{"id":7727,"date":"2025-04-17T18:02:32","date_gmt":"2025-04-17T18:02:32","guid":{"rendered":"http:\/\/le-rayon-des-calculatrices.fr\/WordPress3\/?page_id=7727"},"modified":"2026-05-06T15:43:27","modified_gmt":"2026-05-06T15:43:27","slug":"datum9","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/le-rayon-des-calculatrices.fr\/WordPress3\/?page_id=7727","title":{"rendered":"T09 &#8211; OVNIS"},"content":{"rendered":"\n<hr class=\"wp-block-separator\"\/>\n\n\n\n<p>[17\/06\/2024]<\/p>\n\n\n\n<h6 class=\"wp-block-heading\">Ovnis<\/h6>\n\n\n\n<p>Les ovnis et leurs myst\u00e8res m&rsquo;ont beaucoup intrigu\u00e9 dans mes jeunes ann\u00e9es 70. Des films comme \u00ab\u00a0<em>le jour o\u00f9 la Terre s&rsquo;arr\u00eatera<\/em>\u00a0\u00bb ou la s\u00e9rie \u00ab\u00a0<em>les Envahisseurs<\/em>\u00a0\u00bb me fascinaient litt\u00e9ralement.<\/p>\n\n\n\n<p>Parfois le journal t\u00e9l\u00e9vis\u00e9 osait rapporter une myst\u00e9rieuse observation dans le ciel. Il y eut aussi les livres de <em>Jean-Claude BOURRET<\/em>, journaliste connu et s\u00e9rieux. Des pages qui faisaient entrer le sujet dans la sph\u00e8re officielle et rigoureuse des gendarmes, collecteurs d&rsquo;un volume \u00e9norme de t\u00e9moignages, r\u00e9v\u00e9lant ceux de pilotes chevronn\u00e9s, civils comme militaires.<\/p>\n\n\n\n<p>Le monde \u00e9tait alors partag\u00e9 entre les purs incr\u00e9dules sourire en coin, et les t\u00e9moins jurant parfois avoir vu des extraterrestres \u00e0 quelques m\u00e8tres de la soucoupe pos\u00e9e dans le pr\u00e9. Les fr\u00e9quents d\u00e9bats t\u00e9l\u00e9vis\u00e9s incluaient des sommit\u00e9s de l&rsquo;astronomie parfaitement conformistes d\u00e9non\u00e7ant \u00e0 cor et \u00e0 cri l&rsquo;absence de preuves mat\u00e9rielles, et des personnalit\u00e9s du paranormal maintenues dans des positions d&rsquo;illumin\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p>J&rsquo;avais \u00e0 cette \u00e9poque comme beaucoup d\u2019adolescents la passion de l&rsquo;astronomie et j\u2019avoue que l&rsquo;incursion impromptue d&rsquo;un tel ph\u00e9nom\u00e8ne dans le ciel aurait \u00e9t\u00e9 l&rsquo;exp\u00e9rience de ma vie. Mais je n&rsquo;ai jamais vu d&rsquo;ovni, ni \u00e0 cette \u00e9poque ni plus tard. Mon sommeil d&rsquo;enfant \u00e9tait souvent le si\u00e8ge de r\u00eaves ou plut\u00f4t de cauchemars me faisant assister au passage d&rsquo;incroyables vaisseaux traversant lentement le ciel. Autant une telle pens\u00e9e \u00e9tait excitante \u00e0 l&rsquo;\u00e9tat d&rsquo;\u00e9veil, autant en r\u00eave elle \u00e9tait terrifiante.<\/p>\n\n\n\n<p>Un jour, une \u00e9mission t\u00e9l\u00e9vis\u00e9e a donn\u00e9 la parole \u00e0 un \u00ab\u00a0ufologue\u00a0\u00bb, responsable d&rsquo;une association d&rsquo;\u00e9tude du ph\u00e9nom\u00e8ne ovni. Ce personnage, s\u00e9rieux et pos\u00e9, accr\u00e9ditait de toute \u00e9vidence par sa seule pr\u00e9sence l&rsquo;authenticit\u00e9 du ph\u00e9nom\u00e8ne. Il avait sans doute eu dans les mains un grand nombre de t\u00e9moignages solides qui l&rsquo;avaient confirm\u00e9 dans cette voie. Que pouvaient bien contenir les dossiers d\u00e9cisifs auxquels il avait eu acc\u00e8s ?<\/p>\n\n\n\n<p>Puis je me suis petit \u00e0 petit d\u00e9tourn\u00e9 des choses du ciel, la vie m&rsquo;appelant \u00e0 d&rsquo;autres t\u00e2ches plus terre \u00e0 terre.<\/p>\n\n\n\n<p>Un grand nombre d&rsquo;ann\u00e9es plus tard, repensant \u00e0 l\u2019\u00e9poque o\u00f9 l&rsquo;on parlait ovnis sans complexes, l&rsquo;id\u00e9e me vint d&rsquo;interroger internet et ses forums pour voir o\u00f9 en \u00e9tait le sujet et surtout en savoir un peu plus sur les ufologues. Je me suis inscrit sur un forum que j&rsquo;ai fr\u00e9quent\u00e9 quelques mois.<\/p>\n\n\n\n<p>J&rsquo;ai pu lire les contributions de personnages passionn\u00e9s au-del\u00e0 des soucoupes par toutes les formes et hypoth\u00e8ses du ph\u00e9nom\u00e8ne ovni. Certains membres \u00e9taient d&rsquo;anonymes \u00e9rudits de la pal\u00e9ontologie, de l&rsquo;anthropologie, d&rsquo;autres de sciences physiques et beaucoup d&rsquo;\u00e9changes \u00e9taient enrichissants. Il en ressortait que beaucoup avaient \u00e9t\u00e9 t\u00e9moins un jour de quelque chose d&rsquo;a\u00e9rien qu&rsquo;ils n&rsquo;avaient pu identifier et qui les avait marqu\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p>Parfois un t\u00e9moin de passage s&rsquo;inscrivait juste pour rapporter une observation r\u00e9cente et les sp\u00e9cialistes, de photo notamment, proc\u00e9daient \u00e0 l&rsquo;analyse des donn\u00e9es d&rsquo;o\u00f9 il ne sortait jamais rien de d\u00e9finitif, la qualit\u00e9 du t\u00e9moin, de ses moyens, de ses connaissances \u00e9tant trop impr\u00e9cises.<\/p>\n\n\n\n<p>J&rsquo;ai&nbsp;cess\u00e9 de fr\u00e9quenter le forum apr\u00e8s avoir assist\u00e9 plusieurs semaines durant \u00e0 un emballement sur ce fameux ast\u00e9ro\u00efde \u00e0 la trajectoire \u00e9tonnante dont tous les m\u00e9dias avaient parl\u00e9 et qui aurait \u00e9t\u00e9 selon les sp\u00e9cialistes \u00ab\u00a0d&rsquo;origine extraterrestre\u00a0\u00bb. Il fallait alors comprendre que ce caillou g\u00e9ant baptis\u00e9 <em>Oumuamua<\/em>, dont on nous rapportait opportun\u00e9ment que sa forme allong\u00e9e \u00e9tait \u00ab\u00a0myst\u00e9rieuse\u00a0\u00bb, avait selon toute probabilit\u00e9 v\u00e9cu dans son pass\u00e9 lointain une collision qui l&rsquo;avait affranchi de l&rsquo;attraction de son \u00e9toile et que depuis il errait, faisant une incursion dans le syst\u00e8me solaire avant de repartir, l\u00e0 o\u00f9 l&rsquo;enverraient les seuls principes de l&rsquo;inertie et de la gravit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>La presse g\u00e9n\u00e9raliste est en mati\u00e8re de choses du ciel tout \u00e0 la fois d&rsquo;une grande ignorance et d&rsquo;une fausse rigueur, voulant \u00e0 tout prix glisser du frisson dans des propos se voulant scientifiques mais aux mots choisis. Alors qu&rsquo;aucune image autre que des illustrations d&rsquo;artistes ne circulait et que les donn\u00e9es recueillies \u00e9taient tr\u00e8s pauvres, j&rsquo;ai t\u00e9moign\u00e9 mon d\u00e9saccord \u00e0 entrevoir a priori de possibles \u00ab\u00a0mains intelligentes\u00a0\u00bb ayant envoy\u00e9 ce corps, aux fins d&rsquo;exploration du syst\u00e8me solaire sans doute, de la Terre tout au moins, enfin juste l&rsquo;homme tant qu&rsquo;on y est, en pointant le traitement sensationnaliste des m\u00e9dias. La r\u00e9action&nbsp;forte de plusieurs membres et non des moindres m&rsquo;a sembl\u00e9 r\u00e9v\u00e9ler un parti-pris sous-jacent qui ne pouvait selon moi faire progresser les choses.<\/p>\n\n\n\n<p>Ainsi j&rsquo;ai souvent rencontr\u00e9 dans les discussions des th\u00e8mes portant sur les centrales nucl\u00e9aires, sujet qui n&rsquo;est pas nouveau, cibles de survols jug\u00e9s myst\u00e9rieux. Et toujours une suspicion envers les gouvernements mondiaux qui savent et cachent bien s\u00fbr des dossiers secrets. Et des t\u00e9moignages de poids valant quasiment preuve, d\u00e8s lors qu&rsquo;ils proviennent de pilotes chevronn\u00e9s ou de grad\u00e9s militaires. Et aussi en filigrane, la proph\u00e9tie du savant russe <em>Tsiolkovski<\/em>, portant sur le berceau terrestre que devra raisonnablement quitter l&rsquo;homme un jour pour accomplir sa destin\u00e9e stellaire. Ou encore le paradoxe de <em>Fermi<\/em> cit\u00e9 couramment, argument d&rsquo;autorit\u00e9 lui aussi dans bien des esprits.<\/p>\n\n\n\n<p>Et un autre th\u00e8me, inattendu, omnipr\u00e9sent, un antagonisme s\u00e9v\u00e8re envers une population d\u00e9sign\u00e9e comme des sceptiques actifs, s&rsquo;exprimant sur leurs propres forums et s&#8217;employant \u00e0 affaiblir m\u00e9thodiquement toute id\u00e9e favorable \u00e0 l&rsquo;existence d&rsquo;un ph\u00e9nom\u00e8ne ovni. Les uns respiraient la z\u00e9t\u00e9tique, les autres la vomissaient. Enfin si certains membres disposaient de mat\u00e9riel de d\u00e9tection syst\u00e9matique du ciel, rien de d\u00e9cisif ne semblait en \u00eatre jamais sorti.<\/p>\n\n\n\n<p>Au temps o\u00f9 j&rsquo;observais le ciel en tant que passionn\u00e9 d&rsquo;astronomie, jamais je n&rsquo;ai pu voir de mes yeux la plan\u00e8te Mercure. J&rsquo;ai pu observer V\u00e9nus et ses phases, Mars petite ou grande selon sa position orbitale, Jupiter et ses satellites, Saturne et son anneau, mais jamais Mercure, si pr\u00e8s du Soleil. Un jour pourtant, j&rsquo;y ai mis tous les moyens. Je la savais situ\u00e9e \u00e0 un point qui la rendait particuli\u00e8rement observable, le temps \u00e9tait clair, sans nuages. J&rsquo;ai guett\u00e9 avec des jumelles lumineuses, sachant o\u00f9 porter les yeux et pourtant Mercure s&rsquo;est une ultime fois d\u00e9rob\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p>Il se trouve que la plan\u00e8te Mercure est pourtant connue depuis l&rsquo;antiquit\u00e9. Elle n\u2019a pas \u00e9chapp\u00e9 aux yeux de nos anc\u00eatres, d\u00e9pourvus de toute aide optique. Les anciens astronomes ont su d\u00e9crire avec toute la pr\u00e9cision qu&rsquo;ils pouvaient les plan\u00e8tes, les com\u00e8tes, les \u00e9toiles mais n&rsquo;ont pas relat\u00e9 d&rsquo;observations telles qu&rsquo;en rapportent les t\u00e9moins d&rsquo;ovnis. La raison de ce vide me semble poser question.<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator\"\/>\n\n\n\n<p>A ce stade, je propose de d\u00e9velopper p\u00eale-m\u00eale certains des \u00e9l\u00e9ments que j&rsquo;ai mentionn\u00e9s ainsi que d\u2019autres connexes, et d\u2019en donner mon interpr\u00e9tation, celle d&rsquo;une personne simple se questionnant et se r\u00e9pondant avec le seul bon sens, l&rsquo;exp\u00e9rience de ses lectures, ses quelques r\u00e9flexions et sa subjectivit\u00e9, sans interdit ni dogme.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Concernant les t\u00e9moignages de pilotes chevronn\u00e9s<\/strong>,&nbsp;Autant le t\u00e9moignage du citoyen lambda peu rompu \u00e0 l&rsquo;observation du ciel est consid\u00e9r\u00e9 comme fragile par les sp\u00e9cialistes des ovnis, autant celui des pilotes professionnels se voit facilement accept\u00e9 tel quel, avec respect et gratitude. Certes le pilote conna\u00eet le ciel et ses nuages et il a de bons yeux, s&rsquo;il voit un ph\u00e9nom\u00e8ne qu&rsquo;il n&rsquo;identifie pas, alors il d\u00e9crira un ovni et son t\u00e9moignage sera alors incontest\u00e9 en tous points.<\/p>\n\n\n\n<p>Je ne suis pas compl\u00e8tement d&rsquo;accord avec ce traitement. Le t\u00e9moignage du pilote face \u00e0 l&rsquo;incompr\u00e9hensible reste aussi fragile que tout autre car au-del\u00e0 de sa pratique du ciel, l\u2019humain fondamental qu&rsquo;il est voit avec le couple \u00ab\u00a0oeil-cerveau\u00a0\u00bb. Or si le cerveau ne parvient pas \u00e0 identifier, les yeux travailleront avec une subjectivit\u00e9 comparable \u00e0 celle de toute personne qui ne regarde jamais le ciel, d\u00e9couvre une nuit, fortuitement et sans comprendre, la brillante Jupiter qu&rsquo;il n&rsquo;avait jamais vue, que son imagination emball\u00e9e par l&rsquo;\u00e9motion va habiller de bonne foi de subtils mouvements et de comportements jug\u00e9s \u00e9tranges.