chiffres intermédiaires.

Démarche inverse, si l’on appuie sur la touche de multiplication juste avant celle de division, la manœuvre décrite ci-dessus renverra systématiquement des carrés jusqu’à l’appui sur AC.

Concernant le fonctionnement de la mémoire, le stockage et l’accumulation sont assez intuitifs (M+ ou M- inscrits en gros et en gras sur leur touche). C’est moins le cas pour la  lecture du contenu mémorisé. Comment s’y prendre ? Il faut se référer aux couleurs des touches pour comprendre que T, habituellement dédiée à la totalisation de PLUS ou MOINS sur les machines de table est ici entièrement consacrée à la lecture (avec remise à zéro) de la mémoire.

Fait coutumier chez CASIO – et par conséquent déjà en 1973 – un fin film protecteur recouvre les parties métalliques de la machine. J’ai ôté ce film, qui n’avait pas vieilli, n’était ni sale ni ondulé, restituant ainsi l’aspect d’origine ultime de la machine.

Un outrage du temps qu’on ne peut soupçonner sur la photo est l’imprégnation de l’odeur de tabac dont souffrait la √121-E lorsque j’en ai fait l’acquisition voilà quelques années. Quoi de plus normal pour une machine ayant traversé les âges depuis le début des années 70 ? Après avoir abandonné la machine à l’air libre dans mon garage pendant deux semaines, l’odeur de tabac – qui n’est donc pas une fatalité – a fini par disparaître complètement et pour toujours.

 

 

 

Texas Instruments TI 57 II

Au long de cette présentation, trois machines font l’objet d’une comparaison. Pour une meilleure clarté, leur nom a reçu une couleur, la plus ancienne TI-57 en rouge (comme ses chiffres), la plus récente TI-57II en gris (sa couleur dominante, voir ci-dessus) et entre deux, la TI-57LCD en bleu (idem). Bonne lecture

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Une nouvelle évolution du fameux numéro 57.

Produite à partir de 1985, la 57-II succède à la jolie 57 LCD, désignée remplaçante en 1982 de la primordiale TI-57 de 1977.

Les 57 LCD et 57 II ne sont pas les premières TI à offrir un afficheur LCD, une génération de calculatrices extraplates est déjà passée. Mais à quoi assiste-t-on ? Tout se passe comme si Texas Instruments n’avait pas été convaincu en tous points par ce premier essai.

Longtemps, les calculatrices TI ont été pourvues d’afficheurs à diodes rouges, bien lisibles sous diverses inclinaisons. Or, le cristal liquide favorise moins la vision oblique et c’est peut-être la raison qui va pousser le constructeur à incliner désormais l’écran de plusieurs familles de modèles qui arrivent.

Si la TI-57LCD revendiquait le rôle modernisé de la 57, la 57-II sera surtout la remplaçante de cette même 57LCD, dont la faiblesse du clavier ruinera malheureusement la carrière.

La modernité technologique et le design ne pourront cependant pas reléguer aux oubliettes la toute première TI Programmable 57 de 1977, dont tant avaient déploré la portion congrue des 50 petits pas de programmation. Petits ? Voilà un important malentendu. Jamais la 57 n’a, à proprement parler, lésé l’utilisateur sur ce point. Ses pas de programmes ne sont pas petits, ils sont énormes. Les codes sont si condensés qu’ils encouragent fatalement des programmes ambitieux, dopés de surcroît par l’arithmétique complète en mémoire, programmes qui butent à un moment donné sur une barrière, que l’astuce réussit pourtant à faire souvent reculer.

Pour comparer, le même programme de 50 pas sur TI-57, recopié « bandeau sur les yeux », occupera +/- 80 pas (*) sur TI-58.

Défendons encore la vénérable 57 sur ce point. Même si elles ne sont pas réductibles en pas de programmes, les huit mémoires – pas moins – sont bien présentes en appui des programmes. Les nouvelles 57LCD/57-II pratiquent aussi les codes combinés mais sont bien plus chiches en mémoire. Ici c’est seulement 48 pas de programme maximum, et à condition de se contenter d’une seule mémoire après avoir converti les autres en pas de programmes disponibles.

Pour se représenter la mémoire grain par grain, on pourrait dire que la TI-57 première du nom embarque 50 pas (cf. tableau) de mémoire programme + 8 mémoires (constituées chacune de 8 pas) soit 64 pas, et donc l’équivalent de 114 pas dans l’absolu (car ses mémoires ne sont pas convertibles). Pour les 57LCD/57-II, le même calcul donnerait 56 pas, ce qui est bien loin du compte pour qui se présente en successeur.

Quel statut pour le registre « t » chargé de contenir la valeur visée par les tests ? Il peut être utilisé en tant que mémoire supplémentaire – plus limitée car dépourvue d’arithmétique directe – pour les LCD/57II tandis qu’elle est confondue avec la mémoire n° 7 pour la première.

Prendre la place d’une TI-57 n’est pas chose facile on le voit. Il faut assurément un progrès technologique : l’afficheur LCD pour le confort visuel et l’autonomie, un bon clavier enfin, tout cela est désormais dans le génome de la 57 II de 1985. Fallait-il absolument une mémoire plus vaste que celle du modèle, chose que les TI 57 LCD/57-II ont complètement ratée ?

La TI-57LCD de 1981 arrive quatre années après la TI-57, soit un temps très long en cette période charnière. La 57 avait une vocation marquée d’initiation à l’informatique. Dès les toutes premières lignes du manuel, la touche de programmation LRN est présentée au lecteur comme un compagnon qui va le guider tout au long de sa lecture en l’encourageant à programmer tout problème, petit et grand, qui passerait devant ses yeux. Le manuel ne présente pas seulement les fonctions, il enseigne la programmation, l’usage des sous-programmes, des boucles, de façon méthodique voire académique.

Quatre ans après, quelle est la vocation d’une TI 57LCD ? Les temps de la découverte et de l’initiation à la programmation ont changé et l’ambition de la TI 57LCD aussi. D’un point de vue technique la TI-57-II  de 1985 sera une simple recopie de la TI-57LCD. Le clavier est cette fois excellent, c’est à peu près là toute la nouveauté mais certes, ce n’est pas rien.

Nous voilà face à une simple scientifique modestement programmable. Mais où sont passées les fonctions statistiques de la TI-57 ? Et surtout que sont devenus les petits traits de personnalité qui enflammaient l’enthousiasme des programmeurs en herbe, comme la séquence EE INV EE qui nettoyait d’un coup une valeur de ses chiffres de garde masqués. Ou la condition d’erreur qui faisait clignoter la valeur affichée, effet visuel qu’on a tous utilisé un jour dans nos programmes.

Ici nous avons droit à un message bien propre « Error » qui ne met guère le feu aux neurones. Idem pour la séquence EE INV EE, sans effet occulte. En revanche une TI-57II dont on laisse le programme vide se dérouler jusqu’à la fin reviendra automatiquement au début, quand la TI-57 s’arrêtait en erreur.   

Calculatrice légère, à afficheur LCD faible consommation, mémoire permanente (mais pas d’extinction automatique), et clavier parfaitement fiable 40 ans après – je parle bien de la seule TI-57II sur ce point – il apparaît que le numéro 57 est tout de même usurpé. Pour retrouver la 57 modernisée et offrant autant de mémoire (mais pas plus) il faudra attendre 1986 et la TI-62 Galaxy.

Et un sérieux défaut de conception sur toutes ces petites machines TI de l’époque, la trappe de piles dont l’ergot de fermeture est fin et fragile. Et sans trappe les machines ne peuvent fonctionner puisqu’elle assure le contact des piles en les comprimant avec son ressort. Une trappe cassée, c’est une machine jetée. Dommage.

Pour finir, comment ne pas être frappé, quand on programme une calculatrice de cette époque, par l’archaïsme de l’absence de fonctions d’entrée et de sortie ? Les capacités de programmation, parfois sophistiquées (TI-58), abandonnent l’utilisateur sitôt la touche de lancement de programme enfoncée. A lui de savoir quelles valeurs entrer et à quel moment une fois l’exécution lancée. A lui de savoir interpréter la valeur affichée et la suite à donner quand le programme s’arrêtera. Bien sûr, ce mutisme est la conséquence d’un affichage encore exclusivement numérique, sans possibilité d’afficher des messages en toutes lettres. A tout le moins aurait-on pu afficher un point d’interrogation à 4 segments + point lors de la demande d’information, et un autre d’exclamation pour l’affichage des résultats. Mais tout se passe comme si la verbalisation informatique, énorme apport des machines Basic du début des années 80, était encore à rêver pour ces petites machines.

(*) Au sujet du « pas » : Le terme « pas » est souvent employé pour caractériser la taille de mémoire programme disponible d’une calculatrice et correspond à une ligne de code à exécuter. Ce n’est pour autant pas une unité universelle car le pas peut contenir plus ou moins d’information selon la machine. Par exemple, un seul pas de TI-57 peut contenir le code généré par l’appui de ces quatre touches : INV 2nd Prd 5. Ces mêmes quatre touches consommeront 3 pas successifs dans une TI-58 (1 pour INV, 1 pour 2nd Prd, 1 pour 05). Les possibilités accrues de la 58 n’autorisent plus le code combiné, et donc une affirmation comme : « une TI-57 offre 50 pas et une TI-58 offre 480 pas » est incomplète et ne permet pas une vraie comparaison.

Le tableau ci-dessous, empirique et fait pas mes soins, résume la « cartographie » de la mémoire des machines évoquées au fil de cette présentation. J’y ajoute la TI-65, machine originale que tout le monde ne connait pas.

(*) En puisant dans la littérature de la TI-57, je me suis amusé à recopier divers programmes, tels quels et sans chercher à adapter, dans la mémoire d’une TI-58. Un ratio moyen et approximatif de 1,6 a pu être dégagé entre le nombre de pas consommés dans une 58 et dans une 57. Ce qui revient à dire que 50 pas de TI-57 équivalent grosso modo à 80 pas de TI-58.

 

Ci-dessous, extraits des manuels, je reproduis quelques tableaux de la partition mémoire.

  TI-57LCD :

 

  TI-57II :

 

   TI-62 :

 

   TI-65 :

CASIO PB-100 / 200

Année 1982, le paysage traditionnel des calculatrices est chamboulé depuis l’arrivée en 1980 du Sharp PC-1211 qui a créé un formidable effet de surprise. Avec son aspect et sa philosophie d’ordinateur de poche, une nouvelle norme apparaît. Jusqu’alors les calculatrices avaient apporté le calcul facile pour tous, les ordinateurs de poche ajoutent la programmation facile pour tous et systématisent la connexion de périphériques optionnels de sauvegarde et d’impression, ainsi que les extensions de mémoire vive.

Le premier contemporain du SHARP fut probablement le PANASONIC HHC présenté dans le magazine L’Ordinateur de poche au 3e trimestre 1981. Mais le vrai concurrent, inattendu, sera CASIO qui rendra coup pour coup dans cette période de déferlement de modèles.

La première réponse sera pour octobre 1981 avec le FX-702P, machine ne ressemblant à aucune autre, présentant un clavier alphabétique rangé précisément dans cet ordre et non au format QWERTY, ainsi qu’un langage de programmation Basic fortement personnel et un statut revendiqué en façade de « Programmable calculator« . Un an plus tard entre en scène celui qui sera son premier « Personal computer« , le PB-100.

Ce tout petit appareil assume bien ce statut. Un clavier alphabétique et un autre numérique. Pas de fonctions scientifiques apparentes, tout se tape de façon littérale. Seule une petite légende Pi perdue parmi les ordres basic évoque à juste titre le calculateur scientifique.

Comme tout ordinateur de poche le PB-100 est pourvu d’un afficheur à matrices de points, capable d’afficher des caractères alphanumériques, spéciaux, et même des lettres minuscules. L’écran est cependant de dimensions réduites. Seize caractères seulement, le PB-100 ne revendique pas il est vrai le haut de gamme, CASIO confiera bientôt ce rôle au PB-700, lancé au 2e semestre 1983.

A noter que l’écran du PB-100 est petit mais malin. Pour économiser l’espace lors de l’affichage de nombres au format scientifique, CASIO invente un symbole d’exposant – traditionnellement la lettre E – capable d’intégrer le signe MOINS qui du coup ne mobilise pas d’espace supplémentaire en cas d’exposant négatif.

L’offre PB-100 sera vite complétée d’un PB-200. La différence entre les deux ? Le premier a une toute petite mémoire de 544 octets pouvant être étendue par un module optionnel à 1568 octets. Le PB-200 offre en standard les précieux 1568 octets mais ne peut recevoir de module d’extension.

Petit appareil au design coloré et entièrement métallique, le PC-100 sera beaucoup diffusé, et deviendra la base de nombreuses versions. Une lignée est née, CASIO est prêt pour le futur.

 

Les trois premiers ordinateurs de poche de CASIO : en bas le FX-702P d’octobre 81, le PB-100 au milieu et le puissant PB-700 d’octobre 1983 en haut.

 

 

TI-nspire -Version TI-84

Je me demandais depuis longtemps comment ça pouvait marcher.

Parmi les nombreux visages que présenta la TIspire jusqu’à nos jours, il en fut un, peu banal, qui en 2007 offrait en série une parfaite comptabilité avec une autre calculatrice de la marque, la TI-84, et ce dans un but de compatibilité avec les salles d’examens.

Deux claviers interchangeables étaient disponibles pour transformer l’une en l’autre. Il faut noter à ce sujet que contrairement à la SHARP EL-9900 au clavier réversible ayant requis l’étude d’un boîtier spécifique, les spire, du moins celles à piles AAA ont structurellement un clavier amovible, les piles s’insérant clavier déposé.

L’énigme est ailleurs : Une spire, c’est rapide comme l’éclair et ça affiche des caractères fins et définis. Tandis qu’une TI-84 montre des pixels de taille classique et des chronos plus modérés. A quoi va ressembler cette drôle de 84 une fois le clavier idoine en place ? Héritera-t-elle de la vélocité, de la mémoire, de la définition de la machine hôte ? Et sera-t-elle seulement programmable ?

Ayant acquis récemment cette machine à double personnalité, je vais pouvoir chercher les réponses.

Je mets en place le clavier 84 et appuie sur ON. La spire affiche alors une barre de progression indiquant le chargement du système d’exploitation (message identique pour l’un et l’autre clavier). L’écran nous informe furtivement que nous sommes en présence d’une TI-84 Silver Edition puis ajuste l’écran en le bordant de fines bandes sombres. Nous voilà face à une TI-84 à la mine – du moins l’écran – parfaitement authentique, avec de gros chiffres de 5 X 7 pixels et une vitesse de calcul qui n’est pas celle, bien plus élevée, de la machine hôte mais bien d’une classique TI84 Silver Edition. La mémoire libre affichée est de 24,317 K plus 1540 K d’archivage, soit loin des 27.8 méga-octets du mode spire.

La schizophrénie semble totale. Mais comment cela marche-t-il ? Avons nous affaire à deux électroniques spécifiques embarquées dans le même boîtier, à savoir deux processeurs, deux puces mémoires … Ces puces 84 ne seraient-elles d’ailleurs pas implantées sur le clavier 84 lui-même ?

Démontons pour regarder.

Comme on peut le voir sur les photos, le clavier amovible n’embarque aucun processeur ou puces de mémoire. Quant au PCB de la machine, c’est celui d’une spire, sans rien d’additionnel qui frappe l’œil. La partie TI-84 serait dans ce cas une émulation purement logicielle, un programme inscrit en ROM, tournant sous le puissant processeur de la spire.

Loupe en mains, l’émulation est aussi à l’oeuvre côté afficheur, celui-ci segmentant pour l’occasion sa dalle LCD en zones de 21 X 15 pixels consacrés à l’affichage des caractères, soit 3 X 3 = 9 pixels pour l’émulation d’un point. Le tour de passe-passe est parfaitement invisible à l’œil nu.

Cette TI-84, ici en version 2.46 est pleinement programmable, présentant notamment les fonctions d’entrée / sortie et de tracé programmé que le mode spire ne gère pas encore à ce stade de son existence, c’est un comble.

Avec l’écran géant et le clavier confortable, la TI-84 émulée révèle une vraie qualité bien involontaire: elle est parfaite pour qui n’a plus ses yeux de lynx d’antan.

En conclusion, ayant trouvé trop peu d’éléments sur le net concernant cette machine peu commune, la description à laquelle je me livre ici est tirée de mes observations et peut pâtir de mes faibles connaissances en électronique. Je remercie par avance le lecteur qui en saurait davantage de me corriger le cas échéant.

 

Les photos :

La matrice 15 x 21 simulant celle de 5 x 7 de la TI-84

Des pixels de 9 « sous-pixels »

Le clavier amovible « TI-84 » ouvert

Le PCB de la nspire

 

 

 

 

 

 

CASIO PB-1000

Un des plus puissants ordinateurs de poche, construit par CASIO.

Sorti en 1986, le PB-1000 montre une physionomie étrange, impressionnante. Certes les machines de la famille FX-790P nous avaient confrontés à la couleur sombre et au format repliable. Mais les cotes du PB-1000 sont plus élevées, qu’il s’agisse de poids, d’épaisseur, de surface de clavier. Replié, on a malgré tout affaire à une lourde machine « de poche ».

Au tout début de l’aventure Basic, le SHARP PC-1211 apportait une simplicité bienvenue, la programmation pour tous, par utilité, par plaisir, et même pour s’amuser. A mesure que les successeurs sont arrivés, l’évolution a suivi deux chemins : une simplicité d’utilisation accrue pour les uns, avec une partie calculatrice à droite du clavier pour un usage plus immédiat, tandis que d’autres allaient au bout de leur destinée d’ordinateur sous la forme de machines puissantes, riches, complexes, à ne pas mettre entre autres mains que celles du programmeur passionné.

Le PB-1000 est bien un ordinateur, proposant au besoin (et en option) la sauvegarde sur disquettes !

Dans sa partie supérieure, l’écran à 4 lignes est tactile – une nouveauté – tandis que les 13 pavés de commande sont sensitifs. La partie inférieure est consacrée aux confortables claviers alphabétique et numérique.

Trois petits défauts : le faible contraste de l’écran tactile, et l’obligation d’utiliser l’appareil ouvert à plat, les charnières ne pouvant retenir le poids de la partie supérieure, qui contient notamment les piles. La taille mémoire de base est un peu juste, c’est pourquoi il est fréquent de trouver cet appareil complété d’un module RAM optionnel RP32 de 32 kilo-octets.

C’est par une pile de prospectus en librairie que j’ai découvert le PB-1000 en 1987. Il y incarnait un haut de gamme fabuleux et inaccessible, le produit de l’essor exponentiel de l’informatique portable. On ne pouvait que désirer une telle machine.

Je viens enfin d’en acquérir un exemplaire … près de 35 ans plus tard. L’afficheur est pâle mais tout fonctionne comme si on était en 1986 ! L’exploration peut commencer …

Une fois de plus, je ne peux qu’orienter le lecteur soucieux d’approcher le PB-1000 avec plus de sérieux vers l’excellent site silicium.org.

http://silicium.org/site/index.php/24-catalogue/ordinateurs-de-poche/56-casio-pb-1000

 

Les touches les plus utilisées en Basic sont directement accessibles

 

Le prospectus de la librairie Riez de Cambrai, avec le cachet du libraire, daté de 1987. Il y a bien longtemps que la librairie Riez a cessé ses activités. On trouve à sa place désormais une implantation du géant du livre du Nord : « Le Furet du Nord« .

 

Le prospectus de 1987 dans son intégralité. On peut y déceler un optimisme un peu exagéré : le superbe contraste d’écran, qu’aucun utilisateur ne retrouvera jamais, à moins d’un éclairage particulièrement avantageux. Sur la 5e page, l’illustration montre une utilisation nomade en position debout (3e dessin). Le PC-1000 ne peut raisonnablement être utilisé que posé sur une table ou un bureau, les dimensions et l’instabilité de la position ouverte ne pouvant entraîner que des chutes à mon avis.

TOSHIBA LC-110PV

Une calculatrice à imprimante faussement banale.

Bien sûr ses fonctions sont limitées mais son intérêt est de nous renvoyer d’un coup au début des années 80, avec son affichage jaune bien rétro.

La design de cette TOSHIBA est parfait. Une grande classe, de face comme de profil. Compacte mais lourde avec ses 4 piles AA et somme toute imposante, elle tente pourtant de nous faire oublier ses dimensions.

Ainsi son afficheur est de seulement 10 chiffres. Son rouleau prend beaucoup de place mais ses dimensions sont malgré toutes réduites.

Comme tant de calculatrices au tempérament commercial ou comptable, elle juxtapose deux logiques de calcul distinctes : le pavé de multiplication et division à gauche, et la ligne de totalisation à droite pour l’addition et la soustraction. Pour ces deux dernières opérations, le geste n’est pas inné, il doit s’apprendre. En particulier, point de touche ÉGAL.

On peut illustrer le fonctionnement typique de cette machine en jouant à extraire une racine carrée, celle de 42 par exemple.

Un petit rappel pour commencer : comment calcule-t-on une racine carrée quand aucune touche ne le fait pour vous ? Il faut tout d’abord user d’intuition et deviner au mieux une valeur approchée (par défaut on peut prendre la moitié du nombre de départ). Ensuite, en divisant le nombre de départ (ici 42) par sa racine approchée, on en trouve un nouveau (différent à moins qu’on ait deviné la racine exacte du premier coup). L’étape suivante consiste à faire la moyenne des deux derniers nombres, celui qu’on vient d’obtenir et le précédent, autrement dit la moyenne du dernier quotient et du dernier diviseur. On poursuit en divisant 42 par cette moyenne, et ainsi de suite. Très vite, les résultats vont se rapprocher pour devenir identiques, la racine carrée est trouvée, à la fois diviseur et résultat.

Pour 42, sachant que la division par 6 donne 7, la racine se situera entre l’un et l’autre. On peut donc commencer le calcul, et pour ce faire, user des deux modes permis par la machine : pavé de gauche et touche ÉGAL pour les divisions, totalisateur de droite pour la somme des deux racines intermédiaires à diviser par 2 ensuite pour en faire la moyenne. La mémoire est précieuse pour stocker et rappeler à chaque fois le résultat précédent.

La bande de frappe reproduite ci-dessous montre la séquence des appuis aboutissant à la racine carrée.

De grands classiques des machines de bureau : la touche double zéro, le sélecteur de décimales, avec la précieuse position « + » souvent appelée A ou ADDqui affiche toute frappe en la positionnant d’office sur deux décimales, sans qu’on ait besoin de taper la touche de virgule à chaque fois. En pratique, ce mode est vraiment efficace. Et aussi la touche « dièse » (*) pour l’impression hors prise en compte dans le calcul. Et classiques parmi les classiques, visibles sur les touches de mémoire, le traditionnel losange symbole de la lecture d’un contenu sans vider le registre, et l’étoile qui lit le contenu et vide le registre.

Quand fut produite cette belle machine exactement, et combien coûtait-elle ? Comment le savoir si longtemps après ?

J’ai la chance de détenir le bon d’achat, qui permit au premier propriétaire d’obtenir une réduction sur le prix, à condition de l’exercer avant … fin octobre 1980, c’est écrit dessus. Sans réduction, la machine coûtait donc 40 Livres Sterling, nous voilà pleinement renseignés.

(*) Mais non, ce n’est pas un dièse, c’est le croisillon, celui d’internet (#) souvent appelé « dièse » à tort. Croisillon (#) et dièse () sont deux caractères typographiques différents, en usage dans deux mondes différents.

KINGS POINT Scientific-33

Voilà une très belle machine peu connue du constructeur Kings Point. Machine de grande dimensions, celles de la scientifique SC60.

La Scientific-33 illustre un trait commun aux calculatrices les plus anciennes, l’oubli. Nombre de modèles ne sont plus référencés aujourd’hui car leur souvenir n’a pas résisté au temps. Peut-être furent-elles peu diffusées, qu’elles rencontrèrent peu d’acheteurs, peut-être étaient-elles fragiles, ou réservées à de rares contrées du globe …

On trouve quelques traces de la 33 sur le net, mais bien peu de photographies. La voici donc.

L’aspect est original mais on ne saurait dire pourquoi au premier coup d’œil. Le modèle est-il scientifique ? Oui car on voit des touches de logarithmes, d’élévation à la puissance, celle d’exposant de dix. Mais les fonctions trigonométriques, pourtant jamais éloignées des logarithmes sont absentes du clavier de cette calculatrice scientifique.

Je connais une machine qui partagerait parfaitement ces caractéristiques : Il s’agit de la Texas instruments SR-16. On trouve d’ailleurs dans l’une et l’autre la puce TMS1001. Si on retrouve bien dans la 33 le ∑+ de la SR-16, en revanche deux fonctions sont absentes du clavier de cette dernière, les A-CLR et D-RCL. A-CLR est un effacement total, mémoire comprise. D-RCL ravive un affichage mis temporairement en sommeil pour économiser les batteries rechargeables internes.

La proximité des deux machines me permet, outre de pouvoir dater la Kings Point 33 de l’année 1974, de pallier aussi un inconvénient sérieux : la 33 ne s’allume pas. De nombreux ponts entre la carte électronique et l’afficheur se sont rompus avec le temps. Un précédent propriétaire a consciencieusement ressoudé trois d’entre eux mais d’autres sont désormais endommagés.

En attendant ma TI-SR16, au fonctionnement intact, m’apprend tout ce que ma 33 ne peut plus me dire. Et le condensé de manuel imprimé au dos aide aussi !

L’inscription en façade Scientific-33 est typique du constructeur, comme on peut le voir sur une autre Kings Point, la petite Scientific-10.

 

Ci-dessous la puce de la Kings Point-33, d’origine Texas Instruments

 

Ajout du 15 avril 2021

En ces temps de confinement, alors que le coronavirus bouscule notre quotidien depuis plus d’an an, voici une image qui retrace le périple accompli du 21 mars 2020 au 7 mai 2020 par cette humble calculatrice venue me rejoindre en France depuis le fin fond de l’Arizona. Le premier confinement était sévère, les entrées et sorties d’un état à l’autre étaient incertains et je me demandais si je recevrais un jour ma machine. Très vite le suivi du colis me montra qu’elle avait rejoint puis quitté Los Angeles. Puis d’un coup les nouvelles s’arrêtèrent. Je la pensais malgré tout arrivée en France et stockée dans un entrepôt en attendant un retour à des conditions de circulation plus normales. Et puis le premier mai, voilà que le suivi reprend vie et m’informe que la KingsPoint vient de quitter Tokyo. Pendant tout ce temps c’est au Japon, tout aussi loin voire davantage, que la machine avait paisiblement attendu. Tout alla ensuite très vite et le 7 mai, je prenais possession de ma nouvelle machine. Il est des circonstances où il est sage de se résigner à la patience …

INTERTON PC 4030

Petite calculatrice scientifique typique de 1976.

Les machines de ce constructeur ont souvent cette ligne compacte qui s’affine en allant vers le bas.

Les touches de la 4030 ont des légendes splendides et parfois inhabituelles. Qui devinerait la signification de 5ʃ8 ? ou du symbole de la  touche en dessous du F, qui pour un peu nous renverrait à l’univers d’ARISTO. Il s’agit en l’occurrence de la spécification du mode angulaire Degrés. Quant à 5ʃ8 il permet d’escamoter l’exposant de dix pour prolonger les 5 digits d’une mantisse vers les 8 digits que peut offrir l’affichage, fonction habituellement nommée CN (pour Change Notation).

Le relatif exotisme du clavier peut s’expliquer par l’origine allemande de la construction, ce que nous apprend le site Vintage Calculator Museum (*). Les productions allemandes – c’est très visible dans les anciens catalogues de vente par correspondance allemands – indiquent volontiers 0 – 1 sur les interrupteurs au lieu de ON – OFF . C’est le cas ici.

Cette INTERTON, modèle scientifique et haut de la gamme est pleine de santé, son affichage est lumineux et vif. Avec 25 touches, le « F » est beaucoup sollicité. Le clavier est cependant devenu hésitant avec le temps. Au bout de quarante ans quoi de plus normal. Et pourtant sa jumelle BROTHER 967, parfaite contemporaine dotée d’une électronique identique ne connait pas cette faiblesse.

(*) http://www.vintagecalculators.com/html/calculator_photo_library_i.html

 

CASIO PB-700

Le PB-700 de CASIO fait partie de la première famille d’ordinateurs de poche, apparus au début de la décennie 80.

Un bref retour en arrière pour situer le contexte : Deux ans auparavant, SHARP crée le PC-1211, machine capable de calcul scientifique, programmable en langage basic. Disposant d’un clavier « QWERTY« , il revendique en façade son statut d’ordinateur sous la formule « Pocket Computer » qui ornera tous les modèles de SHARP à venir.

Le PC-1211 est un pavé dans la marre des calculatrices, personne ne l’a vu venir. Les constructeurs concurrents, au pied du mur, préparent la riposte. Il leur faut avant tout cerner ce qu’est cette machine, ainsi que sa portée : Le PC-1211 est-il encore une calculatrice, une parmi d’autres, à moins qu’il ait vocation à toutes les remplacer, les abolir ? Est-il le visage portable d’une informatique flamboyante qui progresse à grands pas ?

L’offre concurrente se voit forcée d’évoluer de toutes parts, adieu les TI-59, les CASIO FX-502P, les HP-41 (*), bonjour à une machine que l’on doit programmer, interroger, qui, au delà de donner les résultat de calculs, aura l’ambition plus haute et plus générale à la fois de produire un travail en pilotant des périphériques d’impression, de sauvegarde, toutes choses que savaient pourtant faire les calculatrices programmables, mais en plus racé, plus moderne et avec enfin de la mémoire, denrée si comptée jusqu’à présent.

Parmi les premiers constructeurs à réagir, Panasonic avec son HHC plus gros et plus lourd, mais surtout CASIO, dont peu auraient parié à l’époque sur sa capacité à relever un tel défi. Voilà donc que sort fin 81 le CASIO FX-702P. Hormis sa présentation horizontale, il ne ressemble pas beaucoup au 1211. Il est programmable en Basic, dans une version « maison » assez peu universelle – c’est un comble pour ce langage – et arbore un écran tout en longueur, le 1211 ayant fixé la norme. Mais le clavier n’est pas « informatique », les touches sont rangées dans l’ordre alphabétique et pas du tout dans un « QWERTY » de bon aloi.

Énormément de fonctions de calcul sont disponibles, ce sera le seul Pocket Computer de CASIO à se prétendre une « Programmable Calculator« . Ainsi, pour CASIO, en cette époque frémissante où la page est encore grandement blanche (**), un ordinateur de poche est bien avant tout une calculatrice. Pour combien de temps ? L’intuition est-elle la bonne ?

Arrive 1982 et le fer de lance SHARP, le fameux PC-1500. C’est contre cette machine redoutable que CASIO va diriger son PB-700 dès l’année suivante.

Et un contraste : Contrairement au FX-702P à l’orientation encore hésitante de calculatrice programmable, le 700 est, de toutes ces machines qui arrivent, celui qui aura de mon point de vue le plus fort caractère d’ordinateur : Pas de mode dédié à la programmation, toute entrée chiffrée comptée comme ligne de programme, faible commodité en calcul direct en raison d’une différenciation forte entre ENTER et RETOUR FLÈCHE du clavier alphabétique, SHIFT qui fonctionne comme la touche Majuscule des ordinateurs, devant être maintenu pendant l’opération, geste inconnu dans le monde des calculatrices. Et une pléthore de périphériques optionnels. Le nom « PB-700 » ne montre plus le FX des calculatrices et du 702. PB (***) sera la signature des machines CASIO les moins orientées en calcul direct.

D’autres machines verront le jour au cours des années qui arrivent. Relativement peu de constructeurs participeront à cette course. Texas-Instrument et Hewlett-Packard seront peu prolifiques, avec des modèles cependant remarquables. Tous ces ordinateurs font de l’ombre aux traditionnelles calculatrices programmables qui ne disparaissent pas, et adoptent souvent le format « paysage » en vogue. Si les Pockets Computers ne sont plus des calculatrices, ils continueront d’embarquer de solides possibilités de calcul, que celles-ci soient accessibles par touches directes ou non.

Le chemin de l’informatique s’est rapproché de celui des calculatrices programmables au point de le croiser. Il en est surgi un concept ambitieux, étincelant, assemblage harmonieux de deux mondes, tourné vers la modernité technologique la plus frémissante. Les chemins se sont de nouveau séparés plus tard. L’informatique de poche s’est alourdie, restant portable, puis les vrais ordinateurs sont entrés dans les maisons et toujours plus dans l’entreprise, avec des logiciels, des systèmes d’exploitation, des manettes, internet …

Lorsqu’on regarde aujourd’hui ces appareils d’un autre temps, il est possible de se demander si, en dépit de leurs ambitions informatiques, ils pouvaient être autre chose finalement que de simples outils de calcul. Quand on a un écran d’une seule ligne d’une vingtaine de caractères, parfois deux lignes voire quatre maximum, que les piles légères n’autorisent guère de vitesses de travail élevées, quel autre usage peut-il advenir que celui d’une calculatrice. Calculatrice incontestablement d’un autre type. Là ou la calculette scientifique semble constituée d’autant de micro cerveaux que de touches, l’ordinateur n’en aurait qu’un seul, maître à bord, gérant tout, interlocuteur obligatoire de l’utilisateur qui s’adresse à lui au moyen d’un langage et non plus en mode pousse-bouton.