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Le paradoxe de fermi<\/strong>, qui s&rsquo;\u00e9tonne que dans l&rsquo;hypoth\u00e8se o\u00f9 des civilisations extraterrestres se rencontreraient partout, on ne voie malgr\u00e9 tout personne venir \u00e0 notre rencontre.<\/p>\n\n\n\n<p>Mon id\u00e9e sur cette question serait de dissocier le principe du vivant y compris complexe et une suppos\u00e9e capacit\u00e9 de locomotion interplan\u00e9taire.<\/p>\n\n\n\n<p>La Terre conna\u00eet la vie depuis plusieurs milliards d&rsquo;ann\u00e9es, soit une dur\u00e9e tr\u00e8s longue, long\u00e9vit\u00e9 ayant requis sans doute des \u00e9pisodes d&rsquo;une rare stabilit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Une vie qui s&rsquo;est complexifi\u00e9e et diversifi\u00e9e au point qu&rsquo;un jour, apr\u00e8s beaucoup de temps, la possession d\u2019un langage structur\u00e9 riche, ainsi qu\u2019une m\u00e9moire collective n\u2019oubliant aucune d\u00e9couverte des grands hommes du pass\u00e9, il nous ait \u00e9t\u00e9 possible d\u2019aller jusque sur la Lune (ou plus modestement de transporter dans la combinaison d&rsquo;une dizaine d&rsquo;individus une portion du crucial \u00e9cosyst\u00e8me terrestre afin de s\u2019\u00e9loigner quelques jours de la Terre d\u2019une distance d&rsquo;une seconde-lumi\u00e8re, et dans un but premier peu avouable de remporter une comp\u00e9tition contre un groupe humain concurrent (sovi\u00e9tique en l\u2019occurrence).<\/p>\n\n\n\n<p>S&rsquo;il faut des milliards d&rsquo;ann\u00e9es \u00e0 des processus vitaux aux propri\u00e9t\u00e9s&nbsp;\u00e9volutives pour rencontrer cette possibilit\u00e9 \u00e9tonnante, cela signifie en m\u00eame temps que l&rsquo;\u00e9volution continue aura adapt\u00e9 le sujet toujours plus \u00e9troitement \u00e0 un biotope pr\u00e9cis, et qu&rsquo;il sera alors toujours plus difficile, inconfortable, insupportable de l&rsquo;en arracher.<\/p>\n\n\n\n<p>Autant la locomotion terrestre a un sens bien connu de toutes les esp\u00e8ces animales, autant la locomotion extra-terrestre, hors d&rsquo;un habitat \u00e9cologique pr\u00e9cis, a beaucoup moins de sens. Cela ressemble au saut magnifique du poisson rouge, confiant en l&rsquo;existence d&rsquo;autres mondes au-del\u00e0 des fines parois de son aquarium, frapp\u00e9 d&rsquo;une agonie imm\u00e9diate sit\u00f4t tomb\u00e9 au sol de tout son poids, sans espoir de retour, priv\u00e9 d&rsquo;oxyg\u00e8ne et de toute mobilit\u00e9. Le fait constat\u00e9 par le physicien <em>Fermi<\/em> que bien peu de visiteurs de l&rsquo;espace nous rendent visite ne signifie pas que des processus biologiques complexes n&rsquo;existent pas ailleurs.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Constantin Tsiolkovski<\/strong>. Souvent d\u00e9crit comme le p\u00e8re de l&rsquo;astronautique moderne, ce scientifique russe a un jour d\u00e9clam\u00e9 une phrase c\u00e9l\u00e8bre : \u00ab\u00a0<em>La Terre est le berceau de l&rsquo;humanit\u00e9, mais on ne peut pas passer sa vie dans un berceau<\/em>\u00ab\u00a0. L&rsquo;homme visait-il la proph\u00e9tie ou bien la po\u00e9sie tant la phrase est belle ? Beaucoup y ont vu la traduction \u00e9crite de ce que tout le monde pense au fond de lui : l&rsquo;homme a un destin diff\u00e9rent de l&rsquo;animal, celui d&rsquo;\u00e9tendre un jour sa supr\u00e9matie au-del\u00e0 de la Terre.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce qui sugg\u00e8re pour les uns une destin\u00e9e rayonnante de dimension stellaire tandis que d&rsquo;autres n&rsquo;y voient que, et c\u2019est d\u00e9j\u00e0 pas mal, la migration de l&rsquo;humanit\u00e9 vers une autre plan\u00e8te, quand les vils animaux suffoqueront sur une Terre invivable, empoisonn\u00e9e, grill\u00e9e de chaleur ou gel\u00e9e de froid, d\u00e9goulinante de pollution, vid\u00e9e de ses ressources.<\/p>\n\n\n\n<p>Quand on \u00e9voque cette merveilleuse citation, on se croit oblig\u00e9 d&rsquo;\u00e9tablir un parall\u00e8le avec le caract\u00e8re explorateur infatigable de l&rsquo;homme, qui ne pourra c&rsquo;est \u00e9vident se contenter de la Terre pour toujours, il est d&rsquo;ailleurs d\u00e9j\u00e0 all\u00e9 sur la Lune.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c9tant pour ma part r\u00e9fractaire \u00e0 cette proph\u00e9tie que je trouve particuli\u00e8rement pr\u00e9tentieuse, je r\u00e9ponds toujours \u00e0 qui la prononce devant moi que la ville d&rsquo;Arcachon est elle-m\u00eame consid\u00e9r\u00e9e comme le berceau des hu\u00eetres, et que celles-ci semblent s&rsquo;y \u00e9panouir sans ressentir le besoin d\u2019une migration en \u00cele de France. Je profite toujours de l&rsquo;occasion pour questionner mon interlocuteur sur ses propres penchants d&rsquo;explorateur, lui rappelant que lui et moi vivons au milieu de quantit\u00e9 de gens qui n&rsquo;ont jamais explor\u00e9 de terres nouvelles et n&rsquo;en souffrent gu\u00e8re, que les animaux ont tous de leur c\u00f4t\u00e9 \u00e9tendu leur territoire chaque fois qu&rsquo;ils le pouvaient, que le mot \u00ab\u00a0explorer\u00a0\u00bb poss\u00e8de enfin un sens exclusivement terrestre.<\/p>\n\n\n\n<p>Pour illustrer ce dernier point imaginons en effet un navire d&rsquo;explorateur abordant une terre inconnue. Une fois accost\u00e9 l&rsquo;explorateur pourra constater \u2013 sans doute n&rsquo;y pr\u00eatera-t-il gu\u00e8re attention tant il trouve cela normal &#8211; que la temp\u00e9rature, l&rsquo;air, la pression, la gravit\u00e9, la nourriture, le cycle des jours et des nuits y sont les m\u00eames qu&rsquo;en tous points de la Terre.<\/p>\n\n\n\n<p>Sc\u00e9nario diff\u00e9rent pour l\u2019humain de l&rsquo;espace posant le pied sur le rivage d&rsquo;une mer de m\u00e9thane, o\u00f9 r\u00e8gne une temp\u00e9rature inf\u00e9rieure \u00e0 200 degr\u00e9s, \u00e9cras\u00e9 par son poids de 500 kg ainsi qu&rsquo;une pression de 400 atmosph\u00e8res terrestres, o\u00f9 l&rsquo;eau est glace plus dure que la pierre, la nourriture locale inenvisageable, un ciel couleur de soufre et une atmosph\u00e8re \u00e0 l\u2019odeur infecte et d\u00e9nu\u00e9e du moindre atome d&rsquo;oxyg\u00e8ne, des paysages de carte postale propres \u00e0 susciter une violente nostalgie d&rsquo;une certaine plan\u00e8te bleue.<\/p>\n\n\n\n<p>Pourquoi parler d&rsquo;hu\u00eetres ? Parce que je soup\u00e7onne <em>M. TSIOLKOVSKI<\/em> de taquiner le lecteur quand il m\u00eale dans une m\u00eame phrase deux sens diff\u00e9rents d&rsquo;un m\u00eame mot. Le b\u00e9b\u00e9 ne quitte pas son berceau par grandeur d&rsquo;\u00e2me mais parce qu&rsquo;il est soumis \u00e0 un processus de croissance qui rend son petit lit inconfortable en quelques mois. Il en va de m\u00eame pour les oisillons. Le berceau qui nous a vu na\u00eetre, que ce soit une cit\u00e9, une r\u00e9gion, une plan\u00e8te est autre chose qu\u2019un petit lit de bois. Si l\u2019abandon rapide du petit lit est in\u00e9luctable, la r\u00e9gion qui m\u2019a vu na\u00eetre ne me dicte nullement de m\u2019en \u00e9chapper, elle est assez grande et g\u00e9n\u00e9reuse pour moi et ceux qui y vivent. Au nom de quoi m&rsquo;y accomplir serait-il le signe d&rsquo;un inach\u00e8vement indigne&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Qu&rsquo;est-ce qu&rsquo;un ovni ?<\/strong> Dans l&rsquo;absolu la question n&rsquo;aurait pas de sens car l&rsquo;objet non identifi\u00e9 qu&rsquo;il est n&rsquo;en est plus un d\u00e8s qu&rsquo;on sait ce que c&rsquo;est. L&rsquo;ovni peut se d\u00e9finir au moins comme un ph\u00e9nom\u00e8ne a\u00e9rien dont la nature \u00e9chappe au t\u00e9moin, par son aspect, son comportement, l&rsquo;\u00e9tat de peur, au mieux d&rsquo;excitation que sa vision va durablement provoquer en lui.<\/p>\n\n\n\n<p>Bien souvent, un t\u00e9moin va qualifier d&rsquo;ovni ce qu&rsquo;il n&rsquo;aura pas \u00e9t\u00e9 en capacit\u00e9 d\u2019identifier, en raison de sa faible exp\u00e9rience du ciel nocturne par exemple. C&rsquo;est souvent le cas pour des plan\u00e8tes brillantes comme Venus ou Jupiter que d&rsquo;autres t\u00e9moins plus aguerris auront reconnues par habitude.<\/p>\n\n\n\n<p>Il arrive cependant qu&rsquo;un t\u00e9moin, ou un groupe de t\u00e9moins rapportent des comportements qui ne sont tout bonnement pas compatibles avec nos lois terrestres comme l&rsquo;acc\u00e9l\u00e9ration, le brusque changement de direction. Ces cas ne sont pas seulement non identifi\u00e9s, ils sont non identifiables, du moins en l&rsquo;\u00e9tat actuel de nos connaissances. Ces t\u00e9moignages existent et posent indiscutablement question.<\/p>\n\n\n\n<p>Une tendance forte et toujours actuelle est d&rsquo;assimiler volontiers un ovni, donc au sens large un ph\u00e9nom\u00e8ne a\u00e9rien non identifi\u00e9, \u00e0 une preuve de vie extraterrestre, en l&rsquo;occurrence un vaisseau venant d&rsquo;une plan\u00e8te, contenant des occupants pourvus d&rsquo;une intelligence sup\u00e9rieure, venant visiter la Terre et en particulier l&rsquo;homme dot\u00e9 d&rsquo;une intelligence telle qu&rsquo;elle vaut vraiment le coup de venir de loin pour l\u2019admirer ou l\u2019\u00e9tudier.<\/p>\n\n\n\n<p>Ou peut-\u00eatre le contr\u00f4ler quand il joue avec le danger, ce qui nous ram\u00e8ne aux centrales nucl\u00e9aires par exemple. On peut noter que depuis qu&rsquo;on soup\u00e7onne celles-ci d&rsquo;inqui\u00e9ter le monde des \u00e9toiles et de susciter des visites, rien ne s&rsquo;est produit pour nous ramener dans le droit chemin. A moins que des courriers class\u00e9s secret d\u00e9bordent des armoires des gouvernements mondiaux, tous \u00e0 l&rsquo;unisson pour une fois, \u00e7a fait plaisir \u00e0 voir.<\/p>\n\n\n\n<p>On imagine volontiers ces visiteurs comme des humano\u00efdes bip\u00e8des. On entend parfois des propos convaincus qu&rsquo;une grande intelligence va in\u00e9vitablement de pair avec cette architecture. Ces cr\u00e9atures auraient de grands yeux, une grosse t\u00eate pour renfermer tant d&rsquo;intelligence. Il est amusant de constater que les t\u00e9moins d&rsquo;extraterrestres d\u00e9ambulant librement ou captur\u00e9s (Roswell), les d\u00e9crivent non seulement bip\u00e8des et humano\u00efdes, mais pourvu de jambes s&rsquo;articulant&nbsp;de la m\u00eame fa\u00e7on que pour nous autres plantigrades, que leur visage horrible poss\u00e8de cependant un triangle nasal, un menton, une petite bouche fine et non la large gueule de nos animaux, deux yeux au regard parall\u00e8le comme nous et au contraire de nombreux oiseaux ou mammif\u00e8res. En fait ce sont des humains, ni plus ni moins, juste avec un accent d&rsquo;une autre plan\u00e8te.<\/p>\n\n\n\n<p>J&rsquo;observe que les hommes et les pingouins semblent les seules cr\u00e9atures bip\u00e8des verticales sur Terre. Il convient donc d&rsquo;ajouter dans cette rare posture tous les extraterrestres de toutes les galaxies, ceux qu&rsquo;on aper\u00e7oit comme ceux qu&rsquo;on imagine, qu&rsquo;on dessine. Tous dot\u00e9s d&rsquo;un visage monstrueux, de mains \u00e0 deux ou cinquante doigts mais bip\u00e8des, debout, de taille vaguement humaine 1m30 \u00e0 2m50, sur deux jambes, proportionn\u00e9es et articul\u00e9es telles celles de l&rsquo;homme, dot\u00e9s d&rsquo;un triangle nasal au sein d&rsquo;une face plate sans museau, d&rsquo;un menton, d&rsquo;une fine bouche. La place de repr\u00e9sentations aussi aveugl\u00e9ment anthropomorphes ne peut \u00eatre selon moi que la poubelle.