Concernant le PB-700, les prospectus de l’époque le représenteront souvent enchâssé dans la splendide unité d’impression à stylos 4 couleurs FA-10 ou FA-11 avec sauvegarde à cassettes. Ces mêmes prospectus mettront l’accent sur ses belles qualités d’impression, son grand écran autorisant d’impressionnantes prouesses graphiques.

Le lecteur souhaitant en connaître plus sur ce formidable appareil que fut le CASIO PB-700 (et sa variante PB-770 mieux pourvue en mémoire) trouvera matière à satisfaire sa soif de connaissance en visitant ces sites bien complets, celui de Silicium.org, et celui de Ledudu (liens ci-dessous).

Ajout du 9 avril 2022

Ci-dessous une image de la très belle version 770 de 1984.

http://silicium.org/site/index.php/24-catalogue/ordinateurs-de-poche/55-casio-pb-700

https://casio.ledudu.com/pockets.asp?type=24

 

(*) La HP-41 connaîtra une belle et longue carrière et ne sera pas gênée par l’arrivée des Pockets Computers. HP saura pourtant être à la page avec ses fabuleux HP-75 et 71.

(**) Quand sortira le premier numéro du magazine « L’Ordinateur de Poche » (1er semestre 81), l’éditorial lancera un concours demandant aux lecteurs d’inventer un nom pour ces nouvelles machines. A l’issue de cette étonnante consultation, le néologisme « Micropoche » sera retenu, quasiment à égalité avec « Poquette« . Il est vrai que dans ce tout premier numéro, les appareils étaient désignés sous le terme « muet » xxxpoche !

(***) Qui connait la signification de « PB » ? Pas moi en tous cas. Peut-être « Personnal Basic« , ou « Pocket Basic » ou autre chose que Basic, le PB-2000C ne connaissant pas ce langage en natif. PB répond-il au PC de SHARP, sans signification particulière, cela m’étonnerait beaucoup cependant. Peut-être Personnal Base …

 

OLYMPIA LC-391

Une sublime calculatrice « dix chiffres » de 1978.

Fabriquées le plus souvent à Taiwan, vendues à prix doux, ces machines donnaient un formidable coup de jeune à l’offre du moment.

Dotées d’un afficheur LCD généreux à faible consommation au lieu des tremblotants chiffres verts ou rouges gloutons en énergie, un design léger, extra-plat et non plus épaissi par les lourdes batteries, une cohorte de  témoins d’information, on comprend le succès de ces machines vraiment de poche.

L’Olympia LC-391, mue par la puce bien connue NEC-1856G en est l’archétype.

Vendue 169 Francs dans le catalogue des « 3 Suisses » de cette époque et sous la marque Technico, cette fine machine offrait des fonctions pointues.

Outre les logarithmes et fonctions trigonométriques, citons les hyperboliques, les statistiques complètes, les calculs de combinaisons et permutations, les probabilités sous la courbe de Gauss, les factorielles, les conversions angulaires, les conversions polaires-rectangulaires … Plus inattendu, il est possible d’isoler les parties entière et fractionnaire d’un nombre, fonctionnalité plus commune sur les machines programmables.

Pas moins de quatre touches d’appel de fonctions secondes étaient nécessaires pour donner l’accès à la panoplie complète des fonctions : « INV« , « F » pour les fonctions repérées en rouge sur le clavier, « ∑out » pour celles en vert (statistiques), et « HYP » pour la trigonométrie hyperbolique.

Les temps de réponse se révèlent plus rapides que sur la plupart des machines bâties sur ce processeur. L’alimentation est de deux piles bouton 1.5V classiques.

Quelques mois plus tard, de nouveaux modèles apporteront l’extinction automatique, la mémoire permanente, les statistiques à deux variables.

Malgré sa large diffusion à la fin des années 70, l’Olympia LC-391 est très discrète de nos jours. C’est pour moi une grande satisfaction d’avoir pu dénicher ce modèle en 2020.

Ci-dessous la page du vieux catalogue 3 Suisses, avec la Technico au milieu.

Ci-dessous deux sœurs Olympia, séparées par quelques courtes années. Les caractéristiques sont absolument identiques. L’afficheur est simplement devenu gris et ses segments et témoins montrent un dessin très légèrement différent, comme le « o » de ∑out s’affichant ∑Out.

CASIO Classpad 300

Sorti au début des années 2000, le CASIO Classpad 300 apparaît  aujourd’hui bien rétro après avoir incarné la modernité, en particulier depuis l’arrivée de son successeur CP400 à écran couleur.

Sorti en pleine vogue du Palm Pilot et autres appareils pilotés par stylet, la philosophie du Classpad était en rupture avec celle, bien tranquille, des calculatrices programmables de l’époque.

Je me souviens l’avoir découvert dans un encart publicitaire du magazine Tangente, et avoir été étonné par cet appareil étrange, au clavier réduit à sa plus simple expression, laissant toute la place à un grand écran interactif, d’où pouvait surgir au besoin un clavier virtuel ultra complet.

La pensée qui me vint à ce moment précis fut, à tort ou à raison, celle du plagiat : « Casio serait dans le secret allé au bout d’un concept, initié par Hewlett-Packard et abandonné un an avant la date de sortie prévue en 2002″.

Le Xpander de HP avait un aspect et une philosophie approchants : un grand écran, vertical, bien adapté aux fonctions graphiques, de géométrie en particulier, un clavier physique atrophié, le fameux stylet. Mais différences importantes : le CASIO est pleinement programmable et son système d’exploitation est propriétaire, quand HP avait choisi d’implanter une version mobile de Windows.

L’écran du Classpad 300 d’origine n’a pas toujours eu bonne réputation en matière de contraste. Les versions ultérieures comme ce 330S s’en sortent mieux, bien que le ressenti visuel apparaisse aujourd’hui anachronique.

Si l’usage d’un stylet, obligatoire tant il existe de zones interactives minuscules, est désormais déroutant, c’est un vrai plaisir que d’aller à la découverte de toutes ces fonctions implantées dans une interface graphique riche et originale.

L’usage d’un écran de calculatrice vertical n’est pas forcément intuitif. On est bien plus habitué aux écrans plus larges que haut. Du coup, malgré une surface importante, les yeux sont tentés de ne remarquer au début que l’étroitesse toute relative de l’écran. Le Classpad ne s’utilise pas tout-à-fait comme les autres machines, il faut acquérir le geste.

Que penser de ce slogan visible sur la brochure d’époque reproduite ci-dessous ?

Casio semblait méconnaître en 2003 la production des autres constructeurs car, au sens strict du terme, la première calculatrice graphique à écran tactile fut la SHARP EL-9600, sortie 6 ans plus tôt.

CANON X Mark I PRO

Un nom un peu compliqué pour une CANON au design un peu déroutant.

Dessin allongé, extraplat, immaculé, des touches affleurantes tantôt carrées ou rectangulaires, étroitement accolées, tel un quadrillage façon jeu de taquin. En main, la machine respire la qualité. Elle semble bien construite, avec un écran matriciel très contrasté, présentant les nombres avec une fonte généreuse de 9X5 points.

Les fonctionnalités de calcul ne sont pas révolutionnaires mais situées sur un segment scientifique haut. La CANON connait la sommation, le calcul intégral et différentiel, modules que la notation naturelle rend agréables à utiliser. La Mark Pro sait aussi décomposer en produit de facteurs premiers.

Le processeur semble inédit. Sa précision interne est élevée. Aux 10 chiffres affichés s’ajoutent de nombreux chiffres de garde, découvrables lors d’approches indirectes, dont les 4 plus lointains sont lisibles mais perdus à la manipulation. Le nombre total de chiffres gérés en interne semble être de 20 et ils sont exacts – excepté le tout dernier, arrondi parfois de façon inattendue (la division de 1 par 3 donne 0,333 333 333 333 333 333 34) – et non constitués pour partie d’artefacts liés à un traitement interne binaire comme cela se rencontre parfois (HP-30S par exemple).

Nombre de chiffres gérés et qualité manifeste des algorithmes internes font de la Canon X PRO une machine d’une grande justesse, même si elle ne livre pas tous ses secrets.

A ce sujet, je crois déceler une erreur dans le manuel, où les nombres Pi et e sont représentés avec 2 derniers chiffres que je ne sais pas reproduire. Ceux que j’obtiens sont exacts, à l’arrondi près, aux valeurs officielles. Ceux du manuel n’ont pas de sens. Ces 2 derniers chiffres sont d’ailleurs identiques pour e et Pi. Je mets ci-dessous l’extrait du manuel (page 99) et plus bas une capture des écrans réels que j’obtiens.

De nouveau un extrait du manuel présentant en page 80 la précision interne.

Le test « Forensics » est excellent avec une valeur de : 9,000 000 000 000 313 888 8, touchant du doigt le 9 théorique.

La CANON se débrouille bien sur cet autre test qui donne souvent du fil à retordre : tan(355/226 radians), et renvoie 11 premiers chiffres justes.

Côté vitesse de calcul, les performances sont modérées, avec l’avantage de voir apparaître l’impressionnant message PROCESSING lors de longs calculs.

Point toujours intéressant : les propositions incluent les variables, avec la possibilité de juxtaposer plusieurs propositions (le symbole « : » est géré), ce qui revient à créer dans la ligne de saisie des suites d’entrées pouvant agir comme le ferait un programme simple.

Calculatrice au design chic, bien construite, précise, la CANON Mark 1 PRO est une CANON puissante sans doute trop méconnue.

Pas de couvercle en plastique dur, mais à la place une fine housse en tissu.

SANTRON 300SR

Encore une belle machine de l’époque 1975/1976. La SANTRON 300SR a un aspect plutôt anonyme. Elle ne semble ni connue ni recherchée. Un modèle à oublier ?

Non bien sûr ! Que nous montre-t-elle de prime abord ? Une silhouette biseautée qui fait penser à Hewlett-Packard, un calage d’affichage à gauche, des chiffres rouges constitués de micro-segments, voilà qui évoquerait bien l’univers de Novus.

Pratiquons quelques tests de calculs poussés pour tenter de déceler la signature de l’électronique. Voilà le verdict qui tombe, nous avons affaire à un processeur de marque Rockwell, le même qui anime la Rockwel Anita 1041 (*), la Sanyo CZ-2172, et l’Olympia CD603. Du très beau monde.

La SANTRON 300SR est une calculatrice simple mais empreinte d’une classe discrète. La courroie, le galbe concave travaillé de la façade en témoignent.

Sur le plan du calcul, dix chiffres plus deux d’exposant (pas de chiffres de garde) pour des calculs scientifiques classiques. La précision est très correcte, la vitesse de calcul dans la fourchette haute. Le clavier, sans déclic, est parfait. Enfin trois piles AA alimentent l’afficheur à diodes.

Une originalité : en cas d’erreur, quatre segments s’allument tout à gauche pour dessiner le « O » de Overflow, (= dépassement de capacité).

 

 

(*) Une excellent page qui montre l’Anita.

http://anita-calculators.info/html/anita_1041.html

PRIVILEG PR56D-NC

La Privileg PR56D-NC est une sorte de jumelle technique de la SANTRON 626, présentée dans cet autre article. Elle en partage le processeur mais pas la présentation ni l’agencement des touches sur le clavier.

La PR56 est bien connue, plutôt recherchée en occasion, et même parfois payée un peu chère en raison de ses capacités de programmation, pas encore si fréquentes en 1976.

Lors de la prise en mains, le comportement rappelle la Commodore PR-100, autre programmable du moment. Ainsi à l’allumage l’affichage de la PR56 est réglé sur deux décimales par défaut, comme sur la Commodore. Les digits 6 et 9 se voient privés d’un segment, les mémoires disposent d’une arithmétique complète, jusqu’au protocole de programmation qui est le même, tout comme la taille de la mémoire programme. Les processeurs des deux machines sont en effet proches mais pas identiques, la Commodore disposant tout de même de beaucoup plus de fonctions.

A contrario, la PRIVILEG est plus efficace en programmation. Quand la Commodore réclame un pas de mémoire par appui de touche – et beaucoup de fonctions réclament deux voire trois appuis – la PRIVILEG propose un code combiné pour toutes les fonctions secondes. Par exemple, pour élever un nombre au carré, on aura besoin de taper deux touches, celle nommée ARC qui donne accès aux fonctions secondes, et celle de l’élévation au carré. Pourtant, quand on relit le programme tapé, on voit qu’un code spécifique unique a été utilisé, en l’occurrence « 18 ». La Commodore PR-100 ne se serait pas privée de facturer deux pas pour cette simple opération.

Par voie de conséquence il est logique de penser que la limite des 72 pas disponibles tolérera certains programmes de la PRIVILEG qu’elle refusera à la Commodore.

Avantage à relativiser car la PR56 offre finalement peu de fonctions secondes. Par ailleurs les actions en mémoire (stockage ou rappel) n’ont pas bénéficié du code combiné, c’est dommage car elles sont beaucoup utilisées en programmation.

Signalons au passage un détail amusant. En utilisation manuelle, l’appui sur ARC est toujours accompagné par l’activation d’un point sur l’afficheur, qui témoigne de la prise en compte de la demande. Lors de l’exécution d’un programme, le déroulement rapide de celui-ci montrera bien l’allumage du point chaque fois que la machine exécutera le code, pourtant combiné cette fois.

La PR56 a une histoire. Elle descend d’un ancêtre, le modèle Netronics N3000X, proposé par un magazine d’électronique de mai 1976 (*) sous la forme d’un simple kit à assembler par le lecteur. L’illustration figurant à l’intérieur du magazine montre une calculatrice scientifique programmable à la physionomie spécifique. Parions qu’il doit être très difficile de rencontrer cet objet de nos jours.

Par la suite PRIVILEG – marque du vendeur par correspondance allemand Quelle – distribuera la PR56D-NC non pas en kit cette fois mais bien construite sur cette base. SANTRON et SANYO feront de même avec respectivement la 626 et la rarissime CZ-911PG. Une NETRONICS sera aussi visible, identique en tous points à la PR56D-NC.

La PR56D est une machine agréable à utiliser, y compris en programmation. La qualité du clavier permettant une bonne frappe et l’éditeur de programme en font un outil confortable. Bien sûr la limite de 72 pas n’encourage pas les envolées et l’unique test, peu pratique, n’arrange pas les choses mais comparé à d’autres machines de cette époque, comme la PRINZTRONIC  Program, la PRIVILEG se programme volontiers.

Pour présenter mon modèle, j’ai dû me résoudre à retoucher la photo, procédé auquel j’ai peu recours et peu de compétences. Ma PR56D est en effet zébrée de rayures, accentuées par la prise de vue (on voit les rayures sur la photo de côté ci-dessous). Comme je ne dispose que d’outils basiques, on devine sans peine que mon modèle est loin d’être neuf. Il a bien servi et peut d’ailleurs poursuivre sa vie, son fonctionnement étant demeuré intact.

Voici l’excellente page qui relate (en italien) l’aventure de la genèse de cette belle machine:

http://claudiolarini.altervista.org/netronics.htm

 

Texas Instruments Compact Computer 40

Le Compact Computer 40 de Texas Instruments a un statut particulier. Son positionnement semble mal défini dans le paysage de l’époque et reflète les hésitations qui ont entouré sa genèse. Il ne doit pas être vu isolément mais au sein d’une fratrie TI-99, CC40 et TI-74.

Qu’est exactement le TI-CC40 ? S’agit-il d’un ordinateur de poche ? D’un ordinateur tout court ? D’un ordinateur portable ? Ces appellations ont-elles un sens précis en ce mois de mars 1983, date de lancement du CC40, quand les ordinateurs de poche SHARP et CASIO ont déjà commencé à proliférer ?

Le CC40 illustre un choc d’enjeux stratégiques qui réclament des choix rapides et inspirés en cette période de bouleversements technologiques. Alors que SHARP assume pleinement l’avènement de l’informatique de poche, et que CASIO lui emboîte le pas, Texas Instruments hésite.

Le constructeur court après trois lièvres à la fois : Il prépare la relève de son ancienne gamme de calculatrices programmables avec une prometteuse et somme toute traditionnelle TI-88, il croit plus que jamais en l’ordinateur familial avec son TI-99 apparu dès 1980, et regarde aussi du côté d’un format léger qui collerait bien à l’air du temps.

Le CC40 constitue assurément une réponse dans cette direction. On retrouve bien un boîtier autonome de format horizontal, un clavier alphabétique avec pavé numérique, l’écran ici monoligne, de solides capacités de calcul et bien sûr le langage Basic véritable dénominateur commun de toutes ces machines du moment.

Mais dimensions et poids s’écartent de la norme. Par ailleurs, on ne trouve pas de sélecteur de mode de programmation sur le CC40, le mode est implicite et considère toute entrée chiffrée suivie d’un espace en tant que ligne de programme. Cela nous renverrait-il définitivement vers de plus gros ordinateurs ? Pas forcément, la chose n’étant pas rare chez les Pocket Basic : Les CASIO PB-700 puis plus tard FX-850P ont cette caractéristique, ainsi que le certes plus imposant CANON X-07.

La norme justement, d’où vient-elle, qui l’a fixée ? est-elle immuable ? Amusons nous à décortiquer l’expression « ordinateur de poche« , tombée dans le langage courant dès l’apparition de ces premiers appareils légers programmables en basic, à commencer par le fameux SHARP PC-1211.

SHARP prit coutume de désigner ses machines sous l’appellation « Pocket Computer« , littéralement « ordinateur de poche ». Ce terme fut aussi le titre du mythique magazine français qui leur fut dédié, le bien nommé L’Ordinateur de Poche.

Bref, nous voici dès lors à apprécier le format des machines à l’aune de la poche d’un vêtement, avec parfois des débats aimables et désespérés visant à définir le statut d’un lourd et épais PC-1500 : tient-il vraiment dans une poche ? A-t-il le droit de dépasser un peu ? faut-il distinguer la poche revolver du pantalon taille 38 de la poche intérieure du veston d’un Harlem Globe Trotter ? Epoque épique …

Tiens au fait, combien CASIO produisit-il d’ordinateurs de poche ? Au sens strict, aucun ! Ses appareils arborent en façade « Personal Computer » et jamais « Pocket ».

De son côté CANON inscrit « Hand Held » sur son (assez gros) X-07, tout comme PANASONIC pour ses plus légers RLH 1000 et 1400 ou TOSHIBA pour son IHC 8000 pas plus gros finalement qu’un SHARP PC-1500. Plus tard, Texas-Instruments fera de même et rangera son TI-74 parmi les Hand-Held Computer, soit un ordinateur tenu en main.

Il n’en reste pas moins que les dimensions du CC40 sont inhabituelles. Il dépasse en longueur le CANON X-07 et pèse ses 640 grammes sur la balance. Serait-il le plus gros des Pocket, à moins qu’il soit le plus petit des portables ? Dans cette dernière famille les machines n’ont aucun complexe avec l’embonpoint, notamment l’épaisseur, à l’instar d’un TANDY Modele 100 ou AMSTRAD NC 100.

Le CC40 cultive l’ambiguïté et se veut un « Compact Computer« . Trouvons-nous là l’officialisation d’une catégorie jusqu’ici implicite, celle des grands Pocket ? On y rangerait volontiers outre le CC40, le CANON X-07, le « paquebot » HP-75C, et d’autres bêtes des âges farouches.

Cela ne rend pas pour autant le CC40 plus facile à classer, car à bien y regarder ses grandes dimensions ne s’expliquent pas bien : Peu de touches, écran généreux mais monoligne, pas de ports de connexion à foison. Le grand clavier est bien confortable mais n’explique pas la cote de hauteur.

Et pourtant un confort, une simplicité d’utilisation, une philosophie qui trahissent l’intention de Texas Instruments : Oui le CC40 est indéniablement un Pocket Computer.  Mais alors pourquoi cette rangée de touches numériques au sommet du clavier alphabétique, quand le pavé numérique remplit déjà cette fonction ? Un regard en coin vers l’informatique de table ?

Machine magnifique, à la présentation soignée et aux fonctionnalités de premier ordre, le CC40 va pâtir des hésitations de son constructeur qui renoncera à fiabiliser le périphérique de sauvegarde pourtant indispensable à toute machine puissante.

Voilà donc un CC40 vendu dans une très belle boîte sur laquelle un gros autocollant prévient l’acheteur que le périphérique de sauvegarde n’est pas disponible. Il est pourtant en photo au dos de la boîte, parmi une pléthore de périphériques optionnels. Quel dommage.

Si la calculatrice TI-88 est finalement abandonnée peu avant sa commercialisation, le CC40 fera mieux et sera en vitrine, mais juste quelques mois. Une carrière confidentielle et bien trop courte. Le constructeur réfléchira un temps à une solution incluant un port pour magnétophone à cassettes mais le CC40-PLUS restera à jamais à l’état de prototype.

Le troisième lièvre poursuivi par Texas Instrument, celui de l’informatique personnelle incarnée par le puissant TI-99A, aura lui aussi raison de l’ambition du géant de l’électronique, qui a mal géré son rendez-vous en une période si importante.

Le CC40 dont le langage Basic est fortement inspiré du TI-99, reviendra plus tard, en 1986 sous la forme du TI-74 Basicalc. Machines proches en interne, on retrouve sous un format plus compact l’excellent langage Basic, la capacité de calcul sur les grands nombres bornée à <1E128 et aussi la contraignante volatilité du contenu des variables à l’extinction. Le TI-74 est cependant une machine différente du CC40, avec sa propre personnalité.

En conclusion, le lecteur attentif aura remarqué le grand nombre de points d’interrogation qui parsèment cette présentation. Le Compact Computer 40 est décidément hors norme, il suscite le questionnement et ne livre pas tous ses secrets …

 

Pour aller plus loin, le site de Silicium :

http://www.silicium.org/site/index.php/24-catalogue/ordinateurs-de-poche/63-texas-instruments-cc-40

 

 

CASIO FX-105

Cette calculatrice a l’apparence typique d’une CASIO de la fin des années 70.

L’apparence seulement, car la FX-105 recèle quelques caractéristiques plutôt exotiques.

Son boîtier en plastique est partagé par des machines très voisines entre elles: FX-29, FX-39, FX-110, FX-120.

Les bizarreries de la 105 sont ailleurs …

L’examen du clavier montre déjà que nous ne sommes plus tout-à-fait sur la planète CASIO. Bien entendu, on y voit une signature familière: l’agencement des quatre touches d’opérateurs en carré et non en ligne.

Mais où sont les deux touches aussi voisines qu’incontournables C et AC qui les surplombent traditionnellement ? On ne voit qu’un petit C, perdu parmi les petites touches grises. A sa gauche, les fonctions MR et MC sont combinées en une touche unique MRC, symbole pas facile à trouver chez CASIO. Et en dessous, deux grosses touches de parenthèses, ça aussi c’est unique.

Voyons maintenant le comportement de la calculatrice. On actionne l’interrupteur latéral, et c’est tout à gauche que le zéro s’allume. Cela se rencontre ailleurs, mais point chez CASIO. On tape un nombre de plus de huit chiffres et voilà un exposant de dix qui gonfle tout seul, là aussi, comportement non typique de CASIO.

Sortons la loupe. Le test Forensics renvoie 9.2079408, une valeur non référencée sur la table de M. Sebastian (*). Machine ouverte en deux, l’électronique se révèle animée par une puce de marque NEC, c’est courant sur les anciennes CASIO, mais pas la référence µPD576C

Que retirer de ce constat ? Que les CASIO qui se ressemblent ne sont pas forcément aussi semblables qu’imaginé ? et qu’elles sont chacune dotées d’une personnalité propre ?

C’est sans doute vrai mais en la matière la FX-105 est une championne !

 

(*) http://www.rskey.org/~mwsebastian/miscprj/forensics.htm

 

 

 

ARISTO M 800

Le constructeur allemand ARISTO a longtemps produit des règles à calcul avant de se lancer dans la fabrication de calculatrices vers 1975. Ses machines présentaient un solide air de famille. A la fin des années 70, ARISTO adopta le concept extra-plat que permettaient les modernes cristaux liquides.

Comme pour tant d’autres constructeurs, c’est une solution à base de processeur Nec D1856G qui fut adoptée pour le modèle scientifique à dix chiffres.

Techniquement identique à nombre de ces modèles concurrents, et en particulier à la PANASONIC JE1432U avec laquelle la M800 partage le témoin de statistiques spécifique – un symbole « S » à l’écran et non le ∑ beaucoup plus répandu – la M800 est une ARISTO bien identifiable par ses couleurs vives.

Si le comportement de toutes les calculatrices à processeur Nec D1856G est rigoureusement identique – et la M800 ne fait pas exception – la M800 celle-ci présente l’originalité d’être équipée d’une variante du processeur, nommé D1855G.

Se pourrait-il que l’ARISTO M800 soit la plus ancienne de toutes ces machines, la première ? Elle est en tous cas antérieure à 1980, l’entreprise ayant été dissoute en 1979.

Ci-dessous l’image des processeurs, à gauche le 1855 de l’ARISTO, à droite le beaucoup plus répandu 1856 de la PANASONIC.

CASIO FX-15

Modèle emblématique des années 70, la CASIO FX-15 est une présentation alternative et plus métallique de la CASIO FX-17.

Il ne semble pas y avoir de différence du côté technique : fonctions identiques, exposant limité à 39, un zéro en demi hauteur.

La FX-15 est une fausse « petite », ses dimensions, son poids sont à quelques millimètres et grammes près ceux de la FX-17.

 

CANON F-62

 

La Palmtronic F-62 n’est certes pas la plus connue des calculatrices Canon.

Quels mystères peut receler ce modèle rare ? Bien peu je le crains. Il s’agit d’une scientifique 10 chiffres produite en fin des années 70. Elles est donc, comme beaucoup d’autres, mue par le processeur Nec D1856G, comme cela semble avoir été la règle à cette époque. Et par conséquent, il s’agit d’un « clone » technique de plus de ma toute première machine scientifique achetée à La Redoute en 1980.

Il exista quelques modèles scientifiques à 10 chiffres développés sur la base d’autres processeurs que le 1856.

Casio saura le faire, avec la FX-3100 par exemple. Canon aussi avec les F-63 et F-72. Mais ce constructeur prolifique se paiera le luxe de proposer en plus deux modèles à cœur NEC D1856G : la F-64 et cette F-62. Un autre géant, PANASONIC avait lui aussi proposé deux « Nec machines« , les JE-1432U et 1433.

Canon sut toutefois se démarquer. Les dispositifs d’alimentation sont originaux : La F-64 renonce au format extra-plat et reçoit deux piles AA, tandis que la F-62 fonctionne bien avec des piles plates, mais d’un type étrange et peu répandu : deux imposantes CR2430.  Pourquoi ces deux cœurs énormes dans une si petite calculatrice (11.5 cm de haut pour 7 de large), je ne connais pas la réponse.

Si l’écran de la F-62 est bien le classique d’une « Nec-Machine » à processeur 1856G, la présentation de la machine est typique de Canon, notamment le clavier et ses couleurs et légendes immuables, comme RV quand les autres gravent X<>Y ou EX, les « CI« , « SM« , et toujours un « a » élevé à la puissance « x » et jamais le « y » de tant d’autres …

 

Dernière minute …

Voici une autre calculatrice qui utilise également une CR-2430. Et ce n’est pas étonnant, car les boîtiers sont absolument identiques. Il s’agit de la SANYO CZ-1204 :

 

 

 

 

Texas Instruments TI SR-51

La Ti-SR51 est membre d’une très ancienne famille de calculatrices Texas-Instruments.

En 1978, je ne connaissais que deux modèles de calculatrices de cette marque : la Ti-57, qu’on voyait partout dans les grands magasins, les librairies, et jusque dans les boutiques de photographes, et la Ti-30 qu’un camarade avait apportée un jour au lycée.

Quelques années plus tard, en 1981, j’achetai enfin ma Ti-57. A cette époque, les TI-58 et 59 étaient devenues davantage visibles dans les vitrines de ma petite ville. Une TI-57 en main, une TI-58C dans mes rêves, voilà que je découvre les premiers numéros du magazine l’Ordinateur de Poche. Des choses se passent à cette période. Des modèles importants voient le jour, comme la novatrice HP-41, l’ultra moderne SHARP PC-1211, la CASIO FX-502P qui annonce la future 602P.

Dans ce contexte, les modèles Texas-Instruments, quoique puissants dans l’absolu, accusent le poids des ans : pas de possibilités alphanumériques, une mémoire volatile, un afficheur sans le moindre indicateur, un protocole de programmation désuet … Texas-Instruments prépare pourtant son entrée dans cette décennie prodigieuse, avec un modèle collant bien à l’air du temps : la TI-88. Le constructeur renoncera malheureusement in extremis à son lancement, laissant à la vieille gamme la charge difficile de concurrencer les modèles phares qui déferlent.

Pendant longtemps, je n’ai pas imaginé une seule seconde qu’une gamme plus archaïque encore ait pu exister et prospérer. Ce fut pourtant le cas. Dès 1974, une famille homogène et performante se constituait au sein du catalogue Texas-Instruments. Avec d’abord la scientifique SR-50 de 1974, puis la plus étoffée SR-51 de 1975, l’écrasante programmable à cartes magnétiques SR-52, enfin la petite SR-56 programmable et ancêtre de la Ti-57. Les magnifiques 50 et 51 connurent les déclinaisons 50A et 51A, fonctionnellement identiques mais de présentation plus classique.

Point commun paradoxal des modèles de cette gamme antédiluvienne : une belle qualité de fabrication et des claviers qui ne connaîtront pas les faiblesses des modèles à venir. Celui de la SR-51, modèle présenté ici, possède un toucher excellent, n’ayant rien à envier de mon point de vue à celui des Hewlett-Packard, réputées sur ce point.

La Ti SR-51 est un objet magnifique, d’aspect luxueux. Lancée en janvier 1975, non programmable, elle prolonge les fonctionnalités de la SR-50 dans la direction des statistiques et des probabilités, fonctions qu’on peut qualifier de poussées pour l’époque, et introduit pour la première fois dans une de ses machines le calcul de régression linéaire.

L’afficheur déploie dix chiffres auxquels s’ajoute l’exposant de 10 le cas échéant, c’est généreux. La vitesse de calcul est agréable, les valeurs des logarithmes s’affichant quasi instantanément, les calculs trigonométriques, presque aussi vite ! Le poids, 250 g en ordre de marche, renforce le sentiment global de qualité. Enfin la housse de protection est épaisse et de fabrication flatteuse.

Trois mémoires sont disponibles, en principe accessibles par les adresses 1, 2, 3. Mais ces mémoires sont manifestement redondantes avec les autres touches numériques, donnant à tort l’illusion que dix mémoires sont disponibles en tout.

En plus des fonctions présentes sur le clavier, la SR-51 exécute vingt conversions d’unités au moyen de la touche 2nd suivie d’un code de deux chiffres, à repérer sur une table imprimée au dos de la machine.

 

 

Texas-instruments TI-81

J’ai longtemps éprouvé du désintérêt pour les premières calculatrices graphiques de Texas-Instruments à qui je reprochais d’être arrivé bien tard sur une voie ouverte par Casio cinq ans auparavant.

Puis j’ai tenu en main récemment la toute première Ti-81 de 1990 et fus surpris de constater une maturité insoupçonnée.

Lancée à la même époque que la FX-7700G, le nouveau fer de lance de Casio, je n’ai pu que m’étonner de la convergence des idées sur le concept d’une calculatrice graphique de seconde génération.

Retour sur la première génération : Casio présente en 1985 la première calculatrice graphique, la mondialement célèbre FX-7000G, bientôt déclinée au sein d’une gamme de modèles plus puissants mais encore très proches.

Ces machines se définissent par : Un écran en une dalle de pixels, le tracé de courbes avec possibilité de parcourir chaque point pour en lire les coordonnées (Trace), un module Range pour définir le champ de tracé, un autre pour le grossir ou l’affiner (Factor), un processeur rapide, un langage de programmation symbolique intégrant l’aspect graphique, y compris l’allumage ponctuel de points, le tracé de lignes simples.

A l’heure d’assurer la relève après cinq ans de règne sans nuage, Casio doit désormais compter avec un concurrent. La Ti-81 de Texas-Instruments ne sera pas une simple réponse tardive à la mode graphique. Elle est mûre, prête à croiser le fer avec l’ambassadrice de la génération II de Casio.