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"aligncenter\"><a href=\"http:\/\/le-rayon-des-calculatrices.fr\/WordPress3\/wp-content\/uploads\/2024\/09\/Extraterrestres.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"456\" src=\"http:\/\/le-rayon-des-calculatrices.fr\/WordPress3\/wp-content\/uploads\/2024\/09\/Extraterrestres-1024x456.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-7253\" srcset=\"https:\/\/le-rayon-des-calculatrices.fr\/WordPress3\/wp-content\/uploads\/2024\/09\/Extraterrestres-1024x456.jpg 1024w, https:\/\/le-rayon-des-calculatrices.fr\/WordPress3\/wp-content\/uploads\/2024\/09\/Extraterrestres-300x134.jpg 300w, https:\/\/le-rayon-des-calculatrices.fr\/WordPress3\/wp-content\/uploads\/2024\/09\/Extraterrestres-768x342.jpg 768w, https:\/\/le-rayon-des-calculatrices.fr\/WordPress3\/wp-content\/uploads\/2024\/09\/Extraterrestres.jpg 1353w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/a><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p>Regardons la vie dans sa diversit\u00e9 terrestre autour de nous : les jeunes enfants font des c\u00e2lins aux chiens, qui sont pourtant physiquement diff\u00e9rents de nous au point qu&rsquo;ils devraient nous donner des cauchemars. Qui aurait su dessiner un poisson, un oiseau, un chien s&rsquo;il n&rsquo;en avait jamais vu ? Nous ne savons pas dessiner une cr\u00e9ature inconnue autrement que sous une forme vaguement humaine, mais toujours effrayante. Une exception notable avec le petit personnage de cin\u00e9ma <em>E.T. l&rsquo;extra-terrestre<\/em>, certes disgracieux mais appelant les tendres c\u00e2lins d&rsquo;enfants. Mais lui aussi vertical, d\u00e9cid\u00e9ment.<\/p>\n\n\n\n<p>A ceux que j&rsquo;entends se demander si nous sommes seuls dans l&rsquo;univers, je leur r\u00e9ponds toujours avec&nbsp;malice : \u00ab\u00a0<em>oui nous sommes seuls, absolument seuls dans l&rsquo;univers, il n&rsquo;y en a pas d&rsquo;autres, nous sommes les seuls \u00eatres humains, les autres ne le sont pas<\/em>\u00ab\u00a0.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Changer de plan\u00e8te le moment venu<\/strong>&nbsp;: Voil\u00e0 un lieu commun auquel chacun ne demande qu&rsquo;\u00e0 croire.<\/p>\n\n\n\n<p>Contrairement aux animaux et autres g\u00e9raniums qui ne survivront pas \u00e0 l&rsquo;agonie de la Terre, l&rsquo;homme a la capacit\u00e9 et m\u00eame le destin &#8211; ou du moins c&rsquo;est juste une affaire de quelques ann\u00e9es, pas de soucis &#8211; d&#8217;embarquer le moment venu vers une plan\u00e8te d&rsquo;accueil o\u00f9 tout repartira de z\u00e9ro. Quelle chance on a d&rsquo;\u00eatre un humain.<\/p>\n\n\n\n<p>Il reste \u00e0 trouver la plan\u00e8te jumelle de la Terre, il en existe tellement qu&rsquo;on n&rsquo;aura que l&#8217;embarras du choix. Un chantier magnifique et qui pr\u00e9sente si peu de difficult\u00e9s &#8230;<\/p>\n\n\n\n<p>Rep\u00e9rons d\u2019abord notre plan\u00e8te jumelle. Comment fait-on ? C&rsquo;est simple, il suffit d&rsquo;aller tout droit dans n&rsquo;importe quelle direction et on ne manquera pas d&rsquo;en trouver une, car statistiquement il y en a des milliards de milliards.<\/p>\n\n\n\n<p>Sauf que les exoplan\u00e8tes qu&rsquo;on \u00e9tudie depuis peu nous&nbsp;sugg\u00e8rent&nbsp;d\u00e9j\u00e0 de&nbsp;grossi\u00e8res diff\u00e9rences. En fait, nous autres cr\u00e9atures fa\u00e7onn\u00e9es par la Terre depuis si longtemps, nous sommes extr\u00eamement attach\u00e9s \u00e0 la moindre de ses caract\u00e9ristiques. Nous trouvons inconfortable une temp\u00e9rature s&rsquo;\u00e9cartant de 10 malheureux degr\u00e9s de ce qui est attendu. Nous avons des palpitations \u00e0 4000m d&rsquo;altitude, une hauteur ind\u00e9celable visuellement \u00e0 l&rsquo;\u00e9chelle d\u2019une Terre qui en mesure 12.000.000, une magn\u00e9tosph\u00e8re plus t\u00e9nue et ce sont des radiations mortelles re\u00e7ues. Quant au poids des individus variant selon la masse de la plan\u00e8te h\u00f4te, la coquetterie risque de rendre ce point crucial.<\/p>\n\n\n\n<p>Osons une comparaison hardie : On pourrait tenter de comparer ce qu&rsquo;on attend d&rsquo;une plan\u00e8te jumelle avec notre perception des visages humains. Nous avons tous deux yeux un nez une bouche, mais sur ce mod\u00e8le il existe sur Terre une dizaine de milliards de visages, tous uniques. Pourtant nous d\u00e9tectons imm\u00e9diatement un visage connu ou inconnu, nous reconnaissons un visage hostile, un visage ami, nous d\u00e9codons sur l&rsquo;instant des signaux visuels subtils refl\u00e9tant la pens\u00e9e de l&rsquo;autre, ses intentions. Nous sommes bien plus complexes \u00e0 d\u00e9finir que deux yeux, un nez, une bouche. La Terre est bien autre chose qu&rsquo;une simple grosse boule imbib\u00e9e d&rsquo;eau.<\/p>\n\n\n\n<p>Y en a-t-il tant que cela, des plan\u00e8tes aussi jumelles que voulues ? Les plan\u00e8tes sont des grappes de quelques grains autour des \u00e9toiles. Or il n&rsquo;y a pas tant d&rsquo;\u00e9toiles que cela, du moins pr\u00e8s de nous. La plus proche est \u00e0 4 ann\u00e9es-lumi\u00e8re, ensuite jusqu&rsquo;\u00e0 10 ou&nbsp;15 ann\u00e9es-lumi\u00e8re on en compte une cinquantaine ou gu\u00e8re plus, c\u2019est peu.<\/p>\n\n\n\n<p>On entend d&rsquo;ailleurs parfois une curieuse th\u00e9orie : se contenter dans un premier temps d&rsquo;une plan\u00e8te proche et se consacrer \u00e0 sa \u00ab\u00a0terraformation\u00a0\u00bb, c&rsquo;est-\u00e0-dire travailler avec pelles et pioches vers l&rsquo;adaptation de ses caract\u00e9ristiques, de son atmosph\u00e8re, pour un lieu pleinement accueillant pour les humains, la transformer en Terre rien de moins. Cela parait juste dommage de d\u00e9penser autant d&rsquo;huile de coude pour un tel chantier \u00e0 10 ann\u00e9es-lumi\u00e8re quand on pourrait le faire sur place pour restaurer notre Terre de ses quelques maux, qui se renouvelleront \u00e0 l&rsquo;identique sur la merveilleuse nouvelle plan\u00e8te lointaine remise \u00e0 neuf.<\/p>\n\n\n\n<p>Pour envisager de telles migrations, la moindre des choses serait d\u00e9j\u00e0 de voyager aussi vite qu&rsquo;un rayon de lumi\u00e8re. Atteindre la vitesse de la lumi\u00e8re nous est cependant, autant que nous le sachions, impossible en raison notamment de la masse dont nous sommes pourvus, qui exigerait la mobilisation d&rsquo;une quantit\u00e9 infinie d&rsquo;\u00e9nergie. Il faut se contenter de moins, et donc&nbsp;nous&nbsp;tra\u00eener \u00e0 la vitesse d&rsquo;une trottinette&nbsp;de l&rsquo;espace.<\/p>\n\n\n\n<p>Sans compter que pour voyager vite, il faudrait d&rsquo;abord acc\u00e9l\u00e9rer jusqu&rsquo;\u00e0 la vitesse de croisi\u00e8re, soit passer de 0 km\/s \u00e0 300.000 km\/s. Et notre petite nature humaine de chair et de sang n&rsquo;aime pas du tout cela. Si l&rsquo;on a tous pu constater que se d\u00e9placer en TGV \u00e0 300 km\/h ne nous incommode point, en revanche l&rsquo;acc\u00e9l\u00e9ration nous tue (la vraie, pas celle du TGV, d\u2019une grande douceur). L\u2019acc\u00e9l\u00e9ration maximale que l&rsquo;on supporte sans ressentir de g\u00eane est celle \u00e9quivalant \u00e0 la pesanteur terrestre que les sp\u00e9cialistes nomment <em>g<\/em>. Une acc\u00e9l\u00e9ration de 2 ou 3 <em>g<\/em> est supportable quelques instants mais, comme \u00e0 la foire foraine, on est content quand cela s&rsquo;arr\u00eate. Les astronautes sont entra\u00een\u00e9s \u00e0 en supporter davantage, mais pour une dur\u00e9e aussi courte que possible. Bref, pour atteindre une vitesse \u00e9lev\u00e9e, comme celle de la lumi\u00e8re si tant est que cela soit un jour possible, il faudrait prendre notre temps, patienter une bonne ann\u00e9e en acc\u00e9l\u00e9rant contin\u00fbment \u00e0 1 <em>g<\/em>. Cette fragilit\u00e9 de notre chair \u00e0 l&rsquo;acc\u00e9l\u00e9ration, \u00e0 laquelle s&rsquo;ajoutent une vitesse de d\u00e9placement limit\u00e9e et une esp\u00e9rance de vie individuelle de 80 ann\u00e9es ne laissent pas pr\u00e9sager le survol d\u2019un choix immense de plan\u00e8tes.<\/p>\n\n\n\n<p>Une bonne id\u00e9e (parions qu\u2019elle germerait dans la t\u00eate de certains d\u00e9cideurs) ne serait-elle pas de retenir une plan\u00e8te imparfaite quoique non mortelle, pas trop compliqu\u00e9e \u00e0 atteindre, qu&rsquo;on r\u00e9serverait au tr\u00e8s grand nombre de candidats disons de 2e classe, non fortun\u00e9s, et en chercher plus soigneusement une belle autre o\u00f9 l&rsquo;on serait plus l\u00e9ger sur la balance pour les personnes dot\u00e9es d&rsquo;un portefeuille plus adapt\u00e9 \u00e0 la situation.<\/p>\n\n\n\n<p>Soyons r\u00e9alistes. M\u00eame en nous congelant pour supporter toutes ces ann\u00e9es de voyage, m\u00eame en faisant se succ\u00e9der quantit\u00e9 de g\u00e9n\u00e9rations dans l\u2019astronef, on n&rsquo;irait pas loin. Je crains que dans le domaine accessible au simple mortel fragile et \u00e9ph\u00e9m\u00e8re que nous sommes, m\u00eame dot\u00e9 du destin de premier ordre que l\u2019on sait, bien peu de plan\u00e8tes conviendraient sinon aucune.<\/p>\n\n\n\n<p>Pour mieux se repr\u00e9senter le probl\u00e8me d\u2019\u00e9chelle des distances et des vitesses, imaginons que nous habitions une ville particuli\u00e8rement hupp\u00e9e, dans un pays tr\u00e8s riche, o\u00f9 un simple repas au restaurant co\u00fbte 5000 \u20ac, qu&rsquo;un loyer d&rsquo;appartement se chiffre en dizaines de milliers d&rsquo;euros mensuels, qu&rsquo;une voiture de tous les jours en co\u00fbte 25 millions, et que notre pauvre salaire mensuel ne soit que de 500 euros. On se rendrait vite compte que nos revenus sont incompatibles avec le train de vie en vigueur, qu&rsquo;il existe un probl\u00e8me d&rsquo;\u00e9chelle entre monnaie des ressources et monnaie des besoins, l\u2019unit\u00e9 de compte n\u2019est pas la m\u00eame.<\/p>\n\n\n\n<p>Pour l&rsquo;espace, c&rsquo;est pareil. La vitesse, celle de la lumi\u00e8re, n&rsquo;a pas les moyens d&rsquo;arpenter l&rsquo;univers. Les distances entre les corps cosmiques sont si colossales qu&rsquo;elles ne semblent pas faites pour \u00eatre parcourues, du moins en des laps de temps aussi microscopiques que les dur\u00e9es humaines. Consid\u00e9rons la galaxie d&rsquo;Androm\u00e8de notre plus proche voisine, qu&rsquo;on peut d\u2019ailleurs d\u00e9celer \u00e0 l&rsquo;\u0153il nu. Il a fallu 2 millions d\u2019ann\u00e9es pour que sa lumi\u00e8re atteigne nos yeux. Quant aux dimensions de notre propre Galaxie bien de chez nous, celle-ci est large de 150.000 ann\u00e9es-lumi\u00e8re. Une travers\u00e9e d\u2019agr\u00e9ment qui n\u2019est pas vraiment \u00e0 la port\u00e9e d&rsquo;une trottinette de l&rsquo;espace.<\/p>\n\n\n\n<p>Un escargot dot\u00e9 d\u2019une esp\u00e9rance de vie de papillon se lancerait-il dans la travers\u00e9e de l&rsquo;Afrique ?<\/p>\n\n\n\n<p>Et si des solutions scientifiques existaient malgr\u00e9 tout, restant \u00e0 d\u00e9couvrir, tir\u00e9es de la Relativit\u00e9 G\u00e9n\u00e9rale, de la physique quantique ou bien de la th\u00e9orie des cordes pour vaincre une fois pour toutes les contraintes de cet espace-temps ? Il faudrait y ajouter, pour \u00e9viter des milliers de d\u00e9convenues, un bon d\u00e9tecteur de plan\u00e8tes jumelles de la Terre, celles qui recopient au millim\u00e8tre ses caract\u00e9ristiques fondamentales qui nous sont si ch\u00e8res : temp\u00e9rature, pression, gravit\u00e9, composition atmosph\u00e9rique, bouclier magn\u00e9tique, rythme des jours, de l\u2019ann\u00e9e, cycle de saisons, nourriture abondante et go\u00fbteuse, odeurs de printemps agr\u00e9ables, paysages d\u2019automne admirables, ciel bleu aux nuages tranquillement pouss\u00e9s par le vent, une belle lune pour le romantisme, une terre fertile, peu d&rsquo;ouragans de 30e cat\u00e9gorie, quelques insectes ou bact\u00e9ries sp\u00e9cialis\u00e9s dans la d\u00e9gradation des excr\u00e9ments humains, et en option une population locale amicale et z\u00e9ro microbe dangereux \u2026 Une d\u00e9finition plus compl\u00e8te que le seul terme journalistique \u00ab habitable \u00bb entendu chaque fois qu\u2019une plan\u00e8te lointaine o\u00f9 il est suppos\u00e9 y couler de l\u2019eau est d\u00e9tect\u00e9e. La pr\u00e9sence d\u2019eau fra\u00eeche est une donn\u00e9e int\u00e9ressante mais m\u00eame en y ajoutant l\u2019amour, cela reste une carte d\u2019identit\u00e9 bien succincte pour encourager un exode interplan\u00e9taire. Id\u00e9alement la plan\u00e8te jumelle devra nous faire oublier la Terre et ne pas nourrir la belle l\u00e9gende nostalgique de la plan\u00e8te bleue de nos anc\u00eatres, celle qui n&rsquo;avait pas trois soleils et huit lunes dans le ciel.<\/p>\n\n\n\n<p>M\u00eame si toutes ces avanc\u00e9es scientifiques trouvaient le d\u00e9bouch\u00e9 souhait\u00e9, encore faudrait-il trouver le temps de les \u00e9tudier, de les th\u00e9oriser, les mod\u00e9liser, les comprendre, les dig\u00e9rer. Un gros et surtout long investissement de recherche scientifique et astronautique.<\/p>\n\n\n\n<p>Seulement voil\u00e0, nous aimons la Science, mais avons tendance \u00e0 appr\u00e9cier davantage encore son sous-produit qu\u2019est la technologie. La Science est lente, r\u00e9clame des budgets chiches qui ne tombent pas du ciel, raisonne en long terme, apportant savoir et sagesse, tandis que la technologie produit plein de choses sympa, des appareils, des bidules, de la musique, des films, des t\u00e9l\u00e9phones, des choses propices aux affaires florissantes, aux marges substantielles, aux march\u00e9s juteux, toujours \u00e0 court terme de fa\u00e7on \u00e0 encha\u00eener les nouveaut\u00e9s \u00e0 bonne cadence.<\/p>\n\n\n\n<p>Et aussi toute la pollution induite, qu&rsquo;on ne veut pas voir, dans le ciel toujours plus de satellites dont on a tout le temps de se questionner sur la fa\u00e7on de les d\u00e9crocher le jour o\u00f9 ils ne serviront plus et continueront d\u2019obscurcir les cieux de la nuit et du jour.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce temps lointain de la propret\u00e9 n&rsquo;est pas encore venu, consommons, buvons, dansons. Ne nous trompons pas de destin, nous n&rsquo;avons pas celui de nettoyer mais de trouver d\u2019autres coins bien propres \u00e0 salir plus loin. Parions que la science, sage et lente mais aussi source de courses mercantiles rapides et sales, aura d\u00e9truit la Terre, du moins notre \u00e9cosyst\u00e8me avant d&rsquo;avoir trouv\u00e9 comment la remplacer.<\/p>\n\n\n\n<p>Notre plan\u00e8te de rechange n\u2019existe pas. Elle serait hors de port\u00e9e, du moins&nbsp;pour notre esp\u00e8ce de l&rsquo;\u00e8re holoc\u00e8ne. Il faut renoncer \u00e0 ce plan B providentiel qui d\u00e9tourne notre attention ailleurs, plus tard. Notre plan\u00e8te o\u00f9 il fera bon vivre, pour nous autres humains de chair et de sang, \u00e7a ne peut \u00eatre que notre Terre.<\/p>\n\n\n\n<p>D\u2019ailleurs pourquoi diable accepte-t-on de regarder nos d\u00e9gradations s\u2019y d\u00e9rouler sans trop bouger, sans avoir le c\u0153ur&nbsp;gros ni ressentir la culpabilit\u00e9 de briser le sol terrestre sous nos pieds ingrats ?<\/p>\n\n\n\n<p>Je ne fr\u00e9quente gu\u00e8re les \u00e9glises. Je crois pourtant savoir que les religions ont su d\u00e9signer les cieux et leurs paradis comme de v\u00e9ritables demeures \u00e0 la mesure de l\u2019homme, le moment venu. Mais laquelle a pens\u00e9 \u00e0 pr\u00e9senter la Terre comme un lieu sacr\u00e9 elle aussi ? La religion chr\u00e9tienne en fait un simple purgatoire, un lieu de souffrance de tous les jours, o\u00f9 la sueur et les pleurs nous purifieront pour un futur joyeux. Il est vrai que la religion chr\u00e9tienne fut fond\u00e9e en des temps o\u00f9 la Terre \u00e9tait souvent vue comme un univers gigantesque, non fini, sans forme, on ne lui pr\u00eatait pas encore un statut de bulle de vie minuscule, \u00e0 l\u2019\u00e9quilibre pr\u00e9cieux et fragile.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"667\" src=\"http:\/\/le-rayon-des-calculatrices.fr\/WordPress3\/wp-content\/uploads\/2024\/09\/Terre12-1024x667.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-7232\" srcset=\"https:\/\/le-rayon-des-calculatrices.fr\/WordPress3\/wp-content\/uploads\/2024\/09\/Terre12-1024x667.jpg 1024w, https:\/\/le-rayon-des-calculatrices.fr\/WordPress3\/wp-content\/uploads\/2024\/09\/Terre12-300x196.jpg 300w, https:\/\/le-rayon-des-calculatrices.fr\/WordPress3\/wp-content\/uploads\/2024\/09\/Terre12-768x501.jpg 768w, https:\/\/le-rayon-des-calculatrices.fr\/WordPress3\/wp-content\/uploads\/2024\/09\/Terre12.jpg 1470w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p>Comment ressentir l\u2019amour d\u2019une Terre m\u00e8re alors qu\u2019on ne nous a jamais appris \u00e0 la voir autrement que vulgaire, inconfortable et punitive ?<\/p>\n\n\n\n<p>Aujourd\u2019hui, nous avons \u00e0 l\u2019esprit l\u2019\u00e9cologie, le geste bon pour la plan\u00e8te. Il ne devrait pas s\u2019agir de simples gestes pour soigner, panser une plaie, ni m\u00eame la sauvegarde int\u00e9ress\u00e9e d\u2019un environnement dont nous r\u00e9alisons que nous en avons besoin. Il devrait s\u2019agir de gestes d\u2019amour, pour une plan\u00e8te unique, notre minuscule bulle de vie, celle qui nous a fa\u00e7onn\u00e9s depuis 2 milliards d\u2019ann\u00e9es, avec qui nous faisons corps, celle dont la chaleur de son Soleil, le bleu du ciel, les couleurs des fleurs, le parfum de la vie s\u2019\u00e9veillant le matin sous la ros\u00e9e font battre notre c\u0153ur et celui de toutes les cr\u00e9atures terrestres. Ne nous trompons pas, le Paradis c&rsquo;est bien cette plan\u00e8te o\u00f9 il pleut de l&rsquo;eau. Au dehors de cette minuscule bulle de vie bleue perdue dans l\u2019immensit\u00e9 de l&rsquo;univers glac\u00e9, tout est poison&nbsp;brutal et agonie imm\u00e9diate. La Terre est un bien sacr\u00e9, bien plus que le ciel, elle n\u2019a jamais cess\u00e9 d\u2019\u00eatre notre pass\u00e9 et notre seul avenir, notre tout. Il faut enfin r\u00e9aliser qu&rsquo;on l&rsquo;aime et en prendre soin au-del\u00e0 du mis\u00e9rable statut que les grimoires des pr\u00eatres lui assignent. Non, la Terre n\u2019est pas un lieu temporaire qu\u2019on jette apr\u00e8s usage tel un mouchoir en papier. Elle n\u2019est pas un r\u00e9servoir d\u2019ordures, de bouteilles en plastique, de mol\u00e9cules qu\u2019elle ne produit pas naturellement et qui l\u2019asphyxient. L\u2019<em>homo bellicus detritus<\/em> ne porte pas dans son g\u00e9nome le principe d\u2019une mue p\u00e9riodique le menant par sauts de puces de plan\u00e8te en plan\u00e8te, toujours plus vierge, accueillante, laissant sans remords la pr\u00e9c\u00e9dente d\u00e9vast\u00e9e et ses derni\u00e8res cr\u00e9atures dess\u00e9ch\u00e9es. Les religions se trompent, le savant <em>Tsiolkovski<\/em> est bon conteur mais vain proph\u00e8te.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Dans chaque maison<\/strong> se trouve une biblioth\u00e8que, parfois juste un petit meuble, une simple \u00e9tag\u00e8re avec quelques livres ou davantage, auxquels on est attach\u00e9. Parions qu\u2019on y trouve souvent un livre d\u2019astronomie.<\/p>\n\n\n\n<p>Ouvrons ce livre sur une page au hasard, nous en verrons une&nbsp;consacr\u00e9e au soleil, une autre sur les com\u00e8tes, les n\u00e9buleuses, les constellations, la Lune \u2026 Il y en a m\u00eame une sur la Terre. On y apprend tout sur le cycle des saisons, l\u2019inclinaison de l\u2019axe de rotation, sa distance au Soleil, mais rarement un mot sur la vie qu\u2019elle abrite, sur les processus biologiques dont elle est le th\u00e9\u00e2tre. Cela ne semble pas \u00eatre le but d\u2019un manuel d\u2019astronomie. Ainsi, depuis notre enfance nous voyons ces images dans lesquelles le vivant est omis, et facilement ni\u00e9 ou temp\u00e9r\u00e9 dans la bouche m\u00eame des astronomes. On nous dit qu\u2019il est peu probable qu\u2019on en trouve ici, impossible qu\u2019il se d\u00e9roule l\u00e0. Tr\u00e8s vite des questions plus insistantes feront surgir le th\u00e8me des petits hommes verts qui d\u00e9clencheront sourires voire hilarit\u00e9. Comment croire en l\u2019existence m\u00eame de l\u2019homme, de la vie sur Terre tant ce ph\u00e9nom\u00e8ne est d\u00e9crit comme improbable et risible. On ne nous a jamais appris \u00e0 imaginer la vie ailleurs. A tel point que les questions qu\u2019on ose se poser aujourd\u2019hui sont maladroites, ax\u00e9es sur notre mod\u00e8le, ce questionnement n\u2019a pas d\u2019histoire.<\/p>\n\n\n\n<p>Jusqu\u2019\u00e0 pr\u00e9sent, quand on tournait un petit t\u00e9lescope vers un astre, on reconnaissait la page de notre livre. Aujourd\u2019hui, on envoie dans l\u2019espace des instruments aux yeux per\u00e7ants dot\u00e9s de multiples talents, capables de d\u00e9tection \u00e0 un niveau de d\u00e9tail encore jamais vu. Nos yeux voient d\u00e9sormais au-del\u00e0 de ce qu&rsquo;aucun livre d\u2019astronomie n&rsquo;a eu l\u2019ambition de montrer. Pourquoi dans ces conditions ne pas s\u2019attendre \u00e0 voir des choses nouvelles, \u00e9tonnantes, que nous n&rsquo;avons pas \u00e9t\u00e9 pr\u00e9par\u00e9s \u00e0 voir. Cela se produit parfois, et si d\u2019aventure un lien est sugg\u00e9r\u00e9 avec un possible ph\u00e9nom\u00e8ne vivant local, la r\u00e9action sera toujours et encore hostile, la suggestion d\u2019embl\u00e9e \u00e9cart\u00e9e car jug\u00e9e pu\u00e9rile, on argumentera que les petits hommes verts sont l\u2019explication la moins probable. C\u2019est sans doute vrai, mais cette vision montrant un univers fait de feu et de pierres parait maintenant dogmatique, anachronique, il manque quelque chose. D\u2019ailleurs nous existons, aussi improbables que nous soyons.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Viennent-ils nous visiter&nbsp;?<\/strong> Longtemps le mot ovni a \u00e9voqu\u00e9 pour beaucoup les soucoupes volantes. Celles-ci venant de l\u2019espace et pilot\u00e9es par des visiteurs int\u00e9ress\u00e9s par quelque chose, peut-\u00eatre nous autres les hommes, qui ma\u00eetrisons les technologies, qui allons dans l\u2019espace, d\u00e9tenons le moyen de tous nous d\u00e9truire avec les bombes nucl\u00e9aires ou la salet\u00e9 chimique, bref une esp\u00e8ce sans doute bien int\u00e9ressante ou inqui\u00e9tante. Mais c\u2019est peut-\u00eatre tout autre chose qui les attire.<\/p>\n\n\n\n<p>Le mot ovni \u2013 <em>objet volant non identifi\u00e9<\/em> \u2013 se veut neutre et d\u00e9signe sans pr\u00e9juger d\u2019un quelconque sc\u00e9nario sous-jacent toute observation c\u00e9leste n\u2019ayant pu trouver d\u2019explication, quelle qu\u2019en puisse \u00eatre la nature. Mais la soucoupe n\u2019est jamais loin dans les esprits. Sinon pourquoi continuerait-on de parler d\u2019\u00ab&nbsp;objet&nbsp;\u00bb&nbsp;? et pourquoi pr\u00e9tendre qu\u2019il \u00ab&nbsp;vole&nbsp;\u00bb&nbsp;? Les nuages sont un ph\u00e9nom\u00e8ne a\u00e9rien, ils ne volent pas et ne sont pas des objets. Les anglo-saxons se sont montr\u00e9s tout aussi tendancieux avec leurs <em>unidentified flying objects<\/em> \u2026 Et reconnaissons que le mot \u00ab&nbsp;ovni&nbsp;\u00bb \u00e9voque la forme ovo\u00efde, l\u2019\u0153uf, le vivant \u2026 Comment pourrait-il \u00eatre neutre&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>Aujourd\u2019hui on pense avoir trouv\u00e9 la meilleure formule, on dit <em>ph\u00e9nom\u00e8nes a\u00e9riens non identifi\u00e9s<\/em>, voil\u00e0 pour la neutralit\u00e9. Mais peut-\u00eatre n\u2019en pense-t-on pas moins \u2026<\/p>\n\n\n\n<p>Pourquoi apr\u00e8s-tout la piste du visiteur curieux serait-elle \u00e0 \u00e9carter d\u2019un revers de main ? Certes, venir admirer les performances d\u2019humains allant dans l\u2019espace (enfin juste sur la Lune, enfin juste une fois, enfin juste une dizaine d\u2019hommes surentra\u00een\u00e9s et hyper courageux) quand on ma\u00eetrise le voyage intersid\u00e9ral en vaisseaux aux performances inou\u00efes, cela n\u2019est pas cr\u00e9dible. Seraient-ils plut\u00f4t des surveillants de l\u2019espace, alert\u00e9s par une technologie hautement destructrice tomb\u00e9e entre les mains d\u2019une esp\u00e8ce primitive et bagarreuse ? Vu que depuis le temps ces bons vigiles n\u2019ont pas d\u00e9cid\u00e9 d\u2019intervenir, m\u00eame en p\u00e9riode de crises majeures (Tchernobyl, Fukushima), c\u2019est que la raison de leur visite doit \u00eatre encore ailleurs. En quoi notre plan\u00e8te Terre pourrait-elle bien constituer une curiosit\u00e9 ? Mais la vie bien s\u00fbr ! Mais cela voudrait donc dire que d\u00e9cid\u00e9ment seules la Terre et une poign\u00e9e d&rsquo;autres \u00e9lues dans l&rsquo;univers seraient concern\u00e9es par les activit\u00e9s biologiques ?<\/p>\n\n\n\n<p>Le terme de vie est vague. Jusqu\u2019au d\u00e9but du XXe si\u00e8cle, on en ignorait tout. Bien s\u00fbr on savait comment faire des enfants, mais ce qui pouvait bien se passer au lendemain de la conception restait du domaine du \u00ab&nbsp;myst\u00e8re de la vie&nbsp;\u00bb. Certains savants ayant constat\u00e9 que leur fils leur ressemblait soutenaient la th\u00e9orie qu\u2019au cours de la grossesse la femme h\u00e9berge et d\u00e9veloppe l\u2019embryon que seul l\u2019homme fournit. Ses coll\u00e8gues tout autant perspicaces ayant remarqu\u00e9 le contraire, \u00e0 savoir que certains enfants ont les traits de leur m\u00e8re penchaient pour une future m\u00e8re d\u00e9tenant en elle l\u2019embryon minuscule, tandis que le r\u00f4le de l\u2019homme ne serait que de d\u00e9clencher les choses \u2026<\/p>\n\n\n\n<p>Ce qui revenait de toutes fa\u00e7ons \u00e0 penser que dans l\u2019un et l\u2019autre cas, l\u2019embryon contiendrait en lui-m\u00eame en plus petit encore ses futurs embryons, eux-m\u00eames contenant les leurs et ainsi de suite. Ce paradoxe infini \u00e9tait r\u00e9solu par la foi en un myst\u00e8re de la vie, insondable, imp\u00e9n\u00e9trable, divin en somme.\u00a0 Et puis on a progress\u00e9. On a compris, on avait tout faux. Il n\u2019y a pas de paradoxe. Le m\u00e9canisme reste extr\u00eamement complexe, il faut des ordinateurs pour le repr\u00e9senter, les nombres en jeu sont colossaux, les rubans de macromol\u00e9cules d&rsquo;une longueur insolente mais d\u2019une certaine fa\u00e7on point de myst\u00e8re dans le m\u00e9canisme, on est capable de le comprendre, donc bien indigne d\u2019un dieu tout puissant. La femme et l\u2019homme apportent chacun la moiti\u00e9 non pas de la cellule mais du code de fabrication de la cellule de base. Pourquoi n\u2019y a-t-on pas pens\u00e9 avant ?<\/p>\n\n\n\n<p>La femme a en plus le r\u00f4le d\u2019h\u00e9berger, de d\u00e9velopper le b\u00e9b\u00e9 en elle, de le pr\u00e9server d&rsquo;une mort impitoyable une fois le cordon ombilical coup\u00e9 en lui apportant de son sein la seule nourriture qu&rsquo;il peut absorber, et de tant d\u2019autres choses. Son mari ne s\u2019en tire pas trop mal finalement. Voil\u00e0 pour les processus biologiques, qui existent probablement ailleurs, \u00e0 la faveur de conditions propices encore mal connues. Seulement voil\u00e0, la vie ailleurs se d\u00e9veloppe-t-elle sur le mod\u00e8le terrestre ? Assiste-t-on partout \u00e0 l\u2019apparition d\u2019organismes multicellulaires, \u00e0 reproduction sexu\u00e9e, renouvelant leurs cellules contin\u00fbment jusqu\u2019\u00e0 la vieillesse puis une mort inexorable ? Existe-t-il une variabilit\u00e9 des esp\u00e8ces, une \u00e9volution, un instinct de conservation qui va pousser les individus \u00e0 maintenir leurs m\u00e9tabolismes co\u00fbte que co\u00fbte, s\u2019\u00e9chiner \u00e0 courir apr\u00e8s la nourriture, \u00e0 gonfler sans cesse ses poumons d&rsquo;air plut\u00f4t que s\u2019abandonner \u00e0 un confortable arr\u00eat des processus vitaux.<\/p>\n\n\n\n<p>Il est possible de regarder la Terre comme une plan\u00e8te stable. On pr\u00eate \u00e0 la Lune un r\u00f4le dans cette stabilit\u00e9. Ainsi la vie de type terrestre est peut-\u00eatre une manifestation fort rare, ayant eu la chance d\u2019ajouter \u00e0 une succession d\u2019heureux hasards, celle de disposer d\u2019un temps colossal pour pousser tr\u00e8s loin cette chimie \u00e9volutive et volontaire, l\u00e0 o\u00f9 le vivant reste primitif et \u00e9ph\u00e9m\u00e8re ailleurs. Voil\u00e0 qui pourrait expliquer ces processions venues d&rsquo;ailleurs, fort timides malgr\u00e9 tout.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Mais qui sont ces voyageurs en soucoupe ? Et s&rsquo;il s&rsquo;agissait de sous-dieux ?<\/strong>&nbsp;Un jour je me suis risqu\u00e9 \u00e0 articuler ce terme de mon invention, et mon interlocuteur m\u2019a imm\u00e9diatement coup\u00e9 : \u00ab alors toi tu es partisan de la th\u00e9orie des anciens astronautes \u00bb \u2026 Je lui ai r\u00e9pondu ne pas conna\u00eetre cette th\u00e9orie, mais ne jamais censurer mon imagination.<\/p>\n\n\n\n<p>En effet, si le savoir est enseign\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9cole par des professeurs dipl\u00f4m\u00e9s de mati\u00e8res nourries de travaux d\u2019infatigables chercheurs, la foi est laiss\u00e9e au domaine de l\u2019appr\u00e9ciation de chacun. Ainsi pouvons-nous \u00eatre croyant, souvent d\u2019un seul dieu cr\u00e9ateur de tout et omniscient, ou bien \u00eatre non-croyant et disciple de la Science seule qui explique presque tout et finira d\u2019expliquer le reste bient\u00f4t. Entre les options tout Dieu et z\u00e9ro Dieu, point de nuances. Ainsi le <em>Dieu-le-P\u00e8re<\/em> qu\u2019on nous pr\u00e9sente n\u2019a pas de subalternes charg\u00e9s de cr\u00e9ations de moindre importance, et de l\u2019\u00e9coute de pri\u00e8res simples et redondantes. Il y a bien les myst\u00e9rieux anges mais leur statut est diff\u00e9rent car Dieu est de toute fa\u00e7on unique, c\u2019est le principe.<\/p>\n\n\n\n<p>Alors moi je tente la question, pourquoi pas des sous-dieux de tous grades ? J\u2019en donne la d\u00e9finition rapide : ils seraient plus forts, plus intelligents, plus anciens que nous autres par exemple, mais \u00e0 la diff\u00e9rence de Dieu tout puissant, la compr\u00e9hension de certaines de leurs \u0153uvres resterait \u00e0 la port\u00e9e de certains humains de haut vol, en particulier lorsqu\u2019ils s\u2019aident d\u2019outils comme les ordinateurs.<\/p>\n\n\n\n<p>Ainsi la biologie terrestre pourrait avoir \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9e par un type particulier de sous-dieu tr\u00e8s cal\u00e9 en chimie, c\u2019est pour cela que nous serions capables d\u2019en comprendre le principe mol\u00e9culaire et de nous dire parfois que si nous avions un cerveau plus vaste, nous nous y serions pris de la m\u00eame fa\u00e7on.<\/p>\n\n\n\n<p>Pourquoi introduire une notion de sous-dieu ? Parce que nous autres humains en sommes bel et bien un exemple ! Nous voil\u00e0 en capacit\u00e9, enfin c\u2019est tout comme, de nous rendre sur Mars et d\u2019y planter des organismes terrestres g\u00e9n\u00e9tiquement modifi\u00e9s par nous-m\u00eames, avant de repartir comme si de rien n\u2019\u00e9tait. On sait faire. Et un jour, dans un million d\u2019ann\u00e9es, les cr\u00e9atures implant\u00e9es dans le sol martien auraient peut-\u00eatre \u00e9volu\u00e9, certaines seraient capables de penser. Et alors bien s\u00fbr, toujours les m\u00eames questions : que faisons-nous sur cette plan\u00e8te, qui nous y a cr\u00e9\u00e9s ? Un Dieu unique et omnipotent serait invoqu\u00e9. Pourtant, en l\u2019occurrence ce sont juste des hommes qui se sont amus\u00e9s \u00e0 cela. Ils ont fait comme Dieu mais n&rsquo;en sont pas. Disons qu\u2019ils sont des sous-dieux, capables de performances hors de port\u00e9e de ces radis martiens. Il se peut que parmi leurs meilleurs penseurs, certains disent : Si c\u2019\u00e9taient des sous-dieux, voil\u00e0 longtemps qu\u2019ils seraient venus nous rendre visite \u2026 Eh bien non, on a mieux \u00e0 faire, d\u2019ailleurs l\u2019esp\u00e8ce humaine s\u2019est peut-\u00eatre \u00e9teinte dans l\u2019intervalle. Quoi qu\u2019il en soit nos mutants martiens ne nous int\u00e9ressent plus. Il leur reste \u00e0 se poser sans fin de belles questions existentielles.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Y a-t-il de la vie ailleurs&nbsp;?<\/strong> Pour le savoir, les savants ont mis au point une machine extraordinaire, un t\u00e9lescope sp\u00e9cialis\u00e9 envoy\u00e9 sur orbite, capable de d\u00e9tecter les plan\u00e8tes habitables. On ne sait pas vraiment si elles sont habit\u00e9es, mais c\u2019est d\u00e9j\u00e0 une avanc\u00e9e. Apr\u00e8s tout si la vie existe ailleurs, ce sera sur une plan\u00e8te habitable, donc bornons-nous pour l\u2019instant \u00e0 chercher les bonnes plan\u00e8tes.<\/p>\n\n\n\n<p>Un enfant de dix ans s\u2019offusquerait. Il dirait \u00ab&nbsp;mais qu\u2019est-ce qui emp\u00eache d\u2019imaginer des formes de vies diff\u00e9rentes, sur des plan\u00e8tes tr\u00e8s diff\u00e9rentes de la Terre&nbsp;?&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Les enfants dans leur innocence ignorent que les recherches ne peuvent \u00eatre men\u00e9es que gr\u00e2ce \u00e0 des budgets, allou\u00e9s par des d\u00e9cideurs qu\u2019on aura r\u00e9ussi \u00e0 convaincre en leur promettant de chercher ce qu\u2019on conna\u00eet le mieux, c\u2019est-\u00e0-dire nous-m\u00eames, pour un taux de succ\u00e8s plus prometteur que si on cherche par ci par l\u00e0 en esp\u00e9rant tr\u00e9bucher sur la d\u00e9couverte ultime.<\/p>\n\n\n\n<p>Nous cherchons donc des plan\u00e8tes qui tournent autour de leur \u00e9toile, comme la Terre, dans une zone o\u00f9 l\u2019eau, si importante pour nous, est liquide. Trop pr\u00e8s de l\u2019\u00e9toile, l\u2019eau ne serait que vapeur, trop loin, elle serait gla\u00e7on.<\/p>\n\n\n\n<p>Rechercher ces conditions cl\u00e9mentes est un bon signe, on pense enfin possible de trouver la vie ailleurs, l\u2019esprit s\u2019est ouvert \u00e0 ce genre de choses. Mais les enfants n\u2019ont pas tort, le crit\u00e8re est mesquin. Comment s\u2019y prend d\u2019ailleurs la machine pour trouver ces plan\u00e8tes, est-elle munie d\u2019yeux grossissants, go\u00fbte-t-elle l\u2019eau \u00e0 distance pour appr\u00e9cier sa ti\u00e9deur&nbsp;? Non, c\u2019est beaucoup plus empirique. Partant du principe qu\u2019une plan\u00e8te masquera une partie, m\u00eame toute petite de l\u2019\u00e9toile lorsqu\u2019elle passera devant, il suffit de guetter une baisse de luminosit\u00e9 ponctuelle et r\u00e9guli\u00e8re. Bien s\u00fbr \u00e7a ne marche que pour les plan\u00e8tes qui passent entre nous et l\u2019\u00e9toile, les autres ne seraient pas d\u00e9tectable de cette fa\u00e7on. Le d\u00e9tecteur de plan\u00e8te poss\u00e8de un algorithme tr\u00e8s pointu qui va, en fonction de l\u2019assombrissement, de sa dur\u00e9e, d\u2019autres param\u00e8tres compliqu\u00e9s, d\u00e9duire \u00e0 quelle distance elle \u00e9volue de son \u00e9toile, de la chaleur qu\u2019elle re\u00e7oit et donc si l\u2019eau coule ou g\u00e8le. Enfin on ne sait pas non plus s\u2019il y a r\u00e9ellement de l\u2019eau mais la plan\u00e8te retenue sera d\u00e9clar\u00e9e situ\u00e9e en \u00ab&nbsp;zone habitable&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce qui est tout de m\u00eame remarquable dans cette qu\u00eate du vivant, c\u2019est que mine de rien elle conna\u00eet actuellement deux approches compl\u00e8tement diff\u00e9rentes, l&rsquo;une active, l&rsquo;autre passive. La premi\u00e8re, que je viens d\u2019\u00e9voquer se d\u00e9roule loin de nous et a en t\u00eate une vie de type terrestre, l\u2019autre serait tout pr\u00e8s de nous et personne n\u2019y avait encore pens\u00e9, \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur du syst\u00e8me solaire mais cette fois pas sur Terre.<\/p>\n\n\n\n<p>Faisons une exp\u00e9rience, dans la rue demandons \u00e0 des passants de nous r\u00e9citer dans l\u2019ordre les plan\u00e8tes du syst\u00e8me solaire. Parions que ces personnes se pr\u00eateront de bon c\u0153ur \u00e0 ce petit jeu et sauront donner les noms, parfois dans l\u2019ordre et sans en oublier aucune. Bien s\u00fbr il y a le cas Pluton dont tout le monde a bien retenu qu&rsquo;elle ne doit plus \u00eatre consid\u00e9r\u00e9e comme une plan\u00e8te.<\/p>\n\n\n\n<p>Le mot <em>plan\u00e8te<\/em> est si beau et si associ\u00e9 \u00e0 la vie, r\u00e9elle, imagin\u00e9e, recherch\u00e9e qu\u2019on oublie facilement qu\u2019il y a d\u2019autres choses dans le syst\u00e8me solaire. Et d\u2019abord qu\u2019est-ce qu\u2019une plan\u00e8te&nbsp;? Pour des passants normalement inform\u00e9s des choses du ciel, une plan\u00e8te tourne autour du Soleil et s\u2019appelle Mercure, Venus, Mars, Terre, Jupiter, Saturne, Uranus, Neptune, Pluton, ah non pas Pluton. Un peu simple comme d\u00e9finition. Mais j\u2019ai pourtant l\u2019impression qu\u2019il n\u2019y en a pas d\u2019autre, au point que les sp\u00e9cialistes ont d\u00fb en concocter r\u00e9cemment une sp\u00e9cifique d\u2019o\u00f9 est opportun\u00e9ment exclue Pluton, la plan\u00e8te naine. Et Jupiter, la plan\u00e8te g\u00e9ante, on l\u2019exclut aussi du coup&nbsp;? Non l\u00e0 c\u2019est bon on la garde.<\/p>\n\n\n\n<p>Le terme <em>plan\u00e8te<\/em> a \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9&nbsp;par les grecs de l\u2019antiquit\u00e9 et signifiait \u00ab&nbsp;astre errant&nbsp;\u00bb. Nos anc\u00eatres, infatigables observateurs du ciel avaient en effet remarqu\u00e9 que parmi les \u00ab&nbsp;vraies \u00e9toiles&nbsp;\u00bb, fins points de lumi\u00e8re conservant inexorablement leurs \u00e9cartements mutuels, certaines faisaient un peu n\u2019importe quoi et semblaient suivre une route en toute autonomie et m\u00eame parfois disons-le en toute fantaisie. Ces dr\u00f4les d\u2019\u00e9toiles \u00e9taient qualifi\u00e9es d\u2019\u00ab&nbsp;astres errants&nbsp;\u00bb faute de mieux.<\/p>\n\n\n\n<p>Aujourd\u2019hui, plus de raisons en principe de continuer \u00e0 les nommer ainsi, ces astres n\u2019errent point, ils d\u00e9crivent des orbites elliptiques de longueurs diff\u00e9rentes autour du Soleil, soumis sans aucune fantaisie \u00e0 la loi de Newton. La Terre, notre point d\u2019observation est elle-m\u00eame embarqu\u00e9e dans cette ronde. Les \u00ab&nbsp;vraies \u00e9toiles&nbsp;\u00bb sont quant \u00e0 elles beaucoup plus loin et dot\u00e9es pour le coup d&rsquo;un mouvement propre ind\u00e9celable, \u00e0 notre \u00e9chelle de temps, bien qu&rsquo;assujetties&nbsp;aux m\u00eames lois. Voil\u00e0 qui explique le d\u00e9sordre caus\u00e9 dans notre ciel par ces astres errants.<\/p>\n\n\n\n<p>La Terre n\u2019est pas seule, la Lune l\u2019accompagne. Ce syst\u00e8me binaire n\u2019est pas une exception. Si on ne conna\u00eet pas de \u00ab lunes \u00bb \u00e0 Mercure et Venus, en revanche Mars en a deux : Phobos et Deimos, Jupiter en a une vingtaine et m\u00eame plus, Saturne tout autant, Uranus et Neptune ne sont pas en reste et m\u00eame Pluton, celle qu\u2019on ne doit plus nommer, en poss\u00e8de une. Citons quelques noms de lunes : Titan, Europe, Ganym\u00e8de, Ariel, Miranda, Triton\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>Il est \u00e0 parier qu\u2019aucun de nos passants n\u2019aura pens\u00e9 \u00e0 comptabiliser quelques lunes, dont la n\u00f4tre, dans son \u00e9num\u00e9ration. Les lunes de plan\u00e8tes semblent avoir beaucoup de mal \u00e0 exister aux yeux du public. On leur r\u00e9serve un statut \u00e0 part. Combien de fois ai-je entendu les adultes me r\u00e9pondre, \u00ab&nbsp;non la Lune n\u2019est pas une plan\u00e8te, c\u2019est un satellite&nbsp;\u00bb. Ou bien \u00ab&nbsp;c\u2019est un astre&nbsp;\u00bb. Or si l\u2019on exclut les nuages et les pigeons, tout ce qui est dans le ciel est un astre, donc la d\u00e9finition est faible. Et tout ce qui se trouve dans le syst\u00e8me solaire est soumis \u00e0 la m\u00eame loi de Newton et se trouve donc satellite de quelque chose. Une plan\u00e8te serait dans ce cas d\u00e9finie par son seul parcours direct autour du soleil quand les lunes tournent autour d\u2019une plan\u00e8te qui tourne autour du soleil. Voil\u00e0 une distinction qui parait bien d\u00e9risoire au regard d\u2019une loi de gravitation commune. Pour discriminer les lunes, il serait plus judicieux de consid\u00e9rer leur histoire, et ainsi constater, peut-\u00eatre, un \u00e2ge significativement diff\u00e9rent par exemple. Mais visiblement les astronomes ne s\u2019appuient pas sur cette donn\u00e9e qu\u2019ils ne poss\u00e8dent pas toujours pr\u00e9cis\u00e9ment.<\/p>\n\n\n\n<p>Les lunes sont pourtant \u2013 except\u00e9es les plus minuscules \u2013 rondes, de taille parfois comparable \u00e0 Mercure. On trouve dans certaines de l\u2019eau, des atmosph\u00e8res, des paysages. Alors pourquoi tant d\u2019ostracisme&nbsp;? Les plan\u00e8tes historiques seraient-elles un groupe tellement plus homog\u00e8ne&nbsp;? On ne peut pas vraiment le dire. Entre Mercure, tr\u00e8s chaude, minuscule, rocheuse et Jupiter, bulle de gaz g\u00e9ante si\u00e8ge permanent d\u2019ouragans d\u2019ammoniaque, on n\u2019a pas l\u2019impression d\u2019avoir affaire \u00e0 des jumelles. Saturne flotterait sur l\u2019eau. Neptune est si loin qu\u2019un froid \u00e9ternel y r\u00e8gne \u2026 Quelle famille. Quitte \u00e0 opter pour un regard neuf concernant les plan\u00e8tes naines, les astronomes auraient bien pu y englober aussi les fameux \u00ab&nbsp;astres errants&nbsp;\u00bb et conclure que la notion de plan\u00e8te ne poss\u00e8de aujourd&rsquo;hui plus gu\u00e8re de&nbsp;sens scientifique s\u00e9rieux.<\/p>\n\n\n\n<p>Quand s\u2019est pos\u00e9e la question de savoir si la vie existait ailleurs, c\u2019est vers les plan\u00e8tes qu\u2019on s\u2019est tourn\u00e9 en premier et elles seules. Les astronomes raisonnaient comme les passants dans la rue. Mercure ne pouvait abriter de vie, il y fait trop chaud. Venus non plus, outre son insupportable chaleur de surface, l\u2019atmosph\u00e8re de CO2&nbsp;est 100 fois plus lourde que l\u2019air terrestre. Mars, on l\u2019a observ\u00e9e \u00e0 l&rsquo;aide de puissants t\u00e9lescopes et de robots et on reste bredouille \u00e0 ce jour. Jupiter et ses poisons d\u00e9cha\u00een\u00e9s s\u00fbrement pas, Saturne idem, s\u2019enfon\u00e7ant par ailleurs dans le froid loin d\u2019un soleil devenant tout petit dans le ciel. Uranus et Neptune, si froides elles aussi, et Pluton, un d\u00e9sert glac\u00e9 absolu.<\/p>\n\n\n\n<p>Le passage en revue des plan\u00e8tes \u00e9tait vite fait et la conclusion \u00e9tait qu\u2019il n\u2019y a pas de vie, hormis sur Terre, dans le syst\u00e8me solaire.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais parall\u00e8lement \u00e0 une d\u00e9marche d\u00e9lib\u00e9r\u00e9e de recherche de zones habitables parmi les exoplan\u00e8tes, la vie vient d&rsquo;elle-m\u00eame s\u2019inviter de l\u2019int\u00e9rieur du syst\u00e8me solaire, les esprits des chercheurs \u00e9tant pr\u00eats d\u00e9sormais \u00e0 envisager les choses autrement, en regardant maintenant du c\u00f4t\u00e9 des lunes.<\/p>\n\n\n\n<p>Non pas qu\u2019on y ait d\u00e9j\u00e0 trouv\u00e9 la vie, mais on regarde d\u00e9sormais attentivement certains ph\u00e9nom\u00e8nes r\u00e9cemment d\u00e9couverts et r\u00e9v\u00e9lant la pr\u00e9sence d\u2019eau et \u2026 de chaleur, m\u00eame dans la lointaine lune de Saturne Encelade et ses intrigants geysers. Pour receler de la chaleur, point d\u2019obligation de se trouver dans une zone habitable finalement. Les effets gravitationnels exerc\u00e9s par les plan\u00e8tes g\u00e9antes sur la structure de leurs lunes sont capables de g\u00e9n\u00e9rer cette donn\u00e9e pr\u00e9cieuse. Dans cet esprit l&rsquo;Am\u00e9rique et l&rsquo;Europe (<em>Agence spatiale europ\u00e9enne<\/em>&nbsp;et <em>Nasa)<\/em>&nbsp;se pr\u00e9parent \u00e0 aller visiter bient\u00f4t la lune de Jupiter nomm\u00e9e Europe, non sans mille pr\u00e9cautions pour ne pas polluer dramatiquement toute vie qui s\u2019y \u00e9panouirait \u00e0 notre insu.<\/p>\n\n\n\n<p>Au loin une vie telle qu\u2019on l\u2019a imagin\u00e9e, un rien anthropomorphe, et une autre piste tellement pr\u00e8s de nous qu\u2019on ne la voyait pas, celle de ph\u00e9nom\u00e8nes biologiques tels qu\u2019on n\u2019a pas id\u00e9e, c\u2019est \u00e7a qui est nouveau. Plus qu\u2019\u00e0 observer, les yeux grands ouverts.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Des voyageurs de l\u2019espace&nbsp;:<\/strong> Ayons une pens\u00e9e pour les tout premiers habitants de l\u2019\u00eele de P\u00e2ques. Voil\u00e0 une \u00eele toute petite perdue au milieu de l\u2019oc\u00e9an Pacifique. Les peuples qui y vivent en ces temps recul\u00e9s n\u2019ont alors jamais vu d\u2019autres terres, d\u2019autres hommes. Aussi loin que ces bons marins aient navigu\u00e9 ils n\u2019ont jamais vu autre chose que de l\u2019eau. Leur univers est le sol sous leurs pieds, autour est l\u2019infinit\u00e9 du ciel et de l\u2019eau. Parfois ils imaginent que loin, tr\u00e8s loin se trouvent d\u2019autres \u00eeles, et d\u2019autres peuples. Des l\u00e9gendes anciennes rapportent les faits de visiteurs \u00e9tranges au grand savoir, venus les voir au temps des lointains anc\u00eatres dans leur \u00e9norme embarcation pouss\u00e9e par le vent. Quelle est la part de v\u00e9rit\u00e9 dans ces l\u00e9gendes, nul ne le sait.<\/p>\n\n\n\n<p>Voil\u00e0 pourtant qu\u2019un jour un autochtone, grand r\u00eaveur portant ses yeux toujours au loin, croit apercevoir une forme lointaine \u00e0 l\u2019horizon. Le c\u0153ur battant d\u2019\u00e9motion, il la d\u00e9crit, c\u2019est une embarcation qui glisse lentement sur la surface, on y voit une sorte de voile tr\u00e8s haute. Le villageois n\u2019en croit pas ses yeux, il ne sait s\u2019il doit \u00eatre heureux ou inquiet de cette apparition. Faut-il se cacher et observer de loin, alerter les autres&nbsp;? L\u2019observateur ne peut pour l\u2019instant d\u00e9tacher les yeux de cette forme myst\u00e9rieuse, qui avance tout doucement et semble se rapprocher. Il se d\u00e9cide \u00e0 aller vers ses cong\u00e9n\u00e8res, ne pouvant rester seul avec cette d\u00e9couverte extraordinaire, il court, crie, appelle les villageois \u00e0 regarder l\u2019horizon.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;Tiens voil\u00e0 Paquito, mais qu\u2019a-t-il encore vu&nbsp;? Mais nous ne voyons rien \u00e0 l\u2019horizon Paquito&nbsp;!&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Paquito a encore le temps de voir le vaisseau tout au loin, mais il s\u2019\u00e9loigne, il suit une route qui ne m\u00e8ne pas vers l\u2019\u00eele. Le voil\u00e0 bient\u00f4t devenu invisible. Personne d\u2019autre n\u2019a vu, personne n\u2019a l\u2019habitude d\u2019\u00e9carquiller les yeux vers l\u2019horizon, personne ne croit Paquito qu\u2019on conna\u00eet bien, c\u2019est un r\u00eaveur qui esp\u00e8re toujours d\u00e9couvrir des choses merveilleuses.<\/p>\n\n\n\n<p>Paquito sait ce qu\u2019il a vu, d\u2019autres hommes existent. Peut-\u00eatre ont-ils peur d\u2019aborder la petite \u00eele, peut-\u00eatre se contentent-ils d\u2019admirer de loin et avec grand int\u00e9r\u00eat ce peuple pass\u00e9 ma\u00eetre dans le travail de la pierre et la navigation.<\/p>\n\n\n\n<p>S\u2019il \u00e9tait donn\u00e9 \u00e0 Paquito de pouvoir s\u2019\u00e9lever dans les airs, il verrait sous ses pieds s\u2019\u00e9loigner son \u00eele qui deviendrait un simple point, il verrait d\u2019autres terres, des \u00eeles mais aussi des continents immenses, tous remplis d\u2019hommes et de femmes en nombre qu\u2019il n\u2019aurait jamais pu imaginer. Il verrait le sillon d\u2019innombrables bateaux qui traversent mers et oc\u00e9ans en tous sens, passant parfois au large de son \u00eele sans s\u2019y arr\u00eater jugeant ces terres perdues sans int\u00e9r\u00eat et peupl\u00e9es d\u2019hommes sauvages et dangereux.<\/p>\n\n\n\n<p>S\u2019il nous \u00e9tait donn\u00e9 de nous \u00e9lever plus haut encore que Paquito, peut-\u00eatre assisterions-nous \u00e0 un grouillement d\u2019activit\u00e9s complexes et vivantes tout autour de nous, non d\u00e9cel\u00e9es ni imagin\u00e9es par nos anciens astronomes ni rapport\u00e9es dans les livres. Nous r\u00e9aliserions que notre condition de vivant primitif, absorb\u00e9 par son principal imp\u00e9ratif de survie n\u2019est qu\u2019une partie anecdotique de toute cette chimie universelle.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>On a d\u00e9couvert la vie sur une autre plan\u00e8te&nbsp;!<\/strong> Enfin pas encore mais imaginons le retentissement d\u2019une telle nouvelle.<\/p>\n\n\n\n<p>En 1976, ann\u00e9e du lancement des sondes Voyager, On n\u2019avait pas encore observ\u00e9 d\u2019exoplan\u00e8te. On trouvait grandement probable que des syst\u00e8mes plan\u00e9taires existent un peu partout, mais on en \u00e9tait r\u00e9duit aux conjectures car rien n\u2019avait \u00e9t\u00e9 observ\u00e9. Aujourd\u2019hui on sait qu\u2019on avait raison mais on est dans la m\u00eame position inconfortable au sujet de la vie. Il nous semble improbable que la Terre soit un rarissime laboratoire de biologie, mais le fait est qu\u2019on n\u2019a rien observ\u00e9 ailleurs, car quoi qu\u2019il en soit, on ne le peut pas encore.<\/p>\n\n\n\n<p>Parions qu\u2019un jour proche, nos instruments de plus en plus puissants seront d\u00e9pos\u00e9s de plus en plus loin et qu\u2019enfin on pourra proclamer qu\u2019une vie exog\u00e8ne vient d\u2019\u00eatre d\u00e9couverte. D\u2019accord, il s\u2019agira peut-\u00eatre juste d\u2019un simple organisme unicellulaire au g\u00e9nome d\u00e9risoire mais il r\u00e9pondra \u00e0 notre d\u00e9finition du vivant et la nouvelle sera assur\u00e9ment sensationnelle. Peut-\u00eatre entendra-t-on crier, klaxonner dans les rues qu\u2019on n\u2019est plus seuls dans l\u2019univers, mais parions que l\u2019\u00e9chantillon maigrichon sera surtout vu comme un encouragement \u00e0 chercher encore.<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est alors qu\u2019un peu plus loin nos d\u00e9tecteurs mol\u00e9culaires r\u00e9v\u00e8leront une cr\u00e9ature cette fois \u00e9poustouflante, un ver multicellulaire qu\u2019on verra gigoter presque \u00e0 l\u2019\u0153il nu. L\u00e0 encore on sera partag\u00e9 entre l\u2019id\u00e9e d\u2019arr\u00eater les recherches maintenant qu\u2019on a trouv\u00e9 la vie, ou bien de continuer \u00e0 rechercher un sp\u00e9cimen un peu plus s\u00e9rieux. Le mat\u00e9riel progressant, c\u2019est maintenant une sorte de petite souris qui vient d\u2019\u00eatre d\u00e9couverte \u00e0 172 ann\u00e9es-lumi\u00e8re, avec douze pattes, des moustaches, de l\u2019app\u00e9tit, des \u00e9motions, quelle nouvelle, l\u2019homme n\u2019est plus seul&nbsp;! Si l\u2019on pouvait malgr\u00e9 tout trouver un organisme vivant encore plus prometteur, ce n\u2019en serait que mieux, alors cherchons encore un peu notre vrai compagnon de l\u2019espace.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais que cherchons nous en fait&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>Enfin l\u2019effort se voit r\u00e9compens\u00e9, la vie existe bien partout ailleurs, puisque maintenant la cr\u00e9ature d\u00e9nich\u00e9e sur la plan\u00e8te Zorg est un quadrup\u00e8de \u00e0 cornes, gourmand en herbe qu\u2019il croque du matin au soir en \u00e9mettant des beuglements peu m\u00e9lodieux, qui semblent aller de pair avec une certaine stupidit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Doit-on se satisfaire de ces timides repr\u00e9sentants du vivant qu\u2019on r\u00e9colte depuis 10 ans&nbsp;? Allez cherchons encore un peu, des fois qu\u2019on trouve une&nbsp;vie intelligente, comme nous, enfin nous ne serions plus seuls. D\u2019ailleurs, cette fois il semble que nous soyons combl\u00e9s. Sur une belle plan\u00e8te dont le ciel regorge de vaisseaux hyperluminiques filant \u00e0 une ann\u00e9e-lumi\u00e8re par seconde, nous observons de loin des g\u00e9ants de 6 m\u00e8tres de diam\u00e8tre constitu\u00e9s d\u2019une tr\u00e8s grosse t\u00eate remplie d\u2019intelligence et marchant sans pieds, par la seule force de la pens\u00e9e. Voil\u00e0 une d\u00e9couverte dont on ne sait pas trop quoi faire et qui malm\u00e8ne notre amour-propre. On a peut-\u00eatre un peu trop cherch\u00e9, on sait maintenant que la vie est partout et qu\u2019elle est m\u00eame parfois mieux que nous, on ne s\u2019y attendait pas, pas \u00e0 ce point.<\/p>\n\n\n\n<p>Regardons&nbsp;quand m\u00eame encore un peu ici et l\u00e0, et voil\u00e0 bient\u00f4t la preuve que nous ne sommes pas seuls dans l\u2019univers. Sur une plan\u00e8te lointaine, nous voyons une cr\u00e9ature unique, mais elle n\u2019est pas mal du tout. Une station verticale, bip\u00e8de, des v\u00eatements de belle coupe, un visage plut\u00f4t plat, un nez qui d\u00e9passe au milieu, deux yeux sous le front, une petite bouche fine pour manger et s\u2019exprimer dans un fran\u00e7ais soutenu. Nous ne sommes plus seuls dans l\u2019univers, ne cherchons plus, c\u2019est bien ce que nous voulions, nous ne sommes pas les seuls \u00eatres humains dans l\u2019univers !<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Devons-nous former des explorateurs de l\u2019univers ?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Serait-ce la f\u00e9condit\u00e9 robuste de la proph\u00e9tie de <em>Tsiolwovski<\/em> qui incite toujours et encore \u00e0 entra\u00eener de jeunes et talentueux astronautes, courant apr\u00e8s le merveilleux destin d\u2019\u00eatre all\u00e9s dans l\u2019espace&nbsp;tels les \u00e9lus d\u2019une civilisation \u00e9lue ? On ne peut qu\u2019\u00eatre admiratif devant leur courage face aux risques encourus, notamment de naus\u00e9es permanentes, de respiration d\u2019air vici\u00e9 intra capsulaire, de promiscuit\u00e9 sans fin, de phobies d\u2019enfermement. Il existe des contreparties heureuses \u00e0 cette situation, comme celle de regarder un stylo flotter en apesanteur.<\/p>\n\n\n\n<p> Commen\u00e7ons par dissiper le malentendu d\u2019un espace qui n\u2019en est pas vraiment un. Voir un stylo flotter ne signifie pas qu\u2019on soit parti dans les profondeurs de l\u2019espace. Dans le cas des stations spatiales permanentes, on se trouve en orbite \u00e0 400 kilom\u00e8tres d\u2019altitude, une distance extr\u00eamement proche de la Terre. Consid\u00e9rons un globe terrestre ou une mappemonde. La France qui mesure 1000 km sur 1000 km y appara\u00eet d\u00e9j\u00e0 minuscule. Que dire de 400 kilom\u00e8tres ? Comme la station spatiale est en orbite stable, tout son contenu hommes compris file \u00e0 grande vitesse, tandis que le sol de la station se d\u00e9robe sans fin sous leurs pieds, sans jamais leur permettre de rencontrer le sol. Le stylo ne flotte pas parce que son \u00e9loignement de la Terre le prive de toute gravit\u00e9 mais en raison d&rsquo;une chute sans fin. On est tr\u00e8s loin de l&rsquo;id\u00e9e d\u2019un espace si \u00e9loign\u00e9 que l\u2019attraction terrestre ne se ferait plus sentir, laissant flotter des hommes et leurs objets priv\u00e9s de leur poids. <\/p>\n\n\n\n<p>Ceci \u00e9tant pr\u00e9cis\u00e9, pourquoi vouloir s\u2019entra\u00eener et embarquer dans un vaisseau alors que des sondes automatiques sont capables de se d\u00e9brouiller sans nous. Outre le voyage qui promet d\u2019\u00eatre peu agr\u00e9able, les plan\u00e8tes et corps qui pourraient nous int\u00e9resser auront toutes les chances d\u2019\u00eatre un cocktail de poisons violents, de paysages lugubres et glac\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p>Il y a un int\u00e9r\u00eat \u00e9vident \u00e0 se passer des hommes, qui sont des v\u00e9ritables freins \u00e0 l\u2019exploration spatiale, en raison de leur fragilit\u00e9 corporelle, et de la n\u00e9cessit\u00e9 de leur assurer un niveau de confort et de s\u00e9curit\u00e9 sans concession. Sans l\u2019homme \u00e0 bord il est possible d\u2019imaginer par exemple des grappes de petites sondes de la taille et du co\u00fbt d\u2019un smartphone, pour un d\u00e9part sans d\u00e9lai et sans souci des quelques pertes au gr\u00e9 des rencontres avec quelque grincheuse m\u00e9t\u00e9orite. Avec un \u00e9quipage humain tout devient plus difficile, lent, cher. L\u2019ego humain rassur\u00e9 sur son temp\u00e9rament de conqu\u00e9rant de l\u2019espace a un prix \u00e9lev\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Avez-vous vu Predator&nbsp;?<\/strong> Je ne parle pas du film, excellent au demeurant, mais de son h\u00e9ros, une cr\u00e9ature extraterrestre monstrueuse et bestiale, ayant le go\u00fbt de d\u00e9pecer les humains pour faire de leurs cr\u00e2nes de splendides troph\u00e9es d\u00e9goulinants.<\/p>\n\n\n\n<p>La cr\u00e9ature est plus avanc\u00e9e que l\u2019homme, elle voyage en vaisseau interplan\u00e9taire, dispose d\u2019armes portables, tant\u00f4t contondantes, tant\u00f4t \u00e0 rayon \u00e0 foudre auto guid\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Comment d\u00e9cririons-nous cette dr\u00f4le de b\u00eate&nbsp;? C\u2019est un humano\u00efde extraterrestre, debout sur deux jambes \u00e0 genou interm\u00e9diaire et posture plantigrade. Nous trouvons un torse, deux \u00e9paules, deux bras, tout cela proportionn\u00e9 \u00e0 la mode humaine. Serions nous cousins&nbsp;? Ah non car la t\u00eate est absolument cauchemardesque, avec une bouche pleine d\u2019\u00e9pines et de crocs articul\u00e9s. Les deux yeux, au regard parall\u00e8le tel le n\u00f4tre et au contraire de celui des pigeons, ont tout de m\u00eame une couleur bizarre. On comprend dans le courant du film que notre ami ne per\u00e7oit pas du tout le m\u00eame spectre lumineux que nous. Il sait pousser des cris de col\u00e8re gla\u00e7ants et rauques, il aime jouer au chat et \u00e0 la souris, son corps dispose d\u2019un syst\u00e8me cardio-vasculaire transportant des globules de couleur vert fluo. Il poss\u00e8de une chevelure fournie quoique ses cheveux ressemblent \u00e0 d\u2019\u00e9pais tentacules rigides. Enfin sous la toise il d\u00e9passe les soldats des unit\u00e9s d&rsquo;\u00e9lite sp\u00e9ciales de combat&nbsp;d\u2019un bon soixante-dix centim\u00e8tres de haut.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"326\" height=\"621\" src=\"http:\/\/le-rayon-des-calculatrices.fr\/WordPress3\/wp-content\/uploads\/2024\/09\/predator.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-7250\" srcset=\"https:\/\/le-rayon-des-calculatrices.fr\/WordPress3\/wp-content\/uploads\/2024\/09\/predator.jpg 326w, https:\/\/le-rayon-des-calculatrices.fr\/WordPress3\/wp-content\/uploads\/2024\/09\/predator-157x300.jpg 157w\" sizes=\"auto, (max-width: 326px) 100vw, 326px\" \/><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p>Ce Predator sorti de l\u2019imagination des costumiers de cin\u00e9ma est l\u2019illustration de la cr\u00e9ature inconnue qu\u2019on doit dessiner sur une page blanche \u00e0 partir de rien. Jamais on n\u2019imagine une cr\u00e9ature \u00e0 4 pattes, 8 pattes ou 1000 pattes, \u00e0 posture horizontale tel le chat ou la limace. Notre cr\u00e9ature est debout, se comporte comme un humain, poss\u00e8de des mains pr\u00e9hensiles et des pieds tendres sans sabot corn\u00e9. Mais il n\u2019a que 3 doigts, ou au contraire 20, un visage qui fait peur aux enfants, et son sang n\u2019est jamais rouge.<\/p>\n\n\n\n<p>Pourquoi imagine-t-on si souvent des extra-terrestres \u00e0 notre image et cependant hideux&nbsp;? Ce que je remarque, c\u2019est que si nous pouvons appr\u00e9cier la beaut\u00e9 d\u2019un chien, d\u2019un chat, d\u2019un oiseau, en revanche nos proches cousins g\u00e9n\u00e9tiques, le chimpanz\u00e9, l\u2019orang-outang nous apparaissent aussi laids que des caricatures grima\u00e7antes. Il nous semble difficile d\u2019accorder un prix de beaut\u00e9 \u00e0 ces humano\u00efdes naturels quand nous en attribuons avec admiration au lynx, au cheval, \u00e0 l\u2019aigle royal \u2026 Que peut bien r\u00e9v\u00e9ler cette attitude \u2026<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Trouver enfin une vie intelligente<\/strong> : Quand j\u2019\u00e9tais jeune \u00e9colier, les instituteurs nous expliquaient que les animaux n\u2019ont pas d\u2019intelligence et sont le si\u00e8ge de seuls instincts qui les font agir de fa\u00e7on m\u00e9canique et pr\u00e9visible. Tandis que nous autres humains n\u2019avons pas d\u2019instincts mais un libre arbitre et pouvons agir conform\u00e9ment \u00e0 nos choix, m\u00eames difficiles, en particulier afin d&rsquo;agir pour le mieux de tous et pas seulement pour soi.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans mon enfance j\u2019ai toujours vu les adultes face \u00e0 deux mani\u00e8res de regarder l\u2019animal. Soit c\u2019\u00e9tait une \u00ab&nbsp;b\u00eate&nbsp;\u00bb, d\u00e9pourvue de sensibilit\u00e9 et d\u2019intelligence, on disait m\u00eame d\u2019\u00e2me, soit c\u2019\u00e9tait un chien ou un animal quelconque ayant statut d\u2019animal de compagnie, et alors on pouvait entendre parler pendant toute une soir\u00e9e de toutes les choses \u00e9tonnantes dont ils \u00e9taient capables, y compris de tout comprendre et \u00e0 qui il ne manquait que la parole.<\/p>\n\n\n\n<p>De nos jours notre regard s\u2019est modifi\u00e9 et la prise de conscience de l\u2019intelligence animale n\u2019a jamais \u00e9t\u00e9 aussi aigu\u00eb. D\u2019autres animaux ont officiellement \u00e9t\u00e9 reconnus pour leurs performances cognitives. Au-del\u00e0 du chien, du cheval, du chimpanz\u00e9, on compte un bien \u00e9tonnant poulpe, le dauphin, l\u2019orque, et m\u00eame les oiseaux longtemps r\u00e9put\u00e9s avoir une si petite \u00ab&nbsp;cervelle&nbsp;\u00bb. Perroquets et autres cacato\u00e8s nous sid\u00e8rent par leur aisance \u00e0 saisir d\u2019un regard de complexes assemblages m\u00e9caniques. Ne sont pas en reste&nbsp;les \u00e9l\u00e9phants, les insectes, et m\u00eame les arbres, d\u00e9sormais consid\u00e9r\u00e9s sous l\u2019angle d\u2019une intelligence rest\u00e9e jusqu&rsquo;\u00e0 pr\u00e9sent insoup\u00e7onnable.<\/p>\n\n\n\n<p>La question d\u2019une vie intelligente est peut-\u00eatre mal pos\u00e9e. Peut-\u00eatre faut-il la prendre \u00e0 rebours&nbsp;: existe-t-il une vie non intelligente&nbsp;? L\u2019intelligence n\u2019est-elle pas un outil parmi d\u2019autres auquel se raccrochent toutes les cr\u00e9atures vivantes dans leur combat permanent contre une mort qu\u2019elles rejettent de toutes leurs forces et par tous les moyens ?<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Je suis un couche-tard<\/strong>. Je peux me le permettre, la retraite permet cette libert\u00e9. Le soir, avant de monter dormir je regarde parfois le ciel par la fen\u00eatre donnant vers le jardin, \u00e0 la recherche de quelques \u00e9toiles famili\u00e8res. Malgr\u00e9 le halo permanent des grandes villes et mes yeux qui n&rsquo;ont plus la meilleure acuit\u00e9, je d\u00e9c\u00e8le souvent quelques constellations famili\u00e8res, Orion, le Lion, les \u00e9toiles Vega, Capella, Sirius &#8230;<\/p>\n\n\n\n<p>Autrefois, j&rsquo;avais re\u00e7u pour mes 14 ans un petit t\u00e9lescope command\u00e9 \u00e0 <em>La Redoute<\/em>. J&rsquo;observais souvent le ciel nocturne, longtemps \u00e0 l&rsquo;\u0153il nu et j&rsquo;en connaissais les nombreuses constellations. Rien ne me faisait plus plaisir qu&rsquo;entrouvrir le volet de ma chambre pour garder une \u00e9toile dans mon champ de vision au moment de m&rsquo;endormir, et me projeter ainsi par la pens\u00e9e \u00e0 des distances incommensurables, me demandant ce qui pouvait se passer l\u00e0-bas, si loin.<\/p>\n\n\n\n<p>Puis la famille d\u00e9m\u00e9nagea vers une grande ville. Il devint difficile de regarder les \u00e9toiles tant les lumi\u00e8res du soir diluaient le cr\u00e9puscule. Le t\u00e9lescope ne sortit plus souvent de sa bo\u00eete. La vie allant, \u00e0 20 ans je quittai cette ville pour une autre plus grande encore. Le t\u00e9lescope se couvrit de rouille, les cieux nocturnes se d\u00e9rob\u00e8rent d\u00e9finitivement sous le halo, tout comme mon int\u00e9r\u00eat pour l&rsquo;astronomie.<\/p>\n\n\n\n<p>Aujourd&rsquo;hui, si longtemps apr\u00e8s, quand je jette un regard vers le ciel je r\u00e9alise que les constellations de mon enfance sont toujours l\u00e0, leur dessin est demeur\u00e9 inchang\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Apr\u00e8s cet immense \u00e9pisode que constitue une vie humaine, l&rsquo;interminable parcours professionnel qui le traverse, les \u00e9v\u00e9nements familiaux, les enfants, devenus des adultes, les petits-enfants, au soir d&rsquo;une vie je ne vois aucune constellation nouvelle, aucune \u00e9toile qui se soit un tant soit peu modifi\u00e9e ou \u00e9cart\u00e9e des autres. On les sait pourtant toutes anim\u00e9es d&rsquo;un mouvement propre, mais indiscernable \u00e0 notre \u00e9chelle de temps.<\/p>\n\n\n\n<p>Qu&rsquo;est-ce donc qu&rsquo;une vie humaine sinon un&nbsp;atome d&rsquo;instant de l&rsquo;univers ? Je r\u00e9alise plus que jamais que moi, micro-organisme humain, je n&rsquo;ai jamais contempl\u00e9 l&rsquo;univers que d&rsquo;un minuscule point tout aussi ancr\u00e9 \u00e0 sa portion d&rsquo;espace-temps qu&rsquo;un ch\u00eane mill\u00e9naire \u00e0 ses racines. Jamais je ne verrai la galaxie d&rsquo;<em>Androm\u00e8de<\/em> sous un angle diff\u00e9rent, jamais je ne pourrai me transporter en un lieu qui me montrerait un ciel autre que celui vu de cette petite lucarne d&rsquo;espace et de temps dont aucun terrien ne pourra s&rsquo;affranchir.<\/p>\n\n\n\n<p>L&rsquo;immense savoir des astronomes, construit petit \u00e0 petit depuis l&rsquo;antiquit\u00e9 par des hommes \u00e9tincelants de g\u00e9nie est-il un tr\u00e9sor inestimable ? Ou est-il la na\u00efve illusion de poss\u00e9der quelques cl\u00e9s intimes d\u2019un univers dont l\u2019insondable profondeur \u00e9chappera toujours \u00e0 nos sens et notre entendement ? Ne sommes-nous pas finalement aussi limit\u00e9s que cette pauvre abeille perdue et virevoltant dans une pi\u00e8ce de notre maison, se posant tour \u00e0 tour sur nos complexes objets humains du quotidien qu\u2019elle interpr\u00e8te comme de simples supports o\u00f9 poser ses pattes mais dont la nature, l\u2019histoire, la fonction, la complexit\u00e9 n\u2019auront jamais aucun moyen de se r\u00e9v\u00e9ler \u00e0 son esprit. .<\/p>\n\n\n\n<p>Aussi loin que notre regard se porte, nos yeux ne voient dans l&rsquo;univers lointain que ce qu&rsquo;ils peuvent y reconna\u00eetre, concluant sans doute un peu vite que Tout n&rsquo;est que transposition d&rsquo;\u00e9chelle de notre goutte d&rsquo;univers terrestre. Ce que nous appelons l&rsquo;univers, celui des \u00e9toiles, des galaxies, elles-m\u00eames regroup\u00e9es en des r\u00e9seaux titanesques n&rsquo;est que celui qu&rsquo;on appr\u00e9hende de notre petite fen\u00eatre visuelle et mentale. Parions que nous n&rsquo;avons aucune id\u00e9e de ce qu&rsquo;il y a apr\u00e8s, autour, derri\u00e8re, au-del\u00e0 &#8230;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>[17\/06\/2024] Ovnis Les ovnis et leurs myst\u00e8res m&rsquo;ont beaucoup intrigu\u00e9 dans mes jeunes ann\u00e9es 70. Des films comme \u00ab\u00a0le jour o\u00f9 la Terre s&rsquo;arr\u00eatera\u00a0\u00bb ou la s\u00e9rie \u00ab\u00a0les Envahisseurs\u00a0\u00bb me fascinaient litt\u00e9ralement. Parfois le journal t\u00e9l\u00e9vis\u00e9 osait rapporter une myst\u00e9rieuse observation dans le ciel. Il y eut aussi les livres de Jean-Claude BOURRET, journaliste connu et s\u00e9rieux. 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