La Ti-81 place la barre haut et présente d’une certaine façon les bases communes des futures calculatrices graphiques. La nouvelle Casio FX-7700G a le même souffle. Laquelle des deux a inspiré l’autre ? Il semble bien que la TI ait été diffusée un peu avant la Casio, ce qui n’exclut pas que les deux constructeurs et au delà – HP et Sharp seront cette fois présents – se soient attentivement observés du coin de l’œil dans leurs développements.

Qu’apporte la TI-81 dans sa vision du concept graphique ?

  • Une rangée de cinq touches de pilotage graphique surplombant le clavier. Les fonctions existaient sur la FX-7000, mais cette nouvelle disposition fera école. La Casio 7700 fait de même et apporte sa rangée de touches F1 à F6, permettant aussi la navigation au sein des menus, Casio ayant fait le choix des menus horizontaux.
  • Un pavé directionnel pleinement assumé.
  • La possibilité de différents modes de représentation graphique est introduit : courbes paramétriques pour la TI, idem pour la Casio plus un mode polaire. L’éventail des modes de représentations gonflera à l’avenir.
  • La notion de menus, avec déroulement vertical et item sélectionné d’une touche pour la TI. Casio préfère les menus horizontaux, pilotables par F1 à F6. Les menus apportent confort et puissance : moins de légendes au clavier, et plus de fonctions disponibles.
  • La variable graphique « X  » a désormais sa propre touche. Sur le clavier, elle partage sa légende avec son pendant paramétrique « T  » et davantage pour la 7700. Jusqu’alors, le « X  » devait être recherché parmi les caractères alphabétiques du clavier.
  • Le grand écran graphique se prête bien à la représentation des matrices. Les deux machines en permettent désormais la manipulation.
  • La notion de zoom, embryonnaire sous la 7000 (fonction Factor) est désormais aboutie, les deux machines dévoilant le module de zoom tel qu’on le connaît aujourd’hui, avec sa « box » incontournable.
  •  Un mode programmation présentant les programmes à la façon d’un répertoire vertical où il est possible de créer, modifier, supprimer les programmes. Casio, précurseur de la segmentation de la zone programme fait de même, complétant ses P0 à P9 de PA à PZ (et même un peu plus). On est dans le même esprit. La Ti-81 permet déjà de nommer alphabétiquement les programmes, ce que la 7700 ne fait pas encore.
  • Même esprit de répertoire pour les formules graphiques chez TI. La 7700 se contente à ce stade de stocker les formules pour un usage ultérieur.

Au delà de ces bases communes, les deux constructeurs resteront toujours repérables par leurs choix propres. Ainsi l’usage de menus majoritairement verticaux chez TI et horizontaux pour Casio (*). L’alimentation ensuite, aujourd’hui encore objet de choix stratégiques différents. On trouve ici des piles cylindriques AAA chez les uns – Ti-81 et ses descendantes (hors la minuscule 80) – et encore pour un moment des piles bouton CR2032 chez Casio, la 7700 se voulant encore fine et légère quand la TI assume dans son design le choix du chemin ingrat et douloureux des cartables.

Il est possible aussi de voir dans la Casio fx-7700G les prémices d’une philosophie majeure chez Casio : le panneau de menus d’accueil, autant de contextes de travail toujours plus nombreux et distincts, quand TI les présente non cloisonnés au sein du clavier.

Question programmation, on assiste avec la 81 à l’apparition du langage TI-Basic. Casio s’en tient encore au langage initial de la 7000, simple et plus limité. La 7700 est en revanche plus généreuse en mémoire programme, dépassant 4000 pas tandis que la TI plafonne à 2400.

Dans cette analyse, je choisis – un peu arbitrairement – d’opposer Casio et TI, faisant le pari que c’est la Ti-81 qui trace la route que vont suivre désormais les constructeurs de calculatrices graphiques. Il suffit de regarder la HP-48SX et la Sharp EL-9200, toutes deux issues des toutes premières années de la décennie 90 pour voir que les quatre constructeurs étaient, à quelques mois près, sur la même ligne de départ pour ce deuxième élan.

Je ne peux m’empêcher malgré tout de voir dans la TI-81 tout à la fois la plus ancienne de cette génération, et la plus visionnaire dans la direction qu’elle trace. Un dernier point en faveur de cette hypothèse, l’étrange légende PRE (comme menu précédent) visible sur le clavier de la 7700 et qui ne sera plus reprise sur les modèles ultérieurs. La TI utilise déjà le définitif QUIT.

Enfin la TI-81 n’arrive pas seule, une TI-85 la suit de quelques mois et sera nettement plus puissante.

La TI-81 représentée ici est une des toutes premières. On peut s’en convaincre à son absence de « patte » de protection sous la touche ON et aussi à son absence de pile de secours, même si son emplacement est déjà dessiné.

 

(*) Les Ti-85 et 86 auront des menus horizontaux, à plusieurs niveaux, la Casio Graph 100 les aura verticaux.

 

 

 

CANON X-07

Au petit jeu consistant à citer les marques japonaises s’écrivant en 5 lettres, dont un A, et ayant produit des ordinateurs de poche dans les années 80, il est coutume de citer SHARP, CASIO et d’en oublier un troisième (*) : CANON qui n’en produisit il est vrai qu’un seul, mais combien original.

Fin 1983, CANON entre dans l’arène et défie les SHARP PC-1500 et CASIO PB-700 avec cet objet moderne et multicolore à grand écran (4 lignes de 20 caractères), muni d’un clavier d’ordinateur et d’un pavé directionnel d’aspect ludique. Le succès sera important et nombreux aujourd’hui sont ceux qui ne l’ont pas oublié.

Si au fil du temps j’ai fini par me procurer un certain nombre d’ordinateurs de poche de la grande époque, je n’ai fait que croiser des années durant cet appareil sans jamais le rencontrer.

Le X-07 peut-il être assimilable d’une quelconque manière à une calculatrice ? en particulier de poche ? C’est bien entendu bien plus que cela, mais qu’en est-il concrètement sur ce point ? L’absence de pavé numérique ne plaide pas en faveur d’une pratique aisée, même si la touche NUM aide un peu, mais n’anticipons pas.

Je viens enfin de me procurer un exemplaire du X-07 et vais pouvoir me faire une idée plus précise. De nombreuses pages de grande qualité existent sur le net sur cet appareil aux performances multiformes dont on ne peut pas faire le tour en une soirée. Je me suis intéressé ici aux possibilités de calcul, en particulier scientifiques de l’appareil.

En pratique : On commute l’interrupteur et l’écran répond, après avoir émis un bip et déroulé le message de copyright du Basic Microsoft. Le X-07 nous tend maintenant la main, c’est le moment de tenter une opération simple,  2 X 3  par exemple.

Cela commence mal, une légende d’erreur est retournée aussi sec. Pas vaincu pour autant, on cherche un symbole de racine carrée pour un autre essai, et il est introuvable.

Un peu plus tard, nous voilà maintenant convenablement documentés, c’était la moindre des choses, et nous savons que l’ordinateur X-07 doit être au préalable interrogé par le symbole pour toute demande de calcul manuel (le ? peut être remplacé par l’ordre PRINT).

Dans mes exemples, la syntaxe devient 2 * 3 RETURN et SQR(2) RETURN (parenthèses obligatoires). Les opérateurs arithmétiques sont disponibles sur le clavier mais tantôt en saisie directe (le  et le /) tantôt en fonction seconde (* et +).

Ce n’est pas très encourageant tout ça. Sauf que les réponses retournées se montrent précises à 14 chiffres, et là on se dit que le X-07 est à coup sûr un as du calcul.

Comme il est doté d’un langage BASIC de bon niveau, on devine que les fonctions trigonométriques seront présentes. Et en effet le X-07 exécute les classiques SINUS, COSINUS, et TANGENTE. Mais uniquement dans le mode RADIANS. Quant à la fonction ARC, seul l’ARC tangente est géré. Pour changer le mode angulaire on peut passer par PI, mais tiens, la fonction PI n’existe pas non plus sur le X-07. Et seuls les logarithmes à base e sont disponibles.

Bon, ne baissons pas les bras, on doit bien pouvoir tout calculer quand même, il va juste falloir se contorsionner, et toujours jouer du SHIFT pour les parenthèses et les opérateurs, cela augure quelques menues difficultés.

Afin de tester la précision de calcul, j’ai choisi de soumettre le X-07 aux tests du cumul des sinus, et aussi au test Forensics.

Mais aïe, pour ce dernier test, en plus de devoir convertir les radians en degrés, l’ARC cosinus et l’ARC sinus sont nécessaires, pourtant tous deux absents comme remarqué plus haut. Comme je tiens à exécuter le test dans les règles de l’art il me reste à tirer la quintessence de la seule fonction ARC tangente offerte.

Après avoir bien trituré la formule classique (programme ci-dessous **), le X07 me gratifie d’un excellent résultat : 8,9999999955737.

Pour le test du cumul des sinus de 1 à 359, j’ai dû procéder en deux fois. Ce test réalisé par programme donne classiquement deux indications, celle de précision – l’écart au zéro attendu – et la vitesse de déroulement du programme effectuant 359 itérations de calcul trigonométrique.

Pour m’adapter au seul mode RADIANS disponible, chaque itération s’est vue alourdie d’une conversion en degrés, ce qui impacte forcément le temps de calcul global. Dans quelle mesure ? Pour le savoir, en plus de ce premier programme, qui a donné en l’occurrence un excellent écart à zéro de -5.096E-12 en 56 secondes, j’ai lancé une version analogue, travaillant sur une valeur d’angle arbitraire et unique, et ce sur les 359 itérations. La structure du programme est la même, le résultat ne présente pas d’intérêt, seul le temps de calcul est important. Débarrassé des conversions, le X-07 boucle cette fois en 50 secondes, ce qui n’est pas ridicule du tout (72 s. pour le SHARP PC-1500 et 56 s. pour le CASIO PB-700).

Quant aux chiffres de précision, ils ne se rencontreront sauf erreur de ma part – et hormis les modèles à double précision (***) – pas avant la décennie 90.

Le CANON X-07 est un ordinateur qui sait calculer on le voit. Mais le calcul manuel est pénible et réclame ici, plus que jamais, une parfaite symbiose entre l’objet et son utilisateur.

 

Pour aller (beaucoup) plus loin qu’ici sur le X-07:

Silicium.org

La page du Canon X-07 de Guillaume TELLO

Obsolete-tears.com

Le musée des Ordinateurs de poche

 

(*) Il y eut aussi SANYO dont le PHC-8000 semble avoir définitivement disparu des radars.

(**) Le listing de programme présenté provient d’un Casio FX-702P

(***) A noter que le X-07 connaît les simple et double précisions. C’est cette dernière qui est active par défaut et donne les 14 chiffres de capacité. A contrario, les modèles SHARP à double précision (20 chiffres pour les PC-1475, PC-1280, PC-E500) travaillent par défaut en simple précision de 10 chiffres.

SHARP PC-1475

La gamme 1400 de SHARP est associée aux ordinateurs de poche mixtes, à la fois bases de programmation en Basic et simples calculatrices scientifiques dans leur partie droite.

Introduit au cours de l’année 1987, le PC-1475 est une machine puissante. Son langage Basic l’est indéniablement, sa mémoire, extensible, est vaste et des environnements de calcul spécifiques (traitement des matrices, statistiques) en font un outil pointu en toutes circonstances.

Commuté en mode Basic, le 1475 est doté d’un atout rare : la double précision, qui lui permet d’afficher les valeurs numériques sur 20 chiffres ! (24 en interne). La double précision n’est pas activée par défaut, elle nécessite l’ordre – programmable au besoin – DEFDBL (et DEFSNG pour en sortir). Dans ce format les valeurs sont repérées par un croisillon (#) à la fin. Il est aussi possible, en mode de simple précision, d’ajouter son croisillon à une valeur pour la déclarer comme telle. C’est pratique et confortable. Restant commuté en mode Basic, la partie calculatrice, toujours prête à la sollicitation, manipule tout aussi facilement ces longues valeurs. Tout comme les variables. Ex : A# = 12345678901234567890.

Calculer avec de tels nombres est impressionnant. Le temps de calcul est un peu pénalisé mais cela ne se remarque qu’en calcul programmé où le facteur temps est grosso modo doublé.

L’écran à deux lignes – non graphique – se prête parfaitement à ces affichages hors normes telle la factorielle de 21, d’un seul tenant, sans aucun recours à la notation scientifique.

Dernier détail, la double précision est compatible avec la notation scientifique. Dans ce cas, l’exposant est précédé non plus du traditionnel « « , mais de « « .

CASIO College FX-200P

On s’attendrait à trouver dans la FX-200P une FX-180P plus puissante, avec plus de mémoire par exemple.

Eh bien non. La recette pour fabriquer une « College » FX-200P, c’est de prendre une FX-180P, de lui retirer les statistiques à deux variables, la régression linéaire, le calcul programmé d’intégrales et de renoncer à une seconde zone de programme pour n’en offrir qu’une seule, toujours de 38 petits pas de capacité !

Le seul plus apporté par la College est le calcul des racines cubiques, fonction bizarrement absente de la 180.

Le comportement en calcul est en tous points identique sur les deux machines. L’œil avisé aura remarqué le témoin ON en haut à gauche de l’écran. Ce témoin dont l’utilité pourrait légitimement poser question prend tout son sens lors de l’exécution d’un programme, où l’écran demeure vide de toute activité. « ON » informe que la machine ne dort pas, mais travaille !

La College 200 apporte une présentation plutôt unique, avec un aspect métallique très réussi.

Je ne connais pas la période de production de la College. L’inscription « auto power off » en façade ne se rencontre que sur les tout premiers modèles équipés de cette fonctionnalité. La College serait dans ce cas plus ancienne que la très répandue FX-180P … C’est une possibilité mais pas une certitude …

 

 

A titre récréatif, et pour mettre en exergue les différences entre la « College fx-200P » et la fx-180P, je me suis livré à une sorte de jeu de mahjong consistant à faire disparaître visuellement les fonctions identiques deux à deux. Ainsi ne restent à la fin que les différences. Loufoque mais radical …

Au début du jeu, toutes légendes en place :

A la fin du jeu :

CASIO 121MR

Nous trouvons dans la CASIO 121-MR une machine qui fut en son temps réservée à un usage professionnel.

En témoignent les sélecteurs de décimales, d’arrondi et le commutateur de cumul en mémoire. Placé sur la position « Σ », le résultat de tout calcul arithmétique vient se cumuler en mémoire. Placé sur « N », la mémoire redevient un registre indépendant.

De quelle époque date la 121-MR ? Bien que d’aspect plutôt moderne (années 1978-80), deux indices trahissent son grand âge : tout d’abord l’étonnant point rouge qui s’allume pour signaler une valeur négative à l’écran. Le signe MOINS à gauche n’est pas encore connu de la 121.

Autre indice, visible même machine éteinte : La mention en façade «Electronic Calculator», qui ne peut se rencontrer que sur un très vieux modèle, où il était encore nécessaire de préciser ce que nos yeux d’aujourd’hui considèrent comme une évidence. Un peu comme si l’on voyait une ancienne voiture où il serait indiqué « voiture à moteur ».

La CASIO photographiée ici – je le sais de source sûre – fut utilisée quotidiennement par un commerçant plusieurs années durant. Elle avait été achetée pour remplacer une machine de plus grandes dimensions, probablement de technologie électro-mécanique, donc pas encore électronique.

Le fait que celle machine fonctionne toujours parfaitement de nos jours, après des années d’utilisation quotidienne, démontre une réelle qualité de fabrication.

Outre ses quatre fonctions arithmétiques, la CASIO 121-MR propose une touche de racine carrée qui calcule sur les 12 chiffres disponibles, d’échange X/Y, de changement de signe (le fameux point rouge), et de pourcentage. Ce dernier n’est pas complètement intuitif. Par exemple, pour ajouter 5% à 102, la séquence sera : [102] [X] [5] [%] [+] [=]. Avec un peu d’habitude, cela devient naturel.

Machine professionnelle, très large (12 chiffres il est vrai), la CASIO 121-MR reste pourtant de dimensions compatibles avec une (solide) poche. Ce statut de mobilité est confirmé par l’autonomie d’une alimentation classique par 4 piles AA. Un branchement par secteur mural est bien sûr prévu et fut sans doute privilégié au cours de ses années d’utilisation quotidienne.

Un détail supplémentaire qui permet de situer une date de fabrication à proximité immédiate de 1975, le design typique de cette époque, que l’on peut rapprocher notamment de celui de la CASIO FX-17.

 

Un grand merci à Dominique M.

CASIO FX-101

La CASIO FX-101 n’est pas une calculatrice facile à photographier : Des lignes géométriques bien carrées qui ne cherchent guère à séduire, une couleur de façade très sombre qui met surtout en lumière les poussières et peluches.

Pourtant, en usant et abusant du chiffon et des éclairages divers, le charme de la 101 finit par s’exprimer.

Je crois avoir remarqué que les noms anglo-saxons accolés procurent une certaine impression de prestige. Harley-Davidson, Hewlett-Packard, Massey-Fergusson, Borg-Warner, pourquoi pas Briggs & Stratton, sont des marques à la sonorité qui flatte le propriétaire. La magie opère aussi pour cette Sperry-Remington, qui donne en mains le sentiment d’être une rare machine d’exception.

C’est pourtant une bien connue CASIO FX-101. Il n’y a aucune différence entre les deux machines. Le même bug se retrouve d’ailleurs sur l’une et l’autre : lors d’une soustraction nn, c’est-à-dire si on ôte un nombre à lui-même, au lieu d’afficher « « , la CASIO affiche un surnaturel « -0 « . Le signe MOINS est volatile et disparaît à la moindre frappe, privant les apprentis sorciers de toute expérimentation hors des garde-fous.

La CASIO FX-101 date de l’époque 1975. Elle est massive et lourde (300 g avec ses 4 piles AA). La fenêtre d’affichage est particulièrement généreuse. L’écran peut être lu sous des angles d’inclinaison divers et vraiment très prononcés.

Le souci d’un champ de lecture large a longtemps préoccupé les constructeurs. Les diodes rouges par exemple étaient souvent recouvertes d’un dispositif de lentilles qui grossissaient les chiffres, mais amélioraient en même temps la lecture sous angle incliné. Plus tard avec les cristaux liquides, moins à l’aise avec la vision oblique, le principe du champ large avait vécu, sans que cela ait été perçu comme un grand préjudice autant que je sache.

La 101 est une scientifique complète, pouvant notamment afficher l’exposant de 10. Un archaïsme est visible avec la fonction de conversions sexagésimales où l’on doit entrer successivement les degrés, les minutes et les secondes, séparés par des appuis sur la touche o ‘ “. Les machines futures sauront interpréter les valeurs en une fois.

BERKEY Keystone 2050

Le mode d’alimentation des calculatrices anciennes était souvent de nature mixte : bloc de batteries rechargeables et raccordement au secteur mural. En cause, la consommation des afficheurs, qui ne s’est notablement améliorée qu’à l’avènement de la technologie des cristaux liquides.

Les batteries rechargeables présentaient un défaut : la longévité limitée. Au bout d’un certain nombre de cycles de recharges, leur autonomie devenait nulle. Le propriétaire voulant continuer à utiliser sa machine se trouvait face à plusieurs options : Soit il était bricoleur et se lançait dans la réfection d’un bloc d’accus, soit il n’utilisait sa machine que reliée au secteur mural, soit, en plus de l’option précédente il déposait chirurgicalement le bloc périmé de façon à alléger la machine et se prémunir des souillures liées au vieillissement du bloc.

Ce fut le cas de cette Keystone 2050 made in USA, privée de toute réaction lors de l’acquisition, et qui a nécessité l’assemblage de deux piles AA afin que soit restauré le fonctionnement.

Peu d’éléments sont disponibles sur internet sur cette machine. La fabrication semble antérieure à 1976. La petite éminence argentée au-dessus de la touche SIN correspond à la connexion interne du fil de masse.

L’afficheur est de type Panaplex, soit de grands chiffres couleur de feu.

La 2050 possède des fonctions scientifiques de base, mais pas la notation avec exposant de 10. Le maniement est simple et intuitif, mais si besoin, un condensé du manuel se trouve collé au dos de la machine.

On y apprend tout de même l’usage de la touche unique de mémoire. M doit être suivie de «  » pour stocker, de «  » pour lire, de «  » ou « –  » pour y ajouter ou soustraire des valeurs, et «  » pour la vider. C’est simple et pratique. Ce procédé avait été rencontré dans la petite Rockwell 20R, qui incluait les touches de multiplication et de division.

Machine au caractère incontestable, la BERKEY Keystone 2050 est un magnifique objet qui respire l’authenticité, la qualité et l’originalité des modèles les plus anciens.

 

 

 

 

 

 

MONROE 99

Le géant américain de la bureautique a produit très peu de calculatrices de poche. Parmi celles-ci deux machines d’aspect proche, la Monroe 98 de base et la 99, un modèle scientifique.

Produite autour de 1976, la Monroe 99 est dotée de l’afficheur fluorescent typique de cette époque, de couleur verte.

La totalité des digits disponibles s’activent dès qu’on enfonce la moindre touche de fonction. Ce sont donc huit chiffres, plus les deux dédiés à l’exposant qui surgissent à l’écran, même si la valeur entrée n’en nécessite qu’un seul.

A titre d’exemple, si je souhaite multiplier 2.3 par 6.8, dès l’appui sur la touche « X » la Monroe affichera 2.3000000 00. Et le résultat final sera 15.640000 00. Ce mode d’affichage scientifique obstiné est sans doute un archaïsme qu’on retrouve sur d’autres machines de cette époque et qui n’avantage guère la lisibilité.

Sur le plan du calcul, on note le minimum vital en fonctions scientifiques. La précision est faible. C’est du 8 chiffres secs, sans chiffres de garde.

La fonction d’élévation à la puissance mériterait sur ce point le qualificatif de « calamiteux ». Non seulement les résultats se montrent très moyennement précis, mais ils sont littéralement trompeurs dans leur expression qui masque le plus souvent les décimales susceptibles de témoigner de l’imprécision d’un résultat.

Une illustration : Lors de l’élévation de 4 à la puissance 11, la Monroe renvoie 4194300 tout rond, une valeur vaguement plausible. Pourtant le résultat exact est 4194304, ce qui n’est pas la même chose. Aucun chiffre de garde ne vient ici alerter sur l’imprécision, le résultat peut être pris, à tort, pour argent comptant.

La Monroe était construite – au Japon – par l’industriel américain Litton. Le logo Litton précède d’ailleurs celui de Monroe en façade. L’expression de cette dualité est réaffirmée sur la plaque d’identification au dos.

Machine à l’esthétique et aux coloris beiges typiques de Monroe, la belle 99 est une rareté comparée à la petite 98. Si ses insuffisances appartiennent bien au passé, son charme est en revanche intact !

 

MONDIMAT LC 835P

Au cours des années 70-80, le géant français de la vente par correspondance La Redoute commercialisait une partie de ses calculatrices sous la marque Mondimat.

De la simple calculette 4 opérations au modèle scientifique, c’est toute une gamme qui était couverte par la marque. J’ai appris récemment qu’il avait existé un modèle programmable, jusqu’alors complètement inconnu pour ma part.

J’ai cherché puis ai fini par rencontrer la fameuse Mondimat LC835 Programmable.

Première constatation, l’aspect tranche avec celui des machines métalliques extra-plates typiques de la marque.

Seconde constatation, la LC835, quoique très belle, n’est pas originale. Elle est connue sous d’autres noms, comme Philips SBC-1845 ou Privileg LC-814PR. Sur le plan technique, les trois machines sont d’ailleurs une présentation alternative de la Canon F-73P. Fonctions, résultats, légendes de touches, comportement, toutes ces machines ont une électronique commune.

On peut en déduire que la 835 fut probablement la plus tardive des Mondimat. C’est sans doute pour cela que je ne l’ai jamais vue dans aucun catalogue La Redoute de ma jeunesse, n’ayant eu accès qu’aux exemplaires antérieurs à 1983. Ce qui ne veut pas dire pour autant qu’elle y fut visible plus tard, mais comment diable une Mondimat aurait-elle pu ne pas figurer dans un catalogue de La Redoute ? Ce serait un comble. A confirmer un jour. (*)

Concernant le nom LC835P, je précise qu’il figure en couverture du petit manuel. Il n’est pas directement visible sur la machine qui ne reprend que l’inscription « Programmable« .

(*) Un sympathique internaute me témoigne que cette machine figurait bien au catalogue de la Redoute (Ajout du 30/04/2018).

 

Merci à Jean-Claude

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CASIO FX-850P

Cet appareil fut beaucoup diffusé à partir de 1987 et reste apprécié de nombreux utilisateurs. S’il est facile à trouver sur le marché de l’occasion, les prix pratiqués sont en revanche étonnamment élevés. Il faut ajouter à cet obstacle un mauvais vieillissement de la nappe d’affichage qui a tendance à escamoter des lignes entières de pixels sur de nombreux modèles.

J’ai fini par acquérir un exemplaire abordable, par curiosité, en souvenir de ce mini-computeur que je voyais encore dans les magasins, jouant des coudes avec le SHARP PC-1403, à l’heure où la grande mode des ordinateurs de poche finissait en France.

Mon modèle est en piètre état, bien abîmé, une touche manque et la ligne supérieure est parsemée de pixels manquants. En jouant de la molette de contraste ou en inclinant la machine, il est possible malgré tout de ne pas trop souffrir de ce défaut.

Le CASIO FX-850P me parait illustrer un jalon dans l’aventure de l’informatique portable de cette époque.

Replaçons-nous au début de l’histoire, dans les années 70, par exemple à l’arrivée des TI-57 58 et 59. Dans son manuel la petite TI-57 propose à l’utilisateur de programmer, qu’il s’agisse de problèmes mathématiques ou bien de s’amuser à concevoir des jeux. Le manuel est pédagogique, il dédramatise, encourage, mais le ton reste professionnel, dogmatique presque, on attend de l’utilisateur qu’il programme sérieusement, avec de la structure, des sous-programmes. Ces machines n’ont pas encore un aspect grand public, elle s’adressent aux scientifiques, aux techniciens, aux étudiants. Pour autant, l’utilisateur n’est pas tenu de se débrouiller seul. Des solutions toutes faites lui sont offertes pour les modèles plus puissants : une bibliothèque de cartes magnétiques déjà programmées pour l’ancêtre TI-SR52, les fameux modules de ROM pour les TI-58 et 59. Les calculs à programmer et préprogrammés ont le même statut, il n’y aura pas de honte à ne pas tout programmer soi-même.

Puis arrive les mini-computeurs et leur langage Basic. Cette fois, l’appareil se destine à tous, on programme par besoin autant que pour découvrir ou s’amuser, voire impressionner les amis, se sentir dans le coup. Programmer pour apprendre à programmer est une curieuse démarche, circulaire, tautologique comme disent les amateurs de mots sérieux, qui se retrouvera dans les programmes de l’enseignement où l’utilisation d’ordinateurs sera destinée à l’apprentissage de l’informatique.

Au bout d’un moment, un pavé de calcul scientifique fait son apparition sur certains modèles pour le calcul direct, décidément plus pratique qu’en tapant les mots Basic. Puis apparaît le CASIO FX-850P. Mais que voit-on ? Une solide bibliothèque de programmes y est intégrée. Une boucle est bouclée ? Comme au temps de la TI-58, aurions-nous là une définition de la plate-forme de calcul idéale : machine scientifique programmable épaulée par une large bibliothèque d’excellents programmes ?

Je connais trop mal cet appareil et de vrais utilisateurs en ont dit tellement plus et mieux que moi que j’arrête ici mes bavardages.

Voici en particulier un excellent article du site Les pas perdus qui cerne bien ce puissant appareil:

http://www.emmella.fr/page3836-3323-4722-5340-9435__5949-6564-1819-9072-2343.html

 

PRINZTRONIC Program

Un grand nombre de calculatrices furent commercialisées sous la marque PRINZTRONIC au cours des années 70.

Parmi elles on trouve une famille d’une dizaine de machines connues également sous le label QUALITRON d’un célèbre vendeur par correspondance allemand. Une même grosse coque blanche pour des modèles tantôt simples, tantôt scientifiques, un convertisseur métrique, et tout en haut de la gamme, la Program dont on aura deviné que son intérêt est de permettre la programmation.

La PRINZTRONIC Program est loin d’être répandue. C’est une sorte de pièce rare, magnifique, intimidante par la puissance que dégage la richesse de son clavier.

On peut cependant être déçu par les caractéristiques globales de la Program. La période de production, 1976, porte à l’indulgence, les années 80 sont encore loin.

Mais quand même … 8 chiffres de capacité sans aucun chiffre de garde, c’est un mauvais point pour la précision. Et la notation scientifique est inconnue. Concernant la programmation, aucun test n’est disponible. Et comme il n’y a qu’une seule mémoire, le champ des programmes possibles est forcément restreint. Le système de calcul RPN n’a que trois niveaux et souffre de l’absence de fonction de descente de pile.

La programmation montre tout de même quelques points positifs. 102 pas sont disponibles, ce n’est pas rien. Cet espace peut au besoin héberger plusieurs programmes à la suite. La touche SKIP se charge de les sélectionner en sautant de l’un à l’autre. Parions qu’en mode LOAD SKIP joue un autre rôle. Un mode édition est prévu (commutateur N-STEP), non pour visualiser d’éventuels codes, mais pour une exécution pas à pas. Le cas échéant, un appui sur la touche DELETE supprimera l’instruction indésirable.

Sur le plan de la construction, la Program est robuste. Alors que 40 ans se sont maintenant écoulés depuis sa naissance, le fonctionnement est intact et le clavier aux doux déclics ne connait pas de défaillance, pas plus que le dispositif d’alimentation, à 4 piles AA.

Sans doute le plus beau modèle de cette famille prolifique, les reproches sur les insuffisances techniques que peut lui adresser l’utilisateur exigeant d’aujourd’hui sont bien peu de choses à côté de l’indicible plaisir de manipuler ce rare joyau de connaisseur.

 

ARISTO M75 E

Le modèle M75E n’est pas la calculatrice la plus répandue de ce constructeur.

Que peut bien signifier le « E final » ? « E » comme exposant ? Car la 75E possède bien une touche d’entrée d’exposant de 10.

Il existe un site internet consacré aux calculatrices Aristo (*). Il y est indiqué de façon succincte que la précision de la 75E est « améliorée ».

L’ARISTO M75E calcule en effet avec 10 chiffres internes et la fonction d’élévation à la puissance montre des résultats étonnamment précis quand bon nombre de calculatrices analogues se débattent avec les erreurs d’arrondis.

 

(*) Pour qui veut découvrir tous les modèles ARISTO, il existe ce site :

https://joernluetjens.de/sammlungen/taschenrechner/aristo-taschenrechner.htm

CASIO FX-48

1975, naissance de notre carte à puce à mémoire

1978, des calculatrices, aussi fines que le permettent les piles bouton et l’afficheur, adoptent volontiers ce format, synonyme de modernité et d’une extrême portabilité.

La CASIO FX-48 est une des toutes premières à jouer les cartes à puce. Son écran jaune est minuscule. Le clavier scientifique est à la fois si riche et si ramassé qu’il faut à la petite 48 deux touches secondaires F1 et F2 pour tirer la quintessence des 20 touches restantes, dont une panoplie complète de fonctions statistiques ! Tout cela en 39 grammes …

 

 

 

LEXIBOOK GC2200

J’avais parlé voilà plusieurs années de la GC2000, et m’étais étonné des traits de parenté avec la lointaine et primordiale CASIO FX-7000G de 1985.

La GC2000, comme la GC2200 qui lui est semblable à la couleur près, sont souvent considérées, comme beaucoup d’autres machines peu onéreuses, comme « des clones de Casio« . On pourrait tout autant désigner ces deux-ci « clones de Texas-Instruments » tant leur dimensions et formes – jusqu’au couvercle quasiment interchangeable – sont proches d’une TI-83 par exemple.

Les GC2000 et GC2200 sont pourtant des machines très originales qui ne partagent aucun élément physique avec leurs modèles.

Leur genèse est mystérieuse. Pourquoi des machines apparues après l’an 2000 ont-elles été conçues aussi proches fonctionnellement – notamment le langage de programmation -d’une CASIO FX-7000 de 1985. La copie va jusqu’à l’absence d’une touche de variable x dédiée, lacune pourtant comblée dès 1990. De même une légende « Factor » rencontrée seulement dans cette toute première génération de machines graphiques.

Pourtant, dès l’interrupteur logiciel enfoncé, l’utilisateur est transporté dans un autre univers. Les pavés de menus et les caractères à 6 x 7 points ont une physionomie nouvelle. Le processeur calcule sur 16 chiffres, et tourne plus vite que celui de ses contemporaines CASIO ou TI. La manipulation des environnements de calcul est originale, non ces machines ne sont pas des clones.

Les GC2000 et 2200 sont cependant bien des machines « budget ». Elles sont plus accessibles financièrement que d’autres, encore trop chères en regard des possibilités diront certains. Il est clair que l’offre de fonctions de calcul est limitée, que la segmentation de la mémoire de programme est grotesque – 10 zones de 110 pas maximum. Trouver une GC2200 en rayon aujourd’hui relève au moins de l’anachronisme.

La GC2200 semble avoir connu 3 visages, et même 4 si on compte le récent modèle muni du mode examen (mais qui ne s’appelle plus 2200, mais 3000).

Ainsi l’image en couverture du manuel, reproduite ci-dessous, montre une GC2200 munie d’icônes de menus au graphisme très simpliste. Je n’ai jamais vu ce modèle de mes yeux.

Il en existe une autre, plus répandue, qui n’est pas programmable et dont l’écran n’est graphique que sur une petite surface de sa moitié gauche.

Le manuel est de très bonne qualité : 60 belles pages entièrement en français ! Ma 2200 est, il est vrai, une « FR ».

Dans quel vivier LEXIBOOK est-il aller puiser ses 2000 et 2200 ? La carte électronique nous répond, la GC2200 est une TRULY TG202.

http://www.truly.net/html/prod/proddetail.php?id=8#

 

CASIO GRAPH 90+E

En cette année 2017, Casio lance une nouvelle calculatrice graphique, la Graph-90+E.

Positionnée à une marche du haut de gamme, la GRAPH 90 succède aux Graph 75 et 95 Noir & blanc et Fx-CG10 couleur (la fameuse Prizm), mais ne va pas jusqu’à embarquer le système mathématique de calcul formel, chasse gardée du CP-400.

Les premiers échos annonçaient un grand écran couleur, des graphes 3D, et surtout une vitesse de calcul importante, tandis que les captures glanées par ci par là montraient une machine à l’aspect agréable, sans grand caractère, rien à voir avec l’audacieuse « Prizm«  Fx-CG10 de 2010.

Depuis cet été, la GRAPH 90 est dans les rayons des supermarchés. Elle n’y est pas pour autant « visible » au sens strict du mot, son gros emballage en plastique, pourtant transparent, se voyant recouvert d’autocollants de présentation et de promotion qui cachent tout, au bas du clavier près. La voisine de gondole Ti-83 Premium CE ne parait pas mieux lotie sur ce point.

Acquéreur de la Prizm couleur cinq ans auparavant, je décide de sauter le pas cette fois encore, en dépit des minces présages d’innovation. Ciseaux en mains, l’épais blister en plastique est sacrifié sans pitié, et une machine toute neuve en sort, libérée de sa prison translucide.

Première constatation, quelle finesse ! Un record pour une machine à piles (AAA X 4). Des lignes travaillées, un dessin élaboré avec soin, une maturité du design. L’habillage plastique est à l’avenant. Dur et brillant, il avait été inauguré pour le CASIO CP-400 – en version noire – puis sur la famille des Classwiz. Ici il est blanc, couleur du modèle français. Certaines légendes de touches imprimées en façade ressortent mal, c’est dommage.

Un effet visuel impressionnant : le gris profondément sombre de l’écran éteint. Allumé, un monde de couleurs s’éveille.

L’apport de cette nouvelle Casio Graph-90 ne serait-il qu’esthétique ? Il est clair que les fonctionnalités demeurent proches de celles de la Prizm Fx-CG10.

Qu’en est-il de la vitesse de calcul dont on dit ici et là le plus grand bien ?

Casio nous a habitués dès 2005, avec sa Graph 85, à des modèles remarquablement rapides. A cette époque, la vitesse va devenir la préoccupation des constructeurs. HP sortira sa 49G+ dont le processeur ARM clouera sur place les 48 et 49 à classique processeur Saturn. Puis va surgir la TI N’spire, longtemps demeurée championne en vitesse de calcul.

Arrive 2010 et une petite HP-30B financière rapide comme l’éclair. Puis on accélère très fort vers des sommets avec la HP-39GII de 2012, puis la HP-Prime un an plus tard, aux chronos inégalés.

Où se situe la nouvelle Casio Graph-90+ dans tout ça ?

En première approche quelques tracés de courbes, l’exécution d’un petit programme, le lancement de l’optimisation mémoire confirment la sensation d’un excellent tonus général.

Reste à l’évaluer aussi finement que possible. Pour ce faire, j’ai soumis la 90 et machines sus-nommées – sans oublier sa consœur Ti 83 Premium CE -, à quelques tests mêlant calculs et tracés. On se souvient des griefs portés à l’endroit de la Prizm CG10, non sur sa vitesse de calcul proprement dite, mais sur celle des tracés, notablement plus lents que sur les modèles CASIO à écran noir & blanc.

Tests pratiqués * :

  • Le calcul en boucle. Le classique de cumul des 360 sinus se voit chronométré. Sauf que pour de tels bolides, l’étendue a été portée à 7200.
  • Un simple tracé en direct de 3 sinusoïdes simultanées.
  • Un tracé programmé : une longue spirale rectangulaire, suite de « plot » et « line« .
  • Un tracé programmé : le tracé d’une fractale.

A l’issue de ces quelques tests, les conclusions sont simples : En calcul pur et en tracé de simples courbes, la GRAPH 90 bat toutes les CASIO à la course (presque 2 fois mieux que la Prizm CG10), ainsi que la Ti 83 Premium. Elle fait tout bonnement jeu quasi égal avec la TI N’spire. Mais échoue encore derrière les reines de l’asphalte HP, en particulier la Prime.

Les choses sont différentes en dessin programmé, point noir de la Prizm. Si le progrès réalisé est important, le problème de lenteur en dessin n’a pas disparu sur la 90, les deux Casio couleur se voyant battues à plate couture par leur aînée Graph 85(**) de 2005 (fractale tracée en 23 s contre 41 s pour la 90, et 100 s pour la Prizm). La Ti-83 Premium CE s’en sort mieux, quoique distancée elle aussi par la vaillante 85. L’écran de tracé y est par ailleurs notablement plus étroit que celui de la Graph 90.

Au chapitre des différences entre Casio Graph-90 et son aînée Prizm FX-CG10 : Les icônes de menus sont d’un dessin léger et diffus sur cette dernière, bien rectangulaires et colorés sur la première. Au point qu’on se surprend à poser le doigt dessus. En pure perte car rien de tactile ici.

Le minuscule symbole d’occupation est différent aussi. C’est anecdotique. Ce qui ne l’est pas, c’est le positionnement revendiqué par les deux machines. La Prizm de 2010 se voulait une forte rupture: la technologie couleur et le design, ce dessin hardi qu’aucune Casio récente n’avait osé revêtir avant elle. Tout au contraire, La Graph-90 se veut rassurante, une Casio absolument « normale », bien à sa place dans le rayon du magasin, plus encore dans le panier de l’acheteur dont on sait qu’il n’aime pas beaucoup les expérimentations hasardeuses. Il s’est montré très méfiant envers « l’ovni » Prizm FX-CG10 dans le passé, du moins en France.

On continue sur le jeu des différences : les manuels comparés montrent une consommation moindre pour la nouvelle venue. C’est une bonne nouvelle quoique l’autonomie de la Prizm ne soit pas réellement problématique. Et enfin l’odeur désagréable de composants de la Prizm, partagée par le Casio CP-400, semble éradiquée.

On fait parfois le reproche à Casio de perpétuer un environnement de travail qui n’évolue guère. La Graph-90 n’est certes pas la calculatrice de l’extrême. En cette fin de décennie 2010, elle pourrait représenter une sorte de synthèse des différentes innovations de cette décennie, et aussi des pistes prometteuses abandonnées : pas de contagion du calcul formel sur l’ensemble des modèles, cela reste réservé au haut de gamme, toutes marques confondues. Pas de généralisation à ce jour de l’écran tactile. Casio et HP savent faire, TI temporise, le public ne le réclame pas à cor et à cri.

Bienvenue donc à cette belle Casio indéniablement rapide. Je me demande quand même si je ne préfère pas la Prizm, porteuse d’une réelle innovation maintenant rentrée dans le rang, et dotée d’un clavier au meilleur toucher selon moi.

 

(*) Les tests pratiqués visent à dessiner une image générale de la performance. Je ne doute pas que les programmes utilisés puissent être adaptés ou optimisés de façon à modifier quelque peu telle ou telle mesure.

 

(**) La CASIO GRAPH 85 (nom international 9860G) utilisée est de version 1, soit la ROM 01.00.0000. Les ROM suivantes, incluant en particulier la gestion des chaînes de caractères, donnent de moins bons résultat en célérité que la ROM initiale.

CASIO FX-5500

La CASIO FX-5500 est une machine singulière. D’un format horizontal qui rappelle à coup sûr les Ordinateurs de Poche des années 80, elle en reprend le long afficheur LCD ainsi que la molette de contraste.

La 5500 n’est pas vraiment programmable, elle est pourtant davantage qu’une simple calculatrice scientifique. Ses spécialités sont la manipulation des formules : factorisation, simplification, développement. Les résolutions d’équations sont aussi au rendez-vous, y compris les systèmes à 2 ou 3 inconnues. Il existe trois mémoires dédiées aux formules (I, II, III), qui peuvent au besoin s’enchaîner les unes aux autres.

Le grand écran de 24 caractères est particulièrement adapté à l’affichage des longues propositions. Les exposants sont représentés comme il se doit en écriture naturelle, grâce notamment à la touche d’entrée dédiée Xn.

Des fonctions spécialisées bien sérieuses, on le voit, pour une machine à l’aspect métallique très agréable. Des couleurs vives, un volume et un poids idéaux en mains, la CASIO FX-5500 est une calculatrice qu’on manipule avec un vrai plaisir. Un couvercle de plastique se clipse en façade sur deux fines charnières qui permettent d’ouvrir et refermer la machine à la demande.

Quand la 5500 fut-elle produite ? Quelques indices placent le curseur à proximité de l’année 1986, sans certitude absolue cependant.

Machine singulière dans sa présentation horizontale et ses spécificités, la CASIO ne me parait pas isolée pour autant dans le paysage du calcul des années 80. Je vois dans le CANON F-300 et la SHARP EL-5100, deux machines au destin voisin : nées en pleine décennie des Pockets Computer programmables en Basic, en ayant hérité l’aspect et l’écran généreux, pourtant non programmables ou presque, et simplement totalement originales.

 

SHARP EL-5001

La SHARP EL-5001 est couramment confondue avec un autre monstre sacré du constructeur, le SHARP PC-1201.

Un aspect assez voisin, une période de production commune, 1977, et une barre élevée pour les décrocher sur le marché de l’occasion, voilà qui brouille les pistes quand il s’agit de bien différencier ces deux modèles très recherchés.

Des différences il y en a. A commencer par celle-ci : Ces deux machines montrent chacune un visage différent du calcul programmé.

Ainsi, alors que le PC-1201 est une vraie programmable pourvue de mémoire non volatile (qui ne s’efface pas hors tension), la SHARP EL-5001, non programmable, possède une bibliothèque de programmes gravés en mémoire. Hors ce dispositif, la mémoire de la 5001 est complètement volatile.

La bibliothèque de la SHARP EL-5001 est accédée au moyen d’un dispositif original, une solide molette pilotée par le pouce, qui sélectionne les programmes l’un après l’autre, six en tout, glissant les légendes de commandes mobiles sous les quatre ouvertures prévues à cet effet au sommet du clavier.

Les quatre touches grises juste en dessous pilotent les programmes. Que font les six programmes ? Celui qui porte le numéro 1 se nomme N comme Normal calculations & plot. Placé sur cette position, toutes les touches de la calculatrice sont opérationnelles ainsi que le sélecteur permettant d’opter au choix pour le mode parenthèses ou le couple de mémoires additionnelles. Le programme Plot donne les différents points d’une fonction numérique. On entre pour cela la valeur de départ, celle de l’incrément, et les frappes successives sur la touche de fonction numérique choisie (log par exemple) donneront celles des points successifs qu’il suffit de reporter sur un papier avec un crayon (les calculatrices graphiques feront mieux, mais 10 ans plus tard, c’est encore bien loin).

Un coup de molette et hop ! voilà le programme n° 2 enclenché et ses légendes mobiles bien en place. Nommé Statistical calculation, il offre la panoplie classique des fonctions statistiques : sommes, moyenne et écarts.

Le programme suivant, Calculation of quadratic equation, donne les solutions, complexes le cas échéant, de l’équation du 2d degré. A ce propos le digit le plus à gauche de l’écran de la 5001 est consacré à la production d’alertes diverses, et ce pour l’ensemble des programmes. C’est l’affichage ici des 3 segments supérieurs qui informe l’utilisateur que le résultat est complexe.

Une nouvelle impulsion sur la molette et nous voilà plongés dans l’univers des intégrales. La EL-5001 n’étant pas programmable, il peut sembler ardu de lui expliciter la fonction à intégrer. Ça n’est cependant pas nécessaire car seules les fonctions formées sur x² sont concernées.

Voyons le suivant : le programme 5 se nomme Complex number calculation and coordinate conversion. Il permet l’arithmétique complexe, de façon simple, ainsi que les transformations de coordonnées.

Le dernier coup de molette donne accès aux vecteurs et leur manipulation, de façon aisée là aussi. Une nouvelle impulsion nous ramènerait au programme n°1, la boucle est bouclée.

A noter que selon le programme sélectionné, certaines touches de la calculatrice sont neutralisées.

Le dispositif par molette, qui peut paraître original voire sacrilège (implantation d’un organe mécanique au sein d’un objet électronique par essence) se révèle une réussite tant l’ergonomie rend les calculs agréables et sûrs. Le principe des touches de menus apparaît peut-être pour la première fois (mais CASIO a su faire aussi avec une FX-3 (*) sans doute plus ancienne encore) mais est promis à un très bel avenir.

La fiabilité n’appelle pas de remarques, l’organe est simple mais parfaitement conçu. On peut déplorer malgré tout un faible choix de programmes, et un pilotage par quatre touches seulement. Mais certaines légendes sont dédoublées (accès par la touche F).

Sur le plan des simples fonctions scientifiques, la SHARP EL-5001 se montre généreuse : des fonctions trigonométriques, bien sûr, mais aussi hyperboliques, les conversions sexagésimales, les combinaisons et permutations.

Une mémoire de base, auxquelles peuvent s’ajouter deux autres si on renonce aux parenthèses. Dans ce cas, un digit – celui réservé au signe de l’exposant – affichera un segment par mémoire pour en signaler l’occupation. La 5001 est sans doute la machine qui utilise le plus de segments pour signaler diverses situations. Ce qui sera habituel avec les afficheurs à cristaux liquides (LCD) et la multitudes de témoins qu’ils autorisent l’est beaucoup moins avec les affichages fluorescents verts.

La SHARP EL-5001 est une machine de belles dimensions : 164 mm X 87 mm X 26 mm. Comme toute bonne SHARP de cette époque, elle dispose de commutateurs latéraux, pour le mode angulaire et la gestion de la mémoire. Et l’interrupteur général est placé sur le côté gauche.

Mon modèle confirme le défaut des légendes de touches qui ne résistent pas bien au temps, comme je l’avais remarqué sur le PC-1201.

Un dernier mot sur l’afficheur généreux lui aussi, de 10 chiffres plus 2 pour l’exposant.

 

(*) Source : www.ledudu.com

Hewlett-Packard 32S-22S

Les anciennes calculatrices de marque Hewlett-Packard demeurent recherchées par les amateurs.

La gamme « Pioneer » apparue en  1987 ne fait pas exception. Bien qu’aucun de ses modèles ne soit aujourd’hui rare ou introuvable, les prix d’échanges pratiqués peuvent compliquer l’exercice consistant à se les procurer tous.

Le jeu en vaut-il la chandelle ? Existe-t-il une Pionner plus facultative qu’une autre, ou bien les faut-il absolument toutes ?

Que trouve-t-on au sein de cette famille ?

  • Trois financières : la toute simple 10B, la sympathique 14B, la puissante 17B. A noter que les modèles 10 et 17 sont restés commercialisés jusqu’à nos jours sous des versions et formes parfois différentes, tandis que la 14B n’a pas eu de suite. Elle est pourtant agréable et parmi les plus abordables financièrement.
  • des scientifiques, plus ou moins programmables : la 20S à la carrière longue elle aussi, les 21S, 22S à carrière courte, la 32S et ses variantes successives, la 42S, haut de gamme mythique,
  • une hybride, aussi à l’aise dans le monde financier que celui des sciences, la 27S, livrée avec horloge et alarmes !
  • une logique de calcul tantôt algébrique (avec touche EGAL, une première chez HP !) ou en notation polonaise inverse
  • des écrans mono-lignes, à segments ou à points, et des écrans à deux lignes
  • un système de programmation traditionnel pour les 20S, 21S, 32S, 42S ou plus chichement par l’intermédiaire du solveur d’équations pour les 17B, 27S, 22S. Les deux petites financières 10B et 14B ne sont pas programmables.

Je ne dispose pas de tous les modèles Pioneer. Mon idée initiale était de donner vie à petit à petit à un souvenir vieux de trente cinq ans maintenant : la découverte fortuite dans une grande librairie de la toute première famille Pioneer, 5 ou 6 modèles tout au plus ce jour là. Comme ma recherche n’est pas très assidue, certains manquent encore à l’appel (la 20S, la 10B) tandis que d’autres se sont invités tout seuls au fil du temps, comme la 21S et la 42S.

Un modèle me tenait à cœur, la 22S que je tenais pour intermédiaire, puissante, programmable, pas courante. Échangée à des niveaux de prix substantiels, je ne l’ai acquise que récemment. Et pour moi, la 22 est une déception. S’il existe un modèle Pioneer facultatif, je vote pour la 22S. Car elle n’est pas programmable en dehors de son maigre solveur. Son écran est mono ligne et peu adapté à la logique algébrique qui l’anime, les caractères trop espacés saturant vite sa capacité et donc sa lisibilité. Autant la 32S est directe, franche dans son utilisation, autant la 22 me semble plus fastidieuse et limitée. C’est malgré tout une très jolie machine.

J’ai acquis la 32S tout aussi récemment. La 32S a été commercialisée longtemps, elle a connu des versions successives mais c’est bien celle de toute première génération que je voulais, celle de mon souvenir. Et voilà bien une Pioneer incontournable ! Moins étoffée que l’illustre 42S, elle ne démérite pas. L’utilisation est directe, franche, sûre, un régal.

Les Pioneer ont longtemps été synonymes de robustesse. La construction est bonne en effet, on peut pourtant, maintenant que bon nombre d’années sont passées, remarquer un signe de fatigue qui commence à se rencontrer sur plusieurs modèles : des touches qui répondent mal, voire plus du tout (*). Il faut alors exercer de légères pressions au coup par coup à la base de l’écran pour que la frappe retrouve son effet. Ce problème se voit aussi au sein de la famille des HP-48.

La photo ci-dessus, montrant côte à côte deux Pioneer, met en évidence l’existence de deux afficheurs légèrement différents : Bien que matriciels et monoligne l’un et l’autre, il apparaît que deux tailles différentes ont coexisté, possiblement liées à la période de production, voire aux différents sites de fabrication du globe.

Je dois par ailleurs me rendre à l’évidence, ma 32S ici présente est sans doute déjà une évolution de la 32S primitive. En témoigne la bordure d’afficheur renforcée, comme on la rencontre sur les modèles plus tardifs. La 32S de mes souvenirs devait en toute logique présenter un afficheur analogue à celui de la 22S, avec bordure fine et digits mi-hauteur.

La quête peut continuer, mais rien ne presse !

(*) En ce qui me concerne seule la HP-21S est concernée à ce jour. En effet, quoique très bien conservée, elle ne s’allume plus. Un utilisateur non informé conclurait facilement à une panne définitive. Pour ma part, j’ai simplement maintenu une légère pression à la base de l’afficheur et la touche ON a allumé la machine comme si de rien n’était. Une pression légère est nécessaire pour chaque appui, plutôt sur la gauche pour les touches de gauche, et plutôt à droite pour celles de droite.

C’est un bon truc à savoir en présence d’une Hewlett-Packard récalcitrante de cette famille ou de celle des HP-48.

SHARP EL-586

En 1986 le constructeur SHARP donne un habillage surprenant à sa classique EL-546.

Le manuel précise qu’il s’agit d’une machine étanche. Il ne s’agit pas pour autant d’une machine « molle ». La finesse est pour le moins extrême – 3.1 mm selon le manuel, on jurerait beaucoup moins – et sa rigidité ne semble assurée que par sa seule carte électronique.

Pour le reste, les caractéristiques sont exactement celles de la EL-546. Cellule solaire, pile de secours et les 20 constantes sont bien au rendez-vous. L’afficheur de la 546, pourtant généreux en surface et possibilités d’affichage est nativement d’une telle finesse qu’on le voit reconduit tel quel dans la 586.

La pile de secours est déchargée sur mon modèle, et je ne sais pas y accéder. Le manuel précise que seul un agent SHARP serait habilité à la remplacer. Sont-ils toujours formés quarante ans plus tard, ce serait étonnant. J’ai bien tenté pour ma part, mais je ne vois aucun moyen d’ouvrir la machine. J’ai pu découvrir la carte électronique en ôtant délicatement le clavier qui est une simple pellicule collée. Mais je n’ai rien pu – ni osé – désassembler, ni voir la fameuse pile.

Il existe un détail sympathique dans cette calculatrice hors normes : les légendes (sur les boutons de mémoire) qui font un clin d’œil aux SHARP historiques. Les touches aux coins arrondis se voient ainsi partagées en deux au moyen d’une barre horizontale (photo ci-dessous, avec à droite une vieille PC-1100).

 

Ci-dessous, les jumelles techniques 546 (*) et 586.

 

Quelques extraits du manuel (manuel en de nombreuses langues dont le français)

Ci-dessous, un extrait d’une brochure de 1989 qui précise que la EL-546 possède une fonction de plus (133 fonctions contre 132 pour la 586). Pourtant les décomptes officiels présents dans les manuels listent bien 132 fonctions pour l’une et l’autre.

L’examen de la brochure semble par ailleurs montrer qu’une fonction F↔E (switch volatile alternant les notations flottante et scientifique) est attribuée à la 586. Cette fonction typique chez SHARP ne se rencontre que sur les machines dépourvues de la fonction plus générale FSE (switch des notations Flottant-Scientifique-Ingénieur). La 586 possède cette dernière, qu’elle ne cumule visiblement pas avec une F↔E supplémentaire qui n’apporterait rien de plus. La brochure présente donc manifestement des confusions. EL-546 et EL-586 sont bien fonctionnellement des machines identiques.

Un extrait du manuel de la SHARP EL-546 qui donne bien 132 fonctions.

Ci-dessous la brochure dans son intégralité

SHARP_Brochure_1989

 

(*) la SHARP EL-546 représentée dans cet article est en fait une 506SLR. Les 546 et 506SLR sont pour autant exactement les mêmes machines, dont seul le nom diffère, selon les pays où elle est vendue probablement.

TECXON LC-670

Dans un article précédant je mettais en lumière une calculatrice quasi inconnue d’un constructeur qui ne l’est pas moins.

Une magnifique LC-650 venait de surgir de l’anonymat. Aujourd’hui c’est au tour de la LC-670, qui confirme l’existence d’un solide air de famille au sein du catalogue TECXON.

Calculatrice programmable, la LC-670 est manifestement la jumelle technique, comme d’autres, de la célèbre CANON F-73.

[ajout de mars 2024]

Machine en parfait état de marche et à l’électronique intacte en 2024

 

Un détail de la carte électronique, gravée PCB 084A

Le mystère SHARP des touches croquées

Au cours de la première moitié des années 80, plusieurs calculatrices SHARP et même des ordinateurs de poche ont présenté des touches à la mine énigmatique.

Je reproduis ci-dessous deux images de claviers, d’une EL-506P (à gauche) et d’une EL-545H (à droite).

En regardant de près comment ne pas être intrigué par la surface tourmentée des touches de gauche ? Alors que celles de droite sont régulières, plates et d’aspect plastifié, les premières semblent dures comme de la pierre et présentent des marques profondes sur un côté comme si elles avaient été usinées sans ménagement.

Ce détail esthétique n’est pas facilement perceptible mais il est répandu et reste en ce qui me concerne sans explication.

 

SHARP PC-1350

SHARP_1360

Je l’ai vu arriver en 1984. Je pensais avoir compris ce qu’était un PC-1211 ou un 1251 : des calculatrices programmables de nouvelle génération, ultra modernes. Mais je ne comprenais pas le PC-1350. Sans doute montrait-il la direction que prenait désormais le phénomène Ordinateur de Poche, avec une inflation galopante des caractéristiques, dont cet écran vu comme hypertrophié, surplombant un clavier chétif, purement fonctionnel, sans âme. Mais pourquoi un si grand écran ? pourquoi autant de mémoire ?

Voilà comment mes yeux tout neufs de 1984 percevaient cet objet, une sorte d’alien-Computer, une dérive inexorable à un moment où tout à été dit et que seul un accroissement obstiné des performances peut encore retenir les acheteurs.

C’était une erreur. Mon regard d’aujourd’hui est tout autre. Le PC-1350 est une vraie évolution des mini-computeurs initiaux. Il n’est évidemment plus une calculatrice. Il en possède encore des fonctions mais c’est désormais plus que cela. Son écran graphique, sa mémoire vaste, ses nombreux périphériques le destinent à des tâches plus sophistiquées et créatives.

Tenir un PC-1350 en mains est un vrai plaisir. L’appareil est lourd, les lignes métalliques nettes. L’écran est confortable et 30 ans plus tard ses proportions ne me choquent plus.

Commodore SR-4921

CBM_4921-1

L’archétype de la grosse Commodore typique des années 70, avec son afficheur à diodes rouges et ses nombreuses et magnifiques touches scientifiques.

Quoiqu’en regardant bien, on se rend compte que celle-ci n’est pas comme les autres.

Vraiment vous ne voyez pas ? Cherchez un peu du côté de la touche EGAL. Eh oui la Commodore 4921 ne possède pas cette touche, elle a, à la place, le « ENTER » (ENT ici) caractéristique de la notation polonaise inverse (RPN en anglais).

On croit souvent à tort que Hewlett-Packard fut le seul constructeur à implémenter ce mode particulier de calcul. En fait, de nombreuses marques s’y sont essayées à un moment ou un autre, y compris Commodore avec ce modèle qui autant que je sache, est unique sur ce point dans le vaste catalogue de la marque.

Il est inhabituel de tenir en main une Commodore à logique RPN, au point que le naturel veut reprendre le dessus, et qu’on se trouve vite face à une machine indomptable. Et on mesure du coup les déboires que peut rencontrer une personne non initiée à ce mode d’entrée des données : il est alors impossible de tirer quoi que ce soit de sa machine.

Comment utilise-t-on une calculatrice RPN ? comment initier la personne ci-dessus ? C’est là que cela se corse car une telle initiation commence toujours par un petit discours sur l’intimidante touche ENTER, puis sur le concept abscons de « notation polonaise inverse », avec peut-être une tentative audacieuse de prononcer le nom compliqué du logicien polonais qui en fut le promoteur. A ce stade de l’initiation, on a face à soi une personne qui vous écoute encore poliment, mais qui a déjà compris que jamais de sa vie elle n’utilisera une calculatrice aussi inutilement compliquée. Avant qu’elle se sauve, on se dépêche d’attaquer le chapitre de la syntaxe d’entrée mais c’est trop tard, la personne est déjà loin.

Selon mon expérience, c’est tout le contraire qu’il faudrait faire. Ainsi, je fais le pari qu’en deux indications, je puis réconcilier n’importe quel public avec une machine RPN. Tout d’abord, on peut établir une comparaison entre la touche de racine carrée de n’importe quelle calculette, et les 4 touches arithmétiques de ma RPN : ça marche pareil, dans les deux cas, on entre d’abord la valeur, et ensuite on tape la touche de fonction. Ici les touches + – × ÷ ne sont plus les éléments d’une syntaxe mais de simples touches de fonctions : la fonction [SOMME de 2 nombres], la fonction [DIFFÉRENCE entre 2 nombres], la fonction [PRODUIT de 2 nombres] et la fonction [RAPPORT de 2 nombres]. Comme ces fonctions agissent non sur une seule valeur, mais sur un couple de valeurs, le ENTER vient séparer les deux au moment de l’entrée.

La seconde indication à fournir est l’existence de niveaux sur lesquels les valeurs s’empilent jusqu’à dégringoler par au-dessus quand on dépasse le quatrième. Et voilà, en évitant soigneusement les mots qui ferment, on transmet en quelques instants la base indispensable pour comprendre et apprivoiser sans appréhension les réactions de la machine ! C’est du vécu 😉

La notation polonaise inverse est appelée aussi notation postfixe. Cela consiste comme on l’a vu à entrer d’abord les valeurs, puis la touche arithmétique à la fin. Toutes les machines RPN font comme cela. En revanche l’aspect manipulation de la pile (ce que j’appelle les niveaux au paragraphe précédent) peut présenter des spécificités d’une machine à l’autre. Disons-le tout net, le spécialiste Hewlett-Packard est sans soute celui qui en a très tôt offert la version la plus aboutie : tout y est pour piloter cette pile du bout des doigts : la touche FLECHE BAS qui défile en boucle les 4 valeurs de la pile, la touche X<>Y qui permute les deux premiers niveaux, le LAST X qui rappelle la dernière valeur affichée. On peut aussi ajouter une duplication systématique du 3e niveau sur le 4e, à mesure que les valeurs descendent, ça n’a l’air de rien, mais quand ça manque, on le remarque à l’usage.

Et c’est le cas pour la Commodore 4921. Sa pile dispose de 4 niveaux comme une HP, c’est bien car d’autres n’en donnent que 3, mais elle ne connait pas la duplication automatique du dernier niveau. Pour les curieux qui se demandent quel processeur tourne dans la 4921, en voici la photo.

4921

Hormis la spécificité de la notation polonaise inverse, la 4921 est une Commodore très classique sur le plan des possibilités. La panoplie des fonctions scientifiques est plutôt riche mais on est tout de même en 1978 : la trigonométrie, les logarithmes et leurs réciproques, des touches statistiques bien pratiques, les conversions polaires / rectangulaires.

Trois mémoires sont disponibles, accessibles en faisant suivre la touche mémoire de 0, 1 ou 2. Le souci, c’est qu’on peut tout aussi bien taper n’importe quel chiffre de 0 à 9, ce sont les mêmes mémoires qui seront adressées, chaque mémoire pouvant être atteinte par plusieurs adresses, voilà qui ne peut qu’embrouiller.

Un dernier point, concernant le nom exact de ce modèle. Doit-on dire SR-4921 ou bien RPN4921 ? SR est abondamment utilisé chez Commodore (=Slide Rule) . Une réponse est donnée quand on retourne la machine, la plaque est sans équivoque, on y lit RPN4921.

 Mais comme le manuel indique SR-4921, c’est finalement comme on veut. Et moi je préfère SR-4921

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Commodore LC4512

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Une calculatrice Commodore qui pour une fois n’est pas une épaisse machine à petits chiffres rouges.

Le géant Commodore, très présent sur le marché des calculatrices tout au long des années 70 a parfois laissé de côté ses gros afficheurs à diodes rouges pour de modernes et fins dispositifs LCD. Ce sera le cas avec les LC4512 et LC43SR. Rencontrer ces modèles discrets et peu répandus n’est pas chose facile.

Voici donc la LC-4512, une Commodore scientifique tardive (1978), légère et extra-plate, du moins pour la partie clavier.

Le moins que l’on puisse dire, c’est que ses formes ne sont pas habituelles. Est-ce en raison de la tradition maison du profil biseauté ? ou de la nécessité de caser les deux lourdes piles AA ? Toujours est-il que le profil est inédit, avec une zone clavier étonnamment mince qui se termine par un afficheur fortement incliné à 40°. L’originalité se poursuit avec de larges dentelures sur tout le pourtour.

Pour être complet, il m’a été donné de voir récemment une calculatrice embarquant une imprimante intégrée qui utilisait précisément le corps de cette 4512, et alors on comprend mieux. Je n’ai malheureusement pas gardé trace de cette image.

Côté technique, la LC-4512 est une scientifique complète, non programmable, animée par un processeur Toshiba, le même sans doute que dans la Toshiba SLC-8300, sa jumelle technique. L’afficheur, jaune, typique de cette période, est à 8 positions avec zone d’exposant dédiée et un splendide témoin « Error » qui donnerait envie de tenter les frappes interdites juste pour le plaisir de le faire surgir. La précision est basique et la vitesse de calcul vraiment tranquille.

Le clavier est d’excellente qualité, les touches quasiment affleurantes. Leur courte course produit un déclic souple et net qui accompagne chaque appui dans la douceur.

Avec ses touches de couleur vives, l’écran jaune, le design unique, une belle qualité de construction, la Commodore LC-4512 est une machine de caractère, qui en met plein les yeux, et restera sans doute et c’est dommage l’une des toutes dernières calculatrices produites par le géant Commodore.